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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 09:57

Codes of conduct : 

The text is written in Khmer verse. We do not know the name of the author and the date of writing. Assume that this code was written in the past far. Mr. Khin Hoc Dy, specialist literature khmer writes: "When you do not know the date of writing and the author's name, it remains only to assess the literary value of the text. 

Here, I only translate into French the meaning of ideas. I leave readers to walk through these ideas to understand the thought Khmer. I will continue to bring many codes of conduct written by the sages Khmer. This is the first code, called the "words of the sages (Chbap Peak Chas). 

The words of the sages. 

1.     You do not try to understand your own fault, but a little lacking in others you see as a mountain.

2.     You like to have companions in the forest, but to taste honey, you hide in the house to enjoy.

3.     You always want to have more, you enjoy not selected, you think only of yourself, you forget everything else.

4.     You think only eat, but you lament of being tired to chew the food; one who has the same surname is seen as brother, but why not see a foreigner as nephew.

5.     You confuse the grandfather to the grandmother, you confuse the son for the nephew, you take two for one, you see the sadness to happiness.

6.     You will have the goodness to evil, you take heaven to hell, you take good for evil, you take the dung to the flower.

7.     You wear the pants in keeping your hair, you look in the mirror, closing your eyes, you take the horse to the ass, you take the kapok for rats.

8.     These are the words of the sages, you will understand them better while studying, you take the pool for the path, you should avoid anger, avoiding faults.

9.     Scientists are always honest about which are the words of the wise; Scientists do not commit violence, whose value is despised by the people well.

10. These are the words of the wises, do not complain that you had studied enough.

11. In night, you should not sleep too, because the thief came to the door, eat moderately, share with others.

12. You should lift the weight for your strength, it allows you to avoid getting sore shoulders, you should order with the address that you avoid having scrambled

13. You should think without precipitation, run a job after thinking, it will avoid having enemies and trouble.

14. You take the raw for the cooked, resolve a problem with a method, listen to others, it helps you increase your intelligence.

15. In business, think about all the details, because nothing is simple, listen to the experiences of others, it allows you to plan long term.

16. The old saying, do not feed the tiger ; do what you say.

17. When you hold the shot of the snake, be firm, otherwise it could turn against you, you should take the canoe without shaking, so the water was clear, we must ensure that it is cloudy.

18. When the leaves move, because it is windy, when the water is cloudy, because there are waves.

19. You should shake the hand of the weak, because they will sooner or later your friends when you have much, give a little to friends in need.

20. The rich help the poor as the cloth covering the body, scientists aid the ignorant as the ship helps the boat wrecked.

21. We must remain humble when you're a prominent person, give the fed the hungry, blessed the poor think, these are the words of the wise.

22. You help without waiting to ask you, good action in this, which protects the future, as the wall of thorns to protect the remains.

23. When you have lots of things to eat, give a little bit hungry.

24. Do not try to deceive others, you take the crocodile to the boat, you take the wood from the fence to the wood kitchen, if so, your worries are not far away.

25. When you have a boat, you should also have a gaffe, an oar, an anchor, a rope, a pillar;

26. to face a possibility of the storm, if you are careful in this preparation, they are told you are careful.

27. These are the words of the wises, which you speak;

28. These words are the custom, which has a value of laws, these are the intimate words, that impregnate themselves in the memory.

29. It's the end of words of the sages, now you just have to think about.

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 08:37

Les codes de conduites :

Cliquez ici pour obtenir texte en anglais.  

 Le texte en khmer est écrit en vers. On ne connaît pas le nom de l’auteur et la date de l’écriture. On suppose que ce code a été écrit dans le passé lointain. M. Khin Hoc Dy, grand spécialiste de la littérature khmer écrit ceci : « Quand on ne connaît pas la date de l’écriture et le nom de l’auteur, il nous reste d’apprécier uniquement la valeur littéraire du texte ».

 Ici, je ne fais que traduire en français le sens des idées. Je laisse aux lecteurs de se promener dans ces idées pour comprendre la pensée khmère. Je continuerai de traduire de nombreux codes de conduites, écrits par les sages khmers. Voici la première code, intitulée les « paroles des sages (Chbap Peak Chas).

 

Les paroles des sages.

 

1.      Vous ne cherchez pas à comprendre votre propre faute, mais pour un petit défaut des autres, vous le voyez comme une montagne.

2.      Vous aimez bien avoir des compagnons dans la forêt, mais pour goûter du miel, vous vous cachez dans la maison pour le savourer.

3.      Vous voulez en avoir toujours plus, vous en profitez sans retenu ; vous ne pensez qu’à vous-même, vous oubliez tout le reste.

4.      Vous ne pensez qu’à déjeuner, mais vous lamentez d’être fatigué pour mâcher l’aliment ; celui qui a le même patronyme est vu comme frère, mais pourquoi de ne pas voir une personne étrangère comme neveu.

5.      Vous confondez le grand-père pour la grande-mère, vous confondez le fils pour le neveu ; vous prenez deux pour un, vous voyez la tristesse pour le bonheur.

6.      Vous prendrez la méchanceté pour une bonté, vous prendrez le paradis pour l’enfer ; vous prendrez le bien pour le mal, vous prendrez les excréments pour la fleur.

7.      Vous portez le froc en gardant vos cheveux, vous vous regardez dans le miroir en fermant vos yeux ; vous prendrez le cheval pour l’âne, vous prendrez le kapok pour le rat.

8.      Ce sont les paroles des sages, vous les comprendrez mieux en étudiant ; vous prendrez la flaque pour le chemin, vous devriez éviter la colère pour éviter la faute.

9.      Les savants tiennent toujours des propos honnêtes, qui sont les mots des sages ; les savants ne commettent pas la violence, dont la valeur est méprisée par les êtres de bien.

10.  Ce sont les paroles des sages, ne vous plaignez pas que vous en aviez assez étudié.

11.  À la vêprée, vous ne devriez pas trop dormir, parce que le voleur vient à la porte ; mangez modérément, partagez avec les autres.

12.  Vous devriez lever le poids en fonction de votre force, cela vous permet d’éviter d’avoir le mal aux épaules, vous devriez commander avec l’adresse, cela vous évitez d’avoir des embrouilles,

13.  Vous devriez réfléchir sans précipitation, exécutez un travail après avoir réfléchi, cela vous évitez d’avoir des ennemis et des ennuis.

14.  Vous prendrez le cru pour le cuit, résolvez un problème avec une méthode, écoutez les autres, cela vous aide à renforcer votre intelligence.

15.  Dans les affaires, il faut penser tous les détails, parce que rien est simple, écoutez les expériences des autres, cela vous permet de prévoir à long terme.

16.  Les anciens disent, il ne faut pas nourrir le tigre ; faites ce que vous dites.

17.  Quand vous tenez le coup du serpent, soyez ferme, sinon, il pourrait retourner contre vous ; vous devriez tirer la pirogue sans la secouer, si l’eau était limpide, il faut éviter qu’elle soit trouble.

18.  Quand les feuilles bougent, parce qu’il y a du vent, quand l’eau est trouble, parce qu’il y a des vagues.

19.  Vous devriez serrer la main des faibles, parce qu’ils deviendront tôt ou tard vos amis ;  quand vous possédez beaucoup, donnez un petit peu aux amis nécessiteux.

20.  Les riches aident les pauvres comme l’étoffe couvre le corps, les savants aides les ignorants comme le navire vient en aide la barque naufragée.

21.  Il faut demeurer humble, quand vous êtes une personnalité importante ; les repus donnent à manger aux affamés, bienheureux, pensez aux déshérités, ceci sont les paroles des sages.

22.  Vous aidez sans attendre qu’on vous demande ; bonne action dans le présent, qui protège dans le futur, comme le mur des épines qui protège la demeure.

23.  Quand vous avez beaucoup des choses à manger, donnez un petit peu aux affamés.

24.  Il ne faut pas chercher à tromper les autres ; vous prendrez le crocodile pour la barque ; vous prendrez les bois de la clôture pour les bois de cuisine, si c’était le cas, vos soucis ne sont pas très loin.

25.  Quand vous avez une barque, vous devriez avoir aussi une gaffe, une rame, une ancre, une corde, un pilier ;

26.  pour affronter une éventualité de l’orage, si vous êtes minutieux dans cette préparation, on vous dit, vous êtes prudent.

27.  Ce sont les paroles des sages, qui vous parlent ;

28.  Ces paroles sont la coutume, qui a une valeur de lois, ce sont les paroles intimes, qui s’imprègnent dans la mémoire.

29.  C’est la fin des paroles des sages, maintenant, il ne vous reste qu’à y réfléchir.          

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 08:41

Le Règne de Sdach Kân (1512-1525) : Le sacrifice.

 Après le ralliement des troupes de la province de Pursat à sa cause, Ta Meung avait un objectif en tête : installer sur le trône du Kampuchéa l’héritier de la maison royale des anciens rois khmers. Ce Royaume n’avait jamais connu la paix. Il s’élevait sur un fond de flammes et de sang. Du fond de son histoire montaient la rumeur des épées et le sifflement des flèches et les cris des mourants après chaque bataille. Cette fois-ci, il avait fallu d’édifier la vraie paix. Pour la faire, il fallait encore une fois passer par la guerre. Il semble que pour les Khmers, la guerre était une fête et le jeu tuait. Ils avaient toujours soif de mourir. Dans ce but, Ta Moeung envoya un messager pour inviter Preah chanrechea à venir s’établir dans sa ville conquise. Ce dernier en était content. Il se souvenait bien de cet homme de cœur. À la tête de ses troupes, bannières au vent, il fut pressé de se rendre à destination. Entrant dans la ville soumise, sa joie fait place à l’extase. Des milliers des soldats et la population qui lui attendirent crièrent « Vive le Roi ! ». Le battement des tambours de victoire invite toutes les divinités du royaume à venir saluer le nouveau souverain. Les deux mains se joignent au niveau du menton, Preah Chanreachea cria de sa monture : « Merci ! et Vive le Kampuchéa ! ».   

Pour gagner la confiance de la population, Preah Chanreachea imposa une discipline de fer à ses guerriers : « Interdire de toucher les biens du peuple ». Celui qui ne respecte pas cet arrêté sera condamné sur le champ à la peine capitale. La population en était content et elle remercia Preah Chanreachea.

Pour remercier Ta Meung, Preah Chanreachea lui combla de titre Ponhea Sourlauk et le nomma gouverneur de Pursat. Il conféra aussi le titre nobiliaire aux quatre fils de ce dernier et les nomma généraux des armées d’avant-garde, de droite, de gauche et d’arrière-garde :

Keo, fils ainé, Ponhea Vongsa Akak Reach ;

Anh, second fils, Ponhea Baratesh Reach ;

Tep, troisième fils, Ponhea Vibol Reach ;

Sok, le quatrième fils, Ponhea Reach Tekchak.

Après quoi, il ordonna aux quatre nouveaux Généraux de conduire une troupe de 800 soldats pour investir les préfectures des provinces de Krakor, Klong et Krang.

Revenons à Sdach Kân ou Preah Srey Chetha (nom de règne), à 11h du matin, il amenait avec lui quelques concubines pour aller se baigner dans sa piscine privée et ensuite il amena sa favorite laotienne dans sa cabane royale, située au milieu du jardin féerique pour se détendre. Sa concupiscence s’éveillant, comme fait tous les êtres humains, il amena sa belle au paradis. Après quoi, il s’endormit et eut un rêve : Il voit le soleil se lève à l’Ouest qui brûle son palais. La chaleur est insupportable, il s’est brûlé tout son corps et il s’enfouit vers le Nord-Est du pays.

À 15 h, il s’était réveillé et il eut peur tout d’un coup. Il réclama un devin et Brahmane du palais pour interpréter son rêve. Il demanda d’abord au devin de l’interpréter. Avant de parler devant le roi, le divin toucha trois fois la terre de son front et dit ceci :

« Votre Majesté, ce rêve est un mauvais augure pour vous. Vous aurez un danger grave. Un ennemi qui viendra vous détruire ».

Ayant entendu cette prédiction, Kân se mit en colère et pensa tout de suite à l’outrage. Il demanda au Brahmane, attachée à sa famille royale, pour interpréter son rêve. Ce dernier savait qu’il ne puisse pas dire la vérité au roi, parce qu’il n’accepte jamais d’entendre des propos qui ne sont pas favorables à sa personne. Il chercha donc à interpréter autrement de ce maudit rêve pour sauver sa peau. Avant de parler au roi, il touchait trois fois la terre de son front et dit ceci :

« Selon le calcul sidéral, vous êtes éclairé par des divinités du palais de votre bonheur dans le futur : 1. « Le soleil se lève à l’Ouest », signifie que votre règne se rayonne comme la lumière du soleil, le peuple vit en paix et le Royaume se prospère ; 2. « Le soleil se jette du feu et brûle le palais », signifie que votre pourvoir se répande partout dans le pays comme la lumière du soleil ; 3. « La chaleur vous envahisse votre corps », signifie qu’il y ait un ennemi qui vient vous mesurer ; 4. « La pleine lune », signifie que l’ennemi soit membre de votre famille, il vient de l’Ouest ; 5. « Votre fuite vers le Nord-Est du pays et le feu vous poursuit », signifie qu’en cas d’attaques d’ennemis, vous deviez partir au Nord-Est pour vous défendre. Dans cette rivalité, vous serez le vainqueur. Ce rêve présente un bon présage pour vous, ne vous en inquiétiez pas, conclut le Brahmane ».

Preah Srey Chetha était satisfait de ces explications, mais pour être sûr de sa chance, il ordonna au Brahmane de sonner la conque marine, de faire la libation avec l’eau lustrale et de lui offrir une feuille de Phneuv (nom d’un arbre) pour fixer à l’oreille. Le roi offrit aussi cette feuille à son fils préféré, âgé de cinq ans pour qu’il la fixe à son oreille. Il récompensa le Brahmane selon ses mérites. Il insulta le premier devin devant tous les membres de la cour. Il dit que ce divin ne l’aime pas, c’est pourquoi qu’il avait interprété son rêve pour sa perte. Ayant entendu ces propos, le divin se manifesta son désaccord et dit au roi que son interprétation était juste et celle du brahmane était erronée. Cette revendication irritait la colère du roi, il sauta de son lit royal avec l’épée à la main, tua ce devin sans jugement.

Dix jours après, dans la salle d’audience, Preah Srey Chetha fut informé par Preah Lompaing Thipathey, son ministre, qu’il a reçu une lettre du gouverneur de Pursat. Celui-ci n’avait même pas terminé sa phrase, un autre ministre, Preah Reach Vora Noukol, dit au roi qu’il vient de recevoir aussi une lettre du gouverneur de Krakor dans laquelle il informa à Votre Majesté que le gouverneur de Pursat est déjà mort. La citadelle de Pursat est investi par l’armée de Preah Chanreachea. Le Prince nomme Ta Meung, chef des morts, gouverneur et chef des armées avec un titre nobiliaire Chao Ponhea Sourkirlauk (Grand général Sourkirlauk). Il élève aussi les quatre fils de Ta Meung au rang de général de son armée. Ces quatre fils ont investi avec succès la préfecture de Krarkor.

Apprenant cette mauvaise nouvelle, Preah Srey Chetha secoua doucement sa tête et dit à son général Chakrey ceci : « Grand frère, je vous nomme Grand général de l’Ouest et vous demande de partir dans cette région pour lever une armée pour combattre contre Preah Chanreachea. Aidez-moi de toute votre force, je vous en supplie ». Ponhea Chakrey accepta la mission et répondit à son roi : « Cette fois-ci, je vais faire face à un tigre ; mais rassurez-vous, Votre Majesté, si je n’arrivais pas à le capturer vivant, je le blesserais à mort au moins pour lui donner une leçon ». Le roi étant comblé de joie, il remit à son général son javelot Kram, symbole de l’autorité suprême. Ce dernier quitta la capitale pour s’établir son quartier général dans la citadelle de Longvek (Pour fabriquer ce javelot, on mélange un peu d’or dans le fer, parce que dans ce temps-là on croit que l’arme devienne efficace, qui puisse même couper ou blesser un homme se prétendant un être invulnérable). Il ordonna à son oncle, Samdech Chao Fa Keo, de conduire une grande armée à Kompong Siem. Il donna à ce dernier son sabre royal (même fabrication que celle du javelo), symbole de l’autorité suprême du roi, une vase en or et deux tambours de guerre.

