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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 19:10
LE REGNE DE PREAH ANG CHEY OU PREAH BAT TA TRASAKPEAM (Concombre sucré) (998 – 1048)

Version Eng Soth (Texte en khmer) : Traduction non officiel par Sangha OP Note 1 : Ponhea : Le titre de « Ponhea » signifie prince. Plus tard, les hauts fonctionnaires et les officiers généraux du royaume portaient aussi ce titre d’honorifique accordé par le roi pour leurs services mérités.

1e version :

Agé de 45 ans, Ponhea Chey fut sacré roi par les ministres du royaume pour succéder au roi défunt Sénakareach. Voici l’histoire : Au mont Prasithik (mont sacré), deux frères, Chay et Sours y habitaient. Ils étaient jardiniers et dirigeaient avec la participation des villageois pour leurs loisirs une troupe de théâtre «Basac». À cette époque, le roi, nommé Sénakareach, régna au pays des Khmers. Un jour, il décida pour une raison inconnue d’abandonner sa capitale. Il quitta son palais avec sa cour, ses ministres et les membres de son administration centrale à la recherche d’un nouvel endroit idéal pour rebâtir sa capitale royale. Arrivé au mont Prasithik, le roi trouva l’endroit magnifique et décida d’y installer sa nouvelle capitale. Il fit y construire son nouveau palais royal. Apprenant l’arrivée du roi, les deux frères Chay et Sours avec tous les membres de troupe de théâtre se précipitèrent pour solliciter au roi une audience royale. Leur requête était accordée par le roi. Chay et Sours et les autres apportèrent avec eux beaucoup de cadeaux pour offrir au roi, parmi lesquels, il y avait des concombres sucrés. Au tombé de la nuit, les deux frères ordonnèrent aux comédiens de jouer quelques pièces de théâtre pour distraire le roi et sa cour pendant leur dîner. Au menu royal, il y avait les concombres des deux frères. Le roi avait beaucoup apprécié le goût succulent des concombres offerts par Chay et Sours et demanda à son ministre du palais de faire venir les deux frères pour les remercier. Le roi assit sur l’estrade royale devant les deux frères, à genoux par terre : «Tes concombres ont un goût délicieux. Dorénavant, je vous donne l’ordre de ne plus les ventre à personne et vous les cultivez exclusivement pour moi». Les deux frères joignirent la paume des deux mains en les levant au niveau de leur front, puis ils abaissèrent leur tête pour que leur front touchait la terre et répondirent au roi : «Votre désir est un ordre». En l’an 893, le roi Sénakareach fêta son trentième anniversaire de son sacre. Au même année, Chay avait 43 ans et son frère Sours avait 33 ans.

Cette année là, il se passait au village un évènement extraordinaire. Un buffle d’un paysan entra dans le potager des deux frères, puis, il marcha sur les plantes de concombre. Pour faire fuir le buffle de son potager, Chay ramassa une pierre par terre et la lança à la direction du buffle. Le projectile transperça le corps de l’animal et le blessa mortellement. Le propriétaire du buffle était informé de cette incidence par les autres paysans. Fou furieux, il se précipita illico au tribunal du district pour déposer plainte contre Chay. Le juge saisit cette affaire et condamna Chay à rembourser le prix du buffle au propriétaire.

Chay contesta le jugement en expliquant au magistrat qu’il n’a jamais l’intention de tuer le buffler. Il a jeté la pierre pour faire fuir seulement l’animal de son potager et le projectile le blesse mortellement qu’il n’en arrive même pas à expliquer. Embarrassé par l’explication de Chay, le juge ne savait plus quoi faire. Il décida d’envoyer affaire devant son ministre tutelle. Après être mis au courant de cette affaire, le ministre n’osait pas en juger car accusé est le jardinier du roi. Il décida à son tour d’en informer le roi. Curieux, le roi convoqua son jardinier en audience plénière. Il exigea une reconstitution des faits surprenants : Il ordonna au juge d’amener trois buffles et la pierre de Chay dans une grande cour du palais royal et il demanda à Chay de lancer la pierre trois fois sur trois buffles avec la même distance qu’il a lancé dans son potager. À chaque lancement, le projectile transperça le corps du buffle et le blessa mortellement. Le roi constatait les faits avec stupéfaction. Il demanda qu’on examinât la pierre par des spécialistes de la cour. Le résultat de l’analyse révèle que la pierre n’est qu’un morceau de fer et c’est pourquoi, elle transperce facilement le corps du buffle. Le roi était satisfait de cette explication et il demanda à son ministre de faire venir le propriétaire du buffle pour lui dire ceci : «Je ne peux pas condamner Chay de te rembourser le prix du buffle car sa mort est un accident, c’est donc son destin. Chay n’a jamais l’intention de tuer ton buffle. La pierre lancée par lui est un morceau de fer, c’est pourquoi, elle a transpercé le corps de ton buffle et a blessé mortellement».

