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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 17:01
Occupation siamoise : Preah Indra Reachéa, prince siamois (1384).

Ponhea Preak, fils du roi siamois, Borom Reachéa II ou Chao Samphya, fut couronné par son père, roi du Kampuchéa en 1384, à l’âge de 25 ans. Son nom de sacre était Samdech Preah Indra Reachéa. On l’appelait Preah Indra Koma (Indra le jeune).

Avant de retourner à son pays, après le couronnement de son fils, Chao Samphya demanda aux dignitaires khmers de lui faire une visite guidée de la capitale khmère. Le guide khmer amenait le souverain d’Ayuthia visiter les différents endroits de la cité : Le quartier des 155 résidences : Ce quartier était les résidences royales des princes des royaumes vassaux qui étaient venus au Kampuchéa pour étudier toutes sortes de connaissances. Selon le guide, ce quartier fut construit sous le règne du roi Théva Vong Auhthia (Théva Vong Extraordinaire). Ce roi avait la main magique. Chaque fois qu'il touchait un objet, lequel se transforma en or ou argent. Pendant son règne, le roi distribuait beaucoup d’or à la population. Il avait un fils, appelé Preah Keth Mirlir et pour que son fils avait des compagnons d’étude, il demanda à tous les rois vassaux de faire venir leurs fils à la capitale royale pour tenir compagnie avec son fils. Pour cette raison, le roi fit construire ce quartier où il y avait des jardins magnifiques, des piscines et des 155 résidences royales. Chao Samphya demanda au guide : Où se trouvent la chambre à coucher du roi et son fils ? Elles ne sont pas ici, pour le roi, sa chambre se trouve à Bayon. Pour son fils, elle est au palais du ciel (Vimean Akas), répondit le guide. Chao Samphya demanda encore au guide : Quand Preah Keth Mirlir devient roi, où il habitait ? Le guide répondit à la question royale : Selon la légende khmère, Dieu avait envoyé un architecte céleste et 500 Thévadas (saint) sur terre pour construire un palais afin d’offrir comme cadeau à Preah Keth Mirlir, le jour de son couronnement. L’architecte était né sur terre sous le nom de Chao Chhet Koma et les 500 Thévadas étaient nés en même temps que l’architecte pour devenir ouvriers dans la construction. Ils étaient construits beaucoup de palais : Nokor Touch (petit palais), un palais pour déposer le sabre royal, Beug Mirlir (centre des malades en convalescence), Ta Prom (centre de cérémonies pour rendre hommage aux parents), Kos Kea et Nokor Pichey. Chao Samphya posa la question au guide : Connais-tu le nom du fondateur de ce royaume ? Le guide répondit au souverain siamois : Le roi fondateur du royaume était Preah Bat Kampuch Neakreach. Son successeur était Preah Bat Kaméroukreach qui fit construire beaucoup de palais pour laisser sa trace à la génération suivante. Chao Samphya demanda encore au guide : Quel roi avait transformé Norkor Touch en pagode ? Le guide répondit au souverain siamois : Le Roi Botom Soryauvong. Cette transformation a pour but de déposer tous les livres sacrés du Bouddha dans ce beau palais. Chao Symphia continuait sa visite et apercevait un endroit où il y avait beaucoup des objets sacrés et des offrandes. Il posa la question au guide : Pourquoi, y a-t-il autant des objets sacrés à cet endroit ? Le guide répondit au souverain siamois : Ici, on dépose la statuette du roi des bœufs (Prah Kor). Dans son vendre, on met tous les livres de formules sacrées du royaume. Chao Symphya se montrait très content des informations données par le guide. Il continua de poser quelques d’autres questions au guide : À partir quand, les rois vassaux n’envoient plus leurs enfants dans ton pays ? Le guide répondit au souverain siamois : À partir du règne du roi Sénakareach jusqu’à Borom Reachea Chey ou Ta Trasakpeam. Après Ponhea Chay, le royaume redevenait puissant jusqu’à votre victoire.