Arrivé à Kompong Siem, lChao Fa Keo envoyait une lettre au gouverneur de la province d’Asantouk, dans laquelle il ordonna à ce dernier de marcher avec son armée sur Battambang pour attaquer Ponhea Chanreachea par arrière. Le but de manœuvre était de fermer la porte de fuite de ce dernier. Quant à lui, il attaquera l’armée du prince Chanreachea par l’Est.

À la tête de son corps expéditionnaire, le Grand général Chakrey organisait son plan d’attaque de façon suivante : une armée de droite de 10 000, commandée par le gouverneur de Phnom-Penh ; une armée de gauche de 10 000 hommes, commandée par Ponhea Preah Reach Vora Noukol, gouverneur de Samron tong et une grande armée de 15 000 hommes, commandée par lui-même. Arrivé à Krakor, l’armée du général Chakrey était en face de celle du général Moeung. Ce dernier opérait son armée de la façon suivante : un régiment de choc de 2 000 hommes, commandé par son fils aîné, un régiment de droite de 1 000 hommes, commandé par son deuxième fils, un régiment de gauche de 1 000 hommes, commandé par son troisième, un régiment d’arrière-garde de 1 000 homme, commandé par son quatrième fils, une division de réserve de 4 000 hommes, commandée par lui-même.

Keo, le fils aîné, avait reçu l’ordre de son père d’attaquer le bataillon de chasse d’ennemis, commandé par un certain colonel Dekchô.  Keo fonçant droit en avant, comptant sur son cran, cria à plein gosier : « À l’attaque ». Environ 2 000 soldats des deux côtés s’entre-tuaient dans un espace serré. Vu Dekchô de près, Keo poussa son cheval à la rencontre de son ennemi. Surpris par cette attaque inattendu, Dekchô tira brusquement la bride de son cheval qui provoque l'égarement de celui-ci. L’animal se persécuta à un arbre qui provoque la chute de son maître. Keo ne laissa aucune chance à son adversaire. Il frappa un coup de sabre sur la tête de ce dernier. Dekchô mourut sans même pas le temps de souffrir. Mais à la fin Keo se battait à la retraite, parce que les renforts d’ennemis étaient arrivés en grand nombre.

À leur tour, les deux autres fils de Moeung s’engagèrent dans la bataille contre les troupes des gouverneurs de Phnom-Penh et de Bati. Dans ces mêlés, Le cheval du gouverneur de Bati sursauta, parce qu’un de ses pieds s’enlisa dans un trou, son maître perdit l’équilibre et tomba à terre. Vu la détresse de son ennemi, Chao Ponhea Vibol Reach, se précipita pour le frapper à un coup de sabre, le blessa gravement à l’épaule. Ce dernier fut sauvé à la justesse par ses hommes. Vu la détresse de son compagnon, le gouverneur de Phnom-Pend ordonna à ses troupes de battre en retraite. Cependant, le général Chakrey arriva sur les champs de bataille et ordonna au gouverneur de Phnom-Penh de ne plus désengager dans la bataille contre les fils de Moeung. Il envoya immédiatement des renforts pour soutenir les assauts de son gouverneur.

Ayant informé par le messager que ses fils avaient des difficultés pour résister à l’attaque des ennemis en nombre supérieur, Moeung monta sur sa monture, partit avec ses unités d’élite pour faire sortir ses enfants de ce pétrin. La bataille durait jusqu’à l’aube. Moeung perdait 60 hommes. Mais, il arriva à ouvrir une brèche pour ses troupes de ses enfants de sortir de la nasse d’ennemis. Après quoi, il retourna à la citadelle de Baknim (non de la commune) pour faire un compte-rendu complet à son prince. Il conclut dans son rapport oral ceci : « Pour le moment rien n’est possible. Le Ciel disposera des choses en temps voulu. Il faut laisser agir le non-agir ».

Le lendemain matin, l’herbe encore mouillée de la rosée, le Grand général Chao Fa, à la tête de 50 000 hommes, arrivait à la porte de la citadelle de Baknim. Il organisa son armée de façon suivante :

- Une armée d’avant-garde de 30 000 hommes, commandée par le général Chakrey;

- Une armée de gauche de 20 000 hommes, commandée par le gouverneur de Phnom-Penh ;

- Un régiment de droite de 1 500 hommes, commandé par le gouverneur de Longvek ;

- Une armée d’arrière-garde de 16 000 hommes, commandée par le général Chao Ponhea Sangkram, gouverneur de Bâribo ;

- Une Grande armée de 40 000 hommes, commandée par lui-même.

Face à une nuée d’ennemis, le prince Chanreachea ne possédait que 20 000 hommes pour défendre la citadelle. Mais à chaque assaut de ces derniers, il avait pu les repousser avec des jettes de pierres, des flèches, et armes à feu. Dans cette bataille, ce n’était pas la quantité qui faisait la loi, c’était plutôt la capacité à mobiliser la volonté et la détermination des hommes à se battre. Vu des difficultés à briser les murs de la citadelle, Chao Fa changea la technique pour épargner la vie de ses hommes. L’enjeu de cette bataille pour lui était détruire la puissance d’ennemis de la région de Pursat. Pour lui, qui contrôle Pursat, contrôle le Grand Lac, riche en poissons. Il faut donc qu’il gagne cette bataille. Il ordonna à ses généraux de retirer leurs troupes à une distance d’environ un kilomètre de la citadelle et de l’assiéger pour épuiser les vivres d’ennemis. Près de douze mois d’encerclement, les vivres commençaient à manquer dans la citadelle. La morale des assiégés va à vau-l’eau. Ponhea Moeung s’en aperçut. Il en parla à Ponhea Chanreachea. Au cours d’une réunion d’État Major, le général Moeung dit ceci à son prince : Le temps de laisser d’agir le non-agir est arrivé. Je vous demande donc la permission de partir pour lever une armée des morts pour combattre les ennemis. Il faut faire vite, parce que nous sommes dans le temps des morts. Chanreachea était stupéfait par ces propos, il dit : « Mon oncle, sauf le respect que je vous dois, comment vous avez parlé ainsi. Depuis la nuit des temps, je n’ai jamais entendu qu’on puisse lever une armée des morts pour combattre celle des vivants. Eh bien, il ne faut plus en parler, je vous en supplie ». Ayant entendu ces propos, Moeung sortit immédiatement son sabre du fourreau, mit la lame à son coup, et dit : « Votre Altesse, si vous aviez de doute sur mes devoirs, il ne me reste que de couper ma tête pour vous prouver ma sincérité. Et je ne veux plus vivre voir notre pays va à vau-l’eau.  Certes depuis la nuit des temps, personne n’ait jamais entendu parler l’armée des morts, parce qu’aucun « chef des morts » (Mé Smeug) n’ose pas non plus faire sacrifice de sa vie pour ramener des morts au monde des vivants. En tant que Chef des morts, je vais faire ce sacrifice pour aider le pays… ». Vu la détermination de Moeung, Ponhea Chanreachea se précipita pour ôter le sabre de la main de Moeung et lui dit : « Mon oncle, je vous crois ! ».

Moeung avait un ami, nommé Chan. Ce dernier était aussi un Chef des morts de la montagne de cardamomes. Moeung dit à son ami : « Tu sais très bien quand je serai dans l’autre monde, je ne pourrai plus communiquer avec Preah Chanreachea. En revanche, je pourrai communiquer avec toi, parce que tu es Chef des morts. Tu devras faire l’intermédiaire entre le Roi et moi ».

Parmi les concubines de Ponhea Chanreachea, il y avait une dame, nommée Khieu (couleur bleue). Celle-ci était enceinte de sept mois. La dame Khieu était adepte de culte des morts. Depuis qu’elle a entendu parler de sacrifice de Moeung pour lever une armée des morts, elle se portait volontaire pour aider ce dernier à préparer la cérémonie. La préparation était ceci : On creuse un fossé d’une forme de carrée de quatre bras de chaque côté, dont la profondeur est de huit bras. On construit un autel de divinité de sept étages pour déposer des objets rituels, Baysey (objet rituel en tronc de bananier), parfums etc. Le fossé est clôturée et en bas, on dresse des piques.

Une fois la préparation fut terminée, Moeung s’habillait en blanc, se mit à genou pour faire son dernier salut à son Roi, ensuite il tourna vers son ami Chan, lui dit : « À pleine lune de ce mois d’avril, quand tu entendras des bruits venant du ciel, de la terre et partout, tu diras au Roi de quitter la citadelle pour lancer des attaques contre les ennemis ». Quand il termina sa phrase, s’avança vers le fossé en pas décidé, accompagné des sons de musique PinPeat, et sauta dans le fossé. La dame Khieu se précipita vers le fossé et y sauta aussi pour aider son héros à lever une armée des morts. Les quatres fils de Moeung, dont nous avons parlé ailleurs, accoururent vers le fossé pour suivre son père dans le monde des morts. Mais les soldats avaient pu empêcher à la justesse deux des quatre à ne pas sauter. Ces deux enfants étaient Sok et Keo.

Quelque temps après, pendant la nuit de pleine lune, on entend des bruits venant du ciel et du fond de la terre. Tout le monde était effrayé par ce phénomène. Chan, l’ami de Moeung, demanda l’audience au Prince Chanreachea pour lui dire ce que son ami défunt lui avait demandé de faire. Le Prince ordonna aux généraux d’ouvrir la porte de la citadelle et de lancer des attaques contre les assiégeants. Les cris des assauts des assiégés et les bruits mystiques mettaient l’armée de Kân dans un état de frayeur indescriptible. Les soldats abandonnaient leurs positions et leurs armes, chacun pour soi, ils s’enfuirent pour sauver leur vie. En quelques heures seulement les campements d’ennemis ont été investis par les troupes de la monarchie légitime. Cette victoire permettait à Ponhea Chanreachea de récupérer beaucoup de vivres et des armements de toutes sortes.

Parlons une servante de la Dame Khieu. Après la mort de sa maîtresse, pour la suivre dans le monde des morts, elle décida de se noyer dans la rivière de Purthisath. Le lieu de suicide se trouvait tout près du marché, nommé marché en bas. À cet endroit, il y avait trois grandes termitières. Selon la croyance de la population de cette contrée, laquelle subsiste jusqu’à aujourd’hui, les âmes de Dame Khieu, Moeung et ses deux fils, devenant génies, venaient habiter dans ces termitières : Termitière du nord, habituée par l’âme de la dame Khieu, était sous les auspices du roi ; termitière du Sud, habité par l’âme de Moeung, était sous les auspices du gouverneur ; termitière de l’Ouest, habitués par l’âme des deux fils de Moeung, était sous les auspices de la population de la montagne de Kravagne (Kravagne = Cardamome). Quant à l’âme de la servante, elle venait hanter une île de la rivière de Purthisath. Cette île était sous les auspices du gouverneur de la province de Pursat.

La termitière de Dame Khieu, appelée la « Termitière Kanthaug Khieu (Kanthaug = Récipient en feuille de végétaux) : Selon la croyance de la population, si cette termitière était en bon état, on dit que le Roi règne en paix. Si elle s’abîmait, on dit que le Roi a des soucis, ou est malade. Si elle s’était fendillée, on dit que le Roi va mourir.

La termitière de Moeung, appelée la « termitière Kleing Moeung ou Klag Moeung (mot thaïlandais) » : Selon la croyance de population, si cette termitière était en bon état, on dit que le gouverneur gouverne sa province en paix. Si elle s’abîmait, on dit que le gouverneur a des soucis, ou est malade. Si elle s’était fendillait, on dit que gouverneur va perdre la charge du gouverneur.

La termitière des deux fils de Moeung, appelée la « termitière de cardamome » : Selon la croyance de population, si cette termitière était en bon état, on dit que les plantes de cardamome donnent beaucoup des fleurs. Si elle s’effritait, on dit que les plantes vont brûler par le feu. Si elle était abritée par des animaux, on dit qu’il va avoir des étrangers qui viennent emparer des fleurs.

Le lieu où la servante s’est suicidé : Selon la croyance de la population, si cette rive n’érodait pas par le courant d’eau, on dit que le gouverneur gouverne sa province en paix. Si elle érodait par le courant d’eau, on dit que le gouverneur a des soucis dans son travail ou dans ses affaires familiales. Si elle se casse, on dit que gouverneur va perdre la charge du gouverneur.

Nous ouvrons une parenthèse pour parler la cérémonie de vénération des âmes de Klein Moeung, dame Khieu.

Le texte nous apprend ceci :

1. Un jour choisi dans le courant du mois d’avril, le chef des morts (Mé Smeung) se déguise en chasseur selon l’habitude de Moeung. Pendant la cérémonie, au matin, il y a des danseurs portant sur leur tête des cornes de bœuf sauvage qui dansent, accompagnés par le chant et la musique « Leang Arak » (Arak = génie protecteur).

2. Les objets des offrandes sont : une paire d’assiette de nourriture, cinq feuilles d’argent, une étoffe blanche, cinq bougies, quatre arecs amincis ou taillés, quatre arecs parfumés, une paire de tête d’éléphants, une paire de poulets bouillis, quatre autels bas de fruits, dans chaque autel il ya six cents grammes de riz, deux mille arecs, deux bouteilles de vin.           

3. Pour les offrandes à la dame Khieu, il y a mêmes objets que Moeung, mais on remplace la paire de nourriture par un récipient de desserts, de nourriture et sept oeufs.        

4. Le jour d’évocation l’esprit de génie, la population des quatre coins du district amènent l’eau pour offrir au gouverneur. Celui-ci la versera au milieu de chaque termitière. Si l’eau coule en plus grande quantité dans telle ou telle direction, on dit que cette direction va avoir beaucoup de pluie.

Quant au lieu de suicide de la servante, appelé la « place de Daun Peng » (la dame Peng), une fois par an, le gouverneur et la population offrent un grand récipient (Kanthaug) de nourriture, de dessert et sept œufs pour demander sa protection. Selon la croyance, si on ne faisait, la population va avoir toutes sortes de maladies.

Revenons aux affaires du pays. Après la victoire, Ponhea Chanreachea invita des moines à célébrer des cérémonies religieuses pendant trois jours pour honorer la mémoire des quatre héros qui ont sacrifié leur vie pour la patrie. Après quoi, il nomma Vibol Reachea Keo, gouverneur de Pursat et lui conféra le titre « Chao Ponhea Sourkir Lauk ». Il nomma aussi Chao Ponhea Tekchès Sok, gouverneur de la province d’Amerak Kiri Bo avec grade de dix houpoin (grade de grand gouverneur) et lui conféra le titre « Chao Ponhea Sangkram ».

Après la cérémonie, au petit matin, il y avait un homme, nommé Jay qui venait offrir à Ponhea Chanreachea un grand éléphant de six hat et douze thap (un hat = 50 cm, un thap = épaisseur d’un doigt). Cet éléphant était bien dressé par son cornac. Ponhea Chanreachea étant très content et prit cet éléphant comme sa monture de guerre. Il lui donna un nom « Preah Pijay Kor Chir », le nom de son maître cornac. Après quoi, il nomma Jay gouverneur de la province de Krang. Pendant cette période, Ponhea Chanreachea avaient reçu beaucoup de présents de la part de la population : 35 Éléphants, 30 chevaux. Ces donateurs ont reçu de retours des récompenses en pièces d’or ou d’argent ou des grades dans la fonction publique.

