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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 07:02

 

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La voie

 

Après les élections non démocratiques du 28 juillet, le PSN (Parti de Sauvetage National) se tergiverse de poursuivre la voie du salut national. Il semble que son slogan, « Changer ou ne pas changer ? » se grippe. En revanche, du côté du parti au pouvoir, il n’hésite pas de se proclamer la victoire trichée. En effet, il obtient la majorité absolue avec ses 68 sièges pour former un gouvernement antidémocratique pour oppresser le peuple khmer pendant encore 5 ans. Pour le ministre de l’intérieur, ceux qui contestent ces résultats sont en infraction avec la loi constitutionnelle, ils sont donc considérés comme hors la loi. Cet avertissement pourrait être une des causes qui contraigne Sam Rainsy à quitter précipitamment le pays pendant la nuit du 6 août(1) pour se mettre à l’abri de la violence des forces de sécurité, après avoir fait appel à la population khmère de se révolter pacifiquement contre la proclamation des résultats des élections du ministre de l’information : 68 sièges pour le PPC et 55 sièges pour le PSN.

 

On assiste aujourd’hui aux deux camps qui s’affrontent : le PPC qui n’hésite plus à utiliser tous les moyens pour rester au pouvoir, et le PSN, parti de l’opposition, qui tergiverse dans l’esprit de faire bénéficier des privilèges du statut de députation de ses 55 élus. Cette hésitation renforce la détermination de Hun Sen d’emparer le pouvoir par le type de domination légale, un cosmos de règles abstraites décidées intentionnellement : Par la voix de son ministre de l’intérieur, le peuple doit obéir la loi. Et pour renforcer ce type de domination, Hun Sen cherche un allié sûr qui lui donne une légitimité traditionnelle. Ce type de pouvoir s’appuie non pas sur le droit, mais sur le caractère sacré des dispositions transmises par le temps et respectées de tous les sujets qui reçoivent une même éducation d’obéissance dans une société traditionnelle. Par la voix de son allié royal, le roi pantin, « les partis politiques doivent s’entendre pour préserver la paix et la stabilité politique dans le pays », Hun Sen obtient le soutien du roi. Avec ces deux types de pouvoir, Hun Sen se comporte comme un seigneur, ses serviteurs n’obéissent pas à la loi mais à sa personne.

 

Depuis 1993, Hun Sen tenait au passé et vivait du malheur du peuple khmer, il vit aujourd’hui avec une monarchie replâtrée pour le Cambodge vietnamisé et sinisé. Et on savait que le Vietnam et la Chine, deux pays communistes, avait ouvert en 1970 une fosse pour les cadavres khmers et aujourd’hui, ils aident Hun Sen à ouvrir une autre fosse pour y jeter ces nouveaux cadavres. C’est cette fosse que Sam Rainsy et Kem Sokha prennent pour un puits de l’eau bénie pour le peuple khmer. En effet, ces deux-là sont en train d’aider Hun Sen à manipuler les résultats électoraux du 28 juillet et tous les traîtres du peuple khmer et les profiteurs penchent leur tête les uns vers les autres et tremblent de frousse que leur nom ne soit pas oublié par ces deux fâcheux pour la démocratie. Sam Rainsy et Kem Sokha négocient actuellement avec Hun Sen pour laisser refroidir le mécontentement du peuple contre le régime dictatorial : Cette contestation perd vite sa fraîcheur pour se fondre dans la moule idéologique du communisme qui faisait tant de mal au peuple khmer.

 

Une seule voie qui pourrait faire sortir le peuple khmer de la dictature et obtenir l’indépendance nationale, c’est celle de la révolution. Ce mot peut prêter à contestation. On entend le plus souvent par révolution, au sens étroit, le remplacement d’un régime politique par un autre, généralement au moyen d’un coup d’État. Cette voie-là, les vrais démocrates n’en veulent pas, parce qu’elle débouche souvent sur une nouvelle dictature : épurations, arrestations, éventuellement exécutions. Qui dit révolution non violente, dit par définition évènement a déjà eu lieu en Tunisie, au Lybie et en Égypte : le peuple utilise son pouvoir pour faire tomber la dictature. Cette révolution était née aussi au Cambodge pendant les campagnes électorales non-démocratiques et après les élections trichées par le parti au pouvoir. Il faut donc poursuivre cette voie. L’entreprise sera rude pour défaire la dictature implantée par le parti communiste depuis 1975 qui avait étouffé tout ce qu’on pourrait de l’intelligence : abêtir la jeunesse, abrutir l’avenir, mais la naissance de la force populaire d’aujourd’hui est comme une lueur sortie de l’espoir d'un peuple. On le savait depuis déjà un mois que cette force éclaira l’âme khmère, elle montra certains chemins qui aboutirons à la grande voie : la révolution non violente pour écraser la dictature et le communisme. Le peuple khmer d’aujourd’hui regarde Sam Rainsy, cherche son aide, et au lieu de colosse, il voit d’avorton qui cherche un pis-aller honteux avec Hun Sen ; il ressemble de plus en plus à Sihanouk et Ranariddh. Le PSN vivait de mots. Il disait plus haut au peuple khmer ses vocables, sauvetage national et changer ou ne pas changer ? Il l’exploitait pendant des mois avec ces slogans pour atteindre son but : donner la légitimité à Hun Sen d’enfermer le Cambodge dans le grand Vietnam communiste. En un mot Sam Rainsy aurait encore une dernière mission pour Hun Sen : Fermer la porte de la démocratie au peuple khmer.

 

Le peuple khmer doit compter sur sa propre force pour faire tomber la dictature, parce qu’on voit aujourd’hui Sam Rainsy est limité aux pulsions de l’instant. Il est toujours un héros fugitif, ayant les idées en pointillé. Et l'on sait que les idées qui n’ont pas de point commun avec la volonté du peuple, n’ont plus de matrice unificatrice. Il lui reste certes des réflexes de survivre dans la cage rouge de la Chine et du Vietnam.              

 

1. Pour Sam Rainsy, ce départ est prévu depuis longtemps pour le mariage de sa fille aux États-Unis.

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