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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 14:20

DSC05407Promenade de l’Esprit

 

Le rêve khmer ?

 

Ceux qui saluent avec force salamalecs et courbettes sont des Khmers, dit un Chinois au Cambodge, ils cultivent le chagrin. C’est un choix de vie médiocre. Leurs enfants deviennent des empotés, ils sont donc des bons à rien.

Celui qui a une célébrité est certainement un sino-khmer, dit aussi un Chinois au Cambodge. Il est intelligent, parce que son père est un Chinois. Ses fils deviennent ministres ou hauts fonctionnaires, et ses filles sont belles comme les fleurs de jasmin qui s’épanouissent la nuit et irradient de beauté le jour, et elles deviennent Lauk Chomteav (Femmes des ministres).

Le problème est que cela n’a rien d’un batifolage. Cela repose sur une mentalité réelle de la majorité des Chinois au Cambodge. Avec cette mentalité, au fil des années, la pyramide des classes place des sino-khmers en premiers de l’élite khmère. Avoir la peau claire est un signe d’intelligence et de condescendance : Son père est chinois ! Un Sino-Khmer ! Ainsi l’on trouve dans le patronyme des élites des noms chinois.

Si ces sino-khmers sont vraiment intelligents, pourquoi le Cambodge a-t-il tellement d’ennuis ? Ces élites qui étudient imaginent qu’ils peuvent comprendre la société khmère à travers les livres. « Dites-moi, docteur, si vous lisez cent livres sur la pauvreté et écrivez une thèse sur la paysannerie khmère, est-ce que vous la goûtez ? ».

 

Qui est l’Homme pauvre ?

Jadis au Cambodge, les immigrants chinois étaient très pauvres. Ils travaillaient durs pour que leurs enfants pourraient accéder à une promotion sociale élevée dans une société khmère. Médecins, ingénieurs, professeurs, etc., devenus Khmers, ils continuent de cultiver le culte de leurs ancêtres. Ils connaissent les méthodes pour amasser de l’argent et n’ont aucun respect pour les Khmers pauvres, parce qu’ils soient des êtres larmoyants. Et l’homme larmoyant marcherait vers l’horizon et tomberait du bord de la terre. Pour ces élites, tout est compétition. Et l’affection peut compromettre l’intérêt personnel. Leurs lèvres sourient, tandis que son esprit calcule tout en dollars US dont l’argent est Dieu.

Depuis toujours, les paysans khmers étaient aussi pauvres. Leurs travaux aux champs étaient ardus. Ils les faisaient pour la survie de leur famille et n’avaient pas l’élasticité de l’eau pour arroser leurs champs, mais la certitude de chaleur. Leurs enfants deviendraient paysans et pauvres. Quand ces petits étaient enfants, l’innocence est un don. A trente ans passés, c’est un désastre. Ils grappillent de l’argent dans la caisse des boutiquiers chinois sous forme de crédit avec un taux d’intérêt exorbitant, et détestent leurs créanciers comme la peste. Vivant dans la misère comme leurs parents, ils continuent d’honorer le Bouddha et au temple d’Angkor, ils allument des baquettes d’encens devant le godemiché, symbole du phallus du Dieu Eyso (Dieu hindouiste). Pour eux, tout est résignation. Et le don aux moines peut ouvrir la porte de paradis. Leur sourire cache toujours la honte et le désespoir. Mais le soir ils font toujours un rêve de devenir un Sino-Khmer et un Thaoké (Patron chinois) pour être riche dans une nuit.

 

Cette fois, mon texte me fait honte. Je vais déchoir dans l’estime de mes amis. Je suis le pire des baratineurs. Un beau parleur et un verbeux. Je lance des idées que je suis incapable de m’expliquer. Mais dans mon pays, il n’y a rien à expliquer. Tout est normal, y compris tuer un être humain est un simple acte de foi et l’on ne sait plus qui était père et fils comme dans le livre de Mahâbhârata. Le jeune Abhimanyu jouant aux échecs avec les dieux, qui demanda à son père affligé, Arjuna, conduit par Krishna : « Pourquoi pleures-tu si fort ? Qui es-tu ? » Ce à quoi Arjuna répondit : « Je suis ton père, et je pleure sur ta mort prématurée. » Alors, dans un éclat de rire, Abhimanyu s’écria : « Tu étais mon père ! Et de nombreuses vies avant cela j’ai été le tien ! Ne te conduis pas sottement. J’ai accompli mon Karma. J’ai fait mon devoir de guerrier et j’ai péri avec gloire dans la bataille. Toi, homme, va faire le tien ! ». 

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 04:30

DSC05407Promenade de l’Esprit

 

Une interview imaginaire

 

Sainte Kéméra est une sainte protectrice du Cambodge pour l’année 2256 de l’ère bouddhique. Arrivée au Srok Khmer le 13 avril 2012, dans son palais à Siemreap, elle a reçu un journaliste terrien, nommé Samnang, qui travaille pour le journal « Nouvel Angkor », pour parler de ses missions terrestres, dont voici le contenu de cet entretien :

 

Comme tous vos prédécesseurs depuis la nuit des temps, vous venez s’assurer des Khmers contre la force du mal. Cette mission n’est-elle pas un continuum de la protection divine ?

Chaque mission est différente. Elle varie en fonction du climat social et politique du pays. Chaque saint a son style propre, mais il ou elle doit respecter impérativement un cadre de mission, fixée par la loi divine : Protéger sans intervenir ;

 

Comment pouviez-vous protéger des gens sans intervenir ?

Dieu (Bouddhisme) a donné l’homme trois dons : pouvoir de création, pouvoir de l’invention et le pouvoir de l’imagination. Ces trois pouvoirs s’inscrivent donc dans le cadre de la protection divine. L’homme doit les utiliser pour se protéger, parce que dans ses difficultés, il doit savoir que Dieu ne pourrait pas intervenir, parce que la force divine soit immatérielle.