La victoire de Ponhea Reachea s’imposait aux généraux de Kân, Chao Fa Kao et Ponhea Keo de se retirer de la province de Pursat pour se réorganiser dans la province de Krakor. Cette retraite donna un certain répit à l’armée de Chanreachea. Mais quatre jours après, les 30 000 hommes de Kân revenaient pour assiéger à nouveau la citadelle d’ennemis. Arrivée à Pursat, faute d’effectifs, Chao Fa Keo ordonna à ses troupes de camper à une bonne distance de la citadelle pour attendre l’arrivée des renforts, dirigés par le général Ouktey Thireach, gouverneur d’Asanthouk. Ayant appris le retour des troupes d’ennemis, Ponhea Chanreachea ordonna immédiatement au général Keo de conduire une armée d’avant-garde de 5 000 hommes pour affronter les troupes du général Keo et au général Sok d’attaquer les troupes du général Chao Fa Kao et lui-même à la tête d’une armée de 15 000 hommes pour appuyer ces opérations. Il confia 3 000 hommes à son oncle et à un certain officier, nommé Vieng de protéger la citadelle. Avant de lancer les attaques contre les ennemis, Ponhea Chanreachea ordonna au Chef des morts Chan de célébrer la cérémonie pour faire appel d’aide des morts, dont Kleing Moeung était chef. Quelques heures seulement après la cérémonie, on entendait les bruits de partout. Aussitôt, Ponhea Chanreachea, s’assit sur la tête de son éléphant de guerre, donna l’ordre de battre des tambours pour signaler à ses troupes l’ordre d’attaque. Les assauts des troupes de Ponhea Chanreachea ont été repoussés par des tirs de l’arc et armes à feu d’ennemis. Après quelques heures de combat, on entendait à nouveau des bruits de partout et la terre commençait à trembler dans les camps de l’armée de Kân. Ce phénomène provoquait une panique générale dans les rangs d’ennemis. Les soldats abandonnèrent leurs positions de combat et s’enfuirent pour sauver leur vie. Le général Keo monta immédiatement sur son éléphant et ordonna au cornac d’engager sa monture dans la bataille. Il cria de toute sa force à ses soldats de n’avoir pas peur de ces bruits et de reprendre leurs positions de combat. Keo, fils de Moeung, ayant entendu le cri martial, poussa sa monture à la rencontre de son ennemi. C’était un dual à mort entre deux Keo. Vu la charge de la monture du fils de Moeung, l’éléphant du général Keo poussa un grand cri et s’engagea immédiatement dans le combat. C’était le combat entre les bêtes. Cette précipitation fit perdre l’équilibre de son maître. Celui-ci tomba sur les défenses de la monture du fils de Moeung. Ce dernier se pencha vers le corps du général Keo, avec un geste mécanique, il lui trancha la tête. Saisi la tête sans corps de son adversaire, il se mit debout sur la tête de sa monture et la montra aux soldats ennemis. La mort du général Keo fut suivie de graves désordres chez les soldats de Kân. Ils s’enfuirent en désordre pour quitter les champs de bataille. Keo, le victorieux, retourna à la citadelle avec la tête de son ennemi pour la montrer à Ponhea Chanreachea. Celui-ci, étant content, ordonna à Keo de l’exposer au public. Ceci était considéré par Chanreachea comme un excellent moyen de propagande. Cette victoire permettait encore une fois à Ponhea Chanrechea de récupérer beaucoupo de vivres et des armes de guerre des ennemis. Après cette victoire, Ponhea Chanreachea à la tête de son armée, reprit sa marche en avant pour investir la province de Krakor. Là-bas, il fit construire une fortification et nomma un nouveau gouverneur. La mission du gouverneur était de collectionner des vivres auprès de la population pour constituer une réserve pour la garnison de cette province. Après quoi, il poursuivit son offensive en passant par les provinces de Krang, Romlaug, à destination Klong. Là-bas, il fit construire une autre fortification, et nomma un nouveau gouverneur pour mission de collecter des vivres auprès de la population. Ensuite, il se rendit visite à une pagode Brap dans la commune Prasat, district de Klong pour honorer la statuette du Bouddha. Là-bas, il pria le Bouddha pour qu’il gagne la guerre contre Kân. Après cette visite royale, la population appelle cette pagode « Vat Preah Chiv Loung Bân » (pagode de la prière du roi). Après cette prière, Ponhea Chanreachea poursuivit son chemin à destination de la province d’Amerak Kiri Bo. Ayant appris l’arrivée du roi légitime, la population de cette province se souleva contre l’ancien gouverneur. Celui-ci s’enfuit avec les membres de sa famille à la province Rolir Phiir.

À Rolir Phiir aussi, Samdech Chao Ponhea Chanreachea fit réparer un ancien du temps d’Angkor. Il restait trois jours à cet endroit. Puis, il partit avec ses troupes au Sud de la province d’Amerak Kiri Bo où il voyait un grand terrain plat, sur lequel, il jugea bon de bâtir une fortification pour son armée. Une fois les travaux avaient été terminés, il abandonna l’ancien fort pour venir s’établir dans la nouvelle fortification. Pour cette raison, la population donnait le nom de l’ancien fort le « vieux fort ». Cette appellation subsiste jusqu’à aujourd’hui.

Au moment où Chanreachea habitait dans la nouvelle fortification, il y avait un bonze, chef de pagode, nommé Jay, son titre religieux était Mongkol Satha. Il venait au nouveau fort pour offrir au roi légitime une pirogue de course, nommé « Saray Andette » (des algues flottantes). Cette pirogue avait son histoire : À la fin du règne du roi Sakunbât, ce bonze a caché un tronc d’arbre de qualité dans une plaine, située au milieu d’une forêt. On raconte aussi pendant la saison sèche, les gens voyaient des éléphants sauvages, qui sont venus couvrir ce tronc d’arbre avec les algues afin de le protéger contre les rayons du soleil. À la fin de la guerre, ce bonze a fait construire une pirogue avec ce tronc d’arbre par ses disciples. Cette pirogue a une réputation de « vitesse du vent ».  Chaque matin, le chef de pagode prenait cette pirogue pour quêter de nourriture dans des endroits, situés à une grande distance de son lieu d’habitation, et l’on dit que quand il revient à sa pagode, la nourriture quêtée est encore chaude. Pour cette raison, on donne le nom à cette embarcation « pirogue de nourriture quêtée qui reste toujours chaude ».

Preah Chenreachea accepta ce présent avec le cœur de joie, il dit au vénérable ceci : « Preah Chitong, je suis très content de votre présent précieux. Comme vous le savez, aujourd’hui, je suis encore pauvre j’e n’ai pas les moyens pour vous récompenser, mais rassurez-vous, quand je serai maître du pays tout entier, je vous récompenserai selon votre mérite ».

Note : Jadis quand un laïc s’adresse des paroles à un moine qui est membre de sa famille, il l’appelle Chitong).

Après quoi, Chanreachea forma un équipage de 124 Chithay pour tester la vitesse de cette pirogue. Sans aucun doute, sa réputation fut bien confirmée par ce test.    

Note : Il est probable que jadis ce nom est utilisé pour désigner les soldats de pirogue de guerre.

Au cours d’une audience habituelle, Samdech Chao Ponhea Chanreachea, dit à ses ministres et ses généraux : « J’ai beaucoup de chance d’avoir l’éléphant blanc « Preah Pichay Kakcheth » comme monture de guerre, la pirogue « les algues flottantes » comme moyen de déplacement par voie fluviale, avec vitesse de vent ». Il ordonna aux officiers du corps de génie de construire des abris pour l’éléphant et la pirogue. Il donna un nom à cette pirogue, « Preah Tineing Chakrapath » (Bateau impérial).

Quelque temps après, il poursuit la pénétration dans le territoire du Sdach Kân. Arrivée à la plaine Sap Angkam, à l’est de la province de Kompong Chhnaing, il rencontra l’armée de Chao Fa Kao. Il convoqua ses généraux et leur dit ceci : « Quand nous nous sentons fort, il faut nous allons de l’avant ». Aussitôt dit, il ordonna immédiatement à ses troupes d’attaquer les campements d’ennemis. Après quelques heures de combat, le champ de bataille, rempli des fumées du sang, se transforma en lieu de massacre, où les guerriers des deux côtés ne se perdirent pas leur courage de s’entre-tuer. Certains de ces soldats se battaient même avec leurs couteaux, parce que leurs lances et leurs épées sont cassées. Soudain, la monture de Chao Fa Keo, sursauta pour une raison inconnue, son corps se heurta à un arbre, dans lequel il y avait un grand nid de bourdons. Ce heurt provoqua la sortie des insectes de leur nid. Ils piquèrent tous les êtres humains en mouvement, en particulier les hommes de Kân. Ce phénomène extraordinaire fit fuir les soldats de Kân. Ils abandonnèrent leurs positions de combat. Le général Chao Fa Kao ne savait plus quoi faire pour rétablir l’ordre dans ses rangs. Il courut à gauche à droite, sans but précise. Chanreachea poussa sa monture à la rencontre du général ennemi. Le duel entre deux chefs suprêmes militaires commença immédiatement. Après quelques joutes de combat, Chanreachea prit l’avantage et blessa gravement Chao Fa Kao à l’épaule. Celui-ci avec l’aide de ses gardes de corps réussit à s’enfuir. Ayant appris la défaite de Chao Fa Kao, le gouverneur de la province de Rolir Phiir, nommé Sénay Akthipdey Som, s’était réfugié à Phnom-Penh, d’où il mourut quelque temps plus tard. Quant au gouverneur de la province de Longvek, il demandait sans hésitation la soumission à Chanreachea. Ce dernier accepta cette soumission. La victoire d’un grand retentissement de Chanreachea, lui ramena toute la population des provinces conquises. Elle rendait aussi à Chanreachea maître d’une grande région riche en agriculture. Il y a un proverbe cambodgien qui dit « On cultive le riz avec l’eau, on fait la guerre avec le riz ».                      

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 09:34

Histoire du Cambodge : Tchen-La.
(Extrait du livre de G. Coedès - Les États hindouisés de l’Indochine et d’Indonésie)
 

Tchen-la (Etat vassal du Fou-nan ) :

Les rois connus (Milieu du Vie siècle) :

Çrutavarman.

Çreshthavarman (fils de Çrutavarman).

Fou-nan :

Bhavavarman (598 - ?) : (prince du Fou-nan, marié avec la fille de Çreshthavarman). Par ce mariage, il devient roi de Tchen-la. Et avec son cousin Chetrasena, il conquiert une grande partie du Fou-nan.

Tchen-la (Etat indépendant et conqérant) :

Mahadravarman (non de sacre de Chetrasena). Il prit la succession du trône en 600.

Içânavarman (fils de Mahadravarman. Date de fin de règne 635) : Fils de Mahadravarman.

Jayavarman 1er : (durée de règne : trente ans. Fin de règne après 681).

Sécession du Tchen-la en deux au VIIIe siècle : Tchen-la de terre et Tchen-la d’eau.

Techen-la de terre (partie septentrionale) : Période de trouble.

Reine Jayadevî  (vers 713 - ?) : Fille de Jayavarman 1er. Celui-ci est mort sans héritier mâle.

Pusshkara ou Pushkarâsha (vers 716 - ?) : rois dans Çambhupura.

Tchen-la d’eau (partie méridionale) : Le pays est divisé en plusieurs principautés.

Bâlâditya (date indéterminée) : il était considéré plus tard par les rois d’Angkor comme l’ancêtre.


Le démembrement du Fou-Nan (du milieu du VIe siècle à la fin du VIIe siècle)
.

 

La dernière ambassade en Chine de Rudravarman est de 539. La Nouvelle Histoire des T’ang mentionne encore des ambassades du Fou-Nan dans la première moitié du VIIe siècle, mais elle indique qu’entre temps un grand changement s’est produit dans le pays : « Le roi avait sa capitale à la ville de T’ö-mou. Brusquement sa ville a été réduite pat le Tchen-La, et il lui a fallu émigrer au Sud, à la ville de Na-fou-na ».

Le plus ancien texte qui mentionne le Tchen-La est l’Histoire des Souei : « Le Royaume est au Sud-Ouest du Lin-Yi. C’était originairement un royaume vassal du Fou-nan. Le nom de famille du roi était Tch’a-li (Kshatriya) ; son nom personnel était Tche-to-sseu-na (Chitrasena) ; ses ancêtres avaient progressivement accru la puissance du pays. Chitrasena s’empara du Fou-nan et le soumit ».

Le nom de Tchen-la, par lequel les Chinois désignent d’une façon constante le Cambodge, reste inexpliqué : On ne connaît aucun mot sanskrit ou khmèr qui corresponde à sa prononciation ancienne t’sien-lâp. Mais on peut localiser le centre de cet État sur le moyen Mékong, dans la région de Bassak qui à la fin du Ve siècle devait se trouver sous la domination du Champa, puisqu’on y a trouvé une stèle portant une inscription sanskrite au nom du roi Devânîka, connu des Chinoissous le nom de Fan-Chan-tch’eng.

En effet, l’Histoire des Souei, qui donne des renseignements antérieurs à 589, donc antérieurs à la conquête totale du Fou-nan et au transfère de la capitale du Tchen-la dans le Sud, fit : « Près de la capitale est une montagne nommée Link-kia-po-p’o, au sommet de laquelle s’élève un temple toujours gardé par mille soldats et consacré à l’esprit nommé P’o-to-li, auquel on sacrifie des hommes. Chaque année, le roi va dans ce temple faire lui-même un sacrifice humain pendant la nuit ».

La montagne de Vat Ph’u qui domine le site de Bassak porte à son sommet un gros bloc de pierre, analogue à celui qui a valu au Varella à la fois son nom chinois de Ling (Lingaparvata), et son nom européen actuel qui, dans les documents portugais, est employé pour désigner les pagodes. Quant à P’o-to-li, on peut y reconnaître les deux premières syllabes de Bhadreçvara qui était précisément le nom du dieu vénéré à Vat Ph’u.

D’après leur légende dynastique conservée dans une inscription du Xe siècle, l’origine des rois du Cambodge remonterait à l’union de l’ermite Kambu Svâyambhuva, ancêtre éponyme des Kambujas, avec la nymphe céleste Merâ, que lui avait donné un mythe généalogique des Pallas de Kânchi (Conjeveram) entièrement différent de celui de la Nâgi.

Du couple Kambu-Merâ naquit une lignée de rois dont les premiers furent çrutavarman et son fils çreshthavarman. Le second donna son nom à la ville de çrehthapura, qui existait encore à l’époque angkorienne, au moins comme nom d’un district situé dans la région de Bassak. La fondation de cette cité fut peut-être la conséquence de la conquête du pays sur les Chams à la fin du Ve siècle ou au début du Vie siècle, conquête dont le souvenir s’est conservé jusqu’à nos jours dans la tradition orale des Cambodgiens, d’après laquelle leur pays se serait originellement constitué aux dépens des Chams de Champasak (Bassak). Les rois çruttavarman et çreshthavarman auraient toujours d’après la même inscription, « rompu à l’origine les liens du tribut », c’est-à-dire atteint un degré d’indépendance plus au moins réelle vis-à-vis du Fou-nan, ou, comme dit le texte chinois, « accru progressivement la puissance du pays ». Ils sentent assez forst, dans la seconde moitié du VIe siècle, pour s’attaquer à l’empire du Sud. Le roi du Tchen-la était alors Bhavavarman, petit fils du monarque universel (sâvabhauma), c’est-à-dire du roi Fou-nan. Un texte épigraphique, tardif il est vrai, mais dont on n’a pas de raison de révoquer le témoignage, ajoute ce détail important qu’il était l’époux d’une princesse issue de la famille maternelle de çreshthavarman, la princesse Kambujarâjalaksmî, dont le nom signifie « la fortune des rois des Kambujas ».

Bhavavarman, dont la résidence Bhavapura devait se trouver sur la rive septentrionale du Grand Lac, appartenait donc à la famille royale du Fou-nan et était devenu roi du Tchen-la par son mariage avec la princesse de ce pays. On comprend alors pourquoi l’inscription du Xe siècle précitée dit que la descendance de Kambu unit la race solaire, dont elle se réclamait, à la race lunaire, qui était celle du Fou-nan. On comprend aussi pourquoi, après çrutavarman et les descendants de Kambu, elle fait régner les rois qui tiraient leur origine de Kaundinya et de Nâgî Somâ et avaient pour chef de branche Rudravarman, c’est-à-dire des rois Fou-nan. On comprend enfin pourquoi les rois du Tchen-la, successeurs de ceux du Fou-nan, adoptèrent la légende dynastique de Kaundinya et de la Nâgî. En fait, ils ne firent que conserver leur propre bien, puisque Bhavavarman était lui-même un prince du Fou-nan.

À la suite de quelles circonstances réussirent-ils à faire passer la souveraineté du fou-nan au Tchen-la ?. Si, comme il est vraisemblable, l’occasion leur en fût donné par l’irrégularité de l’avènement de Rudravarman, fils d’une concubine et meurtrier de l’héritier légitime, deux hypothèses se présentent : ou bien Bhavavarman, représentait la branche légitime et profita de la disparition de Rudravarman pour faire valoir ses droits ; ou bien au contraire, Bhavavarman, petit fils de Rudravavarman, défendit les droits hérités de son grand père contre un essai de restauration de la branche légitime. Cette seconde hypothèse est le plus vraisemblable, car on comprendrait mal, dans la première, pourquoi Rudravavarman, dernier souverain d’un empire déchu, aurait pu être plus tard considéré comme un « chef de branche », tandis que dans la seconde, il représente précisément le lien par lequel Bhavavarman et ses successeurs se rattachaient au grand Fou-nan. A cela s’ajoutaient peut-être des motifs d’ordre religieux et un antagonisme entre le Bouddhisme de Rudravarman et le çivaïsme de Bhavavarman.

