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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 09:59
Qui sont-ils des Tévôdas ?

Qui sont-ils des Tévôdas ?

Aux yeux des bouddhistes ces bienheureux ne sont ni des dieux ni des anges ; ces bienheureux sont des habitants des paradis, c’est-à-dire des saints qui sont parvenus au monde céleste. Ils ne sont là pour commander les hommes, pour recevoir leur adoration, leurs hommages ; ils sont là pour adorer Préas Prohm, le Dieu suprême, pour chanter ses louanges et pour porter ses ordres. Ils sont là pour épuiser les mérites qu’ils ont acquis au cours de leur dernière existence parmi les hommes, en attendant de pénétrer au Nirvâna ou renaître sur terre pour recommencer une autre vie.

Cette locution ancienne ne correspond plus aux croyances modernes des Khmers. Ces Tévôdas étaient sans doute les serviteurs Préas Prohm quand ce dernier était le chef de la Trimurti(1)incontestée, mais ils ne sont plus cela aujourd’hui dans la conception du Bouddhisme que Brahmâ n’est plus un être anthropomorphe, maintenant qu’il n’est plus qu’une entité de justice immanente, la Loi suprême ; ils sont des bienheureux qui épuisent leurs mérites, des saints qui sont entrés aux paradis et qui jouissent d’une félicité d’autant plus grande et parfaite dans un séjour d’autant plus spiritualité que leurs mérites acquis sont plus grands, mais qu’ils devront quitter un jour pour reparaître sur terre.

Ainsi, les Tévôdas, habitants des paradis, adopté par les Bouddhistes non comme divinités, mais comme bienheureux qui, leurs mérites épuisés, leur temps de paradis écoulé, viennent renaître, comme Indra sur notre terre et s’y trouve un simple disciple du Bouddha. Et tous ces dieux d’origine brahmanique ; ils sont voués au changement, aux renaissances sur terre et à la mort. Ils ne sont plus dieux, ils sont bienheureux et bienheureux pour un temps. Le Bouddha à la fin des récits, fait le samadhâna, c’est-à-dire identifie ces dieux qu’il a nommés et qui ont joué les principaux rôles ; dans le Mâha Chéadak, dans le Mâha Chinok, il dit : «le Sâmdech préas Eyntréathiréach est devenu Anurutéa(2) ».

On s’interroge un religieux khmer à leur sujet : que sont-ils ? d’où viennent-ils ? que deviendront-ils ? Il répond :

« Les Tévôdas, les prohm et mâha prohm, sont, à tous les degrés, des saints qui n’ont pas pu atteindre le Nirvâna, mais qui s’en sont plus ou rapprochés. Ils sont bienheureux des vingt-six paradis parce qu’ils ont mérité sur notre terre d’être bienheureux ; dans le ciel, les plus grands sont ceux qui ont été les plus saints sur terre et qui habitent les plus élevés des paradis, ce sont les arûpas brahmas qui sont dépourvus de forme par conséquent des purs esprits ; les moins grands sont les Tévodas qui ont été des petits saints sur terre et qui habitent les paradis inférieurs ; les rûpa brahmas ou bienheureux, qui ont encore la forme sont bienheureux moyens, moins grands que les arûpas, plus grands que les Tévôdas, qui habitent les paradis intermédiaires et qui sont entre les meilleurs et les bons. Les bienheureux des rûpa et des arûpas brahma lokas parviennent aux paradis qu’ils habitent sans passer par l’enfer. Les Tévôdas parviennent à leurs paradis soit directement, soit après avoir passé par les enfers avant de renaître sur notre terre ; d’autre fois ils sont alternativement devas et damnés, cela dépend des mérites et des démérites qu’ils ont acquis dans le cours de leur dernière existence. Les Tévôdas renaissent exactement dans les paradis qu’ils ont mérité par leurs actions, par leurs méditations ; ils y vivent un temps plus ou moins long, selon le paradis qu’ils habitent et qu’ils ont mérité, des milliers et des milliers et encore des milliers d’années, dans un état de bonheur, de grand bonheur ou de félicité si près d’être parfaite qu’elle est presque le Nirvâna.

Quant aux Tévôdas qui habitent non les paradis, mais les forêts, les montagnes, les arbres près des cours d’eau, les ruines, etc., ils appartiennent aux quatre royaumes des mâha réach qui composent le paradis le moins élevé qui se trouve sur le sommet du mont Youkonthor. Ils sont là pour surveiller le monde, pour noter les fautes et les belles actions, les belles paroles et les bonnes pensées qui se produisent dans le monde des hommes. Ils ont la même origine que tous les autres bienheureux, et comme eux ils reviendront sur notre terre avec une forme humaines pour recommencer une vie humaine, acquérir des mérites nouveaux qui leur procureront un paradis meilleur, un séjour de félicité plus long en un paradis plus élevé et, à leur renaissance, une condition sociale supérieure.

Bibliographie(3)

1. Trimurti : Trinité hindoue, composée des trois divinités du panthéon brahmanique, Brahma, Shiva et Vishnou.

2. Annuruddha : un de ces principaux disciples du Bouddha.

3.Bibliographie :

Le Buddhisme au Cambodge par Adhémard Leclère, Résident de France au Cambodge, publication en 1899.

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