Ensuite, le roi ordonna au maître forgeron de la cour de faire fondre ce morceau de fer pour fabriquer une lance royale pour Chay afin qu’il l’utilisera comme arme pour surveiller son potager. En l’an 995, le roi Sénakareach avait 59 ans. Il fêta le 32e anniversaire de son sacre. Au même année, Chay avait 45 ans et son frère cadet Sours avait 35 ans. Cette année là, le roi commençait à soupçonner les deux frères jardinier de ventre discrètement des concombres aux certains hauts fonctionnaires de la cour. Un jour, il ordonna à son valet de préparer son cheval pour une promenade nocturne.

À la nuit tombante, il quitta son palais sans escorte à la direction du jardin des deux frères. Arrivé au jardin, il se cacha derrière une termitière qui se trouvait dans les champs de maïs pour surveiller les activités nocturnes des deux frères en espérant qu’il puisse les arrêter en flagrant délit de la vente interdite des concombres royaux. Cette nuit-là, Chay regardait, avec sa lance royale à la main, une pièce de théâtre à côté du champ de maïs. Soudain, il s’aperçut une ombre d’un homme tout près de son potager ; sans hésitation, il lança sa lance avec toute sa force dans cette direction. Dans son esprit, cet homme n’est qu’un voleur qui vient souvent voler ses concombres. Touché en plein cœur par la lance, l’homme s’écroula et mourra sur le coup à côté du termitière. Chay se précipita pour découvrir qui est la victime de son exploit. Il alluma la torche pour voir le visage du corps transpercé par sa lance. Puis il s’aperçut que le corps devant lui n’est que le roi sans vie. Il prévint immédiatement son frère et ses amis qu’il venait de tuer accidentellement le roi. Par la suite, la termitière où se trouvait le corps sans vie du roi est appelée par les villageois, «termitière de la mort du roi» (Dambauk Chhak sdach en cambodgien). Le lendemain, Chay envoya son frère au Plais Royal pour informer les officiels de la mort du roi en leur demandant de venir chercher sa dépouille pour célébrer les funérailles dignes de son rang royal. Les ministres du palais et les autres dignitaires du royaume apprirent cette nouvelle avec stupéfaction.

Dès que le corps du roi défunt fit introduit dans la grande urne mortuaire, le conseil de la couronne était convoqué pour discuter les problèmes de succession du trône car le roi défunt n’a ni l’héritier, ni des parents proches (son fils unique est décédé il y a quelques années au Laos). L’idée vint soudain à l’esprit des membres du conseil : pourquoi de ne pas choisir Chay et son frère comme roi et vice-roi, parce qu’ils ont toutes qualités pour diriger les affaires du Royaume : - Leur longévité, la force extraordinaire de Chay, - Gardiens de la lance royale, - Leur lien de sang avec la famille royale et ils sont populaire auprès de la population. Après un long débat, les membres du conseil de la couronne adoptèrent à l’unanimité ce choix. Les ministres étaient chargés d’envoyer un cortège royal pour aller proposer l’offre du Conseil aux deux frères. Chay refusa la proposition du Conseil. Il évoquait deux raisons majeures : Il n’y a pas le troupe de théâtre au palais royal. Les charges royales sont lourdes, lesquelles lui empêchent de diriger sa troupe de théâtre et d’assister à ses représentations nocturnes. Ayant entendu ses motifs, les ministres assuraient immédiatement Chay qu’il pourra organiser sa vie au palais selon son désir, c’est-à-dire qu’il pourra avoir autant de troupes de théâtre au palais et assister comme il le désire jour et nuit à ses représentations. Chay était satisfait de la promesse des ministres. Il accepta donc l’offre du Conseil de la couronne. Les deux Ponhea Chay et Sours furent conduits par le cortège au palais royal pour être proclamé roi et vice-roi par le Conseil de la couronne.

