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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 09:41

 

À la gloire, à la grandeur, Kân voulut en partager avec les autres membres de sa famille détenus par le roi. Il décida d’écrire une lettre à ce dernier pour négocier leur libération :

« À Sa Majesté le Roi,

Tout ce que j’ai fait jusqu’à aujourd’hui, je l’ai fait uniquement pour but de protéger le dauphin des intrigues de vos dignitaires, non pas pour le but de trahir Votre Majesté. Si j’obtenais l’assurance de Votre Majesté concernant les affaires de succession de trône, à savoir que la désignation de Ponhea Yous Reachea comme prince héritier est toujours en vigueur, je serais prêt à me rendre auprès de Votre Majesté pour vous servir comme auparavant. Je demanderai à Votre Majesté de libérer d’abord ma mère et les autres membres de ma famille, après quoi seulement je m’engage à dissoudre mon armée et de me rendre pour vous servir sous les poussières de vos pieds.

Si ceci ne vous convenait pas, je vous prie de bien vouloir m’en excuser.

Le Roi fut informé de l’arrivée du messager de Kân en pleine séance de travail. Le Premier ministre qui prit la parole en ces termes : « Jusqu’à maintenant, Votre Majesté n’a pas encore décidé sur le sort des membres de la famille de Kân. Recevoir son messager avec l’absence de telle décision, pourrait vous mettre dans une position de faiblesse vis-à-vis de Kân. Celui-ci pourrait s’y interpréter que vous aviez peur de lui. Il faudrait que Votre Majesté prenne cette décision avant de recevoir ce messager. Les autres ministres partagèrent cet avis. Ah ! dit le roi, sans vous, Messire, je pourrais laisser passer l’essentiel sans me rendre compte. Hâtons-nous à exécuter votre plan.  Et sans perdre le temps, le Roi fit venir l’oncle de Kân. Devant tous ses ministres, il lui dit ceci : « AKân envoie un messager pour négocier avec moi dont j’ignore pour le moment le contenu. Depuis le début de sa trahison, j’ai toujours fait preuve de clémence envers ta famille, mais aujourd’hui Akân a dépassé des limites de ma tolérance, parce qu’il ose envoyer un messager pour négocier avec moi, le Roi, au lieu de venir en personne pour implorer mon pardon. Un homme qui trahit son Souverain doit-il être puni si sévèrement avec l’ensemble des membres de sa famille, c’est notre tradition millénaire. Pour cette raison, je décide aujourd’hui de te condamner à mort pour montrer un exemple. Mais avant de t’exécuter, je te donne la permission exceptionnelle de rencontrer le messager d’AKân pour que tu puisses dire tout ce que tu aies envie de lui dire ».

Ayant entendu les propos du roi, ce dernier, troublé, balbutiant de frayeur, essaya de présenter sa défense, mais ses arguments n’étaient pas entendus par le roi. Il quitta la salle en pleurant à la rencontre du messager de son neveu. Il raconta à ce dernier de sa condamnation à mort par le roi. Quelques minutes plus tard, on faisait entrer le messager du traître dans la salle d’audience. Vu le roi, ce dernier se mit à genou et dit à haute voix que son chef lui envoie pour porter une missive pour Votre Majesté. Un grand dignitaire se précipita de prendre la lettre de Kân pour porter au Souverain. Le roi ouvra la lettre et la lut immédiatement. Le contenu de lettre excita la colère du roi. Il fronça les sourcils, s’enferma dans la réflexion et, au bout d’un moment, ajouta, comme se parlant à lui-même : « Comment ! ce rebelle ose agir de la sorte. Que s’était-il passé dans son cerveau primitif ? Avait-il eu conscience seulement de sa trahison ? Non, il glisse du bien au mal sans calcul, sans remords, selon l’impulsion du moment ». Après quoi, il ordonna au Premier ministre de répondre à Kân par lettre dans les termes suivants :