Pour gouverner le Cambodge, Chao Symphia avait laissé huit hauts fonctionnaires siamois pour aider son fils Indra Koma. Il retourna dans son pays en amenant presque tous les objets sacrés khmers y compris la statuette du roi des bœufs (Preah Kor, actuellement, elle est exposé à la pagode Preah Keo à Bangkok). 70 000 khmers étaient amenés au Siam, parmi lesquels, il y avait deux fils du roi Thoma Saukreach, Ponhea Keo et Tay.

Note : Quand nous lisons l’histoire de guerre entre le Siam et le Kampuchéa, nous avons le sentiment que les souverains siamois maîtrisent bien l’art de guerre de Sun-tzu. L’annexion des territoire et enlèvement de la population font partie de leurs stratagèmes, lesquels ont pour objectif d’affaiblir un pays : « le malheur frappe l’ennemi au-dedans, il faut ravager son territoire ; au-dehors, s’emparer de ses habitants ; au-dedans comme au-dehors, s’emparer de ses Etats ».

Parlons d’Indra Koma, nouveau maître de Norkor Thom, il avait ordonné aux soldats de chercher partout dans la cité l’épée sacré qui symbolise le pouvoir royal khmer. Cette épée était perdue ou cachée pendant l’assaut de la capitale. Après une longue recherche, ses soldats arrivaient à trouver cette épée. Indra Koma ordonne qu’on l’envoya immédiatement à son père, mais cet ordre était annulé parce qu’après quelques heures de sa décision, il y avait de l’ouragan et cette nuit-là, Indra Koma avait fait un rêve, dans lequel, il voit l’ancien roi khmer qui lui menace de tuer avec l’épée sacrée.

Revenons à Ponhea Yat. Qu’on se souvient bien de ce prince ; après la mort de son père, le roi Srey Soryauvong (1359-1369), le vainqueur de Ramaso, souverain siamois, les membres du Conseil de la couronne le jugeaient trop jeune pour prendre la succession de son père. Au moment de l’invasion des Siamois de la capitale khmère, ce prince étant commandant de la défense de la porte sud, avait pu quitter la cité avec son armée. Apprenant la mort du roi khmer, ses soldats le proclamèrent nouveau souverain du Kampuchéa pour qu’il organisait la guerre de libération nationale contre l’occupation siamoise. Ponhea Yat s’installa son quartier général à Basane (Srey Santhor d’aujourd'hui). Il était rejoints aussitôt par la population et des gouverneurs des différentes provinces pour se battre avec lui. Il faut bien noter que Basane était déjà choisi comme base de résistance contre l’occupation siamoise (1353--1359) par son père, Srey Soryauvong (nom dans le document est Preah Bat Kamdaye Agn Pradapreah Basey Chamkron. Il est fort possible que ce nom est le nom post mortel de Srey Soryauvong).

À Basane, Ponhea Yat ordonna à ses soldats de construire un grand fort. Compte tenu de jeune âge et d’inexpérience d’Indra Koma, le prince siamois, Ponhea Yat se persuada qu’il puisse gagner la guerre contre ce dernier. Il commença à étudier un stratagème avec ses généraux pour mettre l’armée ennemie en difficulté morale, c’est-à-dire la prive de son chef. Pour cela, il est question d’assassiner le prince siamois par la ruse. Cette tentative n’était pas une imprécation du souverain khmer, mais une stratégie militaire à part entière. Pour être en contact direct avec le prince Indra Koma, le stratagème consiste à organiser un simulacre d’une demande d’un groupe Khmers, experts dans le métier d’armes, au prince siamois pour lui proposer leurs services. Deux frères, Pich et Peuv, appartenant à la garde d’élite de Ponhea Yat se portèrent volontaires pour cette mission de suicide. Le souverain khmer étant très content de cet acte héroïque, il confia aux deux frères, dix meilleurs soldats de sa garde d’élite pour exécuter la mission : tuer le prince siamois. Après reçus l’ordre de leur souverain, les douze hommes partirent aussitôt à la capitale.