Trois années plus tard, Ponhea Chay fut sacré roi sous le nom de règne Ang Chey. Il fit déposer sa lance sur un autel dans la salle du trône et il fit construire devant le palais royal deux jardins publics. L’un pour les balançoires et l’autre pour les jeux cache-cache. Le peuple admirait la longévité du roi et celle du vice-roi. Il demanda aux derniers, à chaque cérémonie du mariage, qu’il puisse clamer le nom du roi et son frère comme vœux de longévité aux nouveaux mariés : « Chey Hauk, Sours Hauk ». Le roi et son frère furent émus par cette demande et acceptèrent d’emblée à cette requête populaire.

En l’an 998, le roi se consacra son temps à lire et étudier tous les anciens textes concernant la tradition du pays. Il demanda à tous les ministres et les membres de la cour de faire autant. Il constata que les objets sacrés, symboles de la royauté, sont disparus du palais royal, lesquels sont : - Vingt et une statuette de Thévaroup,une conque royale en bronze, - Un parasol royal en bronze, - Sept Bakou (maîtres de cérémonies du palais). Il convoqua, en effet, les ministres et tous les dignitaires du royaume pour lui expliquer les raisons de cette disparition.

Voici les exposés du ministre du Palais : ces objets ont été volés par les Siamois et les Laotiens à l’époque où le royaume fut dévasté par des crues et sous leur occupation. Ils les ont amenés dans leur pays respectif. Après écouter ces derniers, le roi conclut avec beaucoup de tristesse et d’amertume que cette perte entraîne sans aucun doute la décadence du royaume depuis les règnes des rois Poum Naul Pearl jusqu’à aujourd'hui. Cette décadence a pour conséquence politique, la perte de contrôle des pays vassaux. Ainsi, le royaume d’aujourd’hui est faible et pauvre. Cette situation ne lui permet plus de reconquérir les territoires perdus. Conscient de cette réalité, le roi s’isola et commença à sangloter.

En l’an 999, le roi convoqua le Grand Conseil du royaume : - Le chef religieux du royaume (Preah Sanghareach), - Sept membres de l’ordre bouddhique, - Le chef des armées, - Les ministres, - Les membres du Conseil du trône. Devant ces membres, le roi leur dit ceci : «Le royaume n’a plus les cinq objets sacrés. Ces objets sont le symbole des richesses et du bonheur» du Royaume. Il est donc nécessaire que le Royaume les possède à nouveau. Ainsi, il ordonna aux ministres de faire fabriquer par les sculpteurs de talent les vingt et une statuettes de Thévaroup et une conque royale à partir du mélange de l’or, du bronze et du cuivre de bonne qualité. Il envoya une délégation à la cour du royaume de Champassak pour solliciter une autorisation au roi de ce pays de recopier les textes sacrés dans les trois livres bouddhiques dont ce dernier possède cinq exemplaires. Je crois sincèrement que le roi pieux de Champassak ne s’oppose pas à ma requête, dit le roi. En ce qui concerne les sept Bakou, maîtres de cérémonie du palais, il décida de suivre l’exemplaire du roi défunt Athapoul Pearlor : suite à une mésentente avec le roi, les Bakous ont quitté le royaume par le navire sans prévenir personne. Sans hésitation, le roi fit les remplacer par leur fils. J’ai lu cette histoire dans la chronique des rois. Je ferai la même chose que lui, dit le roi Ang Chay. En l’an 1032, la reine Bottom Bopha donna un fils à Ang Chay. Le roi adorait son fils. Il lui donna le nom : Preah Séreyrath.

