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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 14:14
Un Royaume pour trois Rois ou la guerre civile : Srey Reachea (1433-1485), Srey Soryautey (1471-1485) et Thomma Reachea (1482-1504).

1. Preah Serey Reachea (1433-1485) :

Preah Srey Reachea prit la succession de son demi-frère, Preah Noray Reachea (1427-1433) en 1433, à l’âge de 30 ans. Son nom de sacre était Samdech Preah Angkir Preah Serey Reachea Thipadey Thommeak Varaudam Moha ChakKrapâth Reachea Preah Boromneat Moha Borpith.Le Roi célébra les funérailles de son demi-frère pendant 7 jour, conformément aux us et coutumes des rois khmers.

Après 20 ans de règne, en 1453, ayant appris qu’il y a les troubles politiques au Siam, il convoqua, tous les membres de la Cours, les dignitaires et les généraux pour leur dire à peu près ceci :

« Jadis, Ayudyā (Invincible, nom de l’ancienne capitale Siamois) avait envahi deux fois notre pays, enlevé beaucoup notre population. Nokor Kampuchea d’aujourd’hui est en paix et prospère, quant à la situation du Siam, elle connaît des troubles politiques, parce que le général Khoun Vorak Vongsa a emparé le pouvoir royal, tué son roi, Yathva. Ce dont, a déclanché les désordres dans ce pays. Comment faire alors pour profiter de cette situation ? ».

Sans laisser le temps aux dignitaires civils de réfléchir sur la question royale, le général en chef répondit au roi :

« Pendant le siège de Norkor Thom, nos armées s’étaient dispersées partout dans le Royaume, et à cause de la distance trop éloignée, elles n’ont pas eu la possibilité de venir en aide en temps et en heure l’armée chargée de défense la cité. Aujourd’hui, le moment est propice aux grandes entreprises, faire une campagne militaire de recouvrement toutes les provinces conquises par ce malheur pays. Notre pays est riche et prospère. Cette situation nous permet de lever des milliers d’hommes pour envahir le Siam. Le corps des officiers d’aujourd’hui est prêt à se battre et mourir pour Votre Majesté. Votre royal désir aujourd’hui nous donne une occasion pour nous venger nos morts hier ».

Le représentant des généraux parlaient avec une conviction profonde qui fit taire les autres assistants. L’ambiance dans la salle du trône était pesante, mais rassurante pour le Roi. On sent que les généraux ont faim de vengeance. Le Roi se rangea finalement à cet avis.

Il ordonna ainsi au Premier Ministre Keo (Chao Vatulahăk, titre du premier ministre de l’époque) de lever une armée de 120.000 hommes et réquisitionner des éléphants, des chevaux, des chars et autres matériels qui sont utiles à l’armée. Le corps expéditionnaire était composé de quatre armées et deux régiments :

- Armée Royale, commandée par le roi en personne ;
- Armée d’avant garde, commandée par le Premier Ministre ;
- Armée du flanc droite, commandée par Ponhea Pen ;
- Armée du flanc gauche, commandée par Kralahom Peung ;
- Régiment d’appui et d’intendance, commandé par Ponhea Yomreach (dans le document, on ne connaît pas son nom) ;
- Régiment de réserve, commandé par Ponhea Vibolreach, qui avait pour mission de porter secours à qui dont il a besoin.

Pour partir à la conquête le Siam si loin de la capitale, le Roi Srey Reachea confia la garde de la capitale et la gestion des affaires courantes du Royaume à son demi-frère, Preah Tomma Reachea.

Lorsque la préparation de la campagne militaire fut achevée, le jour faste, le Roi monta sur le dos de son éléphant et ordonna au corps d’expéditionnaire à ruer sur la capitale siamois, Krong Tep (cité des anges) en passant par les provinces Pursat, Battambang, Norsarika, Preah Keo et Stung Bakrôn.

Dès son arrivée au Siam, il ordonna à l’armée d’avant-garde de livrer les combats contre les garnisons siamoises dans des différents endroits jusqu’à la province de Pachem (Ouest) (Moung Prachim d’aujourd’hui) avec succès. Le gouverneur fut capturé avec les membres de son administration.

