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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 18:36

 

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Promenade de l’Esprit 2

 

Pouvons-nous parler de la souffrance du peuple khmer, en tant que Khmer, avec la langue de Molière ou de Shakespeare ?

 

Je me pose cette question depuis mon professeur de français m’a sanctionné avec une note 0/20 d’une dissertation de français : Faute de syntaxe, faute des règles de grammaire et faute d’orthographe, c’est-à-dire, le texte est illisible, vous êtes nul Monsieur Sangha ! Oui, aujourd’hui, je continue de faire les mêmes fautes, parce que depuis ce jour-là, j’avais l’idée de ne plus faire d’effort pour améliorer la connaissance de cette langue que je la juge trop intelligente pour ma petite tête. Mais, à chaque fois, je lis un texte en français, de style des Grands français, lequel est écrit par des Cambodgiens enrubannés de titre prestigieux, j’avoue que je bois à satiété de la fierté khmère. Mais, j’ai toujours une concupiscence de lire aussi un texte en Khmer de ces caciques, adoubés par leur compatriote au rang des savants. Ici je ne parle pas des enfants khmers nés à l’étranger. Ils ont le choix d’apprendre la langue de leurs parents ou de l’ignorer complétement.

 

Je me rappelle encore bien, dans une réunion publique en France, présidée par S.E. Sam Rainsy, alors Ministre des Finances du Royaume du Cambodge, il y avait à peu près cent Cambodgiens et trois et quatre Français qui y assistaient. Pendant ce conciliabule, S.E. Sam Rainsy a demandé aux assistants khmers de parler en français pour que ce petit groupe des amis Français ait pu comprendre son exposé sur la situation politique du Cambodge, au lieu de s’excuser auprès de ces amis Français, pour leur faire comprendre que les assistants Khmers sont dix fois plus nombreux qu’eux et le sujet de conférence est un sujet qui les concerne directement. Je pense que nos amis Français soient compréhensibles à ces arguments.

 

Vous êtes nul en français, Monsieur Bouddha (ce professeur de français, aimait bien me taquiner ainsi, parce que Sangha signifie pour lui Bouddha). Quand on est nul en français, on est nul en tous, Monsieur Bouddha ! Mon père s’inquiète du résultat de mes études. Il me propose donc, en riant, pendant un repas de famille, de rentrer dans les ordres. Mais, il me rassure par un parole affectif : Mon fils, quand on est nul à l’école, ça ne veut pas dire qu’on soit nul dans la vie. J’ai toujours répété cette phrase à mes enfants, bien sûr en rajoutant une phrase occidentale pour les impressionner que je connais aussi cette culture : tous les chemins mènent à Rome.

 

Je me rappelle encore bien la réaction d’une de mes tantes, institutrice, favorable à l’utilisation de la langue khmère comme langue de l’enseignement au Cambodge, à propos de ma note en français, 0/20, pendant ce repas de famille. Vous le saviez, elle s’adresse à mon père, que la France coloniale nous, Khmers, ait transformé en illettrisme des deux langues, Français et Cambodgien. Il n’est pas certain, après les études supérieures, un Cambodgien diplômé puisse maîtriser bien, ni le Français, ni le cambodgien : il parle et écrit mal ces deux langues. Il mélange les mots français et khmers dans chaque phrase prononcée. On a l’impression qu’il parle le patois incompréhensible. Un an plus tard, mon père m’a envoyé chez ma tante à Kompong Thom pour poursuivre mes études dans une école primaire de Kompong Thom Ville. Trois Maître d’école que je me rappelle encore bien leur nom : Has San (CE2), Ong Naring (maitresse de CM1) et Yos Chham (CM2). Je me rappelle aussi bien, ma première note de dissertation en khmer, sujet : « la pagode de mon ville », j’ai eu 15/20. J’ai écrit à mon père, ma première lettre, pour annoncer cette bonne nouvelle. Il était venu me voir seul en m’amenant un cadeau, nouveau stylo Pilote. Ce soir-là, nous avons mangé en tête à tête dans un restaurant au marché central de la ville. Quel souvenir ! Je pleurais à chaque fois ce souvenir surgit dans mon esprit.

 

Il est normal que chaque Cambodgien doive savoir parler écrire parfaitement une ou des langues étrangères, mais il doit savoir aussi que 98% des Khmers ne savent pas parler ces langues, parce qu’ils n’ont pas la chance de les apprendre. Ils sont très pauvres !  

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Published by Sangha OP - dans Promenade de l'Esprit
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