En l’an 1048, le roi Ang Chay tomba gravement malade. Il fit venir au palais son frère, vice-roi en lui demandant, après sa mort, de lui succéder et de proclamer son fils, âgé de 17 ans, comme prince héritier du royaume (Upayureach). Ponhea Sours assurait au roi que la dernière volonté du roi sera respectée. Quelques instants plus tard, le roi Ang Chay s’éteignit doucement, sans souffrir. Ponhea Sours fut proclamé roi par la volonté du roi défunt et par les membres du Conseil de la couronne.

2e version :

(livres déposés à la bibliothèque royale – Tome 2, n° 53, page 68) Preah Bat Ta Trasakpaem monta sur le trône khmer le 11 mars 1290 à 9 heures du matin à l’âge de 70 ans. Il s’éteignit à l’âge de 120 ans après 51 ans de règne (livre 2, page 64).

Sous le règne du roi Sihanouk Reach, il y avait un moine errant (Lauk Tadong), nommé Preah Bottom. Ce moine était le fils du roi défunt Chakrapat. Lassé de la vie de tous les jours, il quitta sa famille pour entrer en religion comme moine errant dans la province de Kampong Speu. Un jour, au cours de sa méditation sous un grand arbre, le moine entendait une conversation des oiseaux, percés sur la branche au-dessus de lui, : - Ce moine n’a pas de chance dans sa vie, dit le premier oiseau à son ami, - Pourquoi tus dis ça, - Parce qu’il n’a, ni femme, ni enfants. Même, le Bouddha, avant d’être moine, a des femmes et des enfants. Depuis ce jour, ce moine réfléchissait jour et nuit à propos de cette conversation.

Un beau jour, il se dit, ces oiseaux ont raison de lui critiquer car il est vrai dans sa vie, il n’a ni femme, ni enfant. Il est donc maintenant pour lui de quitter la religion pour se marier et mener une vie normale comme tous les êtres humains. En l’an 1221, son épouse lui donna un fils. Il donna le nom à sa progéniture Chao Ta. Il passait tout son temps à instruire son fils jusqu’à qu’il devienne un homme parfait. Puis, un jour, il demanda à son épouse d’entrer à nouveau en religion. Il quitta sa maison et mena une vie de moine errant dans forêt non loin de son village où habitaient sa femme et son fils.

Un jour, Chao Ta demanda la permission à sa mère d’aller se rendre visite à son père dans la forêt. Au cours de cette rencontre, le père dit à son fils qu’il est né prince, fils d’un roi. Par son sang, son fils est aussi prince et selon son astrologue, son fils deviendra un jour roi. À la fin de cet entretien, le père donna à son fils, un morceau de fer et trois graines de concombres et il lui dit : ces graines peuvent apporter une chance à ta vie. Chao Ta quitta son père. Arrivé au village, il séma sur son potager les trois graines de concombres.

La suite de l’histoire est similaire à la 1ère version. Dans le même livre 2, page 69 : Après 4 ans de son règne, Preah Bat Ta trasakpaem fit construire : - un centre royal tout près du mont Chrey, - un palais dans la capitale royale Preah Khân pour déposer ses 4 épées. Le roi fit sculpter beaucoup des statuts de bouddha. Ces statuts ont étés déposés par ses soins dans une grotte d’un mont dont le nom est Preah (mont Bouddha). C’est le roi lui-même qui a donné ce nom. Après être proclamé roi, il continuait de vivre plusieurs mois dans son potager avant d’aller s’installer dans Preah Khân, la capitale royale.

Quelques mois plus tard, il décida d’abandonner Preah Khân au profit de l’ancienne capitale, Preah Moha Nokor (Angkor Thom) dans la commune de Prasat d’aujourd’hui. Après ce livre, Preah Bat Ta Trasakpaem succéda au roi Sihanouk Reach, fils du roi Sénakareach. Il épousa la fille du dernier et donna un nom de sacre à sa reine, Samdech Preah Chantrear Vatey Serey Chantra Mohakhsachtrey. Elle donna deux fils au roi : l’aîné, Preah Barom Niphayat, né en 1292 ; le cadet, Preah Santhir Peach, né en 1294.

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Published by Auteur Eng Soth,Traducteur : Sangha OP - dans Une histoire du Cambodge
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