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11 septembre 2009 5 11 /09 /septembre /2009 07:55
LE REGNE DE PREAH LOMPONG REACHEA (1346 – 1351) Preah Lompong Reachea fut couronné roi à l’âge de 54 ans. Il nomma son frère Preah Soryauthey vice-roi, chargé des affaires militaires. Il célébra les funérailles de son père et de son grand père dans la même année. La reine grande mère, demanda au nouveau souverain d’amener les cendres de Preah Soryapoir à Ban Chey, province natale du souverain défunt, pour les déposer dans un stûpa royal. Elle fit sculpter un statut de ce dernier dans une grotte où elle venait le rendre hommage tous les jours. Des années plus tard, les habitants de Ban Chey avaient l’habitude de venir à cet endroit pour faire des prières et des vœux parce qu’il était réputé que des vœux formulés auraient toujours exaucés. Ces habitants donnèrent un nom à cette grotte pour rendre hommage au roi défunt « Grotte Preah Bat Borom Sokun Chhak » (un des noms du sacre de Soryapoir). Ce nom se déformait des siècles plus tard à celui de l’esprit de génie Sokun Chhak (Neak Ta Sokhun Chhak, en cambodgien).

L’histoire de la Thaïlande d’après la chronique royale des rois khmers :

L’ère de Sokhothaï : Jadis, le Royaume Siam était un État vassal du Royaume Khmer. Le souverain khmer, Preah Bottom Soryavong avait accordé l’indépendance au Royaume Siam parce que le roi de ce pays était son frère, nommé Ponhea Rong. Ponhea Rong était un roi conquérant. Une fois son pays fut libéré de la domination khmère, il commençait à conquérir des petits royaumes environnants. Il fonda ensuite un royaume connu sous le nom de Sokhothaï. Les rois de ce pays se succédèrent pendant plusieurs génération.

L’ère d’Ayuthia : Non loin du Royaume Sokhathaï, il y avait un autre royaume, nommé Chieng Ray. Ce royaume fut fondé par un prince laotien. Ce prince venait s’installer à Chieng Ray avec son armée à la suite d’une querelle de succession de trône dans son pays. Comme Ponhea Rong, ce prince était un conquérant. Il multiplia des conquêtes militaires dans la région et annexa le royaume de Sokhothaï. Il fonda plus tard un royaume, connu sous le nom Krong Kamphen Pich (Cité des murs de diamants). Sa dynastie était mis fin par un homme, appelé Sen Tom. On sait que cet homme était marié avec une princesse laotienne et fut couronné roi sous le nom de règne Serey Chey Sen. Il fonda un nouveau royaume, connu sous le nom Ayuthia ou Krong Tep. Après sa mort, son fils aîné, le prince OUK TON ou U Thaung prit sa succession. Il fut couronné sous le nom de règne Rama Thipadey. Le royaume, sous son règne, était très puissant.

Un jour, Rama Thipadey, roi d’Ayuthia, décida de conquérir le Royaume du Kampuchéa avec une armée de 15 000 d’hommes, laquelle était divisée en deux corps d’armée. Le grand corps d’armée de 10 000 d’hommes, commandé par le fils aîné du roi, le prince Ramaso et la division de choc de 5 000 d’hommes, commandée par le petit fils du roi, le prince Sisobath. La mission de Sisobath était de prendre la capitale khmère, Nokor Thom, par surprise. Il marcha avec sa division jour et nuit sur la capitale khmère suivit de loin par le grand corps d’armée de Ramaso. Une fois au Kampuchéa, Ramaso s’empara facilement la première province khmère, Réachséma. Le gouverneur khmer envoya une estafette pour informer le roi de cette invasion ; puis il s’enfuit avec sa famille pour se cacher. L’estafette arriva à Norkor Thom à midi, quelques heures d’avance seulement de l’arrivée de la division de Sisobath à la porte de la capitale khmère.

