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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 10:12

En 1478, à l'âge de 26 ans, en pleine guerre civile, Thomma Reachea fut sacré roi par ses partisans. Il éleva sa première dame au rang de reine. En 1479, la reine accoucha d'un garçon appelé Ponhea Damkath Reachea.

Cette année, il y eut un tremblement de terre. La secousse durait pendant cinq heures. C’était un phénomène exceptionnel pour le pays.

La victoire de Thomma Reachea en 1485, avec l’aide des Siamois, sur son frère Srey Reachea et son neveu, Srey Soryautey, semblait avoir été l’œuvre du roi siamois. Mais cette victoire avait le parfum du triomphe pour le roi khmer. Aux yeux de ses partisans, il était pleinement stratège, pleinement monarque.

En 1486, son fils aîné, Preah Srey Sokunbât, avait terminé ses études de toutes les branches du savoir du Bouddha. Pour fêter cet évènement exceptionnel, le Roi invita les membres de la famille royale, les hauts dignitaires de la Cour et tous les fonctionnaires de tous les statuts de la capitale à assister à une cérémonie religieuse : Prière, quête aux bols à aumônes, offrande de repas aux moines, transmission de mérite aux défunts, sermon, aspersion des statues de Bouddha, etc.

En 1491, le Roi fit une demande auprès du roi d’Ayuthia pour ramener au pays les cendres des rois défunts, Srey Reachea et Srey Soryautey, pour les mettre dans les stupas royaux. Pour marquer son respect envers leur âme, le Roi décida d’être ordonné moine pendant trois jours.

En 1496, après 19 ans de règne, la première dame du roi, nommée Tep Bopha, a mis au monde, au même moment de l’éclipse, un enfant royal. Les brahmanes et les astrologues du palais suggèrent au roi de donner le nom à ce prince, Ponhea Chanreachea (Prince de la lune royale). Le Roi confia à la dame Va, épouse de Chao Ponhea Yaumreach, d’élever cet enfant. (Il est fort probable que la première dame était morte après l’accouchement).

Pendant son règne, Thomma Reachea fit construire 84 000 stupas. Un jour, le Roi proposa aux membres de sa Cour de prélever une partie de la relique du Bouddha au Vat Phnom pour mettre dans un stupa au sommet du Phnom Santuk, situé dans la commune de Kva, province de Kompong Thom actuel. Son éminence le chef religieux, tous les princes et les hauts dignitaires approuvèrent cette proposition. Après quoi, le Roi ordonna au ministre des travaux publics de mettre sur le pied de campagne des équipes de travaux de centaine         hommes corvéables afin de partir construire : une pagode, un grand stupa, une grande statue du Bouddha, plusieurs petits stupas, des statuettes d’hommes, d’oiseaux mystiques, d’animaux et des statuettes de tous les disciples du Bouddha en or. Le Roi quitta la capitale avec les membres de sa Cour pour superviser lui-même les travaux de construction. Beaucoup d’architectes et d’artisans célèbres ont été amenés par le Souverain pour cette campagne. Le Roi ordonna aux ministres de constituer une équipes de gardiennage, composée de 21 garçons, 21 filles et deux chefs de services. Cette équipe avait comme moyens pour travailler : 21 paires de bœufs avec 21 charrettes, 21 paires de buffles avec 21 charrettes, 21 chevaux, 21 éléphants, 21 rizières. Et depuis lors existait des esclaves du clergé (Pol Preah).

Enfin, le Roi fit une grande fête pour inaugurer ses œuvres magnifiques pendant trois mois. Devant la grande statue du Bouddha, le roi versa de l’eau bénite de sa main droite par terre et jura dans les termes suivants : « Je demande à la statue du Bouddha, les cieux et Preah In (dieu de l’Hindouisme) d’être les témoins oculaires de mes offrandes, une équipe des serviteurs avec tous les moyens nécessaires pour qu’ils servent la religion jusqu’à 5 000 ans ». Pour laisser sa trace, une stèle en pierre, indiquant la date et les évènements de cette construction, fut édifiée au pied de la montagne. Et, lorsque tout fut terminé, le Roi quitta Phnom Santuk pour rentrer avec solennité à la capitale royale pour régner en paix sur son Royaume. Il allait pouvoir jouir d’un bonheur mérité.

Voici le supplétif dans la version du Vat Kompong Tralach :

Sur son chemin de retour, quand le cortège royal passa à proximité de la cité Pichay Baa (il est possible qu’il soit le Vat Norkor dans la province Kompong Cham), le Roi avait bonne envie de la visiter. La visite royale dura quelques heures et après cela, le Roi dit aux membres de sa Cour ceci :

« Le Roi Preah Bat Athepoul Pilir le fondateur de cette cité était sans aucun doute un grand roi. Il a fait construire cette cité magnifique, ornée des coins charmants : Parc, jardins, lacs, étangs de lotus, avec toute la séduction des eaux et des bois. En outre, les monuments, y compris les murailles, entourés de la cité, ont été construits en pierre solide. Cette cité servait pour le roi sa résidence de loisir et de villégiature. Et pourtant, il venait rarement pour profiter de sa cité céleste. Avec une telle construction, je comprends mieux que sa réputation d’être grand roi avec 101 rois vassaux soit bien justifié. Je rends hommage à sa création et à son prestige éternel ».