Le pèlerin chinois Yi-tsing qui écrivait à la fin du VIIe siècle, dit en effet qu’au Fou-nan, autrefois « la loi du Bouddha prospéra et se répandit, mais aujourd’hui un roi méchant l’a complètement détruite et il n’y a plus du tout de bonzes ». Si l’on se rappelle ce qui a été dit de la prospérité du Bouddhisme au Fou-nan aux Ve-Vie siècle, et si l’on considère que l’épigraphie des conqérants du fou-nan et de leur successeur est exclusivement çivaïte, on est tenté d’identifier Bhavavarman (ou Chitrasena) au « méchant roi » dit Yi-tsing.

Dans la seconde moitué du Vie siècle, Bhavavarman et son cousin Chitrasena attaquèrent le Fou-nan et poussèrent leurs conquêtes au moins jusqu’à la hauteur de Kratié sur le Mékong, de Buriram entre Mun et dangrêt, et de Mongkolborei à l’Ouest du grand Lac, si l’on en juge par leurs inscriptions. Le Fou-nan dut transférer sa capitale de T’ö-mou (Vyâdhapura, c’est-à-dire Ba Phnom) dans une localité située plus au Sud et nommée Na-fou-na (Naravaragara). Divers indices tendent à placer cette ville à Angkor Borei, site archéologique fort riche en vestiges anciens, dont le nom et la topographie indiquent qu’il y eut là une capitale.

Sous couleur et à la frayeur d’une querelle dynastique, la conquête de Fou-nan par le tchen-la est en réalité un épisode, le premier auquel nous assistons au Cambodge, de cette « poussée vers le Sud » dont on a déjà vu le caractère latent et constante menace. Entre les terres hautes du plateau du moyen Mékong et les plaines alluviales du Cambodge, il y a la même opposition qu’entre les hautes et les basses vallées du Ménam ou de l’Irawadi. L’effort des rois, au Cambodge comme au Siam et en Birmanie, a constamment porté sur l’unification de deux régions en antagonisme géographique, économique et parfois ethnique, entre lesquelles la scission tendait à se reproduire chaque fois que le pouvoir central donnait des signes d’affaiblissement.

De Bhavavarman Ier, qui dit une inscription, avait « pris le pouvoir avec énergie », on ne possédait jusqu’à ces derniers temps qu’un seul document épigraphique, une inscription sanskrite des environs de Mongkolborei, qui commémore la fondation d’in linga. Une inscription sanskrite, récemment découverte à Si T’ep dans la vallée du Nam Sak en territoire siamois, relate la fondation par Bhavavarman de la stèle qui porte, à l’occasion de son accession au pouvoir. Sa capitale Bhavapura dont le nom semble avoir ensuite désigné le territoire de l’ancien Tchen-la, et notamment du Tchen-la de terre au VIIIe siècle, devait se trouver sur la rive septentrionale du Grand Lac, dans les environs du site archéologique d’Ampil Rolüm, à une trentaine de kilomètre au Nord-Ouest de Kompong Thom. On sait par combien de temps il régna, on sait seulement qu’il était roi en 598. C’est sans doute sous son règne que son cousin Chitrasena fit graver de courtes inscriptions sanskrites, relatant d’autres fondations de lingas le long du Mékong, dans les régions de Kratié et de Stung Trèng, et à l’Ouest de Buriram entre Mun et Dangrèk. C’est donc un domaine comprenant déjà de vastes territoires et s’étendant vers l’Ouest jusqu’à la vallée du Nam sak que Bhavavarman légua à Chitrasena, qui prit lors de son avènement, vers 600, le nom de sacre de Mahendravarman.

En dehors des inscriptions qu’il avait fait graver alors qu’il s’appelait encore Chitrasena, Mahendravarman en a laissé d’autres à l’embouchure du Mun dans le Mékong, et à Surin entre Mun de Dangrèk, relatant la fondation de lingas de çiva « montagnard » (Giriça) et d’images du taureau Nandin. Ces fondations ayant été faites à l’occasion de la « conquête de toute la contrée », on peut en conclure que Mahendravarman poursuivit l’œuvre de son prédécesseur. On sait, par ailleurs, qu’il envoya au Champa un ambassadeur pour « s’assurer » l’amitié entre deux pays ».

Le successeur de Mahendravarman, fut son fils îçânavarman. Il acheva d’absorber les anciens territoires du Fou_nan, ce qui a conduit la Nouvelle Histoire des T’ang à lui attribuer la conquête effective du pays. Tandis qu’on n’a pas trouvé d’inscription de Mahendravarman au sud de Kratié, on en possède d’ïçânavarman qui proviennent des provinces de Kompon Cham, de Prei Vèng, de Kandal et même de Takeo. Vers l’Ouest, le territoire relevant de son autorité au moins jusqu’à la plus ancienne date connue du règne d’ïçânavarman, qui ne doit pas être de beaucoup postérieure à son avènement, est celle de sa première ambassade en Chine 616-517, la dernière date sûre est celle d’une inscription qui le nomme comme roi régnait en 627.

L’ancienne Histoire des T’ang qui mentionne à la suite l’une de l’autre deux ambassades en 623 et 628, permet de penser qu’il régnait encore à cette dernière date, et la Nouvelle Histoire des T’ang lui attribuant la conquête du Fou-nan au début de la période 627- 649 laisse supposer que son règne dura au moins jusqu’à 635.

La capitale d’îçânavarman se nommait îçânapura, et c’est sous ce nom qu’au milieu du VIIe siècle, le grand pèlerin Hiuan-tsang désignait le Cambodge. On identifie avec quelque vraisemblance cette ville avec le groupe de Sambor Prei Kuk, au nord de Kompong Thom, où les inscriptions d’îçânavarman sont particulirement nombreuses, l’une d’elles mentionnant d’ailleurs îçânapuri. C’est du Phnom Bayang dans la province de Takeo.

Continuant la politique de son père à l’égard du Champa, il entretint avec ce pays de bons rapports qui furent scellés, comme on va le voir, par une alliance matrimoniale entre deux maisons royales.

Le Cambodge préangkorienne (635-685).

Après îçâvavarman Ier qui cessa de régner vers l’an 635, les inscriptions du Cambodge nous font connaître un roi nommé Bhavavarman dont on ignore les liens de parenté avec son prédécesseur. La seule inscription datée qu’on possède de lui est de 639 et provient de la région de Takeo. On peut avec quelque vraisemblance lui attribuer celles de la grande tour du Phnom Bayang et Phnom-Preah de Kompong Ch’nang. C’est sans doute lui, et non Bhavavarman Ier comme on l’a cru longtemps, qui est mentionné dans les deux premières inscriptions publiées dans le recueil de Bart et Bergaine.

Ces deux textes parlent d’un fils de Bhavavarman qui lui aurait succédé. Il doit s’agir de Jayavarman Ier dont la plus ancienne date connue est 657, et ce roi commença peut-être à régner quelque année plus tôt. Les inscriptions gravées pendant son règne ont été trouvées sur un territoire s’étendant de Vat Ph’u au nord, au golfe du Siam au sud ; il fit des fondations dans la région de Vyâdhapura (Ba Phnom) et aux vieux sanctaire du Lingaparvata à Vat Ph’u. En ce qui concerne ses relations avec la Chine, l’ancienne Histoire des T’ang parle en termes très généraux d’ambassade du Tchen-la reçues par l’empereur Kao Tsong T’ang (650-683), sans en préciser les dates. Le règne de Jayavarman, qui se plaint du « malheur des temps ». Les premiers souverains d’Angkor ne se réclamaient pas de la dynastie de Jayavarman Ier, dont la chute fut apparemment la cause déterminante de la sécession au VIIIe siècle. Des conquêtes de Bhavavarman Ier à la fin du règne de Jayavarman Ier, on constate l’affermissement progressif du pouvoir des rois khmers sur les territoires de l’ancien Fou-nan situés dans la vallée du bas Mékong et le bassin du grand Lac. De cette époque « préangkorienne » de l’histoire du Cambodge subsistent de nombreux vestiges archéologiques : monuments, sculptures, inscriptions. L’architecture, caractérisée par des tours isolées ou groupées, presque en brique avec des encadrements de portes en pierre, a été étudiée de façon exhaustive par H. Parmentier dans son Art Khmer primitif. La statuaire, qui a produit quelques pièces remarquables, conserve certains traits des prototypes hindous, mais elle montre déjà les tendances à la raideur et à la frontalité qui caractérisent l’art du Cambodge par rapport à celui des autres pays de l’Inde extérieure. La sculpture décorative manifeste déjà une richesse qui laisse pressentir l’exubérance de la période angkorienne.

Les inscriptions gravées sur des stèles ou sur les piédroits des portes sont rédigées dans une sanskrite assez correcte, et toujours en langage poétique. Les inscriptions en khmer, qui commencent à faire leur apparition en assez grand nombre, ont conservé un état archaïque de cet idiome qui depuis quatorze siècles a subi des changements beaucoup moindres que les langues indo-européennes pendant le même temps. Ces textes épigraphiques constituent la principale source d’information sur l’histoire et les institutions du pays. Ils révèlent une administration fortement organisée, et toute une hiérarchie de fonctionnaire dont on connaît mieux les titres que les attributions.

C’est surtout la vie religieuse qu’ils font connaître. Leurs stances liminaires, contenant une prière adressée aux divinités sous l’invocation de qui la fondation est placée, sont à cet égard très instructives. Les principales sectes hindouistes semblent avoir coexisté au Cambodge comme dans l’Inde propre, et parmi elles on trouve déjà mentionnées la secte çivaïte des Pâçupatas et la secte visnouite des Pâcharâtras qui joueront à l’époque d’Angkor, chacune dans sa sphère, un rôle de premier plan. L ‘épigraphie et l’iconographie s’accordent pour marquer l’importance à cette époque, et au siècle suivant, d’un culte de Harihara ou vishnu-çiva réunis en un seul corps, dont on n’entendra plus guère parler ensuite. Le culte de çiva, surtout sous la forme du linga, jouit de la faveur royale et fait déjà presque figure de religion d’Etat. Quant au bouddhisme qui n’a guère laissé, en dehors des Bouddhas de style Gupta mentionnés à propos du Fou-nan, qu’une unique inscription nommant deux moines (bhikshu), il semble être en régression, si l’on se rappelle la faveur dont il jouissait au Fou-nan aux Ve-VIe siècles. Bien qu’il rapporte son témoignage au fou-nan (appelé par lui Po-nan), c’est sans doute Tchen-la que le pèlerin chinois Yi-tsing a en vue vers la fin du VIIe siècle lorsqu’il écrit : « La loi du Buddha prospéra et se répandit. Mais aujourd’hui un roi méchant l’a complètement détruite et qu’il n’y a plus du tout de bonzes ». La culture littéraire dont font foi les inscriptions sanskrites était basée sur les grandes épopées hindoues, Râmâyana et Mahâbhârata, et sur les Purânas qui fournissaient aux poètes officiels leur riche matière mythologique.

Au point de vue social, quelques textes épigraphiques montrent l’importance de la filiation en ligne maternelle que l’on retrouvera à l’époque d’Angkor à propos de la transmission des retrouvera à l’époque d’Angkor à propos de la transmission des charges dans plusieurs grandes familles sacerdotales. La constitution matriarcale de la famille est un système répandu dans toute l’Indonésie, et pratiqué par divers groupes ethniques d’Indochine. Dans l’ancien Cambodge, il peut avoir été importé de l’Inde où il est attesté chez les Nâyars et les brahmanes Nambutiri.

Pour la connaissance de la civilisation matérielle au Cambodge durant le VIIe siècle, on dispose d’un passage de l’Histoire des Souei qui se rapporte au règne d’ïçânavarman et qui a été reproduit intégralement par Ma Touan-lin dans son ethnographie des peuples étrangers à la chine composée au XIIIe siècle. Traduction du Marquis d’Hervey de Saint-Denys : « Ce prince fait sa résidence dans la ville de Y-chö-na, qui comporte plus de vingt mille familles. Au milieu de la ville a une grande salle où le roi donne audience et tient sa Cour. Le royaume renferme encore trente villes, peuplées chacune de plusieurs milliers de familles, et toutes régies par un gouverneur ; les titres des fonctionnaires de l’Etat sont les mêmes que dans le Lin-yi . Tous les trois jours, le roi se rend solennellement à la salle d’audience et s’assied sur un lit fait des cinq espèces de bois de senteur et orné des sept choses précieuses. Au-dessus du lit s’élève un pavillon tendu de magnifiques étoffes, dont les colonnes sont en bois veiné et les parois en ivoire parsemé de fleurs d’or. L’ensemble de ce lit et de ce pavillon forme en quelques sortes un petit palais, au fond duquel est suspendu, comme au Tch’ e-t’ou, un disque à rayon d’or en forme de flammes. Un brûle-parfums d’or, que deux hommes entretiennent, est placé en avant. Le roi porte une ceinture de coton ki-pei, rouge d’aurore, qui lui tombe jusqu’aux pieds. Il couvre sa tête d’un bonnet chargé d’or et de pierreries, avec des pendants de ces perles. A ses pieds sont des sandales de cuir et quelquefois d’ivoire ; à ses oreilles, des pendants d’or. Sa robe est toujours faite d’une étoffe blanche très fine appelée pe-tie. Quand il se montre la tête nue, on n’aperçoit pas de pierres précieuses dans ses cheveux. La coutume des grands officiers est presque semblable à celui du roi. Ces grands officiers, ou ministres, sont en nombre de cinq. Le premier a le titre de kou-lo-yeou (guru ?). Les titres des quatre autres, dans l’ordre du rang qu’ils occupent, sont ceux de siang-kao-ping, p’o-ho-to-ling, chö-mo-ling et jan-lo-leou. Le nombre des officiers inférieurs est très considérable ».

«  Ceux qui paraissent devant le roi touchent trois fois la terre de leur front, au bas des marches du trône. Si le roi les appelle et leur ordonne de monter les degrés, alors ils s’agenouillent en tenant leurs mains croisées sur leurs épaules. Ils vont ensuite s’asseoir en cercle autour du roi, pour délibérer sur les affaires du royaume. Quand la séance est finie, ils s’agenouillent de nouveau se prosternent et se retirent. Plus de mille gardes revêtus de cuirasses et armés de lances sont rangés au pied des marches du trône, dans les salles du palais, aux portes et aux péristyles ».

« Les fils de la reine, femme légitime du roi, sont seuls aptes à hériter du trône. Le jour où le nouveau roi est proclamé, on mutile tous les frères. A l’un on ôte un doigt, à l’autre on coupe le nez. Ensuite on pourvoit à leur subsistance, chacun dans un endroit séparé, sans jamais les appeler à aucune charge ».

« Les hommes sont de petite stature et ils ont le teint noir ; mais beaucoup de femme ont le teint blanc. Tous roulent leurs cheveux et portent des pendants d’oreilles ? Ils sont d’un tempérament vif et robuste. Leurs maisons et les meubles dont ils se servent ressemblent à ceux du Tch’e-t-ou. Ils regardent la main droite comme pure et la main gauche comme impure. Ils font des ablutions chaque matin, se nettoient les dents avec petits morceaux de bois de peuplier et ne manquent pas de lire ou réciter leurs prières. Ils renouvellent leurs ablutions avant de prendre leurs repas, font jouer leurs cure-dents en bois de peuplier aussitôt après et récitent encore des prières. Dans leurs aliments, il entre beaucoup de beurre, de lait caillé, de sucre en poudre, de riz et aussi de millet dont ils font une sorte de gâteaux qui se mangent trempés dans des jus de viande, au commencement des repas ».

« Celui qui désire se marier envoie tout d’abord des présents à la jeune fille qu’il cherche ; ensuite la famille de la jeune fille choisit elle-même un jour heureux pour conduire l’épouse au domicile de l’époux, sous garde d’un entremetteur. Les familles du mari et de la femme passent huit jours sans sortir. Jour et nuit les lampes demeurent allumées. Quand la cérémonie des noces est terminée, l’époux reçoit une part des biens de ses parents et va s’établir dans une maison à lui. A la mort des parents, si les défunts laissent de jeunes enfants qui ne soient pas encore mariés, ces enfants prennent possession du reste des biens ; mais si tous les enfants sont déjà mariés et dotés, les biens que les parents avaient conservés pour eux-mêmes entrent dans le trésor public. Les funérailles se font de cette manière : les enfants du défunt passent sept jours sans manger, se rasent la tête en signe de deuil et poussent de grands cris. La parenté s’assemble avec les bonzes et bonzesses de Fo ou les religieux du Tao, qui accompagnent le mort en chantant et en jouant de divers instruments de musiques. Le corps est brûlé sur un bûcher formé de toutes pièces de bois aromatiques ; les cendres sont recueillies dans une urne d’or ou d’argent qu’on jette dans les eaux profondes. Les pauvres font usage d’une urne de terre cuite, peinte de différentes couleurs. Il en est aussi qui se contente de déposer le corps au milieu des montagnes, en laissant aux bâtes sauvages le soin de le dévorer ».