Apprit cette nouvelle, le roi convoqua aussitôt son Conseil de guerre. Il ordonna le vice-roi, son frère, de lever une armée de 200 000 hommes. Des mesures étaient aussitôt prises par ce dernier pour défendre la capitale par une armée de 50 000 d’hommes. Devant les membres du Conseil de guerre, le roi fit part de son souci du manque d’entraînement des soldats pour faire face à une armée d’ennemi : « Notre pays était en paix depuis déjà longtemps et pour cette raison, nous ne préoccupions pas à entraîner nos soldats, dit le roi » ; - Preah Soryatey, le vice-roi, répondit au souverain ceci : « Certes, nos soldats n’étaient pas assez entraînés, mais ils ont la force et la santé nécessaire pour faire face aux soldats ennemis, fatigués, après plusieurs jours de marche forcée pour venir ici. Le souverain siamois se croyait malin de nous surprendre par une attaque surprise notre capitale royale. Je vous propose donc d’attaquer nos ennemis tout de suite sans les laisser de se reposer. Si nous attaquions nos ennemis par surprise, je suis certain que nous puissions obtenir la victoire ». La stratégie était approuvée par le souverain et les membres du Conseil de guerre. Preah Soryatey ordonna aux généraux de préparer immédiatement un plan d’attaque d’ennemis, campés devant la porte de la capitale.

Lorsque les préparatifs étaient terminés. Soryatey mit son armure de guerre, monta sur son éléphant royal et prit place dans le bât. Son cornac, assit à califourchon sur la nuque de l’éléphant, lui salua. Les fantassins et les cavaliers crièrent son nom pour le saluer. Il les répondit en levant énergiquement son épée. Cependant, les porteurs d’étendards agitèrent leur étendard pour faire bouger des longues flammes dont l’étoffe était parsemée de petites fleurettes dorées. L’orchestre militaire entama la musique de marche victorieuse. Enfin, le prince donna l’ordre à son armée de marcher sur les ennemis. Parlons maintenant des soldats siamois devant la capitale khmère. Ils s’apprêtèrent à préparer à manger. Quant aux leurs officiers, ils vinrent à peine de terminer à constituer un plan de défense du camp, ils virent surgir les fantassins khmers de tous les côtés. Fatigués par la marche et la faim, les soldats siamois ne répondirent plus aux ordres de leur chef face à cette attaque surprise. Ils cherchèrent, en effet, à s’enfuir pour sauver leur vie. Sisobath, le prince siamois, fou furieux, se précipita pour monter sur son éléphant. Il ordonne à son cornac à pousser sa monture à s’engager dans la bataille. Il assaillit les fantassins khmers et tua en un tournemain plusieurs d’entre eux. Il cria à ses hommes de riposter à l’assaut khmer. Il ordonna à ses chefs d’unité de rassembler tous les hommes disponibles pour mener rapidement une contre offensive. Soryautey, le prince khmer, d’un maintien martial sur le dos de son éléphant, son épée pour ainsi dire magique à bout de bras, ordonna à son cornac à pousser sa monture à bondir à la rencontre de Sisobath. Et voilà, tous deux qui s’affrontèrent en déployant chacun toute son habilité et toute son énergie. C’est la lutte d’homme à homme, mais les éléphants luttent aussi, bête contre bête. Après une bonne dizaine d’assauts, l’éléphant khmer poussa avec toute sa force celui de Sisobath. Le dernier perdit son équilibre et tourna le dos à son adversaire. Cette défaillance de position, fit perdre l’assurance de Sisobath. Il ordonna à son cornac d’abandonner le combat, mais poursuivit par le prince khmer qui abat d’un seul coup de son épée la tête de Sisobath. La mort du dernier provoqua la panique générale dans les rangs des fantassins siamois et les obligea à s’enfuir ou bien à se rendre aux vainqueurs.

Cette victoire donna l’assurance à Soryautey. Il ordonna aussitôt à son armée de marcher à la rencontre de l’armée de Ramaso. Aussitôt vu la colonne siamoise, il ordonna ses soldats à l’attaquer. Devant ces assauts surpris et la défaite inattendue de Sisobath, Ramaso prit panique. Il donna les ordres à ses généraux de se battre en retraite, mais poursuivit toujours par Soryautey. À la frontière, il décida de quitter le territoire khmer en pensant que le dernier n’osait pas de franchir la frontière. Comme prévu par le prince siamois, le prince khmer décida de ne pas poursuivre au-delà du territoire khmer. Cette décision était motivée par trois raisons :
- L’armée khmère à l’état actuel, n’était pas assez formée pour mener une guerre d’offensive,
- Les effectifs n’étaient pas assez suffisants,
- Le Royaume d’Ayuthia était très puissant.
Pour ces raisons, Soryautey ne pensait qu’à savourer de sa victoire limitée, c’est-à-dire, il n’avait pas eu la possibilité d’anéantir l’armée ennemie. En effet, l’ambition du roi d’Ayuthia de conquérir le Kampuchea restait toujours en flamme. Dans ces batailles, Soryautey avait fait beaucoup de prisonniers siamois et il informa son frère de cette victoire. Apprit la nouvelle, le roi était content, il offrit des récompenses à ses hommes courageux et une fête fut organisée en leur honneur .

