Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 15:36

Une cruelle publicité

Extrait de l’article de M. Bernard Hamel paru dans HISTORIA n° - 391 du mois de Juin 1979.

 

Les « Khmers Serei » (ou « Khmer libres »), républicain mais anticommunistes et pro-américains, furent les premiers à en faire l’expérience. Réfugiés au Sud-Vietnam ou en Thaïlande au début des années 1960, ceux d’entre eux qui tentèrent de revenir au Cambodge et qui se firent prendre finirent devant un peloton d’exécution.

Sihanouk donna une cruelle publicité à ces exécutions, ordonnant qu’elles soient photographiées et filmées dans les moindres détails. Photos et films étaient ensuite diffusés dans tout le pays, sans doute qu’aucun Cambodgien n’ignore le châtiment réservé aux « traîtres ».

Ce fut ensuite le tour des « Khmers Rouges » ou présumés tels, car il ne s’agissait pas toujours de vrais communistes, mais de simples paysans las d’être brimes par une administration fortement corrompu.

Les exécutions de « Khmers Rouges » - ainsi nommés par Sihanouk lui-même – n’eurent lieu qu’à partir du début de l’année 1967, lorsque ceux-ci entrèrent en rébellion dans la province de Battambang puis dans d’autres provinces. Elles furent beaucoup plus nombreuses que les exécutions de « Khmers Serei » et se poursuivirent pendant trois ans.

Toutefois le prince s’abstint de leur donner la même publicité, pour ne pas indisposer les pays communistes asiatiques (Chine, Nord-Vietnam et Corée du Nord) avec lesquels il entretenait d’étroites relations.

Mais les Khmers Rouges capturés furent souvent exécutés d’une manière assez féroce : Décapitation et exposition des têtes coupées, précipitation dans le vide du haut des falaises de Bokor, etc.

Sihanouk lui-même se vanta de ces exécutions en certaines circonstances, notamment dans un discours mémorable prononcé dans la province de Kompong-Thom le 19 août 1968 et qui fut enregistré, comme tous ses discours, par les services du Ministère de l’Information cambodgien.

Il proclame à cette occasion qu’il avait fait tuer déjà plus d’un millier de « Khmers Rouges », et que cela « ne l’avait pas empêché de dormir ».

Tous les opposants à son régime n’étaient pas exécutés cependant, et d’autres connurent un sort plus doux en allant moisir en prison pendant huit ou neuf ans. Toujours est-il que les prisons étaient assez bien remplies lorsque Sihanouk fut destitué par le Parlement khmer, le 18 mars 1970.

Quinze jours plus tard, le gouvernement Lon Nol ordonna la libération de tous les détenus politiques. Rien qu’à Phnom-Penh, 486 détenus furent remis en liberté le 2 avril. La plupart d’entre eux avaient été emprisonnés parce qu’on les soupçonnait d’être des Khmers Rouges.    

Partager cet article

Repost 0

commentaires