« Le Nord du Tchen-la est un pays de montagne entrecoupées de vallées. Le Midi renferme de grands marécages, avec un climat si chaud que jamais on ne voit ni neige ni gelée blanche ; le sol y engendre des exhalaisons pestilentielles et fourmille d’insectes venimeux. On cultive dans le royaume du riz, du seigle, un peu de mil et du gros millet ».

Au total, la civilisation du Cambodge préangkorien, héritière du Fou-nan, notamment en matière d’hydraulique agricole et aussi de religion et d’art, influencée en matière d’architecture par le Champa, a pris au cours du VIIe siècle un dynamisme qui lui permettra, après une éclipse au siècle suivant, de dominer pendant une longue période le Sud et le centre de la péninsule.

La division du Cambodge : Tchen-la de terre et Tchen-la d’eau.

Au Cambodge, les histoires des T’ang nous apprennent, que peu après 706, le pays se trouve divisé en deux et retourna à l’état anarchique antérieur à son unification par les rois du Fou-nan et les premiers rois du Tchen-la : « La moitié septentrionale, remplie de montagne, et de vallée fut appelée Tchen-la de terre. La moitié méridionale, borné par la mer et couverte de lavs, fut appelée Tchen-la d’eau ».

La sécession eut apparemment pour origine l’anarchie qui suivit le règne de Jayavarman Ier mort sans héritier mâle. En 713, le pays était gouverné par une reine nommée Jayadevî : on d’elle une inscription trouvée à Angkor, dans laquelle elle se plaint du malheur des temps, et mentionne des donations à un sanctuaire de çiva Tripurântaka qui avait été fondé par la princesse çobhâjayâ, fille de Jayavarman Ier, mariée au brahmane çivaïte çakrasvâmin né dans l’Inde. Jayadevî est nommée dans une autre inscription d’où il ressort qu’elle était elle-même fille de Jayavarman Ier. Vers la même époque, un prince d’Aninditapura, nommé Pushkara ou Pushkarâksha devint roi dans çumbhupura, site représenté par groupe archéologique de Sambor sur le Mékog en amont de Kratié, où il fit graver une inscription en 716. On a supposé qu’il contint cette royauté « par mariage », mais c’est une hypothèse gratuite, et l’on peut tout aussi bien songer à un coup de force occasionné par la vacance du trône.

Il n’est pas impossible que ce soit Puskarâksha qui reçut à sa mort le nom posthume d’Indraloka, mentionné dans une inscription de Sambor comme celui de l’arrière-grand-père d’une reine régnant en 803. Quoi qu’il en soit, sa prise de possession de çambhupura semble avoir marqué le début de la sécession.

Du Tchen-la de terre, on ne connaît dans la ,première moitié du VIIIe siècle qu’une ambassade en 711, et une expédition au Vietnam en 722 pour aider un chef indigène dans sa révolte contre la Chine. Quant au Tchen-la d’eau, il semble avoir été lui-même divisé en plusieurs principautés. Celle d’Aninditapura, dans le Sud, avait eu pour chef, à une date indéterminée, un certain Bâlâditya qui donna peut-être son nom à une ville de Bâlâdityapura que les Chinois mentionnent, sous le nom de P’o-lo-t’i-po, comme la varie capitale du Tchen-la d’eau. Bâlâditya prétendait descendre du brahmane Kaundinya et de la Nâgî Somâ, et fut considéré plus tard par les rois d’Angkor comme l’ancêtre par lequel ils se rattachaient au couple mythique : il devait donc avoir quelque rapport avec les anciens rois du fou-nan. Vu la ressemblance des noms, on peut supposer qu’il eut parmi ses successeurs un certain Nripâditya qui a laissé dans l’Ouest de la Cochinchine une inscription sanskrite non datée, mais pouvant remonter au commencement du VIIIe siècle, c’est-à-dire au début de la sécession.

Le Cambodge : les deux Tchen-la (second moitié du VIIIe siècle).

Le Tchen-la de terre, appelé aussi par les Chinois Wen-tan et P’o-leou, et correspondant peut-être au territoire original du Tchen-la, envoya des ambassades en Chine, en 753 sous la conduite du fils du roi. En 754, ce même prince ou un autre fils du roi accompagna les armées chinoises opérant contre le Nan-tchao oriental où régnait le roi ko-lo-fong. D’après G.H. Luce, le Man chou mentionne à l’époque de la division du Tchen-la une expédition du Nan-tchao qui aurait atteint la mer, peut-être le Grand Lac. En 771, une ambassade est dirigée par le second rois, nommé P’o-mi, puis en 799 nouvelle ambassade. L’itinéraire de Kia Tan de Chine en Inde par voie de terre place sa capitale, à la fin du VIIIe siècle, en un point qui a d’abord été localisé dans la région de Pak Hin Bun, sur le moyen Mékong, mais qui se trouve sans doute beaucoup au sud, vers le centre du Tchen-la primitif. C’est peut-être à cette époque que remonte une inscription au nom d’un roi Yayasimhavarman trouvé à Ph’u Khiaos Kao dans le district de Ch’aiyaph province de Korat.

Du Tchen-la d’eau, on a quelques inscriptions de la région de çambhupura (Sambor) : deux d’entre elles, datées de 770 et 781, émanent d’un roi Jayavarman. Une inscription de 791 trouvée dans la province de Siem Reap, et mentionnant l’érection d’une image du Bodhisattva Lokeçvara, est le plus ancien témoignage épigraphique de l’existence au Cambodge du bouddhisme du grand Véhicule. On ne sait quelles datesattribuer à une série de princes, ancêtres des premiers rois d’Angkor, que les généalogies gratifient du titre de roi et qui ont pu effectivement gouverner les diverses principautés entre lesquelles le moyen et le bas Cambodge étaient divisés. Une reine « aînées », Jyeshthâyâ, petite-fille de Nirpendradevî et arrière petite-fille du roi Indraloka, fit une fondation à Sambor en 803, un an après l’avènement de Jayavarman II.

On aurait tort de croire qu’à cette période troublée de l’histoire du Cambodge corresponde une éclipse de l’art khmer. C’est au contraire au VIIIe siècle que les historiens de l’art sont amenés à placer des productions particulièrement intéressantes de l’art préangkorien, intermédiaires entre le style de Sambor Prei Kuk et celui du Kulèn.

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 07:58

La neutralité cambodgienne

M. Phillipe PRESCHEZ a écrit un essai sur la démocratie au Cambodge, publié en 1961 dans la revue de la Fondation Nationale des Sciences Politiques (n° 4). Dans la section II, l’auteur a traité un sujet sur la neutralité cambodgienne que j’aime bien le soulever pour un débat public. L’intérêt de ce débat est plutôt intellectuel qu’autres choses. Je sais que ce n’est pas un sujet d’actualité au Cambodge, mais il mérite d’en parler, parce que j’ai entendu parler qu’il pourrait être une des solutions pour résoudre des problèmes avec nos voisins, la Thaïlande et le Vietnam. Chacun est libre de croire à cette solution. Et je le respecte. Quant à moi, je ne vois pas quelle est son utilité dans le monde d’aujourd’hui.

Quand nous voulons être neutre, il faut d’abords que nous ayons les moyens pour vivre sans tenir compte l’aide des autres. Nous sommes neutre par rapport à quoi et à qui ? Pourquoi, nous voulions toujours revenir aux pratiques du passé, dont l’échec s’est avéré. Chez nous, Cambodgiens, j’ai remarqué qu’il y ait du passé qui ne passe jamais. Tant mieux, si ce passé permettait de nous construire l’avenir plus meilleur. Malheur, s’il servait à ruminer uniquement des souvenirs frustrés. La guerre froide est finie depuis la chute du mur de Berlin. Nous sommes aujourd’hui dans le siècle de mondialisation, l’ère de la puissance des moyens de communication de toute nature, la victoire de la démocratie libérale, etc. Est-ce que le mot « neutralité » ait encore un sens quelconque dans ce monde d’aujourd’hui ? Pendant la deuxième guerre en Irak, la France ne voulait pas participer dans ce conflit militaire ; ça ne veut pas dire qu’elle voulait être neutre par rapport aux Américains, aux Chinois, aux Russes, mais à ce moment-là, la France voulait seulement avoir sa propre politique extérieure.

(Extrait dans l’essai de M. Phillipe PRESCHEZ)

La neutralité est un élément de l’idéologie du Sangkum (Mouvement politique du Prince Sihanouk), mais elle se définit non comme une doctrine, mais comme un réalisme, une attitude dictée par les faits. La meilleure définition est celle qui en est donne par le prince Sihanouk lui-même : « Dans nos relations internationales, écrit-il, nous avons favorisé une neutralité qui aux Etats-Unis est souvent confondue avec le neutralisme, encore qu’elle en diffère fondamentalement. Nous sommes neutres de la manière dont le sont la Suisse et la Suède, et non neutralistes comme le sont l’Egypte et l’Indonésie ; que l’on examine nos votes aux Nations Unies ; ils ne sont pas souvent alignés avec le vote des nations neutralistes. C’est encore une discipline excessive pour nous ; seul l’indépendance nous permet de protéger constamment notre liberté, de traiter à chaque moment nos problèmes dans la seule perspective de l’intérêt national ». Et il précise le fondement de cette neutralité : « Notre neutralité nous a été imposé par la nécessité. C’est que le Cambodge est une nation de cinq millions d’habitants avec des minorités nationales importantes et disposant d’une armée de 25 000 personnes… En pratiquant une neutralité sincère on enlève tout prétexte à l’agression. Nous avons une chance de ne pas appeler l’orage sur nos têtes, et un orage peut être dangereux là où il n’y a pas de paratonnerre ». Sihanouk dénonce d’autre part le mécanisme de la « vassalisation de l’alliance ». Dans un article publié dans la Réalités cambodgiennes, il écrit : « Sur le plan militaire (en cas d’alliance avec l’Occident), nos effectifs anormalement gonflés nous mettraient à l’entière discrétion de l’aide américaine, dont l’ampleur pourrait dépendre de notre docilité. Quant à l’alignement sur l’Est, ce serait non seulement la fin de notre monarchie millénaire et de notre démocratie sociale nationale, mais encore la fin de notre religion dont les bonzes seraient transformés en pantins ».

La version cambodgienne du non-engagement est donc la conséquence d’une vue réaliste des choses. Elle ne comporte aucune prétention à une valeur universelle ou à un messianisme. Elle ne se pose pas en donneuse de leçon. Elle a été qualifiée parfois de « neutralité historique » dans la mesure où elle se trouve conforme à la position géographique du Cambodge, aux traditions historiques d’un pays qui a subi l’intrusion thaïe ou annamite, au tempérament national khmer, dont on connaît la traditionnelle fierté.

Si d’un point de vue doctrinal, la neutralité cambodgienne est surtout un réalisme pacifique et sans illusions, elle n’en est pas moins une idéologie bien vivante. Nous avons vu qu’à l’occasion du 4è Congrès national il a été décidé d’adopter un Acte de neutralité donnant forme de la loi permanente à la neutralité du Cambodge et venant s’ajouter à la Constitution. Il existe un Comité de défense de la neutralité. Et, d’une manière générale, la neutralité est l’objet de référence constantes dans la presse et dans tous les discours. C’est d’ailleurs un trait de l’idéologie du Sangkum qui obtient un ralliement unanime (même de la part des progressistes du Pracheachon). Les bénéfices de la neutralité sont évidents pour tous. Le Cambodge est le seul pays dans la péninsule indochinoise à connaître la sécurité intérieure. L’Est et l’Ouest rivalisent d’empressement auprès de lui pour l’aider à sortir de son état sous-développement.

Quelles sont les chances de succès de cette neutralité, condition de survie de l’expérience démocratique cambodgienne ?

L’armée est plus « occidentale » que le Sangkum, de tendance moins neutraliste. Le Prince déclare lui-même : « Nous sommes neutres, mais nous ne pouvons recevoir d’aide militaire que d’un seul bloc ; accepter une aide du bloc adverse nous ferait perdre le bénéfice de l’aide précédente ». Mais l’Armée n’est jamais intervenue dans la vie politique depuis l’indépendance. Grâce à la neutralité, elle est assez faible : elle compte actuellement 31 000 hommes et peut, en cas d’urgence, rappeler immédiatement 7 000 réservistes et anciens militaires de carrière. Et surtout elle est d’une part fidèle à la monarchie et au Prince, et d’autre part fort bien tenue en mains par le général Lon Nol, Chef d’Etat-Major général des F.A.R.K., officier calme et efficace, qui se tient sagement à l’écart des luttes factions. Notons que l’Armée a une part importante dans les réalisations du « socialisme khmer » : hydraulique agricole, défrichements, voies de communication, etc. Et elle assure l’instruction militaire élémentaire des membres de la J.S.R.K., le vaste mouvement de la jeunesse, présidé par le Prince. Autour du Prince Sihanouk, du Prince Monireth et du général Lon Nol, l’Armée fait preuve d’un parfait loyalisme.

En revanche, certains dangers menacent nettement la neutralité cambodgienne. Il convient ici de mesurer les possibilités de contamination communiste. Le Cambodge dispose d’atouts considérables : les paysans sont pour la plupart propriétaires de leurs terres ; la puissance des bonzes, l’attachement à la monarchie, le prestige de Sihanouk conditionnent les attitudes ; et le communisme khmer sans chefs et sans troupes, soupçonné d’être au service du Nord Vietnam, manque nécessairement de virulence. Le communisme ne touche donc qu’une minorité de l’intelligentsia. Mais la propagande clandestine vietminh fait des progrès auprès des Vietnamiens du Cambodge. La communauté vietnamienne demeure dans sa grande majorité favorable au gouvernement de Hanoï et non à celui de Saïgon et 60 % des 250 000 Vietnamiens semblent acquis à l’idéologie communiste. En outre, dans quelques rares régions, l’occupation vietminh de 1949 à 1954 a laissé des traces et des agents (région de Pailin et certains Sroks des provinces de Kampot, de Takeo et de Kompong-Cham). Toutefois ce danger semble pouvoir être conjuré. Et l’action des Vietnamiens ne fait souvent que compromettre le Pracheachon, qui subit alors les vexations et les tracasseries de la police.

Cependant un danger nouveau menace la neutralité du Cambodge : le déséquilibre croissant entre l’aide qu’il reçoit des pays communistes et celle des pays capitalistes. Les quatre usines que les Chinois ont bâties ou achèvent n’ont pas d’équivalent dans le Sud-Est asiatique. De nombreux techniciens chinois sont venus en faire des centres de formation technique, mais aussi de contagion politique.  L’augmentation de l’aide chinoise va permettre de construire deux nouvelles usines : l’une de sidérurgie, l’autre de petites constructions mécaniques. La Chine envoie de plus des techniciens agricoles. De leur côté, les Russes vont construire une école polytechnique. Pendant ce temps-là, l’aide américaine (qui a été généreuse, mais s’est éparpillés sans financer des investissements à long terme) et l’aide française diminuent considérablement.

D’autres périls plus grands encore menacent également la neutralité khmère. C’est la chute éventuelle du Laos et du Sud-Vietnam dans le communisme. Le Prince Sihanouk a déclaré récemment : « Entre le Laos et le Sud-Vietnam, le Cambodge est comme une paillote inflammable entre deux paillotes où le feu a pris ». Et si le Prince s’efforce de jouer un rôle de conciliateur dans l’affaire laotienne, il se sent désarmé du côté du Sud-Vietnam où la situation se détériore pour le seul étonnement des Américains.

C’est également « le risque de la balkanisation morale ». La neutralité, jointe à l’impossibilité de former sur la place les élites, entraîne l’hétérogénéité des éducations données à l’extérieur. Les associations d’étudiants cambodgiens en France sont prises en main par des jeunes gens imbus d’idées marxistes. D’autres étudiants reçoivent en Union soviétique ou en Chine une formation communiste. D’autres encore sont envoyés au Canada ou aux Etats-Unis où la formation est très différente. À plus ou moins longue échéance, le Cambodge « pourrait devenir un champ clos où se heurteraient des clans et des élites opposées ».

