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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 12:39

Histoire de comprendre

 

Mais à qui la faute ?...

 

Editorial Moulkhmer

Moulkhmer (Mouvement pour le Soutien de la Liberté khmère)

 

Président Moulkhmer : Lim Kim Ya (Kim-ya.lim@finances.gouv.fr)

Secrétaire Général : Ou Chal (chal.ou@wanadoo.fr)

 

Publié dans la revue Moulkhmer n° 161, Février 1998

 

Alors que les souverains régnant résident généralement la plupart du temps dans leurs pays respectifs, pour y exercer leurs fonctions constitutionnelles, celui du Cambodge s’est transformé en feu follet. Le Roi Norodom Sihanou va et vient entre Pékin et Phnom-Penh, en s’arrangeant toujours pour séjourner le moins possible dans sa capitale. Il aime, apparemment, faire la navette entre sa résidence principale (Pékin) et sa résidence secondaire (Phnom-Penh). C’est ainsi qu’au cours du 2è semestre de 1997 on l’a vu séjourner deux mois au Cambodge à la fin de l’été – et d’ailleurs pas à Phnom-Penh mais à Siem Reap – puis repartir pour Pékin le 25 Octobre. Puis il a fait une réapparition soudaine dans la capitale cambodgienne le 3 Décembre, pour retourner ensuite à Pékin le 5 Janvier 1998 sans que personne ne sache au juste quand il reviendrait à Phnom-Penh. Lui-même n’en sait rien sans doute, étant par nature totalement imprévisible. Tout au plus peut-on constater qu’il ne parait pas se plaire beaucoup dans sa capitale, et que Pékin a pour lui plus d’attraits.

 

Ce monarque, devenu donc un feu follet, a aussi un penchant marqué pour se lamenter sur son sort et, accessoirement, sur celui de son pays. Il parle volontiers d’abdiquer, voire même de se suicider parce que, dit-il, la fin de sa vie « est pleine de honte, d’humiliation et de désespoir » en raison de la situation actuelle de son royaume. Mais, dans ce cas, à qui la faute, sinon à lui-même si on se remémore les événements passés ?...

 

Des événements qui montrent assez clairement que le dit monarque est le principal responsable de toutes les calamités qui affligent le Cambodge depuis 1970. Pendant 15 ans, en effet, de 1955 à 1970, il était tout-puissant, il avait toutes les cartes en main, il pouvait gouverner à sa guise sans rencontrer aucune opposition – aucune n’étant toléré par lui – et sans avoir à prendre l’avis de personne. Il était en fait un parfait autocrate, étant seul – qui, logiquement, porte l’entière responsabilité des calamités dont il se désole aujourd’hui.

 

En 15 ans, et disposant d’un pouvoir illimité, il aurait pourtant pu faire beaucoup de choses positives pour son pays et lui épargner les affreux malheurs que l’on sait. Mais, au lieu de cela, il n’a su que mener une politique désastreuse – tant sur le plan intérieur que sur le plan extérieur. Il a agi en destructeur, précurseur inconscient de Pol Pot, cassant l’économie, l’armée, l’administration, la neutralité du royaume, tout en infantilisant son peuple au lieu de le préparer à affronter de prévisibles épreuves. Bref, il n’a su qu’engendrer un gâchis de la pire espèce, temporairement masqué par des artifices démagogiques et par un culte de la personnalité poussé à l’extrême.

 

Mais il y a plus grave encore que tout cela. En 1970, en effet, alors qu’un ennemi étranger était déjà installé dans une partie du territoire khmer avec la complicité du monarque, un sursaut national se produit. L’autocrate fut destitué de ses fonctions de chef de l’Etat et, d’une manière pacifique, écarté du pouvoir. Et que fit-il alors ? Choisit-il de se faire enfin oublier dans quelque confortable lieu d’exil, pour méditer sur toutes ses erreurs politiques et sur leurs conséquences et pour s’en repentir peut-être ? Nullement, car il préféré commettre le pire des crimes envers son peuple par dépit d’avoir été évincé de sa position de leader soi-disant « vénéré ». Ce crime fut de s’engager aussitôt dans une satanique alliance avec les Khmers rouges, en oubliant du jour au lendemain qu’il les avait combattus pendant trois ans (1967-1970). Par là même, il ouvrait la voie au génocide de 1975 et des années suivantes. Car sans sa caution et sa bénédiction, ces mêmes Khmers Rouges, qui ne comptaient presque plus au début de l’année 1970, n’auraient jamais pu renaître de leurs cendres et parvenir un jour au pouvoir.

 

Cette alliance monstrueuse fut bien un acte criminel, qui allait coûter 2 millions de morts au peuple cambodgien et des années de terribles épreuves. L’auteur de cet acte criminel, sans doute unique dans son genre dans les annales de l’Histoire, n’a pas eu cependant à l’expier – ce qui est infiniment regrettable. Mais qu’il cesse au moins de se lamenter sur la difficile condition actuelle de son pays, alors qu’il en est le premier et principal responsable !...

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