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20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 11:02

 

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L’art du mensonge

 

Sam Rainsy a répondu aux questions de l’Express et il a dit tout le contraire de ce qu’il promettait déjà à Hun Sen pour obtenir la grâce royale. Mais cette liberté de parole est actée dans le contrat entre lui et Hun sen. Personne n’est dupe, sauf ses amis inconditionnels qui se proclament élites khmers avec une arrogance intellectuelle occidento-centrique. Ils soutiennent avec ostentation leur champion, non pas pour aider le peuple khmer, mais plutôt pour être vus tout simplement à côté de leur élu. Il faut bien savoir que l’intellect représente l’esprit critique et créatif, et on sait que le mal vient souvent du fait que les intellectuels acceptent de soutenir et servir des hommes politiques ambitieux et dictateurs.

 

À l’aéroport international de Phnom-Penh, Sam Rainsy est dans le nuage devant ses supporteurs, venus nombreux pour lui accueillir : je suis revenu au pays pour sauver la patrie ! Une déclaration pathétique après son passage par le salon VIP, réservé pour les hautes personnalités du pouvoir actuel. Désormais Sam Rainsy fait partie intégrale de la haute personnalité du régime, il ne s’abstient de rien de ses nouveaux privilèges, même le salon VIP : une arrogance d’un homme qui a soif de pouvoir après plusieurs années de privation. Avec ce comportement, Sam Rainsy a passé de privation à la privatisation de sa personne, vendue à Hun Sen pour quelques privilèges accordées à son nouveau statut de serviteur de marque du régime communiste.

 

Le Parti du salut national (PSN) se ressemble à un capharnaüm, un endroit qui se rassemble en désordre des anciens khmers rouges, des anciens khmers vietminh, royalistes, des nationalistes, des opportunistes, des arrivistes, des espions de Hun Sen. Ce parti ramasse l’arme du passé, la monarchie et le communisme, pour défendre le présent. C’est pourquoi, Kem Sokha dit haut et fort qu’il  ne veut rien changer. Ceci est vrai, parce que la promesse du PSN d’augmenter les salaires des ouvriers et des fonctionnaires, d’accorder les soins gratuits aux malades pauvres, de payer les pensions aux personnes âgées, d’instaurer le salaire minimum pour le salariat, n’est qu’une réforme politique économique et sociale, non pas de changement politique profonde, de structure étatique, économique, sociale du pays et de mentalité de la population khmère. Quant à Sam Rainsy, il aime bien raconter par brides de ses idées politiques qui n’ont pas donné lieu à une sérieuse synthèse explicative. Avec liberté de parole limitée, accordée par Hun Sen, pour montrer au monde entier, surtout à l’adresse du Sénat américain, et à la Communauté Européenne, qu’il y ait une démocratie au Cambodge, et les élections du 28 juillet seront libre et équitable, Sam Rainsy se vante qu’il est revenu au pays, non pas comme un ex-condamné, parce qu’il n’avait jamais commis aucune faute, on se demande pourquoi ses démarches ont été faites par la voie de grâce royale sur la proposition de Hun Sen. S’il pense qu’il est innocent, il faut qu’il ait le courage de faire des démarches pour innocenter les deux autres compatriotes qui ont été condamnés par le tribunal pour la même affaire que lui.         

 

Devant les badauds et les supporteurs(1) qui se joignent à la « place démocratie », Sam Rainsy fait son show, il s’en amuserait sans compter dans un spectacle dont le metteur en scène n’est que Hun Sen et les réalisateurs ne sont que des communistes vietnamiens. Il veut inventer demain avec les idées du feu Sihanouk. Avec cet esprit obsolète, Sam Rainsy montre son vrai-faux retour au pays qu’il n’a pas changé : Petit devant Hun Sen, et insolant devant ses amis khmers. Ses idées de faire une alliance avec les khmers communistes de tous bords, comme feu Sihanouk, lui rendront incapable de gouverner. De gouverner autrement qu’avec ses mots d’ordre vieillis et les méthodes mal rajeunies est une mauvaise voie du salut national : Eh oui, tu auras bientôt autant d’ennemis que d’admirateurs. Dieu soit loué ! car une carrière de bouffon du feu Sihanouk ne peut se faire que sur des ennemis de toute façon.

 

Cent mille personnes qui sont venus soutenir Sam Rainsy quelques jours avant la date du scrutin ne permettent pas à ce dernier d’être électeur et éligible, sauf avis contraire de Hun Sen qui devient qu’on le veuille ou non le bienfaiteur de Sam Rainsy d’aujourd’hui et du feu Sihanouk d’hier. Dans cette situation, Sam Rainsy se voit contraint de se définir sa politique par rapport aux prises de position de Hun Sen et du PPC, parti au pouvoir. Il faut bien que Sam Rainsy explique au Sénat américain et les démocrates dans le monde entier par quels mécanismes complexes  qu’il compte opérer pour faire partir Hun Sen du poste de Premier ministre. Et l’on sait qu’il y a le hiatus entre la théorie et les faits chez Sam Rainsy : il fait le contraire de ce qu’il dit. Cela s’appelle l’art du mensonge.     

 

(1) Cent mille selon les cadres du PSN, 4 millions selon Sam Rainsy qui sont venus l’accueillir à l’aéroport.

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