Revenons à Ramaso, après être assuré que l’armée khmère s’était retirée de la frontière, il ordonna à son armée de camper à une distance raisonnable du territoire khmer. Il envoya une missive à son père pour lui informer de sa défaite et de la mort de Sisobath. Rama Thipday, roi du Siam, écoutait son ministre de guerre lisait le message de son fils aîné dans un imposant silence. Cette défaite lui rendait triste et furieux en même temps. Il ordonna à ses trois autres fils, Chao Basath, Chao Baat et Chao Kampong Pisey de lever une armée pour une nouvelle expédition au Kampuchéa. Ces trois princes étaient placés sous le commandement de son beau-frère, Preah Borom Reachéa. L’armée était composée de cinq divisions : Un grand corps d’armée, commandé par Preah Borom Reachéa et quatre divisions de fantassins, commandées par les quatre fils du roi du Siam, dont les noms sont cités ci-dessus.

Quelques mois seulement après la victoire, le roi khmer, Lompong Reachéa ne voyait plus l’utilité de garder des effectifs militaires importants, il décida donc de démobiliser un grand nombre de soldats afin qu’ils puissent retourner vivre auprès des siens. Cependant, le roi d’Ayuthia avait terminé ses préparatifs militaires en vue de reconquérir à nouveau le Kampuchéa. Dans le secret absolu, il ordonna son armée à marcher sur Nokor Thom, la capitale khmère. Le roi khmer fut informé de cette nouvelle par les gardes de frontière en même temps que l’arrivée des siamois devant la porte de la capitale.

Vu la situation, le roi khmer confia aussitôt la mission à son frère d’organiser la défense de la capitale et il ordonna en même temps à son frère Preah Soryauvon (dans les autres documents, on écrit qu’il est le cousin du roi) et au fils de l’ancien roi Preah Bat Sreysokhunchak, de quitter la capitale pour mission de levée une armée à fin qu’ils reviendraient pour attaquer à revers les ennemis. À la tête de quelques hommes, ces derniers quittèrent la capitale assiégée sans rencontrer des difficultés.

La capitale Nokor Thom était encerclée à une distance à peu près d’un kilomètre par, la division de Ramaso au nord, la division de Chao Baat au sud, la division de Chao Basat à l’ouest, la division de Chao Kampong Pisey à l’est. Après trois jours de repos, le prince Preah Borom Reachéa, commandant en chef des armées siamois, ordonna à ses généraux de construire des remparts au tour de Nokor Thom dont la hauteur est égale à celle des murailles de cette ville. Ensuite, il fit placer des canons sur ces remparts. Tous les jours, il ordonna à ses soldats de bombarder les lignes de défense khmères. En revanche, les Khmers ne laissaient par faire, ils ripostèrent avec leurs canons contre les envahisseurs. Le duel des canons allaient durer jusqu’à l’épuisement des stocks d’obus.

Après quelques jours d’attendre du retour en vain de son neveu avec son armée pour attaquer à revers les campements des siamois, le roi khmer décida de mener personnellement des attaques sans remporter la victoire contre la division de Ramaso. Après cinq mois (décembre au mois de mai de l’année suivante) de siège de la capitale, le roi khmer décida d’envoyer une lettre à Borom Reachéa, le prince siamois, pour lui demander la raison du Royaume du Siam de mener une guerre contre son Royaume. Voici le contenu de la lettre royale :

À son Altesse Royal, Commandant en Chef des armées du Royaume d‘Ayuthia. Jadis, votre Royaume était un État vassal du Kampuchéa. Vos aïeux royaux ont proclamé unilatéralement l’indépendance de leur Royaume vis-à-vis de celui du Kampuchéa. Le roi khmer de l’époque l’a accepté sans histoire parce que votre ancien roi, Ponhea Rong, était son frère. Depuis, nos deux royaumes vivent en paix côte à côte. Au cours des plusieurs décennies passées, mes prédécesseurs n’ont jamais la moindre idées de revendiquer de quoi ce soit à votre royaume, mais pourquoi, aujourd’hui, votre roi a décidé d’envahir mon pays qui ne demande qu’à vivre en bon voisinage avec votre pays dans la bonne tradition du bouddhisme.

Borom Reachéa ne tardait pas de répondre au roi khmer par une lettre dont le contenu était ceci : À Sa Majesté le Roi du Kampuchéa. Notre Auguste roi a un seul but dans cette guerre, c’est de vous faire accepter la suzeraineté du Royaume d’Ayuthia sur celui du Kampuchéa. Si vous acceptiez cette condition, nous lèverons le siège de votre ville et nous vous laisserons vivre en paix.