Neak Chao Ponhea  Oukteythireach, Premier ministre, à Khoun Lahoung Sdach,

Vos conditions sont contraires à la coutume royale. Si vous étiez sincères dans vos propos, nous vous demandons de bien vouloir dissoudre d’abord vos forces armées et de vous rendre auprès de Sa Majesté le roi pour lui implorer son pardon. Si vous acceptiez de suivre mes conseils, je ferai tout de mes pouvoirs pour obtenir la grâce de Sa Majesté le Roi à votre égard. Sinon, il est certain que Sa Majesté le Roi ordonnerait à exécuter la sentence qu’il a déjà prononcé à l’encontre des membres de votre famille.

Ayant reçu la réponse par lettre du Premier ministre, Sdach Kân fit la porter à son père à Basane. Ayant appris l’arrivée de la lettre venant du roi, le père de Kân se précipita vers la porte à la rencontre du porteur. Mais une ligne noire se leva devant lui, il se fut glissé et tombé sur un sabre posé tout près de cette porte. Le point de lame du sabre pénétra profondément entre le cou et l’épaule. Pichay Nirk s’effondra sur le plancher, inclina la tête sur la poitrine et devint étranger au mouvement de la vie. On informa immédiatement Sdach Kân de cet accident. Celui-ci se dépêcha de venir au chevet de son père. Mais au moment qu’il arrivait, Pichay Nirk mourut de son blessé.

Ayant appris la mort de Pichay Nirk et le retrait de l’armée de Kân de la province Kompong Siem, le Roi ordonna à son armée de 10 000 hommes d’attaquer immédiatement les fortifications de Kân : Longvek, Kampong Siem et Thauk Khaum. Cette armée du roi fut divisée en trois colonnes de marche. La première de ces colonnes, sous les ordres de Chao Ponhea Oukteythireach. La deuxième colonne, sous les ordres de Chao Ponhea Kralahome et la troisième colonne, sous le commandement de Chao Ponhea Sourkir.

Ayant appris cette nouvelle, Kân fut ravi. Il dit à ses conseillers que le roi vient de commettre une erreur grave en lançant des attaques pendant la période de deuil de la mort de son père. Il demanda à ces derniers de lui laisser seul. Il avait besoin de se recueillir. Quelques minutes plus tard, il se rendait à la salle de conseil et ordonna à ses généraux de préparer un grand banquet auquel tous les officiers furent invités. Ces derniers se discutaient le pourquoi de cette festivité pendant la période de deuil de la mort de Pichey Nirk. Quant le banquet tira sur sa fin, Kân monta sur une table et prit la parole dans les termes suivants : « Mes chers amis, je sais que vous avez envie de savoir le pourquoi, je fais cette festivité pendant la période de deuil de la mort de mon père. La raison est ceci ; le Roi vient de transgresser la règle coutumière : lancer les offensives militaires contre notre armée pendant cette période de deuil. Cette transgression montre bien qu’il ne soit pas un bon roi. Le Bouddha n’aiderait plus au roi, égaré du chemin de la loi. Il faut bien savoir qu’il y a toujours une justice divine qui condamne les mauvaises gens. Je suis certain que dorénavant, le roi n’ait plus de soutien du ciel pour nous battre. Nous le vaincrons bientôt. Soyez confiance en moi, votre guide qui a un seul désir : Le bien du peuple ».

Ayant entendu le discours prophétique de leur chef bien aimé, les convives se levèrent, applaudirent et crièrent : « Bravo ! Bravo ! Gloire au Vice-Roi ! ». Au même moment, un officier cria à la foule de regarder au-dessus du toit de la tente de son Vice-Roi qu’il avait vu un dragon de huit têtes. Cette vision de la gloire amena des centaines des yeux à scruter le ciel. Et, tout à coup, un groupe des hommes en extase crièrent à leur tour qu’ils avaient vu aussi le dragon qui s’envolait vers la direction d’ennemis. Après quoi, tous les convives applaudirent une seconde fois : « Gloire au Vice-Roi ! ». Kân remercia l’enthousiasme de ses compagnons et les invita à boire et à manger jusqu’à l’aube. La vénération des officiers pour Kân était un mélange d’admiration et de terreur. Bien qu’Esclave d’origine et savant de formation, Kân était considéré par ses hommes comme un souverain absolu. 

