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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 07:13

Le Bouddhisme est-il responsable ?

 

Depuis toujours notre conducteur des âmes est le Bouddha (563-483 avant J.C. selon la tradition Theravada), "dieu des pauvres" pour les déshérités, "dieu des riches" pour les nantis. Il est au milieu du champ de la vie des fidèles, riches ou pauvres. Le Bouddha n'ait donc pas d'ennemis, tous les êtres vivants sont ses amis, à une seule exception, la vie, parce qu'elle est la source de souffrance. C'est le courant de la vie qui entraîne les humains dans l'océan de la souffrance. Tous les humains puissent trouver une voie de secours, s'ils étaient poussés par ce courant, cette voie est la doctrine du Bouddha (Dharma), chemin qui mène au Nirvana : Pour supprimer la souffrance, il faut renoncer au désir, à la cupidité, à la vie matérielle des humains. Pendant la période des Khmers Rouges, beaucoup des fidèles abjuraient le Bouddhisme. Ils ne trouvaient plus la voie de secours dans leur foi. Pour eux, supprimer la souffrance avec les Khmers rouges par voie de renoncement de la faim n'est pas suffi, il fallait renoncer carrément à la vie. Mais, ces bêtes rouges empêchaient les humains de mourir dans la douceur. La mort par inanition et la violence étaient un objectif fixé par l'Angkar (le Comité Central du Parti Communiste Khmer). Celui-ci voulait que les survivants s'en souviennent pour raconter cette souffrance à leurs enfants et petits-enfants. Le déluge du sang était provoqué par le Communisme, "religion des Khmers Rouges" dans le Cambodge où le Bouddhisme, "religion du peuple", est millénaire. Le Communisme empiétait sur la terre des croyants de toutes les régions, pas seulement au Cambodge. Pendant soixante-dix ans, en Russie, il imposait aux Chrétiens orthodoxes à s'agenouiller devant les portraits de Karl Marx, Lénine et Staline. Après la Seconde guerre mondiale, c'étaient les pays de l'Europe de l'Est, qui supprimaient la liberté de culte à leur peuple. À partir de 1949, la Chine tombait dans le joug du communisme qui privait la liberté des millions de Chinois d'honorer leurs dieux. La Corée du Nord, le Vietnam du Nord, le Cuba, Cambodge, Laos et autres pays dans le continent africain suivaient la voie du communisme au nom du progrès de l'égalité des hommes. Nous le savons que le bilan de cette utopie était catastrophique pour l'humanité. Je ne répète que le nombre des victimes du communisme au Cambodge : Le chiffre est estimé à peu près deux millions de morts et disparus sur une population de sept millions d'habitants (Nombre de population en 1975).

 