Lompong Reachéa, le roi khmer, convoqua son Conseil de guerre pour informer les membres de ce Conseil la réponse de Borom Reachéa et aussi pour les faire entendre sa décision à cette réponse : Le roi d’Ayuthia nous fait la guerre pour m’imposer à reconnaître sa suzeraineté. Si je l’acceptais, il m’a promis de nous laisser vivre en paix. Comment je peux céder à son caprice démesuré. Accepter de telle condition, veut dire pour moi une honte pour notre pays, qui était dans le passé un grand pays très puissant. Je préfère donc mourir comme un homme libre au lieu de vivre comme un monarque vassal.

Le siège de Nokor Thom perdurait. Pendant la saison de pluies, Lompong Reachéa donna l’ordre aux ministres de faire cultiver du riz pour l’armée dans l’enceinte de la capitale par les esclaves. Il faisait assez souvent des inspections à son armée pour remonter leur moral. Le temps passait, le moral des soldats siamois commençait à baisser. Borom Reachéa voyait le danger, décida d’écrire une lettre à son roi dans les termes suivants : Sa Majesté le Roi. Le moral de vos soldats au Kampuchéa n’est pas au beau fixe parce qu’ils vivent déjà plus longtemps loin du pays et de leur famille. La situation militaire n’avance guère non plus. Nous ne pouvons pas laisser perdurer cette situation, car le temps travaille pour les Khmers, qui sont déterminés à gagner la guerre et à anéantir notre armée. Le retrait de notre armée du Kampuchéa ne serait non plus une bonne mesure car, cette fois, le roi khmer nous poursuivra jusqu’à chez nous pour nous détruire à jamais. Une unique solution pour nous, c’est de gagner cette guerre à tout prix. Cette victoire serait encore possible si nous avions la possibilité d’augmenter notre effectif au Kampuchéa.

Parlons du prince Soryauvong ; après son départ de la capitale ; celui-ci avait eu des difficultés pour enrouler la population dans l’armée royale. Apprenant que les renforts siamois étaient en train de marcher sur Nokor Thom, il décida de l’intercepter, malgré l’effectif de son armée est inférieur à celle d’ennemies. En effet, l’armée khmère fut vite écrasée par l’armée siamoise. Après sa défaite, le prince khmer s’enfuit avec le débris de son armée pour se cacher au Laos.

Malgré des renforts, les siamois n’arrivaient pas à briser les lignes de défense khmère. Après douze mois de siège de Nokor Thom, le roi khmer mourut de maladie. Cette nouvelle provoqua un découragement général dans la capitale. Le prince Soyautey, vice-roi khmer, ordonna aux Brahmans d’introduire la dépouille du roi dans une grande urne mortuaire, duquel était déposée dans la salle du trône où il venait assister tous les jours des services religieux. Ensuite, il convoqua les ministres et les généraux pour les informer de ses intentions : « En tant que vice-roi, la mort du souverain, mon frère, me donne droit de lui succéder. Nous sommes en guerre ; les ennemis sont devant notre porte, il n’est donc pas nécessaire d’organiser les cérémonies de couronnement. Nous en ferons plus tard, une fois nous vaincrons les ennemis. J’assume désormais toutes les fonctions de roi du Kampuchéa et je vous demande de poursuivre vos missions selon vos fonctions habituelles. Gagner la guerre est notre priorité absolue. Fixons donc cet objectif dans notre esprit, la victoire viendra. Faire entendre cela à nos soldats qui sont, je sais, très fatigués dans cette guerre et en plus, ils sont un peu perdu, après la mort de mon frère. La moindre défaillance de notre part, nous amènera à la défaite assurée. Les renforts des ennemis, dirigés par leur roi en personne les donnent le courage de se battre contre nous. Une fois la nouvelle de la mort de notre souverain parviendra au roi siamois, il nous attaquera sur tous nos fronts. Il faut donc pour nous de gagner cette guerre. Bon courage à vous tous ».

