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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 08:31
L’histoire du 1er Parti Démocrate Khmer (Par Sim Var)

C’était en 1945, la France, dont l’autorité avait été éclipsée un moment par le coup de force japonais du 9 Mars, la rétablit au Cambodge aussitôt après la capitulation de l’armée impériale du Mikado en Août de la même année. Ayant mis en état d’arrestation le premier Ministre Son Ngoc Thanh qui était d’obédience japonaise, elle signa avec le nouveau gouvernement khmer présidé par le prince Sisowath Monireth, oncle du roi Norodom Sihanouk, un modus vivendi en attendant d’octroyer au royaume un statut de «large autonomie interne».

Mais malgré la signature de cet accord provisoire, le nouveau représentant de la France, M. Pénavaire, qui portait le titre de Commissaire de la République, ne pouvait pardonner au jeune roi Norodom Sihanouk d’avoir en accord avec l’occupant japonais proclamé l’indépendance du Cambodge. S’abouchant avec le prince Norodom Norindeth, un des candidats malheureux au trône, il lui suggéra de former un parti politique dont il devait prendre la présidence, lui faisant comprendre qu’un petit pays comme le nôtre avec une faible population ne devrait posséder qu’une seule et unique formation politique.

Comme le directeur du journal «Nagaravattaa», M. Pach Chhoeurn venait d’être arrêté à son tour par les autorités françaises à la suite d’une manifestation des bonzes, il n’y avait plus à Phnom Penh d’autre nationaliste notoire en vue. C’est dans ces circonstances que le prince Norodom Norindeth a fait appel à moi pour l’aider à réaliser son projet, m’ayant connu comme rédacteur en chef du journal précité. Ayant écouté l’attentivement son exposé sur la formation de son parti qui devrait porter le nom de «Kanapac Sereyphéap», ou parti libéral, et le même emblème que celui du drapeau national, je compris tout de suite le but qu’il poursuivait et qui était d’évincer Norodom Sihanouk du trône. Je refusai alors tout net de me prêter à ce sujet.

Quand je pris congé de lui, j’avais déjà en tête l’idée de fonder moi aussi un parti politique pour contrecarrer ses manœuvres parmi la masse du peuple. Par ailleurs, mon refus était motivé par le fait qu’avant l’accession de Norodom Sihanouk au trône du Cambodge, j’avais eu l’occasion de mener en sa faveur une campagne avec mes amis Son Ngoc Thanh, Pach Chhoeurn et Vuor Horng. D’autre part, j’estimais que le souverain était mieux placé que quiconque pour traiter avec des nouvelles autorités françaises pour le futur statut de notre pays en conformité avec l’aspiration du peuple.

Fort opportunément, M. Ieu Koeus, que je connaissais de longue date pour avoir milité ensemble pour l’indépendance nationale, et M. Chhean Vâm, officier de liaison de l’armée française, venaient de rentrer à Phnom Penh, le premier de Battambang où il résidait après la cession de cette province à la Thaïlande, et le second de France avec grade de capitaine. Ne connaissant pas encore personnellement ce dernier, je résolus de le rencontrer avant toute autre personne pour lui faire part de mon projet.

Après trous entrevues plus ou moins secrètes, nous tombâmes d’accord sur le but que je poursuivais. Puis, me tournant vers M. Ieu Koeus, je n’eus aucune peine à le rallier à nous. Au début, nous n’étions donc que trois à jeter les bases de notre mouvement auquel nous donnions le nom de «Kanapac Prachéathippetay», ou parti démocrate. Avec comme emblème d’une tête d’éléphant portant dans sa trompe trois fleurs de lotus qui représentaient respectivement : la Nation, la Religion et la Monarchie.

Les succès que nous obtenions auprès de la masse et de l’élite du peuple furent tels que le chef du parti libéral jura de me supprimer à la première occasion. En mars 1946, arriva à Phnom-Penh, un autre officier de liaison, le prince Sisowath Youtevong qui rentrait aussi de France avec grade de colonel. Contacté par M. Chhean Vâm, il donna tout de suite son adhésion, nous aidant même à parachever notre projet de statuts. Comme il jouissait d’un grand prestige en raison de son double titre de prince et de haut diplôme, nous étions unanimes à lui confier le leadership de notre mouvement qu’il partageait avec un Comité directeur. C’était un prince fort démocrate, qui se distinguait nettement de tous les membres de l’aristocratie khmère. Joignant à sa modestie naturelle un grand savoir, il eut tôt fait de provoquer l’adhésion enthousiaste d’une foule de gens dans tous les milieux qui se piquaient tant soit peu de patriotisme.

