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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 08:54

 

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La révolution khmère

 

Si elle doit advenir la révolution khmère ne viendra jamais du parti PSNK (Parti du Salut National khmer). D’abord parce qu’il ne souhaite pas renverser le pouvoir actuel, qui demeure providence et ses argents sales avec quoi il survit. Ensuite parce que sa stratégie de lutte politique suit la voie de réforme, dont la négociation avec le PPC (Parti du Peuple Cambodgien) est une voie unique. Ce parti oublie qu’on ne peut pas réformer les institutions sans avoir préalable réformé les esprits, mais on ne peut pas réformer les esprits si l’on n’a pas préalable réformé les institutions. Au Cambodge, nous n’avons pas, ni réformé les institutions, ni réformé les esprits du peuple khmer, parce que nous avons peu de modifier la tradition, fondée sur la loi de l’obéissance. Avec cette loi, les manifestations successives après les élections du 28 juillet laisseront un souvenir d’un espoir amer aux yeux de la majorité du pays. Oui, le Cambodge est « monarchiste » nation millénaire qui veut de la gloire, mais point démocratie et le principe d’obéissance sous sa forme simple, en tant que principe, possède la majorité des cadres du PSNK.      

 

Si elle doit advenir la révolution khmère ne viendra pas des khmers pauvres les plus violemment frappés par l’injustice sociale. D’abord parce qu’ils ne souhaitent pas avoir des ennuis avec le pouvoir actuel. Ensuite, parce que leur colère emprunte les voies de la prudence. Ils sont indifférents à la politique tant que leurs intérêts matériels ne sont pas en jeu, affolés et surexcités dès que ces intérêts sont compromis, fournissent à tous les "sauveteurs" c'est-à-dire à tous les mensonges, le formidable appoint de leur nombre. Le peuple khmer, a-t-on dit souvent, est « conservatiste » Sans doute, il veut le changement, mais point chienlit, et c’est là une vérité flagrante. Cette mentalité qui fait que le Cambodge soit un des pays du monde où s’établissent, où se conservent avec plus regrettable aisance les despotismes les plus variés.

 

Si elle doit advenir la révolution khmère ne viendra pas des démocrates et des libéraux. D’abord parce qu’ils sont démocrates et libéraux d’instinct et de sentiment. Ils ont le goût de la liberté, sans en avoir le plus souvent le discernement ; ils sentent plus qu’ils ne pensent et, même chez les plus ardents, surtout chez ceux-là, l’opinion, peu en point raisonnée, flotte dans le vague et participe bien plus de la passion que de la conviction. Ils ont participé avec les communistes à restaurer la monarchie archaïque en choisissant Sihanouk, ami des Khmers rouges, comme roi. Avec cette restauration, le pays va de secousse en secousse et le maintien du PPC au pouvoir est l’ouvre de Sihanouk, et les désastres du peuple khmer sont ses faits.   

 

Si elle doit advenir la révolution khmère ne viendra jamais des intellectuels, ou plutôt des diplômés. D’abords parce qu’ils ne souhaitent pas renverser le régime actuel. Ensuite parce qu’ils s’écartent de la politique dont elle demeurait chose interdite, prohibée. C’est une chose « tabou » : tout citoyen qui s’occupe des affaires publiques est un brouillon. Ils pensent qu’ils peuvent sauver le pays avec uniquement par la lecture et l’écriture. Non ! ces deux éléments de savoir sont comme le labour dans une terre vierge : ils préparent l’esprit à recevoir telle semence qu’on y voudra jeter. Ils sont le labour et ne sont pas la semence. 

Ils sont loin d’avoir la même unité, d’observer la même règle intellectuelle. La discipline des opinions, c’est-à-dire la discussion, l’intelligence, n’étant pas imposée comme celle de la foi, mais simplement volontaire et consentie. Ils préfèrent vivre sous la protection du pouvoir, quel que soit sa nature. Ils veulent le progrès, mais point liberté. L’inertie des hommes de savoir depuis toujours qui coûte si cher au pays. Comment s’étonner de l’ignorance où s’attarde le pays ? Comment éviter que, dans la majorité du pays, les idées fausses pénètrent et s’incrustent ? Voilà pourquoi le Cambodge est la terre promise de tous les aventuriers de la politique tyrannique, comme Pol Pot avait cherché sa route dans les ténèbres, tombait dans l’utopie, dans le « système » totalitaire, et la restauration de la monarchie aboutit à la dictature.

 

Eh bien ! ce qu’il faut faire comprendre au peuple khmer, c’est que l’heure est venue de combattre activement la dictature, non pas pour conserver son repos, mais pour son existence, il faut lui faire sentir que sa somnolence l’a compromise, et que le danger est grand. Entre la violence du régime actuel, l’inertie des hommes de savoir, le conformisme des démocrates et des libéraux, la prudence des Khmers pauvres et la négociation du PSNK avec le PPC est aujourd’hui placé le peuple khmer comme entre l’enclume et le marteau. Le centre de la nation, débordé par les deux désastres, est pris entre la violence et le mensonge. D’un côté, la dictature du PPC, de l'autre, l'esprit de réforme inadéquate souhaité par le PSNK, ces deux dangers se valent l’un l’autre, parce qu’ils souhaitent maintenir le régime actuel. La résistance pourtant est facile. Quand le Peuple marchera pour combattre la dictature avec ou sans le PSNK, dès le premier pas, la force et le nombre se formeront en espoir national. Certes, la révolution khmère n’est point facile, mais elle n’est pas impossible à faire, comme pour toutes les grandes entreprises, quand les premiers difficultés du commencement seront surmontées, la chose ira de soi, chaque pas avancé facilité par les avancements de la veille. Cette révolution du peuple, par le peuple et pour le peuple constitue la véritable force souveraine d’influence et d’autorité.

Cette force n’est qu'une force républicaine. Et la constitution d’une monarchie, d’un despotisme quelconque ne nous arrêterait pas dans une série de chutes. Toute dictature, en un peu de temps, nous conduirait à des révolutions. Par quelque temps que commence la série, elle forme un cercle dont nous parcourrons toujours tous les points : révolution, dictature, corruption, révolution, et ainsi de suite, nous ne trouverions la formule définitive d’une république qui puisse durer. C’est le Peuple khmer de faire cette révolution pour bâtir une république​ dans laquelle il sera souverain, il est responsable, et cette responsabilité porte en elle-même une suffisante sanction : Si le Peuple khmer ne fait pas, il périra le premier.             

 

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