Comme prévu par Soryautey, le roi Rama Thipadey ordonna à tous ses généraux d’attaquer en masse les lignes de défense khmère. Il s’adressa à ses soldats : « Que chacun de vous donne le meilleur de lui-même ! toute défaillance sera impitoyablement punie, mais le brave sera généreusement récompensé ». Cette phrase provoqua un enthousiasme général dans les rangs de l’armée siamoise. Les assaillants donnèrent assauts sur les lignes khmères avec fougue et détermination de gagner. Les fantassins des deux camps s’entre-tuèrent gaillardement. Soudain, le prince Chao Basat arriva à percer une brèche à l’Ouest de la capitale khmère. Il fut poussé aussitôt par Soryautey. Sans perdre le courage, Chao Basat recommença des assauts de plus en plus violents. Soryautey en première ligne montra son courage à ses soldats de repousser à chaque assaut d’ennemis avec succès. Dans la mêlée, les soldats khmers s’écrièrent : Le prince à terre. Ce prince n’était que Soryautey. Il tomba de son éléphant avec une flèche à la poitrine. Non loin de là, un autre prince khmer, Borom Rama, fils du roi défunt Lompong Reachéa, sur son cheval s’écria aux soldats de venir secourir son oncle par terre dont le corps ne bougeait déjà plus. Avec beaucoup de difficulté, les soldats khmers arrivaient à extraire le corps sans vie de leur souverain du champ de bataille.

Tout seul à la tête de l’armée, Borom Rama organisa sur le champ des contre attaques pour repousser la poussée d’ennemis. Il entra dans ville avec le corps de son oncle pour le déposer auprès celui de son père. Il réunit les généraux pour les dire de ses intentions : « Il faut abandonner la capitale. Nous ne pouvons plus résister la pression d’ennemis ; ils sont plus nombreux que nous. Et tôt ou tard, ils vont percer toutes nos lignes de défense. Le mort de nos deux rois est arrivée au mauvais moment. Dans l’opinion des généraux siamois, je n’apparais pas comme étant une force alternative crédible, pas encore, en tout cas pour mener une guerre contre eux. Ils vont en profiter encore plus pour nous attaquer. Notre devoir d’aujourd’hui est de protéger notre armée, dont la détermination de gagner est encore intacte. Je demande donc à vous et à nos hommes valides, les volontaires en tout cas, de faire un dernier effort pour briser l’encerclement d’ennemis. Il serait mieux de poursuivre notre combat dans l’ensemble de notre territoire contre nos ennemis que de persister de défense une ville qui n’est plus défensable aujourd’hui. Si nous concentrions toutes nos forces pour briser la ligne de Chao Basat, je suis certain que nous pourrions réussir car ce matin j’ai observé que ses soldats sont très fatigués. Ce soir à la tombée de nuit, nous allons lancer une attaquer surprise pour sortir de la capitale ». Sa péroraison était si convaincante que l’ensemble des ministres et des généraux le suit sans hésitation. Le prince demanda aux brahmans de ramener tous les objets légers qui symbolisent la royauté khmère.

Comme prévu, à la tombée de nuit, il ordonna aux soldats d’attaquer la ligne de Chao Basat. Après quelques heures de résistance par les siamois, Borom Rama avait pu percer la ligne d’ennemis et quitta la capitale Angkor Thom avec son armée.

Le lendemain, les dignitaires du royaume qui ne pouvaient quitter la capitale à la veille, demandaient l’audience au roi siamois pour lui offrir la clef de la cité. Celui-ci accepta cette capitulation et entra en souverain vainqueur sur le dos de son éléphant dans la capitale khmère en l’an 1353. Il s’adressa quelques jours plus tard aux dignitaires et aux religieux khmers : « Votre capitale est magnifique, je l’avais visité il y a quelques jours et vos deux rois défunts étaient très courageux. Ils avaient fait ce qu’il fallait faire pour défendre leur royaume. C’étaient des vrais guerriers. Ils sont aujourd’hui sur la route des honneurs vers le paradis. J’ordonne donc, que leurs funérailles soient célébrées en conformité avec la tradition des rois khmers. Je proclame mon fils aîné, Chao Baat, roi de votre pays. Je laisse mon armée de 10 000 hommes ici pour assurer la sécurité du roi. Pour compenser mes dépenses de guerre, j’annexe deux de vos provinces : Machem et Reachséma (Khorat). Je placerai mes généraux à la tête de ces deux provinces. Votre pays est désormais placé sous la suzeraineté de mon royaume ».

Après avoir assisté aux funérailles des deux rois défunts khmers, Rama Thipadey retourna dans son pays en ramenant avec lui tous des objets de valeur y compris des enluminures dans le magasin royal de Nokor Thom et 50 000 esclaves khmers dont 10 000 pour transporter de ces objets. Avant son départ, il nommait des ministres et des gouverneurs des provinces et récompensait à ses hommes en fonction de leur mérite pendant la guerre. Traduction non officiel par Sangha OP

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