Mais si nos succès nous attiraient davantage l’ire du prince Norodom Norindeth, ce qui était tout naturel, en revanche, ils eurent le don contre toute attente, de provoquer la méfiance du jeune souverain auquel ils portaient ombrage. Ayant un penchant autoritaire, ce dernier ne pouvait supporter qu’un autre prince eût plus de popularité que lui. Dès lors, le commissaire de la République n’eut aucune peine à le dresser contre nous, nous prêtant gratuitement des velléités républicaines, alors que notre mouvement était plutôt destiné à soutenir contre manœuvres du chef du parti libéral.

Comme le pays était encore placé sous le régime de la monarchie absolue, nous étions obligés d’user de beaucoup de prudence et de précautions pour éviter les embûches tendues par nos adversaires tout en essayant de rassurer le roi sur la pureté de nos intentions. Ne pouvant avoir raison de notre opiniâtreté, le Commissaire de la République soumit au roi un projet de Constitution pour être imposé à la future Assemblée Constituante dont le moins qu’on puisse dire est que les droits et libertés démocratiques brillaient par leur absence, tandis que tous les pouvoir émanerait de souverain, ce qui équivaudrait au maintien de la monarchie absolue.

D’après discussion eut lieu au cours de nombreuses réunions entre les représentants du roi et les partis démocrate et libéral. Naturellement ce dernier parti soutint la position du roi pour les besoins de sa cause. Tandis que le nôtre la combattait sur la dévolution des pouvoirs qui deviendraient, selon nous, émaner du peuple. Comme ces discussions menaçaient de s’éterniser, il fut décidé d’un commun de lancer quand même les élections, laissant au temps le soin d’arranger les choses.

Mais le temps n’a rien arrangé du tout. En effet, comme le parti démocrate, plus dynamique, avait obtenu les deux tiers des sièges, le Commissaire de la République convoqua tous les membres de Comité directeur à son bureau et leur tint à peu près ce langage : «Votre parti a gagné. C’est très fort bien, et je vous en félicite. Mais tenez-vous tranquilles. Si jamais vous essayez de vous emparer du Pouvoir par la force, nous serions en mesure de vous mâter avec tous les moyens dont nous disposons pour le cas où le roi ferait appel à nous !». Alors calmement, le prince Sisowath Youtevong lui répondit en ces termes : « «Monsieur le Commissaire de la République, nous n’avons nullement l’intention d’user de la force pour nous emparer du Pouvoir. Ce dernier devrait nous revenir d’office. Ayant remporté une victoire éclatant, il n’est pas nécessaire selon nous d’user de la force pour cela. Même si nous voulions vraiment nous ne pourrions pas le faire, étant donné que nous ne disposons d‘aucun moyen. Moi qui vous parle, je n’ai même pas chez moi un rotin pour fouetter mon chien. Au contraire, ce sont ceux qui possèdent des moyens qui ont tendance à les utiliser à tort et à travers !».

À ces mots, le Commissaire de la République s’est confondu en excuses, protestant de sa bonne foi jusqu’à la fin de l’entretien. Mais ce n’était que partie remise, car la rancune du Commissaire de la République était tenace. En effet, en pleine réunion de l’Assemblée Constituante, des membres de la Sécurité Militaire Française firent irruption dans la salle des séances pour me mettre en était d’arrestation malgré ma qualité de député, m’accusant tantôt de collusion avec les Issarak, tantôt d’espionnage au profit d’une société secrète étrangère dite «Etoile Noire» dont je ne connaissais ni le nom, ni l’existence jusque-là. Malgré les protestations de l’Assemblée, je fus gardé en détention à la Prévôté militaire française, enfermé dans un bâtiment «secret» avec 17 autres personnes dont la plupart m‘étaient inconnues, mais qui toutes avaient fait des «aveux» m’accusant de tous les faits reprochés par la Sécurité Militaire Française.

Mais une fois arrivé à Saigon, elles me présentèrent toutes leurs excuses, m’affirmant que leurs prétendus aveux avaient été arrachés à Phnom-Penh par la violence, car on les avait soumises au supplice de la baignoire, de la magnéto et des coups de matraque. Là, je fus inculpé par le juge d’instruction du Tribunal Militaire Permanent d’atteindre à la Sécurité extérieure de l’Etat.

Comme je l’espérais, mes codétenus rétractèrent tous les «aveux». Malgré cela, on continuait à nous garder encore longtemps en détention dans la prison saïgonnaise. Un jour, j’appris que le prince Youtevong devenait président du Conseil des Ministres à la place du prince Monireth, je me mis alors à espérer qu’il allait nous tirer de cette triste situation, mais mon espoir fut de courte durée, car quelques mois plus tard, souffrant de tuberculose, il fut transféré en France où il mourut. Il avait, certes, fait des démarches auprès du nouveau Commissaire de la République, M.Léon Pignon, pour obtenir notre libération, mais étant donné son mauvais état de santé, on n’était pas trop pressé de nous libérer, nous gardant ainsi en détention pour rien pendant un an avant de nous transférer à Kompong Cham-ville où nous étions placés en résidence surveiller.

