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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 09:22

 

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Le peuple khmer

 

Le mot peuple est un mot difficile à saisir, à déterminer et à définir. Il y a deux principes dans le mot peuple. Peuple en tant que corps civique qui appelle à l’unité et peuple en tant que forme sociologique, dans laquelle il y a de multitude des composantes qui existent dans une société.

 

Principe politique de la démocratie

Ce principe qui détermine la puissance d’un corps civique dont le peuple est un sujet collectif. Une unité autonome, dit Hegel, vers l’extérieur. On dit souvent peuple juridique ou peuple fictif. Et on sait que la constitution d’un individu fictif ne soit jamais satisfaite, parce qu’un sujet collectif est insaisissable. Comment reproduire une image une image d’une société d’individus ?

 

Principe sociologique

Le peuple est un corps social, un peuple réel. Mais on sait que le peuple réel est introuvable.

 

Il y a la tension entre ces deux principes au tour de l’idée du peuple. Une tension entre le concret et l’abstrait qui entraînera un écart entre la démocratie formelle et la démocratie réelle. Et on sait qu’aujourd’hui le peuple réel qui reste à déterminer, parce que lui-même qui n’a pas de forme évidente. Dans ces débats, il y a deux interprétations. Celle de Michelet et des socialistes.

 

Interprétation de Michelet

Le mot peuple est indéfinissable et de grand muet. Il ne peut prend le visage et la voix qu’à travers la narration qui forte par les historiens. Ce sont ceux qui valorisent le mot peuple par le travail d’interprétation. Donc, l’historien a une fonction de parler le grand muet. Michelet dit : « il faut parler peuple et il faut lui donner voix ».

 

Interprétation socialiste

Ce principe est la négation de la société d’individu. C’est aussi un projet de la restauration du corporatisme social, selon Pierre Leroux et Prud’hon : peuple du travail qui prendra conscience de sa force du travail.

Les différences catégorie du peuple : On peut distinguer 5 catégories, manifestations ou apparitions  du peuple :

 

Le peuple arithmétique ou peuple électeur

On le trouve pendant les élections (suffrage). Cependant l’existence du peuple est tangible, parce qu’on peut le chiffrer en nombre de voix votants.

Un mot sur le parti politique. C’est une logique moderne et ancienne d’appartenance du peuple qui peut donner une forme et une figure des différences composantes dans une société d’individu. Le parti politique représente un pluralisme arithmétique du peuple. C’est une notion idéale et peuple concrète. Aujourd’hui il existe une notion d’un peuple opinion. Cette existence commence à prendre d’ampleur dans société moderne. On parle souvent de la théorie de la psychologie du peuple.  

 

Le peuple évènement

Le printemps arabe est un exemple de cette caractéristique du peuple évènement. Ce peuple s’identifie avec l’action collective. Marx dit « une éclair de pensée ».

  

Le peuple raconté

Ce peuple existe à travers des témoignages, des reportages, des images. C’est un sujet d’étude qui donne l’identité de ce peuple invisible. Il y a aussi une notion de peuple de narration dans la société d’aujourd’hui. Cette notion correspond à un âge de société sociologique.

 

Le peuple histoire

C’est dans récits qu’on trouve l’existence de ce peuple. Ce sont des travaux des historiens qui agrandir cette existence.  

 

Le peuple principe

On l’appelle aussi peuple individu. Ce peuple est le tout et partie à la fois dans une société. Ce peuple individu est un sujet de droit. C’est un droit subjectif. Il est donc structurellement indéterminé.

 

Le peuple khmer et la science

Le peuple est composé des individus, appelés « Homme ». Celui-ci fait partie intégralement de la nature que presque tous les philosophes ont cru l’existence de quelque chose que l’on pouvait appeler « nature humaine », c’est-à-dire un ensemble de traits plus ou moins permanents – passions, désirs, capacités, vertus, etc. – qui caractérisaient l’homme en tant qu’homme. Alors que les hommes considérés individuellement pouvaient à l’évident varier, la nature essentiellement de l’homme n’avait guère changé avec le temps, qu’il fût paysan de l’Asie, intellectuel de l’Europe occidental. Cette vue philosophique, selon Hegel, est traduite par le cliché commun selon lequel « la nature humaine est immuable », dicton que l’on utilise à propos des manifestations les moins glorieuses mais les plus courantes de l’humanité telles que gloutonnerie, lubricité ou cruauté. Par contraste, Hegel ne refusait pas que l’homme eût un côté naturel dû aux besoins du corps, comme la nourriture ou le sommeil, mais il pensait que, dans sa caractéristique essentielle, l’homme était indéterminé, donc libre de créer sa propre nature. Et avec la découverte de la méthode scientifique moderne par l’homme, selon Francis Fukuyama, certains « faits » de la nature cachés aux plus grands esprits des générations antérieures, sont aujourd’hui accessibles à un étudiant de la première année simplement parce qu’il est né plus tard. La compréhension scientifique de la nature n’est ni cyclique ni aléatoire ; l’humanité ne revient pas périodiquement au même état d’ignorance primitive et les résultats de la science physique moderne ne sont pas soumis aux seuls caprices de l’homme.