C’est enfin « le poids colossal de la Chine des sept cents millions d’habitants que l’Asie du Sud-Est porte sur la tête ». Pour préserver son intégrité territoriale, le Cambodge n’hésiterait pas à accepter la communisation et le protectorat chinois. À moins que l’U.R.S.S. ne mène le jeu et qu’il ne faille passer par Hanoï…avant peut-être d’en venir à Pékin. Mais ceci est une autre.

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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 10:44

Conte khmer : M. Kong Hien.

Morale de l’histoire : Semis du riz soulève la terre, la femme soulève l’homme.           

Jadis, il y avait un homme, nommé Kong. Celui-ci a deux épouses, nommées Aing et Kom. Un jour, Kong amène ses deux épouses pour se rendre visite aux parents habités dans une contrée lointaine. Leur chemin doit traverser une forêt où il y a un tigre féroce qui rôde jour et nuit à la recherche de la nourriture. Ce jour-là, le tigre ayant les crocs, vient se cacher tout près du chemin dans l’espoir de trouver sa proie. Quelques heures d’attente, il aperçoit trois hommes qui marchent à la queue le leu. D’un bond, il sort de sa cachette, émette un cri et se précipite vers Kong. Vu le titre en colère de faim, le cœur de Kong remplie vite l’air de frayeur. Avec son stimulus, Kong ne pense qu’à courir pour se cacher dans un trou d’un arbre. Dedans, son corps tout entier se tremble, il ne se contrôle plus de sa crainte d’être dévoré vivant par le tigre. Il pisse dans son sarong et prie les génies de la forêt pour venir en aide. En revanche, les deux épouses n’ont pas peur de l’animal. Avec leur bâton à la main, elles courent vers le tigre et l’abattent à mort. Vu le tigre ne bouge plus, Kong sort de sa cachette, arrache le bâton de la main d’une de ses épouses, frappe avec toutes ses forces sur le corps du tigre sans vie.  

- Pourquoi tu frappes encore, tu es aveugle ou quoi ? il est mort, Aing gronde son mari,

-Tu ne peux pas me faire croire que ce titre a été tué par vous deux. Les femmes ne peuvent pas faire ce genre de chose, il n’y a que l’homme qui peut tuer ce tigre, met ça dans ta petite tête, imbécile, dit Kong.

Connaissant le caractère de leur mari, les deux épouses n’ont pas prêté attention à lui répondre. En tout cas, dans ce genre de situation, la meilleure solution, c’est de lui laisser parler jusqu’au bout, quelque incongrue que soit sa parole. Après quoi Kong arrache quelques tiges de lianes pour attacher le titre et l’amène sur son dos au village. Vus Kong porte le tigre au dos, les villageois courent après Kong pour lui demander, comment il a fait pour tuer ce tigre féroce. Les femmes de Kong racontent l’histoire aux badauds, mais Kong les interrompe et dit : « Il ne faut pas croire à mes femmes, elles se plaisantent. Depuis la nuit des temps, on n’est jamais vu les femmes pouvant tuer un tigre de cette taille avec du simple bâton.  C’est moi, qui l’ai tué avec mes techniques des arts martiaux ». Quand il termine sa phrase, Kong fait une démonstration de ses techniques en soutant et criant comme un maître de boxe. Il mélange les gestes et les cris, ce qui donne un effet à la fois comique et touchant. Vu cette démonstration, les gens n’ont plus de doute sur la capacité de Kong. Ils admirent Kong et lui attribue un surnom  « Hien » (Kong le courageux). Cet exploit se répand jusqu’au roi du pays. Il convoque ce brave et le nomme Grand officier de son armée.

Quelque temps après, le pays est attaqué par des troupes étrangères. Kong a reçu l’ordre du roi pour partir combattre les ennemis du Royaume. Arrivé à la maison, Kong a l’air triste et ne mange plus son repas. Vu l’état de leur mari, les deux épouses demandent à Kong :

Pourquoi es-tu triste ?

J’ai reçu l’ordre du roi de partir à la guerre, j’en ai peur, répond Kong.

Les deux épouses rassurent leur mari en promettant d’aider Kong dans cette mission militaire.

Le lendemain matin, Kong conduit ses troupes aux champs de bataille. Il s’assied sur la tête de son éléphant de guerre, ses deux épouses montent aussi sur l’animal. À la vue de la formation des troupes d’ennemis, la peur envahit l’esprit de Kong. Son ventre se contracte, bien entendu cela laisse sortir les excréments et l’urine par la voie naturelle dans sa culotte.  Sentir la fraîcheur sur sa tête, l’éléphant pense que son maître lui à donner l’ordre de charger les ennemis. Il sort de la ligne et commence à courir tout seul vers les ennemis. Vus, cette attaque soudaine, les soldats d’ennemis pensent qu’ils sont en train de faire face à un génie invincible et invulnérable. Ils abandonnent leur formation de combat et courent dans toutes les directions pour se sauver leur vie. Quelques instances plus tard, Kong se réalise, malgré sa peur, il est en train de gagner la bataille. Les soldats de Kong crient la victoire et ruèrent vers les ennemis en les tuants en grand nombre. Quand Kong descend de son éléphant, beaucoup des officiers sentent l’odeur des excréments venant de Kong. Pourquoi vous avez fait vos besoins dans votre culotte, demande un de ses officiers. Kong lui répond avec un ton moqueur :  « Tu crois quoi, dans cette situation, je ne peux pas demander la permission à mes ennemis d’aller au petit coin. Tout le monde rit. Cette réponse ne convainc pas l’ensemble des auditeurs. Quelques officiers pensent que Kong ment. Les autres ont accepté cette explication sans chercher à savoir plus. Ayant appris la victoire de Kong, le roi est content et récompense Kong. 

Quelque temps plus tard, les gens sont venus se plaindre au roi qu’il y a un crocodile féroce qui attaque tout le temps les pêcheurs et les villageois. Le roi ordonne à Kong d’aller tuer ce crocodile. Pendant la nuit, taraudé par un ordre du roi, il commence à observer des étoiles qui se situent de part et d’autre de la Voie lactée. Un sentiment de honte l’assaille : Kong se dit, cette fois, c’est fini pour lui :  « Comment je peux tuer la chose dans l’eau, je ne sais même pas nager. Vus, la tristesse de leur mari, les épouses rassurent encore une fois à aider Kong dans sa mission humanitaire. Le lendemain matin, Kong part avec ses épouses et les autres membres de sa famille au point d’eau où vit le crocodile féroce. Arrivé à cet endroit, désespéré, Kong décide de se suicider en offrant son corps au crocodile. Quand il voit ce grand reptile, il saute dans l’eau à l’endroit où il y a deux arbres côte à côte. Le crocodile entend le bruit et voit un corps humain dans l’eau, il quitte précipitamment sa tanière pour dévorer sa proie. Sur son élance rapide, son corps est coincé entre les deux arbres. Il s’efforce en vain de toute son énergie pour se libérer de ce piège naturel. Quelques instances plus tard, Kong ne voit pas le crocodile vient dévorer son corps, il sort de l’eau et voit son meurtrier se bloque entre les deux arbres. Il ordonne aux membres de sa famille de tuer immédiatement le crocodile. Encore une fois, Kong est récompensé par le roi.


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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 05:58

Khmer nationalism 

I began this essay by asking me questions : What are our thoughts on nationalism khmer ?

Let me first of nationalism. According to Ernest Gellner, professor of social anthropology at Cambridge University this defines nationalism : " Nationalism is primarily a political principle, which asserts that political unity and national unity must be congruent. It is against this principle that nationalism as a feeling or movement can be better defined. Nationalist sentiment is the feeling of anger aroused by the violation of this principle or the feeling of satisfaction that comes its realization. A nationalist movement is a movement led by such a feeling".

In the minds of many of the Khmer, the glory of the Angkor period, gives us every right to think that our country remains a great country. Let us remember that this nation was built in a long process of evolution and complex, as Ernest Renan said that a nation is built by both the living and the dead. The Khmer Nation, in fact, since Fou-nan to Chen-la and Chen-La to Norkor Thom and Norkor Thom to Kampuchea yesterday and today had evolved, it is still evolving today and tomorrow will continue to evolve on the basis of progress and improvement, that is to say about the mix between old and new.  After twenty-one century of evolutions, we make a bitter report : We are not anymore a big country, despite the existence of the temple of Angkor. But it is curious to know what remains of Khmer nationalism after centuries of decadence.

Speak of nationalism, it is imperative to know beforehand what is a Nation? " We would have probably as much definitions, each regime and political power have its own definition. And to avoid returning to the retailer without end, we give here the definition that has an universal common value.

Ernest Renan writes : " A nation is a soul, a spiritual principle. Two things, actually, are but one, constitute this soul or spiritual principle. One is in the past, the other in the present. One is the possession in common of a rich legacy of memories, the other is present-day consent, the desire to live together, will continue to claim the legacy that has received undivided. Man, gentlemen, not improvised. The nation, as individuals, is the culmination of a long past of endeavors, sacrifice and devotion. Ancestor worship is all the more legitimate the ancestors have made us what we are. A heroic past, great men, glory (I mean the real), is the social capital upon which one bases a national idea. "Better is the nation where the men spend their life in common and where the laws remain untouched. But what is the end of the nation ? The preservation and prosperity of its members. And what is the surest sign that it is preserved and prosper ? There is peace in social progress. 

Khmer nationalism justified by glory and pain :

The Khmer Nation is an old nation. It has its history in which there was the glory and suffering of common people. The temple of Angkor and the others are national pride. The joy of watching the Khmer temples wherever they are, is a reality, an eternal truth in the heart of Cambodia. When it comes to emotion, we can not betray the nature of man. But in the history of the Khmer, there was also at pains to tel l: The civil war, foreign aggression, decadence, etc.

The joy and the pain strengthen ties between the Cambodians. They are born khmer nationalism. Renan also said : "Having suffered together, yes, suffering in common unites more than joy. With national memories are concerned, mourning are better than triumphs because they impose duties, they order the common effort. " 

Khmer nationalism justified by the cultural value :

This topic is dear to the late Professor Keng Vannsak, sociologist and linguist khmer. His thesis was in contrast with that of French scholars. S. Levi, French scholar, writes :

"India gives its fables to his neighbors who will teach the world. Mother of faith and philosophy, it provides three quarters of Asia a god, a religion, a doctrine, an art. It is his sacred language, its literature, its institutions in the East Indies to the limits of the known world and then bounces back to Madagascar, perhaps the coast of Africa where this influx of immigrants Hindus seems to follow the footsteps clouded past.

The points of discord Keng Vannsak with French scientists are not on the word "influence", that is to say, the influence of Indian culture with that of the Khmer, but rather on the word "no", c that is to say the absence of the culture of Khmer origin. When a nation has its own strong culture of origin, it can not be influenced by another culture on its own, but rather a deliberate choice on his part for its innovative culture.  For him, the examples don’t miss to demonstrate that this renovation is real, it known as the "nationalization".

Keng Vannask adds : "This is not a mistake for the very great civilizations, however, that borrow themes common to other civilizations. The literatures of peoples reflect and facilitate the interference between the currents of civilization. But that is precisely not those loans which, to be understood and accepted by all people, should be foremost, assimilated and refashioned by a "nationalization "long, deep and constantly renewed.

Thus the Ramayana India turned into Reamker khmer. And if the book title, characters and places of action still remain vaguely Indian names, content on the other hand, differs completely from the work of Valmiki.

Opposite the Buddhist literature, the transformation is not as radical. Nevertheless, some Jatakas are accepted and retained because they received a form and substance consistent with the Aesthetics and Ideology Khmer.

Such remodeling is a form of Khmérisation in art as in language, this khmérisation done by two main trends of the Khmer civilization namely: Realism and Rationalism. It is precisely these two trends have proceeded to the humanization of God Rama and given a systematic form of "argument" in Reamker.

But the Khmer Realism is not merely to bring the divine to the human, the sublime to the ordinary, wonderful reality. There is also a means of action. Efficiency is not a function of metaphysics, but the pragmatic one based on "accurate knowledge and prudent and be" useful. "

From 1970, this debate had flourished because Professor Keng Vannsak no longer the political barrier to increasing the sound of his voice to criticize the foreign scientists of all sizes, of course in the field of Khmer culture. But his only fault is that he never published articles on this subject, I said post, because it is highly likely he has written much. The publication with parsimony of his work makes defect to his supporters, because every time they faced on this issue with their opponents, it is difficult for them to make reference to specific ideas of their Guru. In any case, M. Keng Vannsak was a great patriot and nationalist conviction. Despite its flaws like any human being, it represents the youth of my generation, a symbol of "protest the dictates of power all its forms." In the minds of many, he is the scientist of the Khmer. During his lifetime, Radio Free Asia (RFA) was able to save many hours of conversation with him. The thesis Keng Vannsak is a form of 'Nationalism khmer "in the field of Culture.

Let's talk a little about our cultural nationalism. Yvonne Bonger wrote in his book (the Cambodian monarchy) said :

"Cambodia Angkor, as it is known to us by epigraphy appears as a deeply Indianized, at least at the level of the ruling classes." 

My view : We know that the penetration (in the middle of the fourth) of the major Indian religions in Cambodia, with two Hindu deities "antagonistic" and especially Vishnu ç iva and Mahayana Buddhism (Great Vehicle) with Bodhisattvas (candidate for the dignity Buddha), model and intercessors, undoubtedly a strong influence in the Khmer thought. This importance does not destroy the backbone of the Khmer society but rather complement the missing parts, which are: the science of government and philosophical thought which are two important elements for the progress of a nation. The coupling of two systems of society is born without any doubt the embryo of the Khmer civilization. Being in a stage of realization, our culture easily absorbs the Indian thought, which is expansive period of development. This combination creates a successful trust and mutual interests between the government and indigenous Brahmins with merchants coming to profess Hindu statecraft to Khmer monarchs. To be on good term with the local authority which is already in power, the Brahmins are forced to bend to their caste system, to recognize a certain value of Aboriginal culture and to ignore the practices of kings Angkor. So they are implementing the policy of assimilation of their belief in the commercial culture of the country. This policy has more appeal to Khmer kings and their courts because they do not see Hinduism as a direct threat to their temporal power, but rather to help the Monarchs become eternal. They readily accept, in effect, to convert to the religion of converts and later transformed into a doctrine of governmental their imperial kingdom.

Apart from the remains of temples prestigious parent Kampuchea today, we see no trace of caste Hinduism in Khmer society. At first seen and known of Khmer history, we are grateful that our kings of Angkor were right to remove a decent social boundaries between the Khmer to make our society more humane at the time of transplantation of Hinduism in our faith .

The law of Hinduism is absent in the daily life of Khmer, because it governs by laws rather than Khmer. Here's a sample: The "Words of the Wise" :

"- Rich, help the poor, as they help such pieces of cloth around a naked body.

"- Scientists, protect the ignorant, as they protect you like sampans to help a big wreck.

"- Powerful, also want on the weak,

"- Well fed, feed the hungry,

"- Blessed, think about the poor, such as anchors, sails and ropes to help the big ships that you are not to sink to the bottom of the ocean of life constantly agitated by storms ....

We know that cultural change is often a very painful experience, and also because of competing cultures were in conflict to capture souls, just as there were centers of political power that vied to bribe men and seize their territory during the transition period should be subjected to violence and conflict. However one notes that there were not violences, nor conflict in the conjunction between the culture of Khmer origin and that of India. The actual historical facts confirmed.

This is to show us that the Khmer Nation had not been afraid in the past to have contact with a civilization of Hinduism, one of the powers in the world. This insurance gives rise instead khmer nationalism. 

Khmer nationalism justified by fear :

Two famous political memoirs, "the Khmer mentality" Bun Chan Mol and "march west" Noun Kheun us today. The first, written in 1970, calls on his countrymen to abandon the practice evil Khmer selfishness. The second, written in 1971, shows that there is a danger to our country from neighboring countries, Thailand and Vietnam, while Cambodia was not able to achieve a liberal democracy in our system of government. These two calls are pathetic I think a maxim Khmer, in which our ancestors had wanted to remember the "evil khmer, whose goal is not to humiliate the Khmer people, but to give him the opportunity to draw lessons, to reform, improve and avoid, to the country tomorrow that disillusioned. This maxim is this :

  • Thais never give up the method,
  • Vietnamese never abandon hypocrisy
  • Khmer miserable never abandon defamation.

When the country is in trouble, M. Douc Rasy, an intellectual khmer writes: "It remains so to say that patriotism and a sense of belonging to the same community. It is both little and much the same time provided we know the highlight. If a widespread feeling, we can make a reason to live, then we will mobilize all forces available to us in his service. The reason will realize the hope of the future. "

The reason, in a weak position, should not be based on fear of others, but rather on self-confidence.

