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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 19:53
LE REGNE DE PREAH THOMMA SAUKREACH (1373–1383).

Preah Thomma Saukreach était un des fils du prince Soryautey. Il fut sacré roi en l’an 1373. Son nom de règne était Preah Bat Samdech Angkir Preah Thomma Saukreach.

En l’an 1382, l’année de cheval, le roi du Siam, Chao Samphya, connu sous le nom de guerre Borom Rechéa II, convoqua son Conseil de guerre pour faire une déclaration de ses volontés martiales :

« Après la mort de Srey Soryauvong, ses successeurs avaient cessé de fortifier la défense de leur frontière. Le roi du Kampuchéa actuel, Preah Thomma Saukreach a de mauvais augure car après trois ans de son règne, son Royaume était dans l’instabilité politique. Beaucoup des gouverneurs contestent son autorité. Au palais, sa cour le voit comme un roi influençable et têtu. En plus, la région où se trouve la capitale royale est dépeuplée car les habitants s’enfuient pour aller vivre ailleurs parce qu’ils craignaient que nous venons les enlever pour amener comme esclaves au Siam. Les garnisons pour défendre sa capitale ne sont pas nombreux. J’en conclus qu’il est temps de nous venger nos deux échecs, l’un en 1359 et l’autre pendant la campagne de notre roi défunt, Ramaso. Compte tenu de la situation actuelle au Kampuchéa, nous aurons besoin donc seulement une petite armée de 10 000 hommes bien entraînés pour reconquérir ce royaume. Pour assiéger la capitale Angkor Thom, nous devons suivre l’exemple du siège de cette cité par notre ancien roi, Borom Reachéa, alors il était à la tête d’un corps expéditionnaire au Kampuchéa ».

En l’an 1383, les 10 000 soldats d’élite étaient prêts pour conquérir le Kampuchéa. L’ordre de marche sur la capitale khmère fut donné. Chao Samphya dirigeait en personne cette armée. Sur son chemin de conquête, le roi siamois n’avait pas rencontré la résistance khmère. En quelques jours seulement, il arriva à la porte de la capitale. Comme Preah Borom Reachéa, il fit construire des remparts au tour d’Angkor Thom dont la hauteur est égale à celle des murailles de cette ville pour y placer des canons. Aussitôt terminer la mise en place des dispositifs de défense de son armée, le roi siamois ordonna à son fils Ponhea Preak de livrer les batailles contre l’armée khmère.

Les généraux khmers, Ponhea Keo, fils du roi, commandant de la porte Est, Ponhea Tay, fils du roi, commandant de la porte Nord, Ponhea Yat, commandant de la porte Sud, Samdech Chao Vatoulak, commandant de la porte Ouest, résistaient les assauts siamois avec succès. Le roi khmer s’installa son quartier général à la porte Ouest de la capitale où il mena des contre-offensives contre l’armée ennemie.

Après sept mois de siège de la capitale khmère, le roi siamois commençait à se douter de sa victoire sur l’armée khmère. Cependant, six des officiers siamois, Oeung, Lane, Chhân, Deth, Kao et Dy, avaient pu identifier le pilier de la défense khmère, lequel se situe sur la grande rue qui donne l’accès à la porte centrale de la capitale où les Khmers concentraient leurs canons. Ils se réunissaient pour étudier un plan pour briser cette place forte. Après des jours et des jours de réflexion, ils en concluent qu’il y ait seulement un moyen pour réussir à leur plan : la ruse. Mais pour exécuter cette mission, il fallait avoir des hommes qui acceptent de se sacrifier leur vie pour la cause. Puis, ils demandèrent l’audience à leur roi pour expliquer leur plan : Détruire les canons ennemis par sabotage et pour le faire, il faut qu’ils arrivent à tromper la vigilance ennemis par la ruse. Un simulacre de défection des saboteurs pour se rendre au côté khmer était nécessaire pour réaliser ce stratagème.. Après avoir écouté en détail le plan de ses officiers, le roi siamois en était content. Il demanda aux généraux de constituer une cour martiale pour faire semblance de juger des traites.

Le lendemain, la cour martiale demanda qu’on amenait les six officiers pour les juger. Le chef d’accusation était leur lâcheté devant les ennemis. Le supplice était donc 50 coups de fouet en position à plat ventre. L’exécution de cette sentence devait être faite devant les ennemis. Aussitôt dit, les gardes saisirent immédiatement les six lâches hors de la tente royale et les emmenaient devant la ligne de défense khmère pour les fouetter selon les ordres de la cour. Pour que la scène de châtiment soit spectaculaire, et hors de soupçon des Khmers, le roi ordonna qu’on décapitait au même moment six autres traites. Les soldats khmers et leurs officiers regardaient de loin cette scène avec stupéfaction.

À la nuit tombée, les gardes siamois laissaient les six de s’évader de leur lieu de détention. Une fois dehors, les prisonniers se dirigèrent tout droit vers la position khmère. Ils furent capturés immédiatement par la patrouille khmère. Au quartier général, les officiers khmers demandaient aux six soldats siamois, la raison de leur désertion. Les six siamois avaient raconté leur calvaire aux officiers khmer, puis ils demandèrent la protection du roi khmer en échange de cette protection, ils s’engageaient à servir Sa Majesté avec fidélité jusqu’à leur mort. Après avoir entendu les explications des six siamois et avoir vérifié la véracité de leurs propos, les officiers khmers auront fait immédiatement un rapport à leur souverain.

Sans la moindre de soupçon, le souverain accepta leur demande d’asile et ordonna aux médecins de les soigner. Malheureusement, deux d’entre eux étaient morts de leurs blessures. Les quatre vivants se battaient courageusement dans les rangs khmers avec haine envers leurs compatriotes siamois. Au fil des jours, ce dévouement fit gagner la confiance des Khmers. Ils les laissaient se déplacer sans surveillance et en toute liberté dans l’enceinte de la cité.