Au Cambodge, depuis la nuit des temps, beaucoup des gens, dans la tribulation de Preah Bat Tommeuk (Messie), aient l'habitude d'accuser le Bouddhisme d'être le responsable de la décadence du pays. Ils disaient depuis que les rois khmers adoptent cette croyance comme religion d'État, la puissance khmère perdait son ardeur. L'Empire s'effondrait donc au profit du Siam. En trois siècles seulement (XIIIe au XVe siècle), toutes les parties de l'Ouest et du Nord de l'Empire, étaient occupées par les Siamois. Ceux-ci ont bénéficié leurs coreligionnaires khmers pendant le Siam était sous la domination de l'Empire d'Angkor. Alors, pourquoi, étaient-ils plus forts que nous ? L'engagement spirituel individuel des Siamois, des Khmers dans le Bouddha, le Dharma et le Sangha était-il différent ? Les cinq devoirs du moine, dans le bouddhisme : Premièrement, étudier, pratiquer, méditer le Dharma ; deuxièmement, être un exemple pour les laïcs ; troisièmement, prêcher, et enseigner ; quatrièmement, protéger des influences psychiques malsaines ; et cinquièmement, donner conseil sur les affaires du monde, n’étaient-ils pas les mêmes dans ces deux pays ? La récitation des Refuges et des Préceptes était-elle divergente ? Non, la différence entre les Siamois et les Khmers ne soit pas dans le Bouddhisme, elle soit dans la Politique. Depuis toujours, nous voyons à travers le prisme de l’histoire bariolée de guerres dans notre pays, laquelle est encore magnifiquement racontée par nos dirigeants défaillants de stratégie que le Siam et le Vietnam soient les Nations envahissantes. Je me pose donc la question : Si nous en savions, pourquoi nous les laissions envahir si facilement notre patrie ? Tous les rois siamois et annamites étaient les fervents du Bouddhisme, mais aussi, il faut nos historiens osent le dire, malgré leurs esprits impérialistes, dont nous sommes les victimes, ils étaient les bons stratèges endurants pour leur pays et leur peuple. La guerre de conquête, partout dans le monde ancien, était une politique internationale des rois ou des empereurs. Nos rois en avaient fait et étaient parvenus à bâtir un empire dont nous ne cessions pas de rêver jusqu'à aujourd'hui. Mais chaque empire avait toujours sa fin, faute des moyens politiques, économiques et militaires pour l'entretenir. L'Empire Khmer n'échappait pas non plus à cette loi. Les guerres de conquêtes, les intrigues des dirigeants et les constructions des temples magnifiques pour dieux, durant plusieurs siècles, s'épuisaient l'Empire Khmer. Celui-ci s'effondrait comme château de sable et s'effaçait de la mémoire du peuple khmer pendant quatre siècles, durant lesquels, il ne restait que pour les Khmers, dispersés dans les anciens territoires de l'Empire, le Bouddhisme et la tradition comme foi et force qui cimentaient les liens entre eux et qui donnaient un sentiment d'appartenir à une communauté.

           

Le Communisme, dit Feuerbach, communiste allemand, cherche à réunir l’humanité souffrante, qui pense, et l’humanité pensante, qui est opprimée, autrement dit, les manuels et les intellectuels pour former une force révolutionnaire contre celle du capitalisme et la religion, accusée par Marx de l’opium du peuple. Celui-ci écrivait en 1842, que « le Communisme est un mouvement dont les origines remontent à Platon (427-346 avant J.C.), aux sectes juives, et aux premiers monastères chrétiens et qu’il est en marche en Franche, en Grande-Bretagne et en Allemagne ». (extrait du livre de Jaques Attali – Karl Marx ou l'esprit du monde).   

 

Le 27 Avril 1970, cette marche arrivait au Cambodge et déclencha la guerre violente pendant cinq ans. Pour les Communistes, cette guerre est une révolution de classe libératrice par excellence en opposition à la classe d'oppression par excellence. Pour les Républicains, ce conflit est une riposte à l'invasion d'une force communiste qui amène des brouillards de l'utopie pour dissimuler la voie du Bouddhisme. Deux idéologies qui se trouvaient face à face, l'une est philosophie, qui exprime "la détresse réelle des sociétés bâties sur la souffrance des êtres humains, elle est aussi le chemin de secours de cette détresse, l'autre est communisme, qui exprime la souffrance d'une classe des sociétés bâties sur l'injustice, elle est aussi la protestation à l'égard de cette injustice, appelée la "conscience de classe". Mais dans cette face à face, le Bouddhisme ne prêchait pas la guerre de religion contre l'invasion étrangère et la révolution communiste. Mais il ne condamne pas non plus ses fidèles de mener une guerre de défense nationale et de protection de la foi. La défaite du 17 Avril 1975, était donc imputée aux combattants républicains, mais pas à leur foi en Bouddhisme.  Quel est la défaillance dans cette défaite ? L'Homme. L'Homme est la finalité de l'action humaine.         

 

Ceci nous montre que le Bouddhisme, n’est ni responsable de la décadence, ni coupable de la victoire du Communisme au Cambodge. En tant que religion, il n’est qu’une voie de salut des âmes qui laisse librement les humains de choisir individuellement leur chemin spirituel. L’Homme est le maître de son destin, comme dit Fontaine : Aide toi, le ciel t'aidera.

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