Un jour, la fille du roi, nommé Preah Ratanak Mirlir avait le désir de sortir se baigner dans le grand fleuve. Celle-ci demanda la permission à son père. Le Roi donna son accord et l’accompagna avec les membres de sa Cour. Au lieu dit Prek Chlaug (Prek = le canal d’irrigation débouchant au fleuve) dans la province Kompong Cham, qui se situe non loin du lieu de baignade royal, il y avait un grand crocodile féroce dont la tête était mesuré de 5 bras. Attiré par les bruits de baigneurs et ayant faim, celui-ci était venu pour chercher sa proie. Aperçut le crocodile, les filles de compagnie de la princesse Milir se précipitèrent à regagner la berge. Dans la panique, elles oublièrent leur maîtresse royale. La rapidité du reptile ne laissait aucune chance à la jolie Mirlir de s’échapper à la mort. Il saisit de sa grande gueule meurtrière le corps souple de la jeune fille et plongea dans l’eau pour retourner dans sa tanière. Le Roi fut en informé immédiatement. Il cria de toute sa force : « Je n’en crois rien ! ». Le capitaine du corps de garde royale cria, ses ordres sur-le-champ à ses soldats de partir rechercher le reptile dans l’eau du fleuve. À ces mots, tous les militaires de tous rangs se précipitèrent à embarquer dans les pirogues rapides de l’armée pour pourchasser le crocodile en fuite. Quelques minutes plus tard, à la vue du reptile, les soldats tirèrent sur son corps pour qu’il lasse la princesse de sa grande gueule. Or, non seulement il ne la lasse pas, il l’avala et replongea dans l’eau trouble du fleuve et disparut. Mais il fut poursuivi par les soldats jusqu’à sa tanière. Un chasseur magicien fut appelé pour aider les soldats à retrouver le crocodile. Celui-ci le pourchassa toute la nuit. Et au petit matin, tout réconforté à la vue de ce crocodile féroce, le chasseur récita des formules magiques et des incantations pour l’endormir et le capturer avec facilité. Le Roi ordonna immédiatement à ses soldats d’éventrer le crocodile et soudain, on aperçut le corps sans vie de la princesse. Vu le cadavre de sa fille, des larmes de tristesse inondèrent le visage du roi. Cependant, on invita les moines à réciter quelques paroles du Bouddha sur « l’impermanence de la vie » pour apaiser l’âme de Milir et celle du roi :

 « Que ce qui est sujet à la vieillesse ne vieillisse pas ; que ce qui est sujet à la maladie ne soit pas malade ;  que ce qui est sujet à la mort ne meure pas ; que ce qui est sujet à la ruine ne tombe pas en ruine ; que ce qui est sujet à passer ne passe pas ; voilà ce que ne peut faire aucun être dans le monde ».

Cette incantation salutaire avait aussi pour but de faire comprendre au roi le vrai sens de la non-possession ; « tout apparaît, tout disparaît ». Ayant entendu ces paroles, le cœur du Roi s’ouvra au bonheur, car il vit dans son esprit le visage brillant, souriant et les yeux magnifiques de sa fille bien aimée.

Ensuite, le Roi appela ses brahmanes à organiser la cérémonie religieuse et l’incinération du corps de la princesse, pendant laquelle, il prononça les vœux pour faciliter l’âme de sa fille d’aller au paradis bouddhique. Un stupa était construit à cet endroit pour mettre les cendres de Milir. À côté de ce stupa royal, il ordonna aux services des travaux publics de construire, au bord du canal, une pagode pour les moines. Il laissa à ce lieu saint pour prendre soin le stupa de sa fille décédé et servir la religion une équipe de 21 garçons, 21 filles avec deux chefs de services, 21 paires de bœufs avec 21 charrettes, 21 paires de buffles avec 21 charrettes, 21 chevaux, 21 éléphants, 21 rizières et beaucoup d’autres objets.

Un jour, emporté par une grande colère, et sans écouter les conseils des grands sages du Royaume, le Roi maudit tous les fonctionnaires, hommes, femmes pour leurs négligences et les prit tous pour responsables de la mort de sa fille : « S’ils marchaient devant la pagode du Prek Chlaug, ils mourraient de malheur ». Redoutant la puissance du maudit royal, tous les fonctionnaires n’osaient plus marcher devant cette pagode.

En 1499, le gouverneur de Pursat, Okgna Sourkir avait offert au roi un grand éléphant blanc. Le Roi distribua les récompenses de quelques pièces d’or et d’autres objets de valeur au chasseur de cet éléphant et accorda aux assistants de ce dernier d’être exempté du service des hommes corvéables du roi.

En 1502, le Roi visita la montagne des « trésors royaux » (Phnom Preah Reach Trâb) dans la province de Samrong Taug. Il ordonna au gouverneur de cette province d’appeler les hommes corvéables pour creuser un étang au pied de cette montagne pour les villageois. Et au cours de cette visite, le Roi fut malade. Il s’enquit de l’origine de sa maladie auprès des astrologues doués de pouvoirs surnaturels et des médecins de la Cour qui, lui suggèrent de retourner immédiatement à la capitale.

En 1504, le Roi mourut à l’âge de 64 ans, après 27 ans de règne. Le lendemain du décès du souverain, les membres de la Cour vinrent s’incliner devant la dépouille royale pour rendre hommage à leur roi défunt.

À la suite du décès du roi, les membres du Conseil de la Couronne invitèrent son fils aîné, Preah Srey Sokunbât, à monter sur le trône. Les brahmanes préparèrent l’ondoiement du nouveau Souverain et l’élevèrent à la dignité du dieu Indra, Souverain du Royaume du Kampuchéa. Des battements de tambour résonnaient sur la place publique pour annoncer ces deux évènements royaux. Tous les princes et les dames d’honneur du palais pleurèrent de tristesse de la mort du Souverain et de joie de l’élection du nouveau Roi. 

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