Mais là non plus, nous n’étions pas au bout de nos peines, car le représentant français de cette province nous convoquait souvent pour nous interroger à la suite de rapports de police signalant nos escapades nocturnes imaginaires. À tel point que nous étions obligés, pour couper court à ces rapports mensongers, de demander à retourner en prison, mais on se gardera bien d’exaucer notre vœu. Quant au roi, il ne fit absolument rien pour nous faire libérer, en voulant sans doute au parti démocrate de ses prétendues idées républicaines.

À cette époque, le prince Sisowath Watchhayavong fut choisi pour remplacer le prince Youtevong à la présidence du Conseil des ministres, en raison de sa position non partisane, car la Constitution de 1947 venait d’être votée et l'on allait procéder aux élections législatives pour nomination de la première Assemblée Nationale khmère. J’appris alors que mon arrestation était motivée par le fait qu’on voulait non seulement exercer des représailles contre le principal responsable de la défaite du parti libéral, mais encore et surtout faire pression sur le parti démocrate pour l’obliger à céder sur le chapitre de la dévolution des pouvoirs. Mes amis ayant effectivement cédé le vote de la Constitution fut alors rendu possible.

En décembre 1947, pendant que nous étions encore en résidence surveillée à Kompong Cham-ville, les élections eurent lieu sur tout le territoire du royaume. Des légionnaires français furent placés dans notre dortoir jour et nuit pour nous empêcher de communiquer avec les membres de notre parti. Malgré ces précautions, ce dernier l’emporta encore à une majorité confortable sur le parti libéral. Notre secrétaire général, M. Chhean Vân, fut alors appelé en janvier 1948 pour former le gouvernement.

À la suite d’incessante démarches faite par notre gouvernement, le nouveau Commissaire de la République finit par nous libérer tous après environs quatre mois de résidence surveillée. Comme malgré cela, la police française continuait toujours à me relancer avec des rapports mensongers. Le gouvernement prit la décision de m’envoyer en France à l’Assemblée de l’Union Française pour me mettre à l’abri de toutes accusations gratuites. Mais en France même, je n’étais pas du tout tranquille, car le temps à autre, les agents venaient me voir pour m’apprendre que la police avait reçu des lettres anonymes m’accusant de trafic d’armes en faveur des Issarak. Certes, ces méthodes de basse police ne m’inquiétaient guère, sachant qu’elles ne reposaient sur aucun fondement. N’empêche qu’elles provoquèrent chez moi une irritation de plus en plus grande contre le ou les auteurs de ces méthodes. En Août 1948, M. Chhean Vâm dut donner sa démission de président du Conseil à la suite de discussions internes, pour faire place à un gouvernement présidé par M. Penn Nouth, conseiller du parti démocrate.

Six mois plus tar, ce dernier fut renversé par l’Assemblée sur l’interpellation du député démocrate Yêm Sambaur à la suite d’un scandale provoqué par l’affermage des lots de pêcherie de Khlar Krahim, ce qui créa une scission au sein du parti majoritaire. De se fait Yêm Sambaur fut appelé à remplacer Penn Nouth à la présidente du Conseil, mais il ne tenir plus de sept mois.

En raison de dissensions internes et des querelles de parti suscitées par les manœuvres du Palais, la vie politique khmère fut marquée par l’instabilité gouvernementale permanente depuis la création de l’Assemblée Nationale. Les gouvernements qui se sont succédé n’ont duré que 7 ou 8 mois au maximum. Il y en eut même un qui n’a duré qu’une semaine. Ils furent présidés successivement par Chhean Vâm, Penn Nouth, Yêm Sambaurn Ieu Koeus, le roi lui-même, Sisowath Monipong et Oum Chheangsum.

Cette valse de gouvernement ne pourrait s’expliquer autrement que par les manœuvres du souverain qui dressait comme à plaisir non seulement les partis entre eux, mais aussi les membres d’un même parti les uns contre les autres, ce qui aboutissait en 1949 à l’assassinat de Ieu Koeus, personnalité marquant du groupe des démocrates. Des bruits les plus contradictoires coururent alors sur ce crime, l’attribution tantôt au palais Royal, tantôt au Commissariat de la république en raison des idées républicaines de la victime ou de son hostilité au projet du nouveau statut qui allait être octroyé au pays par la France. Toujours est-il que la vérité n’a pu être établie jusqu’à ce jour sur le ou les auteurs de cet assassinat.