Dans cet exploit, le général khmer ordonna à ses troupes d’enlever mille famille siamoise. Avant de poursuivre sa progression vers Krong Tep, Chao Vatulahăk Keo fit camper ses troupes à Pachem pour attendre la jonction de l’armée royale. Tout d’abord, il commença par procéder tranquillement et méthodiquement à l’installation générale de tout son monde.

Quelques jours plus tard, le Roi arriva à Pachem, à la tête du gros de son infanterie et de sa cavalerie. Au camp retranché, Keo ordonna qu’on amena le prisonnier, le gouverneur siamois, pour que le Roi le voir et lui poser quelques questions sur la situation politique et militaire de son pays. Celui-ci dit ceci :

«Il y a un certain temps, le général Khoun Vorak Vongsa, son épouse, Neang Sisodachan et son clan ont été chassés de trône et tués par les fidèles du roi défunt, Yathva. Les vainqueurs ont proclamé un des leurs roi du Siam. Son nom de sacre est Preah Chao Chakkrapâth. Le nouveau souverain a pu rétablir l’ordre dans le royaume. Le pays aujourd’hui se retrouve la paix et la prospérité ».

Le Roi eut le soupçon sur cette nouvelle. Pour en avoir le cœur net, il décida d’envoyer sur le champs ses espions à la capitale d’ennemis, afin de lui rapporter la vérité de ce pays. Puis, il commença à préparer avec les membres de son Etat-Major les plans du siège de la capitale siamoise. Puis, il ordonna à ses troupes d’attaquer les garnisons d’ennemis dans plusieurs provinces pour ouvrir une voie d’accès au Krong Tep. Une telle opération était l’affaire d’un général en chef, Chao Vatulahăk Keo, capable d’organiser le déploiement des troupes, logistique des vivres et du matériel. Le succès fut total pour l’armée khmère et elle fit beaucoup de prisonniers siamois.

Dans le document (l’histoire des rois khmers, 3ème tome, n° K53-3) déposé à la bibliothèque du palais royal dit ceci :

« Les espions du roi revinrent de la capitale avec les informations suivantes : Quatre généraux siamois, Khoun Pirethtep, Khoun Preah Intep, Meung Reachsdèha, Loung Siyâth, demeurant à Lantakpha, se sont rebellés contre le général Khoun Vorak Vongsa. Ils ont tué ce dernier avec tous les membres de sa famille, y compris sa belle-mère. Puis, le président de ce groupe militaire, ayant le sang royal, a été proclamé par ses compagnons, roi du Siam, dont le nom est Preah Chao Chakkrapâth Thireach.

Apprenant cette nouvelle, le Roi rassembla ses généraux pour leur dire ceci :

« Comme vous le savez, pour le moment, l’armée ennemie est en déroute partout où nous l’avons attaqué. Ce qui importe à l’heure présente, c’est de continuer à marcher sur Krong Tep. Qu’allez-vous penser ? dit le Roi. Mes paroles n’exprimaient que le sentiment sincère d’un général ».

Tous les généraux se rangèrent à l’avis du Roi. Une fois la décision avait été prise, le Roi ordonna à l’armée de se diriger vers Krong Tep.

Parlons du Samdech Chao Vatulahăk Keo, Commandant en Chef de l’armée de la Marine, il attaqua la province Royong (ancienne province khmère) par la mère avec succès. Le gouverneur siamois de cette province fut tué dans la bataille. La population accueillit l’armée khmère en libérateur. Ensuite, celui-ci poursuivit son chemin et déclencha une bataille de recouvrement, avec succès, d’une autre province khmère Chanthabori, en tuant le gouverneur, Commandant de région militaire siamoise, Ponhea Nam.

Après son exploit, Samdech khmer ordonna à son armée de camper dans cette contrée. Plusieurs familles siamois furent enlevées pendant cette bataille. Sans plus tarder, Chao Vatulahăk Keo écrivit un message à l’adresse de son roi, pour l’exhorter à suspendre la progression de ses troupes dans le territoire ennemi et établir un camp retranché et une administration khmère dans ces provinces libérées. Cette suggestion avait pour but de consolider la présence khmère dans cette région. La permission avait été acceptée par Srey Reachea, mais celui-ci donna une instruction précise à son général. Celle-ci disait ce qui suit :

« Si vous êtes informé de ma victoire sur Krong Tep, vous deviez faire immédiatement mouvement de votre armée pour occuper la région Sud du Siam et puis, vous m’informerez sur les résultats de cette opération ». (
Fin du récit du document K53-3).