Quelques jours après, Sdach Kân désigna son oncle Kao, frère cadet de sa mère, en qualité du Premier ministre et lui confie un commandement d’une force 15 000 hommes pour assurer la garde de la ville de Phnom-Penh. Il conféra au général Keo un titre de noblesse de Chao Ponhea Kralahome et lui confie un commandement d’une force de 15 000 hommes pour assurer la garde de la citadelle Longvek contre l’attaque de Chao Ponhea Sourkir. Kân lui-même, se plaça à la tête d’une armée de 40 000 hommes et marcha en droite ligne sur la province de Kompong Siem pour combattre contre l’armée de Chao Ponhea Oukteythireach. Avant de lancer des assauts, le Vice-Roi Kân commença à organiser une procession autour des murs de fortification d’ennemis, conduite par des moines qui prièrent et chantèrent. Cette procession chantante des rebelles agaçait Oukteythireach, mais elle ne l’inquiétait pas. Ses consignes étaient strictes : si l’un de ces rebelles faisait le moindre mouvement en direction des murs, il fallait le tuer par arme à feu. Si ensuite les rebelles parvenaient à se rapprocher, il fallait les inonder d’une pluie de flèches. En quelques jours de combat, Kân mit l’armée du roi en déroute. Les plus prudents et les meilleurs soldats parviennent à échapper au désastre et finiront par se regrouper à une bonne distance du champ de bataille pour se réorganiser. La bannière du roi ne flottait plus sur la tour de garde de la citadelle royale. La ville fut envahi, les rues étaient jonchées de cadavres. Ce jour-là, Kân avait fait son entrée dans la ville sur son cheval blanc. Il avait commencé par assurer les habitants que leur vie leurs biens seraient respectés. Il avait demandé au moine supérieur de lui faire visiter les lieux sacrés du bouddhisme. Pendant qu’il se trouvait dans la pagode, l’heure de la prière étant arrivée, Kân avait ordonné immédiatement à ses troupes de garder le silence durant la séance de prière. Dans cette victoire on dit que Sdach Kân sait profiter l’erreur du Roi pour redresser la peur de ses soldats de mourir de parjure au roi comme son père. Un conseiller de Kân dit à ses amis ceci : « Il y a dans l’idée de respect de la coutume une force qui entraîne Kân toujours plus loin, comme la pesanteur entraîne une pierre dans le sens de la pente ».

Ayant appris la défaite de son armée, le roi regrettait maintenant de lancer une attaque contre l’armée des rebelles pendant la période de deuil de la mort du père de Kân. Aurait-il mieux valu de les laisser croire à la nature de la mort de Pichay Nirk de son parjure au roi. Il sentait que son honneur fut bafoué, humilié. Il voulait secouer ses généraux, les provoquer, les scandaliser de leur défaite.