 

Mais la force du mal est réelle, elle frappe facilement l’homme ;

La force du mal émane de l’homme. Elle est inventée par l’homme en utilisant les dons divins. Comment Dieu peut-il intervenir pour oblitérer ces dons dont il est le donateur ? Enlever ces dons pour empêcher l’homme de faire du mal à lui-même ou à ses semblables, c’est comme on coupe les relations entre les humains et les divins. Sans ces trois dons, l’homme devient l’animal. Le moi d’un homme est plus vaste et plus profond encore que la volonté divine. Cela est voulu par Dieu pour donner à l’homme un pouvoir de vivre sa vie en toute liberté. Il est donc responsable de ses actes. En un mot, que le « Mal et le Bien » soit affaire de décision des humains, pas de Dieu ou des dieux. À savoir comme dit Stéfan Zweig (La guérison par l’esprit) : « C’est la souffrance tout d’abord qui a créé chez l’homme le sentiment de la religion, l’idée de Dieu ».

 

Mais vous êtes ici-bas pour faire quoi ?

Notre présence ici-bas, au Srok Khmer, c’est pour rappeler aux humains, d’une part qu’ils sont indépendants de nous et que chaque homme devrait mourir demain, et pour l’éternité, mais la mort est nécessaire à la vie pour sa durée sur la terre, d’autre part que le fait qu’il y a des progrès de la science n’a rien changé à leur nature humaine, fondée sur le désir de reconnaissance. Même le pape et Dalaï Lama auront besoin un titre et un trône pour se montrer qu’il est le Supérieur des autres croyants. L’homme est une force en lui-même. Chaque fois qu’un homme a osé, armé de sa seul foi en sa force, entrer en conflit avec la puissance du monde et se lancer dans une lutte qui semblait absurde et sans chance de succès – qu’il s’agisse de Gandhi (1869-1948) luttant avec le Royaume Uni ayant la force pour régner sur la terre – . Cet homme, au look d’un paysan, avait su communiquer aux autres hommes son énergie intérieure et tirer du néant des forces incommensurables pour faire face à celle du colonialisme. La force féconde de sa foi en dieu était seulement le résultat de la connaissance de soi. Ma tâche principale ici-bas serait de ne pas contrecarrer obstinément la force humaine, mais seulement de renforcer, en cas de souffrance, la volonté de vaincre toujours existante chez l’homme.

 

La volonté de vaincre ne suffit pas, il faut avoir aussi les moyens, et les Khmers en ont besoins ?  

Qu’ils refusent de s’ennuyer dans leur combat. Saint Isaac le Syrien dit : « Quand tu vois ton frère en train de pécher, couvre-le du manteau de ton amour. ». Et cette prière, du même, qui est sublime : « J’ai péché en tant qu’homme, pardonne-moi en tant que Dieu. ». Quand on est humain, pourquoi vouloir être quelque chose d’autre. Les moyens, c’est l’homme. Et l’homme, c’est l’amour parce qu’il est Dieu. L’homme n’a pas besoin d’autres moyens que de sa propre force qui possède les trois pouvoirs souverains déjà cités : Création, Invention et Imagination.    

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 10:04

DSC05407 Cambodge : Kéméra, une Sainte révolutionnaire

 

 

L’année 2556 de l’ère bouddhique

 

Kéméra est une nouvelle Sainte protectrice du Cambodge, envoyée par Preah Prom (Dieu de l’univers) pour emparadiser le pays des Khmers. Elle sait qu’au Srok Khmer (Cambodge) l’orgueil et la honte des humains sont partout, parce que le mal est là, incarné dans l’homme, parce que dans la solitude il n’y a que la bête, tandis que dans la cité il y a le monstre. La mission de Kéméra est délicate, parce qu’elle sait aussi que dans ce pays, les Khmers n’ont plus de juge et de roi qu’elle, et elle sera la déesse qui a un peuple, et ce peuple qui a besoin un Dieu ou une Déesse pour se protéger. Mais Kéméra est une sainte spéciale, parce qu’elle croit à la science. Elle l’interpelle en disant : « la science est ignorante et n’a pas le droit de rire ; un savant qui rit du possible est bien près d’être un idiot. L’inattendu doit toujours être attendu par la science (Extrait du livre de Victor Hugo – William Shakespeare)». Je suis une sainte, dit Kéméra, j’ai besoin des savants pour aider le peuple khmer et je refuse de croire que le cerveau des Khmers ait besoin des auxiliaires extérieurs, et c’est une bizarre erreur de tous temps de faire chanter une strophe par les enfants tous les matins pendant le salut du drapeau national que Srok Khmer soit protégé par les Tévoda célestes (Saints bouddhiques). Que l’hymne national soit limité à une demande d’aide que la volonté du peuple se déforme en chimère, c’est triste.

L’esprit humain a une cime. Cette cime est l’idéal, dit Victor Hugo, Dieu y descend, l’homme y monte. Une rencontre entre l’homme et le dieu serait donc, une occasion d’échanger l’appétit de l’esprit qui débauche l’intelligence. La pensée humaine noyée dans l’aide divine ne peut plus faire signé à l’âme ivrogne, mais l’esprit humain sans lumière de dieu est plus rien, ni dignité, ni pudeur, ni honneur, ni vertu ; la jouissance animale toute crue, l’impureté toute pure. Victor Hugo dit : « Cette réduction de l’homme à la bête humaine est une grande misère ».    

Kéméra est une sainte révolutionnaire. Elle est venue sur terre avec une devise : Aide-toi, le ciel t’aidera. Elle tâte le pouls à la société khmère. Elle hoche la tête, et éclate de rire. Est-ce parce que la société khmère est malade ? non, c’est parce qu’elle croie trop en dieu. Elle mourra d’indigestion de croyance, si sa foi pantagruélique n’est pas moins grandiose que sa foi en sa force. Cette force s’appuie sur trois dons souverains : la création, qui produit les idées ; l’invention, qui fait étinceler l’homme sur le destin ; l’imagination, qui, lumière, met le clair-partout, et, donnant le relief, fait vivre. Je suis une déesse, dit Kéméra, montée sur un bœuf, qui croit à la sagesse, la raison des humains ; c’est là l’histoire étrange de l’esprit humain. La sagesse et la raison, telle qu’elles doivent être pour vaincre le mal et les préjugés, sont toujours dans l’âme de l’homme. Elles font progresser l’humanité depuis la nuit des temps. Les humains sont toujours les créateurs, les inventeurs de leurs sociétés, dans lesquelles Dieux ont une place dominante dans leurs imaginations.