Revenons au roi Srey Reachea, il donna l’ordre aux quatre corps de l’armée de se diriger vers Krong Tep. Son avant-garde poursuivit sa progression même pendant la nuit et se trouva en vue la cité des anges au petit matin. Chao Vatulahăk Keo, général en chef khmer, ordonna l’attaque.

L’assaut khmer surprit les fantassins ennemis en plein sommeil. Saisis de panique, ils ne songèrent qu’à trouver refuge dans la cité. Mais aux approches de la muraille, les soldats khmers se heurtèrent à un dispositifs fermement installé. L’abondance du parc de canons ennemis avait été mise en feu et brisa leur élan.

En vagues successives, les soldats khmers montèrent à l’assaut de la muraille siamoise. Mais à chaque assaut, ils furent repoussés par celle des adversaires. Il y avait beaucoup de morts dans les rangs des Khmers. En conséquence, pour rester hors de porter des veuglaires, le Roi Srey Reachea obligea de donner l’ordre à ses troupes de se replier à une distance de 200 send de la cité (1 send, l’unité de mesure khmère de l’époque, est égal environ 30 mètre).

Cependant, un détachement khmer de 500 soldats d’élite, commandé par Okgna Pen, arrivèrent à percer les lignes de défense siamoise, puis, ils avancèrent jusqu’à les murailles de la cité, furent prêts à grimper sur ce mur maudit. A peine les sapeurs eurent achevé leurs préparatifs que Okgna Pen cria fort, parce qu’il fut touché par une balle d’ennemis, il tomba et sa vie fut emportée immédiatement par le mort. Ces hommes sans chef, obligèrent de se battre en retraite en amenant avec eux le corps sans vie de leur héro.

Aux prises avec adversaires plus puissants, beaucoup des soldats périrent en fin compte sur le champ de bataille, le Roi Srey Reachea convoqua tous les chefs d’unités pour donner l’ordre de se replier sur Pachem. Dans cette retraite stratégique, l’armée khmère ne fut pas poursuivie par celle des siamois, parce que le Roi Chakkrapâth jugeait que la puissance d’ennemis restait toujours intact.

Parlons du pays Hang Vatey (Birmanie d’aujourd’hui). Le roi de ce pays leva une armée de 30.000 hommes, afin de venir attaquer la capitale siamoise, parce qu’il avait entendu comme le roi khmer qu’il y ait des troubles politiques dans ce pays. Arrivé juste à la frontière, le roi fut informé que le Siam fut déjà envahi par l’armée khmère, dont l’effectif était de 120 000 hommes et celle-ci avait enlevé plusieurs milliers de la population siamoise. ayant appris cela, il fit demi tour pour retourner dans sa capitale.

Revenons à la capitale khmère, Krong Chatomouk, le prince Srey Soryatey, le neveu du roi Srey Reachea, profitant l’absence du roi, il quitta la capitale avec ses partisans pour lever une armée contre ce dernier. Beaucoup de gouverneurs des provinces de l’Est du pays étaient ralliés au prince rebelle. Puis, il livra les combats avec succès contre les garnisons des provinces Kompong Siem, Steug Tran, Baray Cheûk Prey et une partie du nord.

Il faut noter que le prince Srey Soryautey n’avait jamais accepté la décision du Conseil de la Couronne : le choix de son oncle comme roi à sa place. Dans son entreprise, il revendiquait donc le trône. Pour émuler sa force avec celle de son oncle, un seul moyen, c’est de décrier au dernier, sa légitimité de roi.

Ayant Informé de cette rébellion, le prince Thomma Reachea, le demi-frère du roi, ordonna aux généraux d’établir les garnisons depuis la province Samrong Tork jusqu’à celle Teuk Kmao (territoire de la Cochinchine actuelle) afin de faire face à une éventualité d’attaque de son neveu. En ce qui concerne la partie du Koh Sla kèt jusqu’à Peam Mich, Prey Norkor, Lon Hor, Phar Dek, il nomma les gouverneurs par intérim pour remplacer les titulaires, qui étaient partis avec le roi au Siam, afin qu’ils organisent la défense de leur province.