 

Le peuple khmer et l’humanité

Le peuple khmer fait partie intégralement de l’humanité. Il bénéficie comme tous les peuples du monde une grande partie du progrès de l’humanité. Par conséquent, on ne peut pas dire que le peuple khmer d’aujourd’hui soit moins intelligent que ses ancêtres de l’époque angkorienne. Appeler donc, comme certains l’ont fait, les Khmers du XXIe siècle à s’identifier à ceux du XIIIe siècle, est une chimère, parce que comme l’on demande à revenir à son statut du peuple objet, c’est-à-dire un peuple dépourvu de la conscience de la liberté. Il est évident que le peuple khmer d’aujourd’hui, malgré sa souffrance identifiée, possède incontestablement cette conscience, parce que « l’histoire du monde n’est rien d’autre que le progrès de la conscience de la liberté ». On ne peut plus aujourd’hui corroborer l’affirmation de Montesquieu que l’esprit de servitude règne en Asie, le génie de liberté en Europe, en raison de l’absence d’une vraie zone tempérée, et de l’étendue des plaines en Asie, excluait les peuples de l’Asie d’être dans l’histoire de l’humanité. Le principe du progrès de la conscience de la liberté est comme acquisition cumulative et infinie de connaissance de l’humanité. Ainsi, la notion liberté à ses origines dans l’évolution de l’humanité qui nous permit d’affirmer son existence dans la conscience des peuples asiatiques comme ceux de l’Europe, sur la base du progrès de la démocratie libérale dans un grand nombre des pays asiatiques.     

 

Le peuple khmer et sa souffrance

La souffrance du peuple khmer d’aujourd’hui n’a pas de rapport avec la rupture du passé glorieux de l’époque angkorienne. Cette souffrance est la conséquence directe des erreurs commises par ses dirigeants et elles n’étaient pas corrigées par la génération suivante. Et on savait que Chaque lignée rajoutait une autre couche de bévue dont la cumulation constituait un jeu aveugle des passions qui conduisait les princes et dirigeants aux conflits et à la guerre pour conquérir le pouvoir et bâtir l’empire, mais cette grande nation démesurée finit par s’effondre parce qu’elle établissait cité divine, mais sans reconnaître les droits et la dignité des habitants humains. Cette « ruse de la raison » avait un prix à payer : la décadence durant plusieurs siècles qui s’ouvrait la porte à la convoitise des pays voisins d’emparer les territoires khmers. Heureusement, le peuple khmer continuait de faire la résistance aux déclins imposés avec une seule arme : la conscience de la liberté, laquelle lui permettait de préserver jusqu’à aujourd’hui la race khmère partout où il habitait. Et il savait que le salut de la nation se forgeait dans une exigence inflexible de cette conscience de liberté, qui lui donne du courage de braver le totalitarisme, une endurance collective face à l’affaiblissement de la qualité des dirigeants, et une patience d’airain vis-à-vis de l’avenir de son pays. La souffrance du peuple est bien identifiée, dont plusieurs générations ont été sacrifiée, plusieurs le seront encore pour que la liberté et l’égalité, appelée la démocratie libérale, soient une réalité.

                      

Conclusion

Nous n’avons pas besoin de puiser dans la grandeur d’Angkor pour faire un modèle du salut national, parce que l’homme khmer est déjà dans le présent, comme Condorcet écrit dans son ouvrage intitulé Progrès de l’esprit humain contenait une histoire de l’homme en dix étapes dont la dernière époque – en voie d’achèvement – était caractérisée par l’égalité des chances, la liberté, le rationalisme, la démocratie et l’éducation pour tous. L’auteur postulait que la perfectibilité de l’homme n’avait pas de fin, ce qui impliquait la possibilité d’une onzième étape de l’histoire inconnue à l’homme au moment où il écrivait. La solution à la souffrance du peuple khmer, est donc dans le présent. Bien sûr, il faut tenir compte le passé comme des leçons. Il faut le répéter sans relâche pour qu’il imprime dans la mémoire khmère, mais il faut que le peuple khmer soit conscient que le passé est toujours le passé. Ce qui est plus important aujourd’hui, c’est d’avancer dans le présent, sinon il n’y aura pas l’avenir.

 

 

Bibliographie1  

 

1 :

 - La fin de l’histoire et le dernier homme, par Francis Fukuyama ;

 - « La nature du climat » et les « lois de la servitude », par Montesquieu ;

 - La démocratie : Esquisse d’une théorie générale, par Pierre Rosanvallon de collège de France.

 -  L’édito de Christophe Barbier.

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