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 07:11

 

Voyage-en-Indonesie-en-Juillet-2008-291.jpg De quoi je m’emmêle ?

 

 

La grâce royale est-elle encore possible pour S.E. Sam Rainsy ?

 

Depuis son exil en 210, Son Excellence Sam Rainsy, leader de l’opposition, ne cesse pas de répéter pour son retour au pays qu’il y aurait bientôt une solution politique comme dans le passé : Exil volontaire en 1997 et exil forcé en 2006.

 

Je souhaite de tout mon cœur que ce rêve soit une réalité pour lui, parce que sa présence aux élections, trop tard pour les communes, encore possible pour les législatives, s’inscrit dans la logique de démocratie. Mais la logique du Pouvoir actuel n’aurait pas le même verbe que S.E. Sam Rainsy l’utilise, parce que les donnes politiques ne soient plus les mêmes que celles d’hier. À la troisième législature (2003-2008), le Pouvoir actuel n’a pas eu la majorité absolue pour gouverner. Avec 73 sièges, il a eu besoin les 26 sièges du Funcinpec pour exercer le pouvoir. Dans cette législature, le PSR (Parti Sam Rainsy) a eu 24 sièges, et malgré ses différends avec le Funcinpec, les membres des deux partis étaient encore frères du sang, parce qu’ils sont nés de la même mère qui est la monarchie.

 

Quand le Roi-père, Norodom Sihanouk,  intervint en 2006 pour le retour au pays de S.E. Sam Rainsy, exilé forcé depuis 22 Décembre 2005, PPC céda pour éviter la crise politique avec le Funcinpec, Parti royaliste, qui faisait partie de la majorité gouvernementale. Ainsi Sam Rainsy avait reçu la grâce royale du Roi Norodom Sihamoni et rentrait au pays le 10 Février 2006, après être jugé par contumace par le tribunal le 22 décembre 2005 et condamné à 18 mois de prison ferme (avoir diffamé le PPC et le Funcinpec : accusations de corruption). Pendant la période du deuxième d’exil, S.E. Sam Rainsy aimait répéter une phrase : Pour mon retour au pays, je chercherais une solution avec Samdech Hun Sen, dans laquelle il n’y aura « ni vainqueur, ni vaincu ». Cet énoncé alambiqué suscitait une controverse : on peut dire que l’auteur adopte la voie de sagesse pour régler le problème avec son adversaire politique ; mais on peut interpréter aussi que cette solution soit un aveu de faiblesse de l’auteur. Peu importe que la solution soit juste ou faible, quand elle pourrait apporter la paix, c’est la démocratie qui soit le grand gagnant.

 

Aujourd’hui les nouvelles donnes politiques changent complétement les rapports de forces politiques. Le Parti au pouvoir a la majorité absolue pour gouverner tout seul.  Aux dernières élections législatives (27/07/08), le Funcinpec cesse d’être une force politique avec 2 sièges à l’Assemblée Nationale ; le Parti Norodom Ranariddh, avec 2 sièges aussi, perte tout l’espoir de reconquérir le pouvoir ; le PDH, avec 3 sièges, ne présente ni une menace, ni un intérêt pour les autres partis ; le PSR ne gagne pas assez de sièges, 2 de plus, qui devient, avec ses 26 députés, une force de l’opposition majeure, mais il n’aurait pas assez de force politique pour faire face à une majorité qui n’ait plus besoin des alliés politiques.


- Avec ces nouvelles donnes politiques, je ne vois pas pourquoi le Parti au pouvoir compte donner une possibilité à S.E. Sam Rainsy de revenir au pays avec la grâce royale comme la dernière fois, sans passer par la case de prison.


- Avec le fonctionnement normal du Parti PSR à l’Assemblée nationale, après le départ en exil de son Chef du Parti, je ne crois pas que le PPC s’inquiète de l’avenir politique de S.E. Sam Rainsy.


- Avec le déroulement régulier des élections sénatoriales, je n’imagine pas que le PPC craigne que les élections communales et législatives ne se passent pas normalement.


- Avec toutes les menaces de S.E. Sam Rainsy à l’adresse de Samdech Hun Sen (affaire d’assassinat de l’actrice du cinéma), je ne comprends pas pourquoi S.E. Sam Rainsy parle encore de dénouement du problème de retour au pays par la solution politique. Avec ces agissements, S.E. Sam Rainsy ait transformé le problème politique en affaire personnelle pour son cas.

 

À l’heure où je parle, je ne vois pas une issue pour S.E. Sam Rainsy. La pression internationale sur le Pouvoir actuel, cheval de bataille de S.E. Sam Rainsy, n’ait aucun effet pour améliorer son sort. Bien sûr, je regrette comme tous les démocrates khmers que S.E. Sam Rainsy ne pourrait pas se présenter aux élections législatives, prévues en 2013, parce que sa participation ferait grandir la démocratie au Cambodge.                                             

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 10:06

 

Voyage en Indonésie en Juillet 2008 362

Evasion 2012

Promenade de l’Esprit 9

 

La couleur de la vie

 

Y-t-il combien de couleurs dans une vie ? Mes réflexions sporadiques de philosophe amateur et observateur de la vie des autres m’avaient entraîné, à la conclusion suivante. Il me semblait, à vrai dire, que n’importe quel point de départ de la vie, si heureux fût-il, si discret, si dérisoire, m’aurait mené, chemin faisant, au même but : la recherche du bonheur.