Puis, il envoya une délégation à Pachem Bori pour informer le Roi la rébellion de Srey Soryautey. Le Roi avait fait un rêve, il y a quelques jours, dans lequel, il voyait son demi-frère, le roi défun, Noray Reachea, lui a coupé avec l’épée sacrée en trois morceaux. Les astrologues fut convoqués pour interpréter cette vision. Il y avait deux parties opposées dans la prévision des devins. Bon présage : le roi va gagner la guerre contre le Siam. Mauvais présage : le roi va avoir un conflit armée avec certains membres de la famille royale. Après avoir entendu les deux versions, il roi se faisait beaucoup de souci.

Cinq jours après, la nouvelle de la rébellion de son neveu était arrivée à Pachem Bori. Le porteur de message royal informa en outre le Souverain que plusieurs détachements du prince Srey Soryautey campèrent dans la province Cheuk Prey, dont la mission est de barrer la route de retour au pays de Sa Majesté le Roi.

Ayant appris cette nouvelle, le roi se mit en colère et ordonna aux généraux de lever le camps pour retourner au Kampuchea en amenant des milliers siamois avec l’armée. Arrivé à Battambang, le Roi ordonna au gouverneur de cette province de lever une armée de 5 000 hommes pour établir une garnison à Neang Rog pour défendre une éventualité attaque des Siamois.

Puis, il poursuivit son chemin jusqu’à Pursat où il rencontra un autre messager du prince Thomma Reachea pour lui assurer la solidité des dispositifs de défense, malgré la totalité des provinces de l’Ouest étaient occupées par le prince Srey Soryautey. En revanche, Thomma Reachea demanda à son frère d’aller attaquer l’armée de ce dernier à Kompong Siem. Le Roi était content de cette nouvelle. Il se dit :

« Après la victoire, je nommerai le prince Thomma Reachea, Moha Obparach (vice-roi) pour ses service rendus à la nation ». Le Roi laissa les prisonniers siamois à Pursat et ordonna au gouverneur de cette province de réquisitionner la population pour porter les vivres et suivre la marche de l’armée, puis il poursuivit son chemin jusqu’à la province Kiri Bârribo (Bârribo actuel) où il ordonna à l’armée d’avant-garde de traverser le fleuve en premier pour camper à l’Est de l’autre côté de la rive. Cette manœuvre avait pour objectif de dilater la zone de sécurité pendant la traversée du fleuve tous les unités de l’armée.

Une fois l’armée du Roi se trouva en face de celle de son neveu, le Roi fit s’écrier en premier l’ordre de bataille. Au signal, les soldats du Roi se lancèrent à l’assaut, frappant, luttant avec acharnement, dont le péril était mortel pour les soldats de Srey Soryautey. Devant les adversaires déterminés, les soldats du prince, se battirent de plus en plus en défensive qu’en offensive, mais sans avoir perdu l’espoir de repousser les assaillants.

Mais la violence des assauts, répétés pendant plusieurs mois, par les fantassins de son Auguste oncle, mettait le prince Srey Soryautey dans le doute de l’efficacité de son armée et se rendit compte que l’armée du roi était beaucoup plus forte que la sienne. La situation s’avérait réellement critique, malgré la prouesse de ses soldats. Il pensa que le repli stratégique de son armée de la région du Nord s’imposait à lui. Au mois de février, l’année du porc, le prince Srey Soryautey décida d’abandonner sa position pour venir établir un camp retranché à Basane.

Le repli de son neveu, permettait au Roi de libérer, en effet, toutes les provinces du Nord, mais cette victoire n’infléchit en rien le cours de la guerre. Cette année-là, la population voyait dans le ciel, une étoile avec une longueur de la queue de 15 bras (comète) orientée vers le sud. L’apparition de la comète dans le ciel, selon la superstition khmère, est un mauvais présage pour la paix du pays. La guerre s’éclatera là où la queue de l’étoile s’oriente.

