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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 07:33
Le règne de Preah Bat Ponhea Yat (1384-1427).

Avertissement : Dans le livre de M. Eng Soth, l’année de couronnement de Ponhea Yat est l’année 1382. Son prédécesseur, le roi Preah Thoma Saukreach règne de 1373 à 1383 et l’occupation siamoise est en 1384. Examinons donc cela :

Le siège de Norkor Thom par l’armée siamoise commence en 1383 et dure plusieurs mois. La chute de cette cité est en 1384. Dans le livre de M. Eng Soth, pendant le siège de la capitale, Ponhea Yat a été commandant de la porte sud, il quitte la capitale au moment de la défaite de l’armée khmère. Nous en supposons que Ponhea Yat ne pourrait pas être couronné en 1382.

En revanche, nous admettons qu’il y a deux hypothèses :

1. Il y a l’erreur dans la retranscription de date de couronnement de Ponhea Yat.

2. Ponhea Yat se révolte contre l’autorité du roi Preah Thoma Saukreach, parce que ce roi est en défaut moral. Il quitte la capitale pour venir s’installer à Basane où il se proclame roi en 1382 (Dans le livre de M. Eng Soth, on lit ceci : « Le roi siamois Chao Symphia a décidé de conquérir le Cambodge pour les raisons suivantes : L’instabilité politique parce qu’il y avait beaucoup de princes contestaient l’autorité du souverain et celui-ci est impopulaire »). Il se peut que parmi les contestataires, il y ait Ponhea Yat et après la victoire sur les siamois, il aurait pris l’année, à laquelle il se proclame roi à Basane comme le début de son règne sur le trône khmer.

Pour la compréhension des lecteurs, j’ai choisi l’année 1384 comme le début de règne de Ponhea Yat.

Ponhea Yat fut couronné en 1384 à l’âge de 51 ans. Son nom de sacre était Preah Bat Samdech Angkir Borom Yat Reachea Thireach. Sous son règne le pays connaissait la paix et le développement du Bouddhisme. En l’an 1387, après 2 ans à Norkor Thom et 5 ans de règne, c’est-à-dire 7 ans sur le trône khmer, le roi Ponhea Yat convoqua tous les princes et princesses, les hauts dignitaires civils et religieux du royaume, les fonctionnaires de la Cour pour leur dire ceci :

« Notre Royaume a un ennemi juré, le royaume d’Ayuthia. Les relations entre nos deux pays sont très mauvaises. L’Ayuthia annexe beaucoup nos provinces et enlève beaucoup notre population pour l’amener dans son pays. Dans le passé, nous avons pu remporter la victoire sur les siamois, mais elle est limitée, car nous n’avons pas eu la possibilité de libérer nos provinces et notre population. En outre, compte tenu de l’état actuel de notre pays, nous n’avons pas la force nécessaire pour déjouer l’ambition territoriale siamoise. Tous les rois d’Ayuthia veulent que notre pays reconnaisse leur suzeraineté et le souverain actuel est impatient d’envahir notre pays pour réaliser cette ambition. En outre, notre capitale se trouve tout près de la frontière siamoise, il est donc très difficile d’organiser une défense efficace en cas d’attaque des siamois. C’est pour toutes ces raisons, je vous convoque pour vous suggérer un transfert la capitale royale à Basane, parce que cette province se trouve à une bonne distance de la frontière siamoise et en cas d’attaque d’ennemis, nous aurons le temps suffisant pour organiser notre défense ».

Le projet du roi était approuvé à l’unanimité par les assistants présents à la réunion royale. Le roi ordonna, en effet, aux ministres de préparer le plus vite possible le transfert de la capitale à Basane (Srey Santhor d’aujourd’hui).

Ce retrait n’était pas une capitulation du courage de l’armée khmère qui savait faire preuve de leur combativité contre les insolentes provocations d’ennemis, mais une stratégie de survie, après tant d’années de guerres. L’Angkor Thom, selon Ponhea Yat, n’est plus ni une place forte, ni une zone économique efficace pour soutenir une armée en campagne. En outre, avec l’accumulation des violentes au cours des deux dernières guerres pour libérer la cité des dieux, les paysans et les habitants de ce lieu s’enfuirent en masse pour se réfugier à l’intérieur du pays.