 

Nous le savons que le mot bonheur est difficile à cerner. Dans mon pays natal, j’essayais quelques fois à observer un riche, un ministre, un instituteur, un paysan, un mendiant et à imaginer leurs destins dans l’espace et le temps de leur vie : on arrivait assez vite à l’incertitude. Le Bouddha devrait être fier, en effet, de l’efficacité de sa théorie de l’« impermanence » qui corrobore bien dans la vie des millions des Khmers. Mais dans l’impermanence, il y a toujours un minuscule temps de bonheur que chaque être humain s’y refuge pour échapper à la pesanteur de la souffrance. Dans cet espace-temps limité, tous les individus sont égaux ; riche et pauvre se diluent dans le bain du paroxysme.

 

Le bonheur est la couleur de la vie que j’essaie ici de saisir son existence pour caresser sa douceur et humer son parfum. Au bord de l’étang dont l’eau est transparente et parfumée, je vois des lotus rouges caressés par la brise qui dansent comme des Apsaras célestes. Le son du vent et le parfum de l’eau et de lotus rouges créent pour les humains un espace et un temps paradisiaque. Un souffle de respiration absorbe la joie et le gai. On est heureux dont le prix ne coûte même pas un sou. Ma couleur préférée est toujours le rouge, mais cette couleur « Rouge » n’est ni du sang, ni du drapeau de l’Angkar. Elle est toujours dans mon cœur et c’est la couleur de mon bonheur.

 

Merci pour cette échappée belle dans l’espace et le temps de bonheur dont la vie est peint de couleur rouge. On n’oublie toujours que le rouge est la vie. Au bord de l’étang calme, je n’imagine plus mon bonheur, je le vis tout simplement. Je caresse le lotus rouge dans son état pur et je murmure quand je pourrais revoir cette fleur pour la dernière fois. J’envoie toujours ma pensée à cette fleur bien aimée, sa couleur rouge exceptionnelle est toujours la couleur de mon bonheur. Quand on me demande, qu’est-ce que c’est le Bonheur. Ma réponse est la couleur rouge, parce que cette couleur, pour moi, est la couleur de la vie. Vous voyez, même dans l’incertitude de la vie, nous pouvons toujours trouver notre temps du bonheur. Le rouge, pour moi, est la couleur de la vie.

 

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 09:01

 

Voyage-en-Indonesie-en-Juillet-2008-362.jpg

Evasion 2012

Promenade de l’Esprit 8


La maison vide

 

Le temps se passe vide. Hier, aujourd’hui et demain se réunissent dans un seul temps, c’est celui de la vieillesse. La messe de joie se diminue et la saison de la mue n’existe plus. Chaque matin sera le même que le lendemain matin avec la main qui se tremble dans la maison vide où la fatigue s’impose sa loi au corps fané, où la lutte contre le temps n’est qu’une illusion, parce que le premier pas est déjà franchi dans la pente de descente. Et l’usure du frein après tant d’années d’effort dans la montée ne permet plus de ralentir la vitesse dans la descente. Dans la maison vide, l’hiver et le printemps est toujours dans l’attente du trépas qu’un jour se présentera sans invitation. Le contraste de couleur entre l’automne et l’été n’est plus le même ; vert se transforme en jaune alarme l’âme en détresse dans un corps séché sans vigueur. Oh Dieu ! Déesse ! Bouddha ! Chaque départ de la maison vide est comme un souffle du vent qui vient emporter des poussières qui tassent dans une vie et casser la tige qui lie le corps et l’esprit. Ils se séparaient sans avoir le temps de se dire au revoir, parce que l’esprit est inoccupé de pensée.

 

Tout n’est rien d’importance, parce qu’il n’y aurait rien à emporter. L’instant même de l’envol serait sans parole. Seul silence, sous le toit de la maison vide, est présent comme un noir d’espoir ; le droit de la vie s’abandonne au premier signe du trépas ; et le premier pas commence sans retour, mais pour aller où ? Voilà la question. Tout dépend de la confession, tout dépend de l’action avant le départ. Et, chaque cas sera examiné, jugé en fonction du mérite récolté dans la vie : que l’esprit qui fût pourrie va à l’enfer et le contraire, selon le Bouddha,  va au paradis et entre le haut le bas, ici-bas, il y a toujours la maison vide. À l’enfer, le rite de l’accueil est sommaire, la loi de fer est de rigueur, il faut payer ce qu’on a fait dans la vie, et cette loi est toujours en vigueur dans toutes les confessions. Au paradis, chaque religion a sa propre règle. Pour le Bouddhisme, l’âme, bourrée de mérite, renaîtra dans un corps d’un homme riche. Celle-ci continuerait à soutenir la sainte religion d’une vie à l’autre et durant les cinq mille ans de son existence. Les autres continueront leur réincarnation en fonction de leur mérite. Ils reviendront à la maison vide pour repartir à nouveau dans une autre vie, laquelle serait mieux que la précédente, mais il y aura toujours la fin et la maison vide.

 

Mais qu’est-ce que c’est la maison vide ? Je ne sais pas non plus. Je ne pourrai donc pas y répondre. Fichtre ! Elle est toujours là dans l’attente du trépas. La vie est si modeste et minuscule quand la vieillesse est au rendez-vous. Dans cette situation, tout le monde essaie d’apprivoiser la mort qui arrive dans la maison vide.

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 10:47

18 Mars 1970

Évènement  par défaut

Par Lim Kim-Ya

 

C’est déjà le 43è anniversaire de la destitution de Norodom Sihanouk, Chef de l’État, par les deux Chambres représentantes, Assemblée Nationale et le Conseil du Royaume, du Cambodge le 18 mars 1970. Le gouvernement de sauvetage présidé par le général LON Nol avait communiqué suite à l’annonce à l’unanimité du Parlement la déchéance de Norodom Sihanouk de ses fonctions de Chef d’État : « Suite à la crise politique provoquée par le Prince Norodom Sihanouk, durant ces derniers jours, l’Assemblée Nationale et le Conseil du Royaume, réunis en congrès, conformément à la Constitution du Royaume, ont retiré, à l’unanimité des voix, leur confiance au Prince Norodom Sihanouk.