Arrivés à Norkor Thom, ils cherchaient à contacter le plus vite possible un haut fonctionnaire ambitieux pour qu’il leur présente à son souverain, parce que leur plan ne peut durer trop longtemps sans être percé à jour. Avec le talent de séduction pour faire miroiter ce fonctionnaire siamois qu’il va gagner l’estime de son souverain en présentant les douze meilleurs maîtres d’arme khmers à la cour, Pich devait être convaincant dans ses propos : « Si vous m’appuyez de votre crédit, je vous servirai pour toujours ». En tout cas, il faut savoir jouer la comédie pour lui donner le change. Les douze avaient fait, en effet, des démonstrations spectaculaires de leurs savoirs avec impétuosité devant ce siamois de haut rang. Celui-ci en étant impressionné, n’hésita plus à informer son souverain avec la promesse des douze de servir dans ses rangs jusqu’à leur mort. Ce dernier accorda une audience royale parce qu’il pense, après trois mois d’occupation du Kampuchéa, il est temps maintenant de recruter les meilleurs des Khmers dans son armée pour renforcer la défense de la capitale dont l’arrivée des douze experts khmers dans la capitale royale est une aubaine pour lui.

Le jour de l’audience, les douze étaient amenés par le haut fonctionnaire siamois. Sans prendre aucune mesure de précaution pour sa sécurité, dans la salle d’audience, Indra Koma, posa la question à Pich, chef de file du groupe : Pourquoi veux-tu travailler pour moi ? Pich répondit ceci :

"Mon petit frère et moi, nous nous disputons assez souvent pour rien. Depuis quelques semaines, nous nous discutons pour savoir comment nous pouvons se rendre utile à un grand homme, dont le destin est géré par Dieu. Après une longue réflexion, nous nous disons que Sa Majesté aurait peut-être besoin des hommes de talents comme nous pour servir dans votre armé".

Pich ne laissa même pas le temps à Indra Koma de réagir à sa réponse, il bondit vers ce prince, tira son couteau, caché dans son chignon et poignarda en plein cœur sa victime royale devant sa cour. Indra Koma était mort sur le coup. Les gardes siamois assaillirent sur les douze avec rage. La lutte s’engagea immédiatement entre les Khmers et les Siamois. Avant être tués, les douze arrivèrent à tuer plus de cent soldats siamois. Revenons à Ponhea Yat, après le départ des douze, il donna l’ordre à son armée de marcher sur Nokor Thom.

Apprenant la mort d’Indra Koma, il ordonna ses généraux à livrer bataille contre les lignes de défense siamoise sans rencontrer de résistance importante. Les murailles de la cité étant totalement dégarnies et en quelques heures seulement, la capitale fut libérée.

Ponhea Yat entra dans la salle de trône où les fonctionnaires siamois avaient déposé le corps d’Indra Koma. À côté de l’urne royal, il s’aperçut une très jolie femme qui était en train de pleurer. Ponhea Yat lui posa la question : Qui es-tu ? Qui sont tes parents ? La jolie femme leva la tête et répondit au souverain khmer :

"Je m’appelle Preah Mneang Sisagame, cousine et première dame du roi Indra Koma. Je suis la fille de Khoun Troung Dân Moun. Mon père est le cousin de Ponhea Tekchau Krong Tep".

Apprenant l’origine et appréciant la beauté de Preah Mneang Sisagame, Ponhea Yat la prit comme sa première dame du royaume. Après la victoire sur les siamois, Ponhea Yat était proclamé roi vainqueur par le Conseil de la couronne khmer en 1384.

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commentaires

bernard de guilhermier 14/06/2012 03:04


Votre blog est remarquable ...


 


Cordialement