En 1392, l’année du lièvre, le jour de transfert arriva, le roi donna l’ordre de départ. Il monta à bord d’une embarcation royale avec ses gardes d’élite. La reine et les concubines de la maison royale, en vêtements de gemme, montèrent à leur tour dans des différentes barques grandes et petites, aménagées pour cette occasion. Les prêtres du Palais firent les prières pour transformer l’eau de la rivière en bénitier pour protéger la flotte royale. Cette flotte était suivie par celle des hauts dignitaires et des généraux et elle était entourée par quelques embarcations des musiciens, chanteurs et danseuses qui avaient pour mission de distraire l’Auguste Roi pendant son voyage.

Par la voie terrestre, un cortège, des hommes et des femmes de condition de la Cour, de multitude de chars, d’armes, d’étendards et des bêtes, accompagnaient leur Maître-Dieu, en avançant en pas rythmé au son de gongs. Les gens, poussant leur dernier soupir, se retournèrent regarder pour la dernière fois de leur vie la magnifique capitale, abandonnée à son sort. Cinq siècles plus tard, on la trouve dans un état piteux au milieu des forets où la loi des humains est vaincue par la force de la jungle.

Arrivé à Basane, le roi ordonna aux services de travaux publics de construire un port et un palais royal au bord du grand fleuve. Les nouveaux arrivants commencèrent à construire leurs demeures selon leurs moyens et leurs rangs. Le roi donna le nom de son nouveau palais, « Palais de pierre ». Parlons du Laos.

En 1378, le pays était dévasté par les crues. Le courant d’eau du Mékong emportèrent dans son passage les grands arbres déracinés par cette inondation, lesquels suivirent le courant du Mékong jusqu’au pays des Khmers. À Preak Pear Prat (Preak Leap d’aujourd'hui) au Cambodge, il y avait un grand arbre déraciné venant du Laos par le courant du fleuve, qui ne cessait plus de tourbillonner au même endroit. Les villageois l’observaient avec curiosité.

Au bout de quelques heures, ils décidèrent d’en informer une Grand’mère pieuse et riche du village, appelé Grand’mère Penh. Celle-ci décida d’aller le voir avec ses valets. Arrivée sur place, Grand’mère Penh observa longuement l’arbre qui ne cessait plus de tourbillonner, et soudain, elle aperçut un reflet de lumière qui sortait du tronc d’arbre. Grand’mère Penh demanda à un de ses valets d’aller le voir de près. Le volontaire plongea dans le fleuve sans aucune hésitation et nagea jusqu’à l’arbre. Après quelques minutes d’observation, il cria très fort qu’il voit deux statuettes de Bouddha à 4 visages, lesquelles étaient incrustées dans le tronc d’arbre. Grand’mère Penh ordonna à son valet de les extraire du tronc d’arbre. Avec tous les efforts et les renforts des autres valets, on n’arrivait toujours pas d’extraire les statuettes. Grand’mère Penh demanda qu’on ramena l’arbre à la rive et ensuite on le sortit de l’eau pour déposer sur la berge. Une fois l’arbre était hors de l’eau, les valets cherchaient tous moyens pour extraire les deux statuettes, mais sans résultat. Grand’mère Penh décida d’aller parler de ce phénomène rare au moine supérieur de la pagode Thomma Lanka. Celui-ci ordonna immédiatement qu’on célébra la cérémonie exceptionnelle pour chasser les esprits maléfiques afin qu’on pût extraire les deux objets saints du tronc d’arbre.

Au bout de sept jours d’efforts et de prières, les statuettes étaient hors du tronc d’arbre. Tout le monde était content. Grand’mère Penh décida d’amener une des deux statuettes à Kos Reusey (Phnom-Penh d’aujourd’hui), et une autre statuette, elle fit l’offrande au moine supérieur. Puis, elle fit construire une pagode à Preak Bangkok pour déposer provisoirement la statuette. On donna le nom des deux statuettes, Preah Bang que l’on offre au moine supérieur et Preah Poaung que l’on amène à Kos Reusey.

Plus tard, la Grand’mère Penh cherchait un terrain élevé à Kos Reusey pour construire une demeure sainte à Preah Poaung. Malheureusement, à Kos Reusay, il n’y avait ni colline, ni terrain élevé. Pour réaliser son projet, la Grand’mère Penh décida donc de bâtir une colline artificielle en demandant l’aide de la population. Beaucoup des gens répondaient favorablement à ce projet. Cette colline était appelé plus tard par la population, « Phnom de la Grand’mère Penh » (la colline de Grand’mère Penh) qui devient plus tard « Phnom-Penh », le nom de la capitale du Cambodge d’aujourd’hui.

Revenons à Basane, cet endroit est au-dessous du niveau d’eau du Mékong. Chaque saison des pluies, la nouvelle capitale royale était inondée et dévastée par les crues. Cette situation créait des difficultés au Roi Ponhea Yat et sa Cour. Le Roi décida plus tard de la transférer à Kos Reusey. Dans sa nouvelle ville, le Roi décida d’entreprendre les grands travaux pour améliorer les conditions de vie de la population. Ces travaux portaient essentiellement dans les différents domaines suivants :

Domaine d’environnement : Le Roi ordonna à Chao Ponhea Dekchau, gouverneur de Samrong Taung d’enrôler la population pour creuser la terre, afin d’élever un terrain, sur lequel, il fit construire son palais royal dont la face était tournée vers l’Est (Bopear). L’endroit où Ponhea Dekchau fit creuser la terre était appelé par la suite Beung (marais) Dekchau. Pour faire évacuer l’eau de ce marais, il fit creuser un canal qui débouchait au fleuve.

Le Roi ordonna aussi à Chao Ponhea Reachea Métrey Phlong, gouverneur de Kos Reusey de construire un canal d’évacuation d’eaux usées et infectes du Beung Pauk Piye. (Après le document déposé dans la bibliothèque du palais royal à Phnom-Penh, Ponhea Phlong était gouverneur de Toné Bati et il avait pour titre Okgna Vongsa Anoukchit).

Domaine des transports : Pour faciliter la vie de la population, le Roi ordonna aux services de travaux publics de construire des ponts et des rues, lesquelles étaient recouvertes de pierres pour faciliter la circulation de la population pendant la saison des pluies.

Domaine de défense nationale : Pour défendre la capitale, le Roi fit construire les citadelles le long du fleuve et au Sud-Est du Palais, un autel de l’esprit Prâch (Neak Ta Prâch = génie intelligent) pour guetter les démons ayant les crocs du sang.

Domaine religieux : Le Roi fit réparer et construire beaucoup de pagodes dans une maçonnerie de briques.

Le jour faste de l’inauguration de son nouveau palais, dans la salle du trône magnifique, où il y avait tous les membres de la Cour et les dignitaires du royaume, le Roi, percé sur son trône doré sous l’ombrelle à sept étages, proclama solennellement le nouveau nom de sa cité et de son pays. La capitale était appelée « Krôn Chatomouk » et le pays était appelé « Norkor Kampuchea Thippaday».

Le Roi avait beaucoup d’enfants, des filles et trois fils. Ses trois princes furent nés de différentes épouses du Roi. Le premier fut né de la princesse Tévi, appelé Noray Reachea, le second fut né de la princesse Botom Késâr, appelé Serey Reachea et le troisième fut né de Preah Mneang Sisagame, appelé Thomma Rechea. Il élevait ses trois fils avec beaucoup affections et aux mêmes rangs protocolaires. Après le long règne de 43 années, le Roi mourut de maladie à l’âge de 78 ans. Son fils aîné, le Prince Royal Noray Reachea fut proclamé roi du Norkor Kampuchea Thipaday par le Conseil de la couronne.

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