A partir de ce jour, 18 Mars 1970 à 13 h 00, le Prince Norodom Sihanouk cesse d’être Chef de l’État du Cambodge, Son Excellence CHENG HENG, Président de l’Assemblée Nationale, assumera les fonctions du Chef de l’État, jusqu’à l’élection d’un nouveau Chef de l’État également suivant le texte de la Constitution du pays ».

Les motifs retenus par ces deux représentants de la Nation et du Royaume :

  1. Haute trahison ;
  2. Violation constante de la Constitution ;
  3. Dilapidation des biens de l’État et de l’argent du peuple ;
  4. Corruption ;
  5. Atteinte au prestige et à la dignité nationale.

Suite à la résolution de ces deux représentants M. Cheng Heng, en tant que Chef de l’État, avait adressé ce message à la Nation : «  Chers compatriotes,

L’Assemblée Nationale et le Conseil du Royaume, réunis en congrès, ont retiré le 18 Mars 1970, à 13h00, conformément à la Constitution, à l’unanimité des voix, leur confiance au Prince Norodom Sihanouk dans ses fonctions de Chef d’État.

Étant Président de l’Assemblée Nationale appelé à assurer les fonctions de Chef d’État jusqu’à l’élection d’un nouveau Chef de l’État, j’ai le devoir de préciser solennellement à cette occasion que le Cambodge adopte la même ligne politique, c’est-à-dire pour l’indépendance, la neutralité et l’intégralité territoriale, que le Cambodge reconnaît et respecte les traités et accords antérieurement conclus.

Je me permets enfin de lancer un appel à notre clergé des deux ordres, aux deux chefs de ces derniers notamment, aux fonctionnaires, étudiants, à notre jeunesse et à notre population de toutes les couches sociales, leur demandant de rester dans l’ordre pour le bonheur de notre patrie. »

Après cet évènement non préparé, à ce moment le climat politique et social au Cambodge a été calme, mais inquiet. Seulement à Pékin, Sihanouk avait beaucoup remué, poussé par les dirigeant Nord-Vietnamiens, et déclaré la guerre à son propre pays, en soutenant l’agression nord-vietnamienne contre le Cambodge, parce qu’ils lui avaient promis de le ramener au pouvoir en peu de temps.

Hélas ! il s’est revenu au pouvoir dans le chariot des Khmers Rouges, avec plus de sept cents mille morts de guerre et plus de deux millions de morts sous le régime des Khmers Rouges et des Khmers Vietminh (alias PPC).

A la veille du 18 Mars 1970, personne n’avait pensé, ni préparé la destitution du Prince Sihanouk, seulement des décisions de Sihanouk lui-même avait provoqué sa chute.

Au lieu de créer l’union sacrée contre la guerre d’agression nord-vietnamienne, les principaux acteurs du 18 mars 1970, par leur ambition démesurée, proclamaient la République au Cambodge le 9 octobre 1970 dans le seul but d’écarter du pouvoir la famille princière des Norodom au profit des Sisowath. Cela donnait raison à l’ennemi qui accusait le Prince Sisowath et d’autres d’avoir évincé Sihanouk dans le seul but de s’emparer du pouvoir. Ce qui était une erreur politique fatale, aboutissant à la débâcle de la République.

Je pense qu’il faut prendre des leçons de notre histoire passée, récente ou lointaine, sinon on tombe toujours dans le même erreur et abîme auxquels notre pays est entrain de faire face. Au lieu de méditer sur l’histoire de notre pays, certains se prennent dans la même folie, en pensant « qu’il n’y a qu’à faire-ci, qu’à faire-çà » et que cela suffira pour nous débarrasser du pouvoir actuel et libérer notre pays de la domination nord-vietnamienne.

LIM Kim-Ya

   

Le résultat du vote :

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Bulletins blancs rayés de bleu  (abstention) : 0.

Page 64 du livre de Mme Billon Ung Boun Hor «  Rouge Barbare » Edition Respublica - 2009

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Published by Srey Santhor - dans République Khmère
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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 10:30

La Queue-en-Brie le 14 mars 2012

Douc Rasy à  Monsieur OU Chal, Président de la Révolution Khmère du Lotus,

 

Cher Chal,

 

En recevant votre appel à tirer des enseignements de la tragédie que nous avons vécue dans les dernières années du siècle précédent, je suis heureux de vous communiquer l’annexe suivante en soulignant que vous êtes l’un des rares à chercher à connaître tous les causes et effets en vue de remonter la pente du déclin. Persévérez toujours dans cette voie et vous en serez récompensé.

 

 1°- D’abord votre lettre (p.1) OCh : Sihanouk pousse le Cambodge dans un gouffre…L’a-t-il fait sciemment ?  Ma réponse est OUI, puisque cela a duré depuis la conférence de Bandung (1955) où dans sa lettre du 17 janvier 2007, il avoua avoir aidé de multiples façons le VN à réaliser sa réunification nationale (qui ne pourra se réaliser qu’au détriment du Cambodge) ; et dans ses multiples discours, il ne cessait de répéter que le Vietnam a l’intention d’avaler le Cambodge ; d’ailleurs, il précisa qu’il s’agissait de la réunification du Nord, du Centre et du Sud Vietnam (p. NS).


 2°- p.4 NS … ma solidarité totale avec mes aides multiformes aux Viêt-Cong et Nord vietnamiens dans l’accomplissement de leur devoir sacré : la libération du Sud Vietnam.

 

 3°- en p.2 Och, NS aide clandestinement les Viêt-Cong à vaincre le Sud Vietnam.