Pour toute réponse à la victoire du Sdach Kân, le Roi ordonna aux généraux de lever une armée capable d’affronter les rebelles. Les officiers recruteurs avaient pour mission d’enrôler des hommes valides de tous les âges dans les différentes provinces suivantes : Steug Tran, Kaukhhan, Sorin, Klânsèg, Rimchous, Chaumskhane, Chongkal, Prakan, Tongthé, Tomnoup, Mongkolborey, Reuseysàg, Teukchau, Battambang, Pursat, Kramoungsâr, Klongkrang, Amarakiribaur, Rolirspirk. Depuis un certain temps, le pays était plongé dans le chaos d’une guerre appelée la guerre civile. L’ordre du roi de lever une armée provoqua la fuite de la population dans la forêt dont le nombre était estimé à un million d’habitants. Dans cette situation, les généraux royalistes peinaient à enrôler 50 000 soldats supplémentaires.  Au total, l’armée du roi avait 100 000 combattants. Selon Kân, cette armée était encadrée par des vieux généraux dépités qui menaient la guerre comme une entreprise privée : grands seigneurs qui plaçaient leur clientèle dans leurs unités et tentaient de concilier objectifs stratégiques et prestige personnel. Or une troupe se comporte toujours à l’instar de son chef et règle son ardeur sur la sienne. Le général corrompt-il que la troupe n’a bientôt plus le cœur de combattre. 

Voulant tirer un profit immédiat de cette situation ; profitant aussi de l’impopularité du roi, Kân décida d’attaquer le quartier général du roi à Asantouk. À la tête de son armée, Kân commença d’accélérer la marche pour arriver à proximité de la citadelle Asantouk. Il fit camper ses troupes et convoqua ses conseillers pour leur dire ceci : « Compte tenu de la supériorité de l’effectif de nos troupes, je suis convaincu que nous pourrions gagner facilement l’armée royale. Mais le parti du combat serait risqué de perdre un grand nombre de vies de nos soldats, car les adversaires étaient encore nombreux et se trouve sur un terrain où toute la puissance de leurs troupes d’élite pourrait déployer. Cette fois-ci, je ne cherche plus des victoires écrasantes au mépris de la vie des soldats du roi, parce que cet acharnement me sera parfois reproché après les batailles. Je cherche seulement à tuer le roi. Jadis, le roi Ponhea Yat avait pu gagner la guerre contre les occupants siamois par cette méthode. Il avait envoyé 10 hommes pour tuer le prince siamois dans son palais à Angkor Thom. Nous pourrons faire la même chose, parce que le roi Sokunbât manque de perspicacité pour éventrer la ruse. Il peut concevoir plusieurs projets, mais il en exécute bien peu. Il n’a guère l’esprit de décision. Enfin, le roi embrouille facilement le vrai et le faux, le bien et le mal, ce qui convient et ce qui ne convient point. Je cherche un volontaire courageux pour servir de complice à l’intérieur du parti ennemi. Sûrement, si nous arrivions à mettre en place un tel stratagème pour assassiner le roi, je vous garantis que l’armée royale s’effondra comme le sel dans l’eau chaude ». À peine de terminer sa phrase, on vit alors quelqu’un au bas bout de la salle, se lever et dire :

- Moi, Je me porte volontaire !

Cet officier, nommé Sorin Keo, était fils du feu général Chao Ponhea Sangkream, tué par Kân à la première heure de la guerre. Celui-ci s’avança quelques pas en avant et poursuivit sa déclaration.

« Je me porte volontaire, parce que je veux me venger de l’injustice du roi. Mon père était fidèle au roi ; il a été tué au champ d’honneur pour servir le roi. Après sa mort, comme vous le savez, ma famille n’a reçu aucune aide de la part du roi. En revanche, quoique vous êtes l’auteur de la mort de mon père, vous avez pris ma famille sous votre protection et l’aviez donnée tout ce dont elle avait besoin. Je ne peux jamais oublier cette charité. Sans votre munificence, je serais à présent un homme sans honneur. Comme je suis le fils d’un ancien Grand dignitaire du roi, ma soumission aurait plus de chance d’être acceptés par le Roi et ses généraux, ami du feu mon père.