Retournons maintenant auprès du roi Srey Reachea. Il jura d’anéantir l’armée du traître. Il ordonna, en effet, à son général, Chao Ponhea Moha Reach Sénapadey de continuer à harceler l’armée rebelle. Alors, celui-ci rassembla sa troupe, franchit le fleuve, s’en alla établir un avant poste de défense dans la ville de Chlauk.

Lorsqu’il se présenta avec sa troupe à la porte de cette ville, il fut attaqué immédiatement par celle du prince Srey Soryautey en tuant un grand nombre de ses soldats. Chao Ponhea Moha Reach se battit en retrait, mais il fut poursuivi par les soldats ennemis. Il fallait relancer plusieurs contre-attaque par les soldats d’élite de sa troupe pour qu’il ait pu dégager la poursuite d’ennemis. Puis, il vint informer son Roi du désastre de sa mission. Celui-ci était fort mécontent de la défaite de son général, et ordonna derechef à un autre, Ponhea Kralahom de livrer les combats à plusieurs reprises contre les troupes de son neveu, mais sans avoir remporté une victoire décisive.

La guerre de position perdura pendant plusieurs mois, sans que l’on parvînt à savoir de quel camp penchait la balance. Comme il n’y avait ni vainqueur ni vaincu dans les deux camps, le prince Srey Soryautey chercha avec ses généraux à utiliser l’arme psychologique.

Ayant appris qu’un plus grand nombre de soldats, servis dans les rangs du Roi, étaient originaires de la zone de l’Ouest, laquelle était sous son contrôle, Srey Soryautey n’hésita pas à en profiter pour déstabiliser l’adversaire. Ainsi, il donna l’ordre à ses gouverneurs de punir la famille dont un des membres était dans le camp adverse. Cette nouvelle parvint aux soldats du Roi et provoqua la désertion d’un certain nombre des soldats qui avaient la famille à l’Ouest.

En 1465, pendant la saison des pluies, le Roi décida de retourner à la capitale en laissant une partie de l’armée pour occuper les provinces Kampong Siem, Cheûk Prey. Parlons du prince Thomma Reachea. Il réfléchit ceci :

« la guerre d’aujourd’hui sera longue. Je ne peut ni compter sur mon frère, ni sur mon neveu, parce qu’ils sont en situation querelleuse. Le Roi pourrait, en effet, m’accuser d’incompétent dans la mission royale de garder le Royaume en état de paix, puis, il me traduira devant le Conseil de guerre pour me condamnera à mort. Dorénavant, il est nécessaire de penser à moi, parce que ma vie cette fois-ci est en danger dans cette querelle sanglante sans issue. En outre, si le Roi revenait habiter dans la capitale, il remènera bientôt la guerre, la famine et la désolation. La seule solution, c’est de l’empêcher, par la force ou par la ruse ».

A dater de ce jour, la résolution de Thomma Reachea fut prise. Il rassembla le groupe habituel de ses Montrey fidèles et tint une conférence sur les mesures à prendre contre le retour de son frère dans la capitale. Après avoir entendu les propos du prince, ces derniers lui répondirent :

« Figurez-vous que se sont justement, à nous aussi, nos intentions réelles et nos projet, mais nous n’oserons pas de vous en parler, par craindre d’être accusés de traîtres. Nous sommes prêts à vous soutenir dans votre entreprise et à mourir en combattant à votre côté ».

Après avoir entendu cette déclaration, Thomma Reachea était ému. La joie et l’appréhension furent envahis dans son esprit. Conscient de cet enjeu, il remercia ses lieutenants en leur demandant d’aller enrouler la population des provinces de l’Ouest et du Sud pour former une armée du milieu.

Ensuite, il fallait avoir le courage de rompre les relations de subordination avec le Maître sur terre, son Auguste frère. La solution consistait à lui envoyer la reine, son apanage royal, toutes les filles d’harem et les serviteurs. En revanche, la quintessence d’objets royaux, il les garda dans la capitale pour gage.

Dans ses plans de défendre la capitale, le prince Thomma Rech, ordonna aux généraux d’établir un quartier général de l’armée à Oudon et à partir de là, il donna à son armée d’attaquer plusieurs positions de l’armée du prince Srey Soryautey : à Chhon Steug Krin Pounleu, à Ksach Kandal, Lovir Em. Il ordonna aux généraux d’établir plusieurs garnisons aux confins des régions de l’est et du Sud pour empêcher la pénétration des deux armées. Il créa plusieurs centres d’entraînement des troupes dans la capitale pour entraîner les nouveaux recrus. Il fit construire des magasins pour stocker les vivres et les matériels de guerre.

Arrivés à Kiri Bârribo, les Montrey du Palais demandèrent l’audience au Roi pour lui apporter la lettre de son frère. Dans la salle d’audience, à la vue du souverain, la reine et les dames du palais se mirent à pleurer et gémir en racontant leurs vies dans la capitale pendant l’absence du Roi. Après avoir échangé quelques mots avec la reine et ces dames, le roi demanda qu’on lui apportait la lettre de son frère. Il rompit le cachet et la lut avec attention. Celle-ci disait en bref ce qui suit :

"Le Prince Thomma Reachea aux rapports.
Sa Majesté, le Roi du Norkor Kampuchea Thipaday,
Depuis le jour où Votre Majesté a quitté la capitale pour conquérir le Siam et j’eus alors l’honneur d’assurer les affaires courantes du Royaume, je n’ai pas eu l’occasion de pouvoir vous rendre mes devoir. Il y a quelques temps, j’ai appris qu’hélas Votre Majesté est pâti de fatigue à cause d’une longue campagne militaire. C’est pour cette raison, j’ai sollicité la reine et les dames du palais de vous rejoindre pour apaiser votre fatigue endurée.

En ce qui concerne les affaires militaires, Je souhaite, Votre Majesté, que vous portiez d’abord vos pensée sur la situation militaire si pressant qui règne à la capitale, et que votre présence dans cette cité, attire davantage l’attaque de l’armée de notre neveu".

En conséquence, je vous prie respectueusement de bien vouloir écarter vos troupes du Krong Chatoumuk, pour aller parer aux dangers qui menacent le reste du Royaume. Quant aux provinces du Sud, elles sont désormais sous mon contrôle. Que Votre Majesté daigne seulement se soucier de conserver en parfaite santé, afin de pouvoir bientôt prendre soin à nouveau du bouddhisme.
Je suis, avec le plus profond respect, Sire, de Votre Majesté, le très humble et très obéissant serviteur. Si cela ne vous convient pas, je vous prie de bien vouloir m’en excuser.

Dès d’abord, le Roi fut surpris par le contenu de la lettre et sa première réaction fut une bordée d’injures à l’adresse de son frère, puis ordonna immédiatement aux généraux de ruer vers la capitale pour décapiter le nouveau traître. Les membres du Conseil de guerre donnèrent leurs avis ceci :

« Ouvrir un nouveau front est une entreprise très risquer car, si les deux princes fondaient leurs deux armées en une seule pour nous attaquer, comment pouvons-nous la résister ? Nous craindrions qu’il ne soit bien imprudent de notre part d’entrer en guerre, contre le prince votre frère, de façon si inconsidérée. Accepter une humiliation tactique sera une victoires stratégique de demain ». Après avoir entendu cet avis, le Roi le jugea juste et il revint sur sa décision.

Cependant, il ordonna aux généraux de renforcer les garnisons dans les provinces sous son contrôle : Long Vek, Rolear Phirk, Kiri Barobo, Krarkor, Kraug, Pursat, Battambang, Reusey Sagne, Tèm Seyma, Mongkol Borey, Reyong, Sorin, Sèk Kir, Kompong Siem, Steug Treng, Cheuk Prey, Kauk çès, Anglong Reach, Prom Tep, Prey Kdey, Staug, Chi Krey, Rolos, Siem Reap, Mlou Prey, Chham Ksan, Tnauth, Teuk Chhūr jusqu’à la frontière siamoise, c’est-à-dire toutes les provinces l’Ouest du Mékong. Tous les provinces du Sud-Est du Mékong et une grande partie de la Cochinchine étaient sous le contrôle de son frère.
(Suite dans le prochain numéro 11)

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