 

 En réalité :

 

 Le 1er pas dans cette secrète politique a été faite à Pékin le 25 novembre 1965 quand il était en visite avec le Gal. Lon Nol ; il força alors Lon Nol à signer un accord secret par lequel,  le Cambodge s’engage à accueillir et à protéger les combattants communistes

vietnamiens dans les régions frontalières et à permettre le passage de matériel en provenance de Chine et destiné aux combattants vietnamiens (Les Clefs du Cambodge p.65). C’est le commencement de la trahison effective de NS.

 

 Le 2ème pas dans cette trahison, c’est quand NS expulsa les contrôleurs de la Conférence de Genève en 1969, non pas pour mener librement sa politique  (car, il n’avait plus de politique), sauf à revenir sur la Conférence de Genève qu’il avait déjà trahie en faisant cohabiter les VC (avec les délégués chargés de les expulser)  mais pour favoriser les desseins des VC et NVN qui, dès lors, se comportaient dans l’est cambodgien comme en pays conquis.

 

 Le 3ème pas dans cette trahison accomplie le 22 mars 1970, lorsque, au lieu de retourner à P. Penh comme l’avait suggéré Podgorny du Soviet Suprême de l’URSS, il prit l’avion pour Pékin où il rencontra Chou Enlai et Pham Van Dong avec lesquels, il fit un plan pour abattre le Cambodge, son propre pays par une armée portant son nom, le 23 mars.

 

 Son insensibilité aux malheurs du peuple cambodgien qui supporte de plus en plus mal cette guerre entre d’une part les coalisés Viets, Khmers Rouges et Polpotistes et de l’autre, les défenseurs du Cambodge, le Général Lon Nol demanda une trêve ; NS rejette la proposition dans les heures qui suivent en disant : je ne rentrerais à P. Penh que si toute la population en était chassée (le 9 juillet).  Le 9 octobre Lon Nol réitéra son offre, mais toujours sans succès (les clés du Cambodge p.75).  C’était là, la condition sine qua non de son retour au Cambodge, condition respectée contre vent et marée par les Khmers Rouges de tous bords et en toutes circonstances.

 

Lorsque le 17 avril 1975, les Khmers Rouges, dirigés par les Viêt-Cong entrèrent dans P. Penh,  toute la population de la capitale et d’autres villes, chassée de leurs domiciles par les vainqueurs,  devait errer sans savoir où s’arrêter ou s’abriter. NS, au lieu de savourer sa

victoire, disparut et ne revint que six mois plus tard pour présider un Conseil des Ministres des Khmers Rouges, avant de quitter précipitamment P. Penh pour aller défendre les Khmers

Rouges à l’ONU; mais, même rentré des Nations Unis et avant de retourner dans ses terres d’exil, en Chine ou en Corée du Nord, il n’avait aucun mot pour dire aux dirigeants KR de cesser leur abominable traitement d’une population dépouillée de tout, en proie à la faim, à une misère sans fin ; pourtant les KR l’avaient nommé chef de l’État. Était-il déjà complice de la punition infligée aux gens qui n’avaient pas quitté les villes pour les abris des KR ?

L’on se demande alors s’il n’était qu’un chef d’État de pacotille. La suite prouve que ses KR obéissaient totalement à sa terrible condition de ne rentrer que dans une capitale vide de ses habitants. Dès lors, celle-ci n’était défendue par personne ; c’est pour le Cambodge, une abdication de sa qualité d’État indépendant et souverain. C’est ce qui expliquera plus tard sa prise par une promenade militaire des soldats vietnamiens.

 

 Pour conclure sa lettre du 17 janvier 2007, il reconnaissait : « A tous ces égards, je me comportais en aveugle et idiot. Mais on ne refait pas l’Histoire ». En réalité NS n’était nullement aveugle des yeux ; mais il fait souvent, mine de ne pas voir ce qu’il ne veut pas voir et à force de jouer à l’aveugle, il devient idiot souvent sans le savoir. C’est là une première leçon pour ceux qui aspirent à diriger un pays.

 

 Que penser alors de la chute tranquille d’un État qui avait connu ses heures de gloire encore  récemment, lorsqu’en 1954, la Conférence de Genève le jugeait encore assez solide pour résister à l’agression et dont l’indépendance mérite d’être constatée par des agents de statut international.  Mais elle ne savait pas que le ver est dans le fruit ou pour utiliser une expression khmère, Que quelqu’un de l’intérieur donne une main traîtresse à l’extérieur ou, dans la langue khmère : Oy day pi khnong.

 

 Le problème pour tout Cambodgien qui veut relever son pays de la ruine est d’empêcher un seul dirigeant de disposer de la totalité de la politique de son pays. À cette fin, il faut qu’il se débarrasse une fois pour toute de :

 

 1°-  l’idée qu’il existe sur terre un homme prédestiné à qui la société tout entière peut confier tout son avenir ; autrement dit, il faut bannir à jamais la théorie du Maître de toutes

vies, trônant sur la tête de ses sujets et maître des pensées de ces derniers.

 

2° - l’idée que les gouvernants peuvent pratiquer en toute chose, la politique du secret d’État, même quand il s’agit d’une question d’intérêt public, comme notamment l’intégrité du territoire national.  Pour ce faire, il faut qu’ils apprennent à recourir à un système de travail en groupes spécialisés, chacun étant responsable d’une question. S’ils renâclent à le faire,  le public doit prendre la relève par tous moyens d’alerter l’opinion publique. Il faut que nous soyons conscients de la force d’une parole bien ciblée sur l’objectif et non dérapée sur l’individu.

 

Autrement dit, il faut passer d’un système féodal à un système bureaucratique dans sa pureté où chaque question de la compétence d’un bureau sera examinée entièrement par ce bureau (ou dans des cas compliqués par un collectif de bureaux) : de la cause jusqu’aux effets ; c’est à dire des tenants aux aboutissants, sans négliger aucun intermédiaire.

 

À présent, les États européens sont arrivés à passer du système féodal au système bureaucratique et par suite, ont abouti à assurer leur pérennité, même en l’absence d’un chef reconnu.  Ce que d’ailleurs avait voulu Bonaparte au début de sa carrière politique.