Mais cela n’empêcha point le roi de se livrer à son jeu favori en suscitant la création d’autres formations politiques, en sorte que ceux qui voulaient devenir ministres en créèrent une chacun qui ne représentait que la personne du fondateur. C’est ainsi que naquirent les partis «progressiste», d’Union Nationale, de Redressement National, du Nord-Ouest Victorieux, du Peuple, etc. Bien qu’ils n’eussent aucun représentant à la chambre. Certains de ces chefs de parti puent quand même entrer dans des cabinets ministériels grâce au soutien royal. La situation politique devint tellement confuse qu’elle favorisait dangereusement l’insécurité qui se développait de plus en plus en province.

En octobre 1951, ce fut M. Huy Kanthoul, démocrate, qui fut appelé à former le gouvernement. Quelque mois plus tard, Son Ngoc Than qui avait été exilé en France rentra à Phnom Penh grâce à l’intervention du roi. Le parti démocrate organisa alors en son honneur un accueil si grandiose qu’il fit pâlir de jalousie le souverain lui-même. Son Ngoc Than était, certes, l’idole du parti démocrate, mais il déclina l’honneur qui lui offert d’entrer dans le cabinet de Huy Kanthoul.

En juin 1953, il prit le maquis pour aider, disait-il, les Issarak à combattre les troupes françaises afin d’obliger la France à accorder l’indépendance complète au royaume, compromettant de ce fait gravement la position du parti démocrate. Je dus alors intervenir à plusieurs reprises pour demander au Comité directeur de redéfinir clairement la position de notre groupe par rapport à Son Ngoc Than pour rendre sans équivoque. Ce fut peine perdue, car manquant sans doute de courage, mes amis ne savaient plus quelle attitude prendre. Ce qui pousse le roi à prononcer un violent discours pendant une séance du Conseil du Royaume, puis à dissoudre le gouvernement Huy Kanthoul.

À ce moment, je m’attendais au pire, pensant que tous les membres du Comité directeur pourraient être soupçonnés de connivence avec Son Ngoc Than et être de ce fait mis en état d’arrestation. Mais pendant que je me trouvais dans la plus inquiétude, je fus réveillé le lendemain vers 4 heures du matin par des coups frappés à la porte de ma maison. Comme je m’informais de ce qui se passait, quelqu’un cria de l’extérieur en me faisant savoir que j’étais mandé par le roi. J’étais au comble de la frayeur, car depuis toujours la police avait l’habitude de sonner de nuit chez les gens qu'elle devait enlever à l’insu des voisins pour les faire disparaître. Mais en regardant par une fenêtre entrebâillée, je ne vis ni policiers, ni gardes, sauf une voiture du Palais qui attendait dans la rue avec un chauffeur. Je m’habillais hâtivement et me rendis au Palais en compagnie du fonctionnaire qui avait frappé à ma porte.

En arrivant, je constatais que le palais avait un aspect inusité, fortement gardé par des troupes. Pendant que le Souverain qui, paraît-il, n’avait pas dormi de la nuit discutait avec des Grands du Royaume, le prince Norodom Suramarit m’accueillit à l’entrée, me disant qu’après avoir dissous le gouvernement Huy Kanthoul, le roi prendrait lui-même la présidence du Conseil, promettant à la Nation de la conduire jusqu’à l’indépendance complète dans un délai de trois ans, et il me demanda de participer à sa croisade comme ministre de l’Economie. N’ayant pas tout de suite réalisé la situation, je dus décliner ce redoutable honneur, étant encore sous le coup de la frayeur. Mais Penn Nouth qui se tenait derrière moi me tira par la veste pour me dire à l’oreille que c’était un ordre du roi et qu’il fallait obéir, ce que je fis, bien que cette mission fût au-dessus de mes capacités.

C’est ainsi que je fus nommé au poste de l’Economie, puis à celui de la Défense Nationale jusqu’au 9 novembre 1953, date à laquelle, le Cambodge obtint enfin son indépendance. Aussitôt après, je donnai ma démission de ministre, estimant que ma mission était terminée, mais le roi entra dans une violente colère considérant dans doute ma décision comme une offense. Un mois plus tard, le parti démocrate tint son assemblée Générale dans la salle du «Cinélux».

Comme elle acceptait l’adhésion du communiste Thiounn Mum comme membre actif, je m’élevais violemment contre cette décision. Je fis ensuite une compagne de presse contre le nouveau Comité directeur, qui crut alors devoir prononcer mon exclusion alors que j’avais eu pourtant le premier l’idée de fonder ce parti. Telle est l’histoire succincte du 1er démocrate khmer. C’est aussi celle d’une partie de ma carrière politique. (Ce document a été publié par la revue Moulkhmer, n° 120 – Mars-avril 1990. Transcription par Sangha OP) . M. Sim Var (décédé) : Homme politique et ancien ministre khmer

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