 Ayant entendu ces paroles, Kân se montra grandement satisfait. Il reconnut Sorin Keo et se souvenait bien de la flèche qu’il avait tiré sur le père de ce volontaire. Il conférait un titre de noblesse à Sorin Keo et le nomma colonel. Après quoi, il révéla en détail tout son plan à Sorin Keo : « Je te confie un commando d’élite de 200 hommes. Tu es libre de choisir tes hommes. La mission consiste à assassiner le roi dans son campement. Nous allons organiser un simulacre de ta défection avec tes hommes pour rejoindre le parti du roi. La raison de cette défection évoquée est l’injustice : Ta condamnation à mort par la cour martiale de ta négligence dans tes responsabilités d’officier de garde. Le lieu d’exécution se trouvera à la première ligne de défense pour que les ennemis puissent voir ton exécution. Mais au moment que l’on doit te couper la tête, les 200 soldats surgiront pour te libérer et vous allons filer directement dans le camp ennemi, voilà mon plan. Eh bien, mon ami, que penses-tu de ce projet ? ».

Sorin Keo demanda à Kân de choisir un adjoint, un ami fidèle, nommé Chay Chong Rak. Après quoi, il sélectionna avec son adjoint les deux cents soldats d’élite pour une mission de haut risque. Une fois le corps du commando fut formé, il tint une réunion secrète avec ses hommes en leur expliquant en détail le plan et le déroulement de la mission. Il fit subir un entraînement spécifique à ses hommes pendant quelques jours. Le jour fixé, Kân fit une inspection à sa première ligne de défense. Il arriva à un poste de commandement d’une garnison et demanda à un officier de garde de voir le commandant de garnison. Un gradé s’avança et lui dit :

- Mon Commandant est Sorin Keo, il n’est pas ici, Monseigneur ;

- Où est-il ? demanda Kân ;

- Il est en train de se reposer dans sa tente, répondit l’officier ;

Kân fit mine de se mettre en colère et ordonna immédiatement au prévôt de l’armée d’aller chercher le fautif. Quelques minutes plus tard, ce prévôt revint avec Sorin Keo. Ce dernier fut vertement réprimandé par Kân et condamné à mort par la cour martiale pour le relâchement à la discipline militaire. Il reçut trente coups de fouet et fut jeté à la prison. Le lendemain matin, les policiers militaires amenèrent Sorin Keo pour le tuer. Au moment des préparatifs d’exécution du prisonnier, surgirent des soldats qui attaquèrent les policiers pour libérer Sorin Keo. Ensuite ils coururent pour rejoindre le camp d’ennemis qui se trouvait à peine cinq cents mètres seulement du lieu d’exécution. Arrivé devant le poste de garde de l’armée royale, Sorin Keo informa les sentinelles qu’il vient pour demander la soumission au roi. L’officier de garde demanda aux rebelles de jeter les armes et rester où ils étaient. Il envoya ensuite un détachement de soldats pour mettre la cangue au coup de tous les rebelles et ensuite de les amener dans le camp. Il en informa ensuite son supérieur hiérarchique.  Chao Ponhea Oukteythireach vint voir en personne les 202 rebelles. Arrivé sur place, il reconnaît tout de suite Sorin Keo, fils de son ami défunt, général Chao Ponhea Sangkriem, tué par Kân. Là, Sorin Keo dut raconter en détail toute l’affaire au chef des armées du roi. Il terminait sa phrase : « Je tuerai Kân s’il me retombe un jour entre les mains ». Ce dernier prit de pitié pour le fils de son ami défunt et dit : « Je vais informer le Roi de ta soumission avec tes troupes, mais tant que tu n’aies pas la grâce du roi, je ne peux pas vous détacher parce que vous êtes tous sous la loi martiale ». Informé de cette nouvelle, le roi ordonna aux services de renseignements militaires d’interroger chaque prisonnier et vérifier la cohérence de l’ensemble des informations recueillies auprès des 202 soldats. Après vérification des informations données, Chao Ponhea Oukteythireach apporta le rapport d’enquête au roi et lui dit que les 202 rebelles sont vraiment victimes de l’injustice de Kân. Après lu le rapport en détail et entendu des propos de son général, le Roi prit aussi la pitié du fils de son ancien général, tué au champ d’honneur. Il décida d’intégrer le commando de Sorin Keo dans sa garde personnel.

Revenons pendant ce temps à Kân. Ayant appris que le roi était tombé en plein dans le panneau qu’il l’ait tendu, il en éprouva une satisfaction extrême. Il sent la victoire à portée de main. Après quoi, il multiplia des attaques contre le retranchement de Chao Ponhea Oukteythireach, à Asantouk pour camoufler son plan. Ces attaques se prolongèrent plusieurs jours ; cependant Chao Ponhea Oukteythireach réalisa finalement qu’il eut du mal à se maintenir plus longtemps face à une telle attaque, il ordonna ses troupes à se replier auprès du roi à Kampong Svay. Il envisageait en outre de partir avec l’ensemble des forces armées à Pusat pour mettre le roi à l’abri des offensives de Kân. Il en proposait au roi. Quelques jours après, le Roi fit un rêve, dans lequel, il a vu un dragon qui sort de la rivière Sen pour lui mordre et en même temps, il a vu aussi l’âme de son père qui lui dit qu’il fallait qu’il quitte Kampong Svay et lui recommande de ne pas affronter le dragon, parce que celui-ci mourra dès l’apparition du soleil de l’Ouest. Après quoi, il convoqua son astrologue pour interpréter son rêve. Après ses calculs des positions des astres, ce dernier informa le roi qu’il faut que Roi quitte Kompng Svay pour Pursat comme Chao Ponhea Oukteythireach l’avait proposé récemment. Sinon le roi va rencontrer un grand danger. Au même moment, le Roi et ses conseillers entendirent des cris et des vociférations s’élevèrent à l’extérieur de la tente royale. Or, tout à coup, il voit surgir Sorin Keo, sabre à la main, avec plusieurs soldats, il se lève brusquement pour se défendre, mais ce dernier lui frappa violemment avec son sabre. Le Roi tomba et mourut immédiatement. Au même moment, les gardes de corps du roi se précipitent d’un seul mouvement vers l’intérieur de la tente royale pour apporter le secours à leur souverain.  Furent-ils parfaitement surprise en voyant le corps sans vie de ce dernier. Un officier fit-il partir, en toute hâte, chargé d’en avertir Chao Ponhea Oukteythireach. Ce dernier, bouleversé par cette nouvelle, versa quelques larmes. Après un silence de commotion, il envoya immédiatement un renfort pour tuer les traîtres. Il y avait de centaine de morts du côté des troupes de Sorin Keo. Malgré la supériorité du nombre des soldats du roi, Sorin Keo et ses troupes combattirent avec une énergie farouche contre leurs adversaires. S’ouvrant avec le reste de ses hommes un sanglant passage à travers les rangs ennemis, ils s’enfuirent en direction d’Asantouk. Leur mission était couronnée de succès. Les poètes de la Cour de Kân ne trouvaient plus de mots suffisamment élogieux pour célébrer l’exploit de Sorin Keo.

Après cette victoire, Kân convoqua ses dignitaires, ses généraux et leur dit ceci : « La grandeur d’un État est-elle incompatible avec le bonheur de ses sujets ? Ne peut-il y avoir de nation forte que dans l’iniquité, l’écrasement, l’esclavage ? Faut-il souhaiter, pour la vocation historique du Kampuchéa, que des gens comme nous soient les vainqueurs de cette guerre ? ». Mais sa voix se cassa. Il jeta autour de lui un regard perdu, baissa la tête, il ajouta : « Preah Sokunbât était un grand roi. Il n’avait jamais fait du mal à ma vieille mère, à ma sœur et les autres membres de ma famille, durant des années de guerre. Comment pourrais-je oublier sa générosité ? Je vous demande de respecter la période de deuil de sa mort en conformité avec la tradition des rois khmers ». 

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