 

Nous, Cambodgiens, il ne faut pas nous cramponner à un système anachronique qui nous avait fait tant de mal parce que nous voulons nous débarrasser, par fierté mal placée, d’un apport étranger et sommes arrivés à une impasse grosse d’un protectorat. Or un protectorat exercé par un pays limitrophe, évolue inévitablement vers l’anéantissement de notre identité nationale.  La preuve est déjà faite à l’est comme à l’ouest, il est absolument inutile de contester  cette  évolution.

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Published by Srey Santhor - dans République Khmère
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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 05:59

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Evasion 2012

Promenade de l’Esprit 6

 

 

ÉLECTIONS

 

Les oppositions, PSR et PDH, divisées encore à ce jour, ont quand même un point commun, la volonté de participer aux élections démocratiques, prévues en avril de cette année pour choisir des Conseillers communaux et celles de 2013 pour choisir des députés. Cette volonté est légitime et personne n’a droit d’en incriminer. Mais ce qui est incompréhensible dans cette décision, c’est que PSR et PDH reconnaissent d’avance que le PPC serait le gagnant, parce que ce dernier use des artifices dans cette compétition. Drôle de participation ! Je vous prie de m’excuser pour cette exclamation.

Je ne suis pas un activiste de boycottage des élections, parce que dans chaque suffrage, je pense qu’il y a toujours une portée de surprise même qu’il ne soit pas libre et équitable. Dans l’histoire politique, certains politiciens trouvent même leur profit dans des élections trichées par le pouvoir. Ils fixent donc des conjectures pour  provoquer la crise politique, à savoir :

- la préparation des élections par le comité Électoral soit décousue ;

- la campagne électorale soit impossible dans un climat de terreur ;  

- les fraudes sont massives et avérées qui discréditent le gagnant ;

- la victoire inattendue de l’opposition soit annulée par le pouvoir en place.

Mais pour jouer ce jeu, il faut que l’Opposition ait réellement sa force politique, et cette force soit prête à faire une démonstration de puissance pour tirer profit de ses calculs, cités ci-dessus. Quand je parle de la force politique réelle, ce n’est pas comme certains leaders politiques de l’Opposition racontent en mode autosatisfaction que dans les dernières élections, ils ont obtenu un grand nombre de voix que cela leur permet de réengager à nouveau avec une assurance dans le combat électoral. Pour moi, ce nombre de voix n’est pas une force politique, parce qu’il ait un effet temporaire. Les électeurs ne sont jamais une force politique pour personne, parce qu’ils changeraient leur comportement d’une élection à l’autre.

En effet, on trouve la force politique chez des militants du parti politique, leurs réseaux et leur relais amical. Cette mobilisation permet au parti politique de dynamiser en permanence ses activités politiques. Il ne faut jamais, en effet, laisser assoupir cette force, même dans un climat politique difficile, sous prétexte qu’elle ne serve que pour les élections.

On trouve aussi la force politique dans les forces vives du pays : La jeunesse, la religion, les fonctionnaires, les enseignants, les paysans, les commerçants et autres corps de la société. Il ne faut pas confondre les besoins matériels et la conscience politique de ces forces. Sinon on confond complètement des activités des ONG et celles des partis politiques. Bien entendu, on n’empêche pas le Parti politique de faire le travail des ONG, s’il avait les moyens légaux pour le faire.

Si l’Opposition est sûre de sa force politique, il serait possible de participer à toutes les élections, parce que sa participation soit vue comme une stratégie politique par ses militants et ses supporters. Sinon sa participation deviendrait, soit une association aux fraudeurs, soit une simple formalité pour parer son existence fanée. Après les élections, l’opposition sans force politique réelle s’effacera avec ou sans ses élus dans la vitrine du pouvoir.  

Bien sûr, l’Opposition peut argumenter que sa participation lui permettrait d’avoir une légitimité internationale et un statut officiel vis-à-vis du pouvoir. Dans ce cas, il faudrait cesser de parler des fraudes électorales, parce que le fait d’en répéter, on a l’impression qu’elle aide au contraire le pouvoir à poursuivre sa route. En tout cas, Participer, ou ne Pas Participer aux élections, c’est une question de conscience politique de chaque Parti, mais qu’il doit savoir que le public ne soit pas dupe à toute forme de complice déguisé avec le pouvoir. Un proverbe chinois qui dit : « Apporter des fagots pour éteindre un incendie ».

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 07:05

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Empire – Puissance – Décadence – misère – occupation – Interrogation

 

Promenade de l’Esprit 5

 

Interrogation !

 

Tout le monde veut faire du bien au Peuple Khmer en commençant par faire l’apologie qu’il fût héroïque dans le passé : Peuple bâtisseur, Peuple guerrier, Peuple intelligent, Citoyens de l’Empire et autres valeurs. Mais ce peuple est toujours pauvre dans le présent : Peuple mal logé, Peuple affamé, Peuple coolie, Peuple mal instruit et autres misères. Pourquoi ?

Pour éviter d’être le perroquet vieilli qui répétait sans cesse les causes du malheur du Peuple khmer dont tout le monde en parle, à savoir : La guerre civile, la dictature du pouvoir, la décadence, la domination étrangère et l’absence de la démocratie, etc. ou de résigner à jouer le rôle d’escroc qui prétend d’être le guérisseur des maux khmers. Cette fois-ci, j’essaie de raconter une histoire qui nous fait peur.

Dans la Constitution de 1947, la première pour mon pays, on me le disait que « je suis le sujet du Roi ». Alors, j’étais fier de l’être, parce je croyais que le Souverain fût le symbole du « Bien » et ce « Bien », ce qu’on me le disait aussi, fût l’âme de mon pays. Mon pays et le Bien était donc « Un ». Une raison de plus d’être né Khmer dont le Roi est le Protecteur (Varman).

