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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 10:27

 

Voyage en Thaïlande en 2007 332

Cliquez ici pour lire le texte en anglais  MARCH 18, 1970     

Le 18 Mars 1970

 

Est-elle une date néfaste pour le Peuple Khmer ?

 

 

Si nous cherchions à savoir quelle était la cause de l’incendie de la maison khmère (Cambodge), il est vrai que la date du 18 Mars 1970 soit le point de départ de l’embrase. En quelques jours seulement 2/3 du Cambodge furent transformés en cendre. Le paysage verdoyant de la campagne khmère fut tâché du sang qui dégagea une odeur malsaine dans l’atmosphère. Le bruit de tonnerre venant du ciel qui annonce habituelle une tombée pendant la saison sèche était remplacée par celui des obus de canon d’une force armée qui se proclamait haut et fort qu’elle vienne libérer le Peuple Khmer de l’impérialisme américain.

 

Les auteurs du « 18 Mars 1970 » étaient immédiatement accusés de pyromane par les amis d’une « force étrangère sans Nom » : Vous êtes des salauds, parce que vous osiez déranger le sommeil du Saint céleste, appelé Tévoda, qui protège la paix du Cambodge depuis l’année 1863. Aujourd’hui encore, la date du 18 Mars 1970 est raillée par certains jeunes khmers instruits, qui sont nés ou grandis dans des pays luxuriants, appelés l’« Occident ». Ils n’ont pas tort de ridiculiser la date du « 18 Mars 1970 », comme une « Défaite éhontée », parce qu’il y ait une part de vérité dans leur jugement véloce : La République Khmère, née de cette date, était immédiatement disparue après avoir déposé les armes. On a impression, après cinq ans de guerre de résistance, que cette République soit née uniquement pour faire subir le pire de la souffrance au Peuple Khmer.        

 

Ô malheur ! Combien j’ai été fatigué, pendant plusieurs décennies, pour parler du « 18 Mars 1970 » aux gens et amis qui aient une idée en tête : Condamner le « 18 Mars 1970 », parce qu’ils n’aiment pas Lon Nol, In Tam, Sirik Matak, Son Gnoc Thanh, Sosthène Fernandez, etc. Ou qu’ils soient Sihanoukistes inconditionnels, ou amis des Khmers Rouges, ou des Vietnamiens communistes, ou qu’ils veuillent se montrer tout simplement leur statut d’intello. Depuis 1991, je cessais de faire l’apologie à la date du 18 Mars 1970, parce que le débat fût impossible dans le climat politique euphorique de l’époque. Après le départ des troupes vietnamiennes du Cambodge, le « Pays des Khmers » s’immergeait dans l’ «Eau bénite » du Preah Prom (Dieu Hindou), appelée la « Réconciliation nationale ». Mais dans cette ambiance de fête nationale, organisée par les parties belligérantes khmères, alors, elles s’étaient réconciliées sous la bannière de l’ONU, la date du 18 Mars 1970 devenait vite le bouc-émissaire de tous les maux khmers : la guerre, l’occupation vietnamienne et surtout l’abolition de la monarchie millénaire khmère. Le 18 Mars 1970, vu sous cet angle est sans doute, une date néfaste pour la nation Khmère. 

 

Mais pourquoi fallait-il parler de cette date qui n’évoque pas dans son contenu, ni la gloire, ni la joie au Peuple Khmer ? Parce que dans cette date, il y a une vérité qui dérange beaucoup du monde : La contestation du gouvernement du Cambodge de l’époque à l’occupation de son pays par des forces armées du Viêt-Cong et du Nord-Viêtnam. La volonté du Cambodge était pacifique : Le gouvernement khmer demande simplement au VC\ANV d’aller faire sa guerre ailleurs. Mais la réponse de ce dernier était belliqueuse : Hanoi décide de brûler le Cambodge pour punir l’audace du Parlement khmer qui osait lui demander de partir du territoire conquis par la ruse. Le Viêtnam ne quittait jamais le Cambodge sans la contrepartie.

 

Je ne fais plus l’apologie à la date du « 18 Mars 1970 ». Dans la situation actuelle du Cambodge, elle se défend toute seule. Aujourd’hui, je n’ai qu’un seul ennemi héréditaire, la « Pauvreté du Peuple Khmer ». Pourquoi faut-il que j’accuse le Viêtnam, la monarchie khmère et les autres, ennemis du Peuple Khmer ? Cette interrogation n’est pas une résignation, mais une indignation vis-à-vis de ceux qui prêche une nouvelle révolution du Peuple Khmer. Il n’y en aurait pas le « Printemps Khmer ». Je m’excuse auprès de mes amis qui ont encore l’énergie inépuisable de se battre pour sauver la Nation Khmère. C’est, sans aucun doute, une noble cause qu’on ne doive jamais l’éteindre, mais dans ce combat, je me pose donc la question, est-ce qu’il y aurait encore des Khmers qui sont prêts à suivre cette voie ? M. Vandy Kaoun a sans doute raison de donner le titre de son livre qui révèle bien la mentalité des dirigeants khmers depuis la nuit des temps : « La politique sans les Cambodgiens ». Je me pose la question, si on demande aujourd’hui aux Khmers Krom (Cochinchine) et les Khmers qui vivent dans les anciennes provinces khmères en Thaïlande, de choisir entre leur rattachement au Cambodge et leur autonomie dans la Thaïlande et le Viêtnam prospère, j’ai une conviction que leur choix ait la seconde solution. C’est choquant pour ceux qui m’entendre parler ainsi, mais c’est aussi de pure comédie de faire semblant d’être choqué par des indignés de mes propos. J’ai lu le livre en langue khmère (Qui est l’Angkar ?) de Madame Kim Thy Ouy, native du Kampuchéa Krom, une phrase qui sort de son « moi » révèle bien, combien le Peuple Khmer soit déçu de son propre pays. Voici la phrase : « heureusement pour le Kampuchéa Krom que la France coloniale n’a pas rattaché à l’Administration khmère ». Est-elle une traîtresse de son pays ? Non, elle s’exprime la vérité.

 

Le 18 Mars 1970 est-il le dernier soulèvement du Peuple khmer contre le Viêtnam impérialiste ?     

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