Since I have the age of reason, I always heard and I hear that Vietnam and Thailand have stolen and yet steal Khmer lands. I therefore ask what have we done so we can fly like that ? One tells me that the reasons are multiple :  civil wars, the failure of leaders, the absolute monarchy, the French colonization, Buddhism, etc. I ask myself another question: Does the Vietnam and Thailand, they had no such problems ? This question is taboo seen the concept of Khmer nationalism based on fear of others, but paradoxically whenever we had problems between us, we did not hesitate to ask others for help. In this confused state of mind that Kampuchea has also lost its empire.

He must know that the decline of the Khmer nation since the thirteenth century was not only military was that of the spirit of nationalist ideology and finally that of any economic organization, culture and politics. This decline is so profound to this day still causes and consequences are rarely fully analyzed, reduced to facts cited above. How this decline is she thinking ?

Now with the unification of the three Ky (Tonkin, Annam and Cochin China) and the emergence of industrial society in Thailand were the consequence of allowing both countries to dominate economically Kampuchea and sometimes their populations of having the feeling of being superior to the Khmer population.

Given this reality, fear of Vietnamese and Thai become our obsession of all time. Our debate revolve around this topic. It becomes a major issue for intellectuals Khmer. When one raises the question : What to do ? The answer is so simple to understand: Request assistance to the UN and the powerful countries, etc. But where are the Khmer in these debates ? They could not do anything. But are the voters ? They gave their votes to the CPP (2 / 3 of seats in the National Assembly) to govern Kampuchea freely. No, no, it was cheating. The CPP has bought the voices and threatened retaliation. But we hesitate not to validate in a timely manner, the results of elections for seats in the National Assembly. They also told me, it takes time to teach Khmer to know their rights and duties as citizens. We always forget that the Khmer today know better than anyone else's rights, because each time there is a dispossession of their lands and other violations nature of human rights, I note that they know will fight for their rights. Of course, they did not win because the gain, because their means used are illusory compared to the power of administrative and economic power. But that is another matter. I think that we ought to have any doubt about the ability of the Khmer understand the functioning of public liberty, whose rights and duties of citizens are principles. When the CPP won the elections, should not always believe that he cheated, he was also the Democrats Khmers ask themselves why they have accepted this situation. When we yield to the fundamental principles of democracy such as elections, should not be surprising that there is any slippage in the current regime to the political hegemony. That is the rub, the Democrats can criticize the ruling party all they want but when it comes from "Basic", they turn their backs to avoid seeing it. In this case, how can they be credible vis-à-vis the voters ? This acceptance is it not also a proof of lack of comfortable support of the populace so that they can vigorously defend democracy .

Democrats raise fears of others to justify their nationalism. But what are their "universal joint" ? M. Dy Kareth, an intellectual khmer known, has done well to raise issues of unity of thought Democrats Khmer as a subject of debate. We can not, in fact, to identify, with the exception of a few bases known: fear of others, anger against the ruling party, the feeling of satisfaction about the adverse powerful countries in the address the current khmer royal government, etc. These bases are known they "social capital" on which sits a common idea? Of course not, because these bases there are simply common denominators that serve only to carry out all actions occasional whose interests are congruent.But the lack of unity of thought on the country's history, a heroic past of great men, glory, a common will to continue to claim the legacy that has received undivided, etc. not allow the Khmer Democrats to work together on a future project. Do not forget that the Cambodians knew the word "Khmer Democrats" since 1947 and we are now in 2009, more than six decades, the Democrats continue Khmer always begging their identity. Currently both sides of the parliamentary opposition, claiming the title of Democrat, will find it difficult to agree their common policy. The ISP, with over a million votes and PDH, with 400,000 votes, in the last elections, everyone was still hoping to win solo for the next competition. It seems to me their willingness to work together would create more fear, coercion, duress, the interest that the formation of a new force to develop democracy in Cambodia. The other fear is it a factor of disunity? This is an important issue that deserves to be discussed.

M. Noun Kheun writes : "Nationalism is not only a sense of patriotism, it is also a movement to upgrade the national ideology and any other value that supports the achievement of the development of national strength in the political and economic. In this, our first duty is to strengthen our nationalism, which constitute the solid foundation of our nation. This foundation will be able to transform in efficient national ideology. In other words, for the word "nationalism" is in its true sense, we need all the elements listed above are met. In addition, the development of nationalism depends on that of democracy which allows people to participate in state affairs. This will enhance social justice. If there was no "duty", he never nationalism. In this condition, the sound of the word "patriotism" is more like the sound coming from a hidden drum, which nobody attaches any importance. "

Cambodia was a great nation. Today in size and number of its population, it becomes a small country compared to Vietnam and Thailand. We know that much of its territories were annexed by the two countries and a large number of Khmers living in these territories have become irredentist nationalists to defend their culture, but they do not claim autonomy Land their ancestors. This proves that the integration of "external Khmer territory in the political society of Vietnam and Thailand is well done. In addition, the amputation of Khmer territory during the period of French protectorate has also been recognized by the Cambodian government and international law. Today, tThe lot of Khmers who still might question the policy of expansionism Vietnam and Thailand : What it was yesterday, what it is today and what it will be tomorrow. Because he believed that both countries would not be afraid to usurp their rights on Khmer territory, they had the opportunity to do so. For this reason, the Khmer Nation has more need than ever to bring about "khmer nationalism" based on force and the national ideology. Both are the foundation of the Khmer nation.

Should be aware that nationalism is not an ideological invention to serve a political doctrine based on the rule of the nation and racism as the case of National Socialism of Adolf Hitler. "

What is the national force Khmer ? The national strength is not a force or aggressive neighbors, or a force of oppression of the population, it would be a force for social cohesion and of national unity.

What is the national ideology Khmer ? Khmer ideology based on the principle of « Realism » : The peace, national independence, territorial integrity, liberal democracy and Buddhism.

Finally, the strength and the national ideology seeking to give people a sense a unity and a landmark. The being of people founded the Nation. I am conscious in writing this essay that the problem of nation, nationalism put itself and put himself again to Cambodia. When Cambodia opened, when a new type of globalization, organization of the region of Southeast Asia, the world therefore, starts up, it is important to understand how it thinks the nation, it presents the report to the nationalism which is now suspected of being based on fear of others.
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Published by Sangha OP - dans Articles en Anglais
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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 04:02

Histoire du Cambodge : Période Founanaise ou Première Période historique. 

(Extrait du livre de G. Coedès - Les États hindouisés de l’Indochine et d’Indonésie).

 

Les rois du Fou-nan :

Ier siècle :

-          Houen t’ien ou Kaundinya.

-          Houen p’an houang (filiation : descendant de Houen t’ien).

-          P’an-pan ( Second fils de Houen p’an houang, durée de règne 3 ans).

IIe-IIIe siècle :

-          Fan Che-man ou çri mâra (Général). Il est élu roi après la mort P’an-pan.

-          Fan tchan (225-250), neveu de Fan Che-man, durée de règne : 20 ans. Roi usurpateur, il assassine l’héritier du trône, nommé Kin-cheng

-          Tch’ang (Fils de Fan Che-man), Roi usurpateur, il assassine Fan Tchan.

-          Fan-Siun (Général) (date d’ambassade : 268 à 287).

IVe siècle :

-          Tchan-t’an ou Chandan (Date d’ambassade : 357).

-          Kiao-Tch’en jou ou Kaundinya

-          çri Indravarman (date d’ambassade 424-453).

Ve siècle :

-          Jayavarman (Date d’ambassade 480-550)

-          Gunavarman (date d’ambassade 517-539) ; fils de Jayavarman avec la reine Kulaprabhâvati).

-          Rudravarman (le dernier roi du Fou-nan), de fils de Jayavarman avec une de ses concubines. Il assassine son demi-frère Gunavarman.

 

Les débuts du Fou-Nan.

Les Chinois appelaient Fou-Nan. Ce nom est la prononciation mandarine moderne de deux caractères prononcés autrefois b’iu-nâm, qui sont la transcription du vieux mot khmer bnam, actuellement phnom (Montagne). Les rois de ce pays avaient pour titre une expression signifiant « roi de la montagne », en Sanskrit parvatabhûpâla ou çailarâja, en khmer krung bnam, et c’est d’après ce titre royal que les chinois prirent l’habitude de désigner le pays.

Son centre se trouvait sur le cours inférieur et dans le delta du Mékong, mais son territoire dut englober à son apogée le Viêt-nam méridional, le moyen Mékong, et une grande partie de la vallée du Ménam et de la Péninsule Malaise. Sa capitale fut, à une certaine époque, Vyâdhapura (la cité des chasseurs), en chinois T’ö-mou qui est peut-être une inscription d’un terme khmer (dmâk,dalmâk) ayant le même sens. La ville était située, aux environs de la colline de Ba Phnom, et du village de Banam, deux toponymes de la province cambodgienne de Prei Vèng qui perpétuent jusqu’à nos jours le souvenir du nom ancien. D’après l’Histoire des Leang, cette ville était à cinq cents lis (200 km) de la mer. C’est à peu près la distance qui sépare Ba Phnom du site d’Oc Eo, où devait se trouve, sinon le port lui-même, du moins un emporium où étaient établis des commerçants étrangers.

Les premiers renseignements sur le Fou-nan proviennent d’une relation laissée par la mission des envoyés chinois K’ang T’ai et Tchou Ying qui visitèrent ce pays au milieu du IIIe siècle. Leur récit dont l’original est perdu, mais dont il subsiste des fragments épars dans les Annales et dans diverses encyclopédies, constitue, avec une inscription sanskrite du IIIe siècle, la base de notre documentation sur deux premiers siècles de l’histoire de ce pays.

D’après K’ang T’ai, le premier roi du Fou-nan aurait été un certain Houen-t’ien, c’est-à-dire Kaundinya, venu soit de l’Inde, soit de la Péninsule Malaise ou des îles du Sud. Celui-ci ayant rêvé que son génie familier lui remettait un arc divin et lui ordonnait de s’embarquer sur une grande jonque marchande, se rendit au matin dans le temple où il trouva un arc au pied de l’arbre génie. Il prit alors la mer sur un navire que le génie fit atterrir au Fou-nan. La reine du pays, Lieou-Ye (feuille de cocotier), ayant voulu piller le navire et s’en emparer, Houen-t’ien tira de son arc divin une flèche qui traversa de part en part la barque de Lieou-Ye. Celle-ci, effrayée, se soumit et Houen-t’ien la prit pour femme, mais mécontent de la voir nue, il plie une étoffe au travers de laquelle, il lui fit passer la tête. Puis, il gouverna le pays et transmit le pouvoir à ses descendants.

Telle est la version chinoise des origines dynastiques du Fou-nan. C’est sans doute la déformation d’une légende indienne, rapportée plus fidèlement par une inscription sanskrite du Champa. D’après celle-ci, le Brahmane Kaundinya, ayant reçu un javelot du Brahmane Açvatthâman, fils de Drona, le jeta pour marquer l’emplacement de sa future capitale, puis épousa une fille du roi des Nâgas, nommée Somâ, qui donna naissance à une lignée de rois. Cette union mystique, qui était encore commémorée à la cour d’Angkor à la fin du XIIIe siècle par un rite mentionné par l’envoyé chinois Tcheou Ta-Kouan, et dont la chronique cambodgienne moderne a gardé le souvenir, et identique à celle d’où se prétendaient issu les rois Pallavas de Kânchi, dans l’Inde du Sud. Les opinions sont d’ailleurs partagées sur l’origine lointaine de ce thème légendaire.

Quoi qu’il en soit, les évènements historiques qui reçurent ensuite cette affabulation ne peuvent pas être postérieurs au 1er siècle ap.J-C, car dès le siècle suivant, on se trouve au Fou-nan en présence de personnage historique, dont la réalité est attestée par l’épigraphie et par les historiens chinois.

D’après l’Histoire des Leang, un des descendants de Houen-t’ien, Kaundinya, nommé en chinois Houen-p’an-houang, mourut à plus de quatre vingt dix ans. Il eut pour successeur, son second fils, P’an-p’an qui s’en remit du soin des affaires à son grand général Fan-Man dont le nom complet était Fan Che-man, d’après l’Histoire des Ts’i méridionaux : « Après trois ans de règne, P’an-p’an mourut. Les gens du Royaume élirent tous Fan Che-man comme roi. Celui-ci était brave et capable. De nouveau par la force de ses troupes, il attaqua et soumit les Royaumes voisins ; tous se reconnurent ses vassaux. Lui-même prit le titre de Grand Roi du Fou-nan. Puis il fit construire de grands navires et parcourant toute la mer immense, il attaqua plus de royaumes dont ceux de K’iu-tou-k’ouen, de Kieou tche, de Tien-souen. Il étendit son territoire à cinq ou six mille lis.

 

Le Fou-nan (IIe - IIIe siècle).

Il est difficile de préciser l’étendue des conquêtes de Fan Che-man. On a de bonnes raisons pour considérer ce nom comme la transcription de celui du roi çri mâra, mentionné dans la vénérable stèle sanskrite de Vo-canh (dans la région de Nha-trang), que l’on a longtemps prise pour une inscription du Champa, mais dès 1927, L. Finot attribuait à un Etat vassal de Fou-nan. Si l’identification de çri mâra à Fan Che-man est exacte, l’inscription qui émane d’un descendant de çri mâra régnant d’après de l’écriture au IIIe siècle, doit être considéré comme une des sources de l’histoire du Fou-nan. Son témoignage montre qu’à l’époque où elle fut gravée et dans la région où elle fut érigée, c’est-à-dire dans l’actuel Khanh-hoa, le sanskrit était la langue officielle de la chancellerie royale.

Les textes chinois déjà cités nous apprennent que le grand conquérant Fan Che-man mourut au cours d’une expédition contre le Kinêlin, ou frontière d’or, qu’il y a lieu de considérer comme correspondant, soit à Suvannabhûmi, la terre d’or des textes en pâli, soit plutôt à Suvaruakudya, la muraille d’or des textes sanskrite (basse Birmanie ou Péninsule Malaise). Un neveu de Fan Che-man, nommé Fan Tchan, fit mettre à mort l’héritier légitime Kin-cheng, et usurpa le pouvoir. Mais une vingtaine d’années plus tard, Fan tchan fut assassiné par un fils de Fan che-man, nommé Tch’ang. Vengeance sans résultat, car Tch’ang fut tué à son tour par le général Fan siun qui se proclama Roi.

Ces évènements eurent lieu en gros entre 225 à 250, et c’est entre ces deux dates, pendant le règne de Fan tchan, que se place l’entrée en relation du Fou-nan avec la dynastie indienne des Murundas et sa première ambassade en Chine. L’importance de cet évènement répondait plutôt à des préoccupations commerciales qu’à des ambitions politiques, confère à son règne une certaine importance. À cette époque, celle des trois royaumes, la Chine du Sud (Royaume de Wou) se trouvant dans l’impossibilité d’utiliser pour ses relations commerciales avec l’Occident. La route de terre tenues par les Wei,  le Royaume de Wou cherchait à se procurer par la voie maritime les denrées de luxe dont elle avait besoin, or le Fou-nan occupait sur la route du commerce maritime une situation privilégiée, et constituait un relais inévitable aussi bien pour les navigateurs qui empruntaient le détroit de Malacca que pour ceux, probablement plus nombreux, qui transitaient par les Isthmes de la Péninsule Malaise. Le Fou-nan était peut-être même le terminus de la navigation en promenant de l’Orient méditerranéen, s’il est vrai que Kattigara de Ptolémée ait été situé sur la côte occidentale de la Cochinchine.

Ce règne de Fan Tchan est important, écrit P. Pelliot ; c’est cette usurpation qui serait le premier entré en relation officielle et directe avec les princes de l’Inde. Un texte du Ve siècle raconte qu’un certain Kia-siang-li, originaire d’un pays de T’an-yang qui se trouvait, semble-t-il, à l’occident de l’Inde, gagna l’Inde et de là le Fou-nan. C’est lui qui aurait appris au roi Fan Tchan l’existence des belles choses dans son pays, mais le voyage était long ; il pouvait, aller et retour, durer trois et même quatre années. Le Roi Fan Tchan fut-il séduit par les récits Kia-siang-li ? Du moins savons-nous de source sûre qu’il envoya en ambassade dans l’Inde un de ses parents nommés Sou-Wou. Celui-ci s’embarqua à T’eou-kiu-li, peut-être Takkola, ce qui indiquerait que l’influence du Fou-nan s’étendait bien alors jusqu’à l’océan indien. L’ambassade arriva aux bouches du Gange et monta le fleuve jusqu’à la capitale d’un prince qui appartenait sans doute, comme l’a reconnu S. Lévi, à la dynastie des Murundas. Le roi hindou fit promener Sou-Wou à travers son royaume, puis le congédia en lui remettant en présent pour son roi quatre chevaux du pays indo-scythe, et en lui donnant à son retour pour compagnon l’hindou Tch’en song. Quand Sou-Wou parvint au Fou-nan, il y avait quatre ans qu’il en était parti.

