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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 08:50

 

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La machine à perdre

 

En politique, le poids du mot est nécessaire mais pas suffisant pour nettoyer la crasse du pouvoir totalitaire et féodal, par exemple « Hun Sen va-t-en ! » est sans doute un mot qui sonne un idéal radieux, mais il n’est pas un moyen pour changer le destin du peuple khmer, dont son avenir sera à la morgue dans un Cambodge qui se prépare à recevoir davantage des millions des émigrants vietnamiens et des milliers des marchands chinois sans scrupule.

 

Cependant, chaque jour qui passe dans un Cambodge morbide rend plus difficile la pédagogie qui peut dessiller des dirigeants du Parti du salut national (PSN) que la politique est un art d’exécution et d’efficacité, pas des slogans de mots les plus crus. Autrement dit, l'ambition suprême du politique doit être que chaque minute de la vie de chaque citoyen soit aussi pleine d'épanouissement personnel que possible. Le coeur de l'action politique pour réaliser cette ambition, tient en un mot : décider. Mais décider vite ne suffit pas pour décider bien. Après le 4 janvier de cette nouvelle année, les cortèges des citadins en colère s’évanouissaient, alors les sbires du régime, appelés « la troisième main » sortent de leur tanière pour terroriser les opposants politiques et les ouvriers outrageux face aux patrons voyous. Cette apparition des hommes en casque intégral de moto ou « la troisième main » s’explique, peut-être, l’inefficacité des manifs pacifiques face à la détermination du régime actuel de rester coût que coût au pouvoir, ou la politique paralytique de l’opposition qui se transforme en machine à perdre. L'incapacité du PSN de penser son rôle exact dans la révolte populaire a été flagrante. Pendant cette révolte, on ne voyait qu'une succession de décisions potentiellemnt contradictoire, parce qu'il était dans sa logique de négociation avec Hun Sen, dont le trop grand souci de ménager ce dernier a paralysé ses actions. Et pourtant le peuple était prêt à faire la révolution, bien sûr non-violence, dont seuls les dirigeants du PSN feignaient d'ignorer l'existence.      

 

On le savait que Hun Sen se moque du « Khmer du peuple », nommé Sam Rainsy, qui propose aux manifestants une « prophylaxie anti-Hun Sen » dont le continu n’est que la négociation avec lui. Bien sûr, la métaphore « Khmer du peuple » est sans aucun doute à la hauteur du soutien des millions des Khmers à Sam Rainsy, mais cet évènement historique est toujours sous contrôle des conseillers politiques vietnamiens au Cambodge depuis le retour de ce dernier au pays. Et on le savait que sa politique « Chine contre Vietnam », laquelle n’est qu’un modèle obsolète de Sihanouk, a déjà couté au peuple khmer plusieurs millions de morts, c’est dire, il y a aujourd’hui, dans le Cambodge victime du communisme depuis 1970, des supporteurs de cette politique, à s’égarer, indifférents aux leçons de l’histoire de la même façon, après la restauration de la monarchie en 1993, de celui qu’on le nomme « Roi-Père ». Avec cette politique, le Cambodge a perdu son indépendance. Rien n'est plus dangereux pour un pays que de ne pas se souvenir de ce qui l'a menacé. A mon sens, Sihanouk ne transmit rien au peuple khmer, si ce n'est le musée S21 (Toul Sleing).   

 

Si cette politique paralytique de l’opposition perdure dans le temps d’agonie du peuple khmer, Hun Sen vaincra encore une fois sans faire beaucoup d’efforts et l’histoire repassera les plats des années 1993, 1997, 2008. Ces années furent aussi les « années de colère » du peuple khmer, nourris d’un même rejet du régime communiste, mais aussi celles de la « politique sans courage et sans efficacité » de l’opposition qui bloquait tout espoir d’un peuple de sortir de son malheur perpétuel. Peut-on croire que PSN, avec Sam Rainsy en tête, réussira à remonter la pente d’ici 2014 ? Avec la colère prompte du peuple après les élections du 28 juillet 2013, qui redevient aujourd’hui la rage silencieuse, la rupture entre le peuple et le PSN est donc évidente. Le premier n’ose plus descendre dans la rue pour crier « Hun Sen va-t-en ! » le second cherche péniblement une seconde voie pour sortir de l’impasse politique en faisant semblant qu’il est toujours avec le peuple, mais en réalité, il ne veut pas l’assumer idéologiquement. Durant six mois d’agitation, c’était une « parenthèse » pour le PSN. Cette épisode, c’était comme Sam Rainsy a décidé de courir le plus vite possible le 100 mètres pour atteindre la porte de sortie dans la case de 2 m² et sans issue du Vietnam communiste. A la fin, il s’épuisait. L’opposant inoxydable, comme disait l’autre, advient inopérant. Aujourd'hui, la survie politique de Sam Rainsy ne doit qu’à sa patience, mais sa puissance d’un Khmer du peuple est déjà atteinte sa limite. Cependant, sur le plan de sa culture politique, Sam Rainsy est resté lui-même : Sihanoukiste par opportunisme et royaliste par vice.      

 

Aujourd’hui, les choses sont dites, Hun Sen réitère son désir de négocier avec l’opposition, quant à Sam Rainsy, il disait à peu près la même chose : « tout le monde connaissait ses limites, ça suffit maintenant, il faut négocier. » Dans cette perspective d’arrangement qui autorise le mal, le jeu d’opposition stérile, on voit la machine à perdre du PSN est déjà mise en échauffement, et Sam Rainsy le savait très bien que ce démarrage s’ouvre aussi, comme d’habitude, le temps de l’intrigue, du traitre au sein du PSN. Quant au peuple khmer, il vit et vivra dans le présent et le futur qui sont et seront toujours dans le passé maladif. Une fois de plus, ce passé s’est imposé au présent et à l’avenir pour ce malheureux peuple. Mais s’il veut vraiment sortir de cette impasse morbide, dont la cruauté est quotidienne, il doit choisir sa propre voie : aide-toi, le ciel t’aidera. C’est ainsi qu’il pourra déplacer la montagne. Cette voie n’est que celle de la révolution : dès le départ, elle a l’avantage de prendre en charge un riche héritage du peuple khmer, un passé, tout un présent, déjà un avenir. Cette révolution pourrait remplacer la machine à perdre du PSN.            

 

 

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