Avec cette confiance, ces derniers jugeaient bon d’appliquer leur stratagème en informant leur souverain par une missive attachée à une flèche, dans laquelle ils donnent les lieux et l’heure exacte à leur armée pour lancer un assaut sur la ligne de défense khmère. A l’heure fixée, ces quatre siamois arrivèrent à saboter les canons khmers, sans que personne ne s’en aperçoit. Mais, les Khmers se battirent courageusement sans canons pour repousser les assaillants.

Les assauts duraient du matin jusqu’à l’après-midi. Les assaillants siamois se concentraient leurs attaques sur un point précis : La porte centrale de la cité, où les canons khmers étaient mis hors service par les saboteurs. Profitant de la confiance khmère à leur égard, ces deniers tuèrent les gardes de la porte et avant être tués par les autres gardes, ils arrivèrent à ouvrer les portes principales de la capitale pour laisser entrer les fantassins siamois.

Quelques heures plus tard, Angkor Thom était envahi par les soldats du roi Chao Samphya. Quant au roi khmer, il fut tué dans sa dernière tentative de repousser les assaillants. Les généraux khmers, Ponhea Keo, et Tey, fils du souverain khmer, furent capturés par les siamois. Après la victoire, le roi siamois, Chao Samphya ou Borom Reachéa II proclama son fils, Ponhea Preak, non de sacre Indra Reachéa, roi du Kampuchéa. En l’an 1384, pour la deuxième fois, le Kampuchéa était sous l’occupation siamoise.

Note : L’organisation et l’armement de l’armée khmère :

A. L’organisation de l’armée khmère : L’armée khmère est constituée de trois grands corps : - l’infanterie, - la cavalerie, - le corps des éléphants. Les embarcations de guerre et les chars ne constituent pas les corps de l’armée.

1. L’infanterie : L’infanterie constitue le gros des armées. Dans l’infanterie, on constate qu’il y a deux types de fantassins : Les porteurs de lance et de boucliers et les porteurs de tous autres armes. Les deux types de fantassins ne se mélangent pas dans la marche de l’armée.

2. La cavalerie Dans l’armée khmère, la cavalerie a pour mission : de briser les lignes ennemis, de contrôler l’ordre et la discipline dans les rangs des fantassins (police militaire), d’assurer la transmission des ordres entre les divers parties de l’armée (service de transmission), d’éclaireur au devant de l’armée.

3. Le corps des éléphants Les éléphants constituent un corps d’armée que l’on pourrait appeler « l’éléphanterie ». Son rôle principal est d’être la monture de guerriers de haut rang.

4. Unité de combat Chaque unité de combat comprend : un éléphant, deux à six cavaliers, trente fantassins. Les fantassins ouvrent la marche, encadrés par les cavaliers. L’éléphant est au milieu des fantassins, quinze en avant et quinze en arrière.

5. Les chars Chars et charrettes sont en fait très voisins dans leur conception. Les différences entre deux véhicules résident surtout dans le fait que charrettes portent un toit et surtout, elles sont dotées de deux traîneaux au niveau de l’essieu, extérieurs à celui-ci, que les chars ne possèdent jamais. Ces derniers sont par ailleurs toujours tirés par les chevaux et les charrettes par les bœufs. Les dimensions sont : 2,25 mètres de longueur, 1,5 à 2 mètres de largeur.

6. Les embarcations La flotte khmère est composé d’embarcations. Ces embarcations ont évidemment des caractères communs. Elles sont toutes basses sur l’eau, de forme allongée, « large au centre et effilées aux deux bouts, elles n’ont pas de voiles et peuvent porter plusieurs personnes. On les dirige qu’à la rame. Les rameurs sont remplacés parfois par les pagayeurs. Mais rameurs ou pagayeurs sont répartis en deux rangées symétriques. Les embarcations sont dirigées par un nautonier, placé à l’arrière et doté d’une grande rame en guise de gouvernail. Enfin, elles sont toutes chargées de guerriers prêts au combat. Leurs dimensions selon G. Groslier sont de 24 à 25 mètres de longueur, 1,5 à 1,8 mètres de largeur.

7. Les éléments accessoires de l’armée Les musiques militaires, les porteurs d’insignes honorifiques, les porteurs d’étendards.

8. Le service de l’intendance L’expression est sans doute un peu excessive. Le service est composé des civils, hommes et femmes, s’occupant du transport de denrées diverses, à des hommes armés en ordre de marche.

9. Les « suites » de l’armée Une suite de véhicules servant au transport de dames de qualité abondamment entourées de leur domesticité. Il s’agit sans doute des femmes des guerriers de haut rang.

B. L’armement de l’armée khmère Il y a deux types d’armes utilisées dans l’armée khmère : les armes offensives et les armes défensives.

10. Les armes offensives Elles sont : lances, arc et flèches avec éventuellement carquois, sabres de diverses tailles, haches typiques ou phkà’ks, couteaux et coutelas de toutes dimensions, le baliste sur l’éléphant et sur roues. Le Phkà’ks est une sorte de hache qui, comme les couteaux et coutelas, s’est transmise intacte dans sa forme de génération en génération jusqu’à l’époque actuelle.

11. Les armes défensives : le bouclier, la cuirasse.

(sources : L’armement et l’organisation de l’armée khmère aux XIIe et XIIIe siècles d’après les bas-reliefs d’Angkor Vat, du Bayon et de Banteay Chmar. Auteur Michel Jacq-Hergoualc’h, édition Presse Universitaires de France).

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