C’est encore Fan Tchan, d’après l’histoire des trois Royaumes, qui en 243, envoya une ambassade en Chine offrit en présent des musiciens et des produits du pays. Est-ce encore lui qui est l’auteur de l’inscription sanskrite précitée, et ce texte désigne comme membre de la famille de çri mâra ? La réponse n’est pas impossible, car Fan Tchan, fils de la sœur de çri mâra, pouvait à bon droit se dire parent de son prédécesseur.

L’usurpateur Fan Siun, qui succéda à Fan Tchan, après avoir mis à mort un fils de Fan Chan-man, reçut vers 245-250 la mission chinoise de K’ang T’ai et Tchou Ying qui raconta à la cour l’envoyé des Murundas.

Cette mission chinoise acheva de nouer avec Fou-nan des relations qui eurent pour résultat une série d’ambassades envoyées en Chine par Fan Siun de 268 à 287 et mentionnées dans l’Histoire des Tsin. Les trois dernières, celles de 285 à 287 furent peut-être une conséquence de la recrudescence du commerce maritime après la réunification de la Chine par les Tsin en 280, réunification qui provoqua de la part de la cour une demande accrue pour les produits de luxe importés des pays du Sud.

C’est sans doute à K’ang T’ai que l’on doit les premiers renseignements sur le pays : « Il y a des murées, des palais et des maisons d’habitations. Les hommes sont tous laids et noirs, leurs cheveux sont frisés ; ils ne sont pas du tout voleur. Ils s’adonnent à l’agriculture. De plus, ils aiment à graver des ornements et à ciseler. Beaucoup des ustensiles dont ils se servent pour manger sont en argent. L’impôt se paie en or, argent, perles, parfums. Ils ont des livres et des dépôts d’archives et autres choses. Leurs caractères d’écriture ressemblent à ceux des Hou (c’est-à-dire des gens employant une écriture d’origine indienne).

 

Fou-nan : règne de l’Hindou Tchan-t’an (357).

En 357, le Fou-nan, à la suite de circonstances inconnues, était tombé sous la domination d’un étranger.  Au premier mois de cette année-là, disent les Histoires des Tsin et des Leang (T’ien-tchou Tchan-t’an, roi du Fou-nan offrit en tribut des éléphants apprivoisés). T’ien-tchou est le nom chinois de l’Inde et l’expression « T’ien-tchou Tchan-t’an » signifie « l’Hindou Tchan t’an ». S. Lévi a montré que tchan-t’an est une transcription de Chandan, titre royal en usage chez les Yue-tche ou indo-Scythes, et spécialement chez les Kushânas dans la lignée de Kanishka. « Tien-tchou Tchan-t’an ou Tchou Tchan-t’an, écrit-il, est donc un personnage royal originaire de l’Inde ; son titre de Tchan-t’an paraît bien le rattacher à la même souche que Kaniska. Le rapprochement n’a rien d’inattendu. Un siècle plutôt que Tchou Tchan-t’an, au temps des Wou (220-264), entre 240 et 245 selon les calculs de M. Pelliot, le roi du Fou-nan avait envoyé un de ses parents en ambassade dans l’Inde chez le souverain Meou-louen (Murunda) qui régnait sur le Gange, et le Murunda avait en retour envoyé au roi Fou-nan comme présent quatre chevaux des Yue-tche. Nous savons quels lient étroits unissaient les Murundas aux Yue-tche ; on est allé jusqu’à soutenir que Murundas était le titre dynastique des Kushânas. Nous savons aussi que les Kouchans avaient étendu leur domination sur le Gange, au moins jusqu’à Bénarès, où ils avaient installé un satrape. En 357, sous le Grand empereur Samudragupta, toute l’Inde du Nord obéissait à la dynastie Gupta ; les envahisseurs scythiques avaient été refoulés. Il n’est pas impossible qu’une branche de la famille Kopuchane, expulsée des rives du Gange, ait cherché fortune au-delà du Golfe de Bengale, dans cette terre de l’or (Suvarnabhûmi, chrysê) qui s’ouvrait aux aventuriers venus de l’Inde.

Il est permis de se demander si le règne de cet étranger, venant après les échanges d’ambassades avec les Murundas, ne signifie pas certains rapprochements qu’on est tenté d’établir dans plusieurs domaines entre le Fou-nan et le Cambodge ancien d’une part, et le monde iranien d’autre part.

On verra plus loin qu’à la fin du Ve siècle, le serviteur d’un roi du Fou-nan portait le nom ou le titre de K’ieou-tch’eou-lo, qui pourrait être identique au titre de Kujula en usage chez les Kushâna. Un peu plus tard, au VIIe siècle, on voit un Brahmane scythe (çaka) venir du Dekhan et épouser la fille du roi Içânavarman Ier. L’iconographie préangkorienne des images de Sûrya, avec leurs tuniques courtes, leurs bottillons et leurs ceintures analogues à celle des Zoro-astriens, est d’inspiration nettement iranienne, et c’est peut-être le soleil, ainsi représenté et considéré comme un Brahmane « mage » ou « scythe » qui est désigné dans l’épigraphe angkorienne par le nom de çakabrâhmana. Il n’est pas jusqu’à la coiffure cylindrique des images préangkorienne de Vishnu qui ne puisse être considérée comme trahissant une influence iranienne. Le modèle immédiat de cette coiffure se retrouve, il est vrai, dans la sculpture des Pallavas. Mais on sait que l’origine septentrionale de ces derniers est soutenue par toute une école qui en fait des descendants des Pallavas, c’est-à-dire des Parthes. Enfin le nom même des Kambujas, héritiers du Fou-nan, pourrait être mis en relation avec celui des Kambojas iraniens. Il serait imprudent pour le moment, de trop pousser ces approchements, mais ils méritent d’être signalés, surtout depuis que la découverture à Oc Eo, dans l’Ouest Cochin-Chinois, d’une intaille représentant une libation au Feu et cabochon avec effigie sassanide, a fourni, une preuve tangible des rapports du Fou-nan avec le monde iranien.

Le règne du Chandan hindou ou Indi-scythe constitue dans l’histoire du Fou-nan une sorte d’intermède entre deux entr’actes. La date de 357 est la seule que l’on connaisse de son règne, et l’on n’entend plus parler du Fou-nan avant la fin du IVe siècle ou le début du siècle suivant.

 

Fou-nan au Ve siècle.

En résumé, si divers témoignages archéologiques et chinois indiquent que la pénétration hindoue est aussi ancienne dans les îles que sur la péninsule, la première moitié du Ve siècle, avec les inscriptions du Mûlavarman à Bornéo et Pûrnavarman à Java, et le développement des relations diplomatiques avec la Chine, nous fait assister à une recrudescence de l’hindouisation de l’Inde extérieur qu’on peut attribuer, sinon à un afflux d’immigrants, du moins à l’influence d’éléments culturels que divers indices permettent de considérer comme originaires de l’Inde orientale et méridionale.

On a cherché dans l’histoire de l’Inde propre des causes immédiats à ce mouvement, et l’on a dépensé beaucoup d’imagination pour rattacher les nouvelles dynasties de l’Inde extérieur à des maisons royales hindoues. G.Coedès ne suivrait pas sur ce terrain mouvant les auteurs qui ont cru pouvoir s’y aventurer. Toutefois, on peut considérer comme très probable que les conquêtes de Samudragupta (environ 335-375) dans l’Inde du Sud et la soumission du Souverain Pallava avec ses vice-rois qui s’ensuivit, produisirent de graves perturbations qui eurent à leur tour pour résultat l’exode de certains éléments de l’aristocratie méridionale vers les pays de l’Est. On a vu que c’est à la conquête de la vallée du Gange par Samudragupta que S. Lévi attribuait la présence probable d’Indo scythe sur le trône du Fou-nan en 357. Cet épisode n’était peut-être que le prélude d’un mouvement général qui, du milieu du IVe siècle au milieu du Ve siècle, porta vers la péninsule et les îles déjà hindouisées et en rapports réguliers avec l’Inde, des princes, des Brahmanes, des lettrés à qui est dû l’essor de l’épigraphie en langue sanskrite au Champa d’abord, puis à Bornéo et Java.

C’est à la même époque sans doute pour les mêmes raisons que le Fou-nan se vit infuser une nouvelle dose de culture hindoue à qui est due la plus ancienne inscription du Fou-nan après la stèle de Vo-canh.

L’histoire des Leang nous apprend qu’un des successeurs du Chandan hindou fut Kiao-tch’en-jou (Kaundinya). C’était un Brahmane de l’Inde. Il y eut une voix surnaturelle qui lui dit : « Il faut aller régner au Fou-nan ». Kaundinya se réjouit dans son cœur. Au Sud, il arriva au P’an-p’an. Les gens du Fou-nan l’apprirent ; tout le royaume se leva avec joie, alla au-devant de lui et l’élut roi. Il changea toutes les règles selon les méthodes de l’Inde. Kaundinya mourut. Un de ses successeurs Tch’e-li-t’o-pa-mo (çri Indravarman ou çreshthavarman), au temps de l’empereur Wen des Song (424-453), présenta un placet et offrit en présent des produits de son pays. Il s’agit des ambassades que l’Histoire des premiers Song place en 434-435 dont il est dit dans le même ouvrage qu’en 431-432, « le Lin yi (Champa) voulut abattre le Kiao-tcheou (Tonkin) et emprunter des soldats au roi Fou-nan. Le Fou-nan n’y consentit pas ».

 

Les derniers rois du Fou-nan (480-550).

C’est une dizaine d’années après que l’Histoire des Ts’i méridionaux parle pour la première fois au Fou-nan du roi Chö-ye-pa-mo (Jayavarman), ayant pour non de famille Kiao-tch’en-jou, c’est-à-dire descendant de Kaundinya. « Ce prince, écrit P.Pelliot, avait envoyé des marchands à Canton, qui, à leur retour, furent jetés sur côte du Lin-yi (Champa), ainsi que le bonze hindou Nâgasena qui se trouvait à bord avec eux. Nâgasena gagna le Fou-nan par chemin de traverse, et, en 484, le roi Jayavarman l’envoya offrir des présents à l’empereur de Chine, et lui demander en même temps de l’aider à vaincre le Lin-yi. Depuis quelques années, en effet, un usurpateur s’était emparé du trône de ce pays, mais alors que les textes sur le Lin-yi l’appellent Tang-ken-tch'ouen, fils du roi du Fou-nan. Le roi Jayavarman le présente cet usurpateur comme un de ses serviteurs, nommé Kieou-tch. L’empereur de Chine remercia Jayavarman de ses présents, mais n’envoya pas de troupes contre le Lin-yi. À travers la phraséologie souvent obscure du placet, nous distinguons du moins deux choses : d’abord que le culte çivaïte était dominant au Fou-nan. Mais, en même temps, le Bouddhisme était pratiqué. Le placet est en grande partie bouddhique et il est remis par un bonze hindou qui a séjourné au Fou-nan. Bien plus, c’est sous le règne de Jayavarman que deux bonzes originaires du Fou-nan viennent s’établir en Chine ; tous deux savaient assez le sanskrit pour qu’on les ait employés leur vie durant à traduire les livres saints.

Le même passage de l’Histoire des Ts’i méridionaux, d’où P.Pellot a extrait ces renseignements, ajoute sur la civilisation matérielle du Fou-nan quelques donnés qui méritent d’être reproduites. « Les gens du Fou-nan sont malins et astucieux. Ils prennent de force les habitants des villes voisins qui ne leur rendent pas hommage, pour faire leurs esclaves. Comme marchandises, ils ont l’or, l’argent, les soieries. Les fils de grande famille coupent du brocart pour s’en faire un sarong ; les femmes passent la tête dans une étoffe pour se vêtir. Les pauvres se couvrent d’un morceau de toile. Les habitants du Fou-nan font des bagues et des bracelets en or, et de la vaisselle d’argent. Ils abattent des arbres pour construire leurs demeures. Le roi habite dans un pavillon à étage. Ils font leurs enceintes avec des palissades de bois. Au bord de la mer pousse un grand bambou, dont les feuilles ont de huit à neuf pieds. On tresse ses feuilles pour couvrir les habitations. Le peuple habite aussi dans des habitations surélevées. On fait des bateaux qui ont de 8 à 9 tchang (le tchang équivaut à 10 pieds) L’avant et l’arrière sont comme la tête et la queue d’un poisson. Quand le roi est en route, il va à éléphant. Les femmes peuvent aussi aller à l’éléphant. Pour se distraire, les gens font combattre des coqs et des porcs. Ils n’ont pas de prison. En cas de contestation, ils jettent dans l’eau bouillante des bagues en or et des œufs ; il faut les en retirer, ou bien ils chauffent au rouge une chaîne que l’on doit porter sur les mains pendant sept ans. Les mains du coupable sont complètement écorchées ; l’innocent n’est pas blessé. Ou encore on fait plonger dans l’eau, celui qui a raison entre dans l’eau, mais n’enfonce pas ; celui qui a tort enfonce.

Un texte postérieur de l’Histoire des Leang, ajoute ces détails : « Là où ils habitent, ils ne creusent pas de puits. Par plusieurs dizaines de familles, ils ont en commun un bassin où ils puisent de l’eau. Leur coutume est d’adorer les génies du ciel. De ces génies du ciel, ils font des images en bronzes ; celles qui ont deux visages ont quatre bras ; celles qui ont quatre visages ont huit bras. Chaque main tien quelque chose, tantôt un enfant, tantôt un oiseau ou un quadrupède, ou bien le soleil, la lune. Le roi, quand il sort ou rentre, va à éléphant ; il en est de même des concubines, des gens du palais. Quand le roi s’assied, il s’accroupit de côté, relevant le genou droit, laissant tomber le genou gauche jusqu’à terre. On étend devant lui une étoffe de coton sur laquelle on dépose des vases d’or et des brûle-parfums. En cas de deuil, la coutume est de se raser la barbe et les cheveux. Pour les morts, il y a quatre sortes « d’enterrements » : L’enterrement par l’eau, qui consiste à jeter le cadre au courant du fleuve ; l’enterrement par le feu, qui consiste à le réduire en cendre ; l’enterrement par la terre, qui consiste à l’enterrer dans une fosse ; l’enterrement par les oiseaux, qui consiste à l’abandonner dans la campagne ».

Le règne de Jayavarman marque le Fou-nan une époque de grandeur qui se reflète dans les égards que l’empereur de Chine manifeste à son endroit. À l’occasion de l’ambassade de 503, un ordre impérial dit : « Le roi du Fou-nan Kaundinya Jayavarman habite aux limites de l’océan. Des générations en génération lui (et les siens) gouvernent les lointains pays du Sud. Et leur sincérité se manifeste au loin, par des interprètes multiples, ils offrent des présents en hommage ; il convient de leur montrer réciproquement de la faveur, et de leur accorder un titre glorieux. C’est possible avec le titre de Général du Sud pacifié, roi du Fou-nan ».

On a vu qu’un fils ou un serviteur de Jayavarman, qui s‘était enfui au Champa, s’y était fait proclamer roi à la mort de Chen-tch’eng, et qu’en 484 Jayavarman avait demandé en vain à l’empereur de Chine de l’aider à chartier l’usurpateur. On ne sait ce que fit Jayavarman. Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’en 491 l’usurpateur régnait encore sous le nom de Fan Tang-ken-tch’ouen et se faisait reconnaître comme roi du Lin-yi par la cour de Chine. Mais l’année suivante, en 492, il fut détrôné, par un descendant de Yang Mah, nommé Tchou Nong, qui régna six ans et se noya en mer en 498. De ses successeurs, Fan Wen-k’ouen, Fan t’ien-k’ai (peut-être Davavarman) et P’i-ts’ouei-pa-mo (Vijayavarman), on n’a que des dates d’ambassades de 502 à 527. En 529 arrive au pouvoir une nouvelle dynastie.

Jayavarman, (Grand roi du Fou-nan), mourut en 514. On ne possède pas l’inscription émanant de lui, mais sa première reine, nommée Kulaprabhâvatî, et un de ses fils, nommé Gunavarman, nous ont laissé chacun une inscