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14 août 2010 6 14 /08 /août /2010 07:13

Histoire de comprendre : « La détente trompeuse »

Article écrit en 1989

La « détente » semble gagner le Cambodge, la guerre doit faire place au dialogue, les forces d’occupation vietnamiennes doivent quitter le territoire khmer. Et les 4 factions cambodgiennes armées devraient résoudre elles-mêmes le problème du rétablissement de la paix dans leur pays. Dans ce nouveau contexte on a enregistré ces derniers temps des contacts entre :

 

-          Pékin et Moscou,

-          Pékin et Hanoi,

-          Bangkok et Phnom-Penh,

-          Bangkok et Hanoi,

-          Bangkok et Vientiane.

Et aussi entre les 4 factions cambodgiennes :

-          A paris entre le Prince Sihanouk et Hun Sen à trois reprises (décembre 1987, janvier 1988, novembre 1988),

-          A Bogor (Indonésie) le « JIM 1 » en juillet 1988,

-          A Djakarta le « JIM 2 » (19-21 février 1989).

Sur cette toile de fond la « détente » cache des manœuvres dont les conséquences peuvent être dangereuses pour l’avenir du Cambodge et de son peuple.

En effet les soldats de Hanoi pourront quitter le Cambodge (probablement en septembre prochain) avec une mention honorable, en tant que « libérateurs des Cambodgiens ». Quant aux 4 factions khmères, toutes ont leurs propres forces grâce à leurs « Sponsors » respectifs, mais aucune n’est mandatée par le peuple cambodgien. Elles se répartissent de la manière suivante :

-          une faction communiste pro-vietnamienne,

-          une faction communiste pro-chinoise,

-          deux factions « nationalistes » dépendantes de la Chine communiste.

Voyons de plus près la vraie nature de ces diverses factions :

1.       La R.P.K. (ou « République Populaire du Kampuchéa »). C’est le régime khmer rouge de Heng Samrin, dont Hun Sen est le Premier Ministre. Cette faction est composée de dissidents du régime Khmer Rouge de Pol Pot et Khieu Samphân. Depuis 10 ans elle gouverne le Cambodge avec l’aide de Hanoi et règne sur une population réduite de moitié (après le génocide des années 1975-1978), traumatisée, et aujourd’hui soumise à la loi d’un autre régime communiste (pro-vietnamien).

 Bien que maître incontesté du pays, ce régime communiste de Heng Samrin est fragile. Non reconnu sur le plan international et dépourvu de soutien populaire, il pourrait s’écrouler après le retrait vietnamien.

Ce même régime connaît trop bien le régime Khmer rouge de Pol Pot et Khieu Samphân pour lui accorder la moindre confiance et accepter de partager le pouvoir avec lui. La méfiance persistera donc toujours chez les anciens Khmers rouges de Heng Samrin à l’égard de ceux du « Kampuchéa Démocratique » (K.D.)

2.       Le « K.D. ». C’est le régime khmer rouge qui a perpétré le génocide. Il ne doit sa survie qu’à la Chine communiste et aux chefs des deux factions dites « nationalistes » : le Prince Sihanouk et M. Son Sann.

Ce régime est définitivement condamné et rejeté par tous les Cambodgiens, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Malheureusement il est reconnu sur le plan international. Grâce aux manœuvres de Pékin, et à la caution du Prince et de M. Son Sann, il peut aujourd’hui encore siéger à l’ONU et représenter le Cambodge sans être mandaté par aucun Cambodgien. N’exsitant qu’en exil, il continue cependant de violer les drooits de l’homme (dans les camps qu’il contrôle sur la frontière khméro-thaïlandaise). Avec l’appui de la Chine communiste ce régime poursuit ses tentatives pour reprendre le pouvoir au Cambodge. Mais il est très fragile, car il ne peut continuer d’exister qu’avec l’appui chinois.

3.       Les deux factions dites « nationalistes » font uniquement le jeu des Khmers Rouges. Elles ne jouent aucun rôle de premier plan dans le problème cambodgien, car elles n’ont aucune autonomie.

Quant aux Cambodgiens eux-mêmes, victimes de deux régimes communistes, ils doivent subir et continuer à souffrir. Ce que nous craignons, c’est un affrontement direct entre les deux régimes communistes khmers (après le retrait vietnamien). Nous aurons alors une vraie guerre civile (rappelant la situation du Liban), qui pourrait déboucher sur une anarchie complète. Le régime Heng Samrin sera débordé et n’aura pas d’autre ressource que d’appeler à l’aide ses protecteurs vietnamiens. La Chine communiste, de son côté, ne pourra pas manquer de réagir en faveur de ses protégés, les Khmers Rouges.

La situation initiale pourrait alors se reproduire : le Vietnam occupera de nouveau de Cambodge, tandis que la Chine organisera une nouvelle résistance anti-vietnamienne. Notre peuple devra endurer, une fois encore, de grandes épreuves et le pays risquera d’être effacé de la carte du monde. Ou bien il sera exposé au danger d’une partition, avec le Mékong comme ligne de partage. Dans ce cas le sud, ayant frontière commune avec le Vietnam, serait contrôlé par le régime Heng Samrin, tandis que le nord tomberait sous le contrôle du régime khmer rouge pro-chinois.

Aujourd’hui, en tout cas, l’espace politique est occupé par les Khmers rouges de Pol Pot et Khieu Samphân (à l’ONU), tandis que le terrain est contrôlé par d’anciens Khmers rouges devenus pro-vietnamiens. Dans ce contexte, où peuvent alors se situer les vrais nationalistes cambodgiens victimes de deux régimes communistes qui s’affrontent dans leur pays ? D’où la nécessité pour eux de lutter pour avoir une place, afin de pouvoir sauver ce qui peut l’être.

C’est pourquoi nous exhortons nos compatriotes à réfléchir, et à étudier avec nous les moyens à utiliser pour déjouer les manœuvres communistes qui nous condamnent à subir des régimes que nous avons tous rejetés.

Nous les proposons, à ce sujet, d’agir en étroite concertation, en particulier auprès des médias. Ceci afin de sensibiliser l’opinion occidentale, pour lui faire mieux connaître les aspirations des Cambodgiens. Il est indispensable, en effet, que nous nous exprimions au moment où les problèmes ne sauraient être réglés, discutés dans plusieurs capitales étrangères. Ces problèmes ne sauraient être réglés sans que soit connu le point de vue des principaux intéressés, c’est-à-dire nous-mêmes. Nous devons donc nous faire entendre, d’autant plus que nos frères qui vivent au Cambodge aujourd’hui n’ont, eux, aucun moyen de s’exprimer librement.

Nous pouvons finalement constituer une authentique force nationaliste, capable d’offrir une alternative pour empêcher la guerre civile et l’anarchie de s’installer dans notre pays. Mais encore faut-il que nous puissions d’abord nous unir pour être forts.        

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