En 1956, nouvelle Constitution, on me le racontait cette fois-ci que « je suis membre du Sangkum Reastr Niyum (Socialisme khmer). Alors, j’étais toujours fier d’être sujet du Roi et membre de cette Communauté dont l’idéologie est fondée sur deux composantes : La démocratisation de la vie politique khmère et la neutralité du Cambodge dont le but recherché était la restauration de la grandeur du passé. Cette idéologie avait été inventée par l’ancien Souverain qui devînt Chef de l’État à vie, mais il était toujours Protecteur de mon Pays. J’étais donc heureux d’apprendre de cette bonne nouvelle qui ne changeait pas grande chose pour moi et pour mon pays, parce que le Protecteur était toujours le même.   

En effet, de 1947 à 1956, mon statut était toujours le même. J’étais le Peuple et ce Peuple était toujours le sujet du Roi qui était toujours Maître du pays. Des agissements des partis politiques durant cette période n’a été qu’une parenthèse sans souffle. Après 1956, presque la totalité des leaders politiques faisaient le mea culpa et demandaient le pardon au Chef de l’État en jurant de travailler dans l’esprit d’union nationale pour le bien du peuple. J’en étais ravi, parce que tout le monde voulait me rendre heureux. J’étais le Peuple le plus heureux sur la planète terre. De quoi me plaignais-je ?

L’année 1963, les dollars US n’étaient plus la bienvenue au pays où je suis né. Comme j’étais le Peuple, on me demandait de détester les Yankees. Alors, j’en obéissais sans broncher. L’année suivante, j’ai cassé les grilles et des portes des ambassades des États-Unis et des Royaume-Unis comme un éléphant en manque de coït pour montrer que le Peuple Khmer  est brave face à ces deux puissances qui ne sont que des tigres de papier. Cette année-là, on me le disait que le Peuple Khmer est mature pour bâtir à nouveau la grandeur du passé. Alors, j’étais fier, parce qu’avec la main vide, nous pouvons brûler le drapeau des Yankees et les expulser hors du pays.

L’année 1969, je m’apercevais que 2/3 du territoire de mon pays est occupé par les forces étrangères, nommées Viêt-Cong et Nord-Vietnamiennes. Alors, je manifestais illico pour demander à ces dernières de partir. Mais, leur réponse était non avec un ton martial. La guerre s’éclata qui divisa le Peuple Khmer en trois couleurs : Bleu, Blanc et Rouge. L’année 1970, le Peuple Bleu choisit la République pour se défendre contre l’agression étrangère, le Peuple blanc choisit la monarchie pour se venger de la République et le Peuple rouge choisit le Communisme pour casser la République et la Monarchie. Ce changement fit naître en 1975 un nouveau Peuple Khmer, appelé tout simplement « Peuple Nouveau » dont la vie était rythmée par la violence de l’Angkar (Parti communiste khmer). Alors, ce Peuple nouveau acceptait la mort sans dire un mot, parce qu’il est habitué à obéir au Pouvoir, quel qu’il soit sa nature.

L’année 1979, triste ironie de l’histoire, l’armée vietnamienne vint libérer ce Peuple nouveau de l’enfer de l’Angkar. Ensuite, elle occupa pendant dix années le pays de cimetière de deux millions de morts. Cette occupation qui faisait découvrir le monde entier avec stupéfaction que 2 millions des Khmers innocents ont été massacrés par leur propre gouvernement, nommé Kampuchéa démocratique. Mais elle divisa encore une fois le Peuple martyrisé en deux catégories : Peuple réfugié qui fuyait le pays pour s’encrasser dans des camps en Thaïlande, et Peuple dominé qui décidait de vivre avec les occupants. Même pendant la durée d’observation du deuil des morts de leurs proches après l’enfer de l’Angkar, on leur demandait immédiatement qu’ils dussent se battre l’un contre l’autre. Pendant la guerre de dix ans (1979-1989), les réfugiés constituait un réservoir des combattants pour la force de résistance dont le leader n’était que leur ancien bourreau, appelé Khmer Rouge. Les dominés constituaient des auxiliaires des forces d’occupation dont la mission était d’aider ces dernières à occuper leur pays. Cette nouvelle guerre qui transformait le Peuple khmer, déjà divisé en deux fragments, en un Peuple reclus dans sa misère infinie.

L’année 1989, le mur de Berlin s’effondra qui entrainait la dislocation de l’Empire d’URSS. Allié de cette puissance moribonde, le Viêtnam chercha sa nouvelle voie ; il s’ouvrit sa porte au monde libéral en annonçant qu’il quitterait le Cambodge sans condition. En 1991, l’ONU était appelée par un grand nombre des pays occidentaux et asiatiques à administrer directement le Cambodge dont la mission était de mettre fin à la guerre et instaurer un régime de démocratie. Les Khmers réfugiés et les Khmers dominés étaient soulagés par cette mesure internationale qui leur permettrait de s’unir à nouveau en un seul peuple. L’année 1993, ce peuple avait droit et devoir de choisir un régime politique pour son pays en élisant des Constituants. La Monarchie constitutionnelle était choisie, un Roi était désigné et ce nouveau souverain n’était que le Prince Sihanouk, protecteur du pays depuis plus d’un demi-siècle (1941-1993).

En 2013, il y aura des élections législatives, 5e législature. Depuis 1947, le Peuple Khmer avait connu Sept régimes politiques : Monarchie Constitutionnelle (1947-1955), Socialisme national (1956-1970), République libérale (1970-1975), Communisme Maoïste (1975-1979), Protectorat vietnamien (1979-1989), Mandat onusien (1991-1993) et le retour de la Monarchie constitutionnelle (1993 à ce jour). 90 ans sous le protectorat français, et plus 65 ans dans la tempête politique, c’est-à-dire plus d’un siècle et demie, on constate qu’il y ait quand même une constance chez le Peuple Khmer : Son silence avec son sourire sans joie. Comment peut-il agir autrement face à un pouvoir sans indulgence ? Cette interrogation devient une ritournelle depuis toujours pour le Peuple Khmer.

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Published by Sangha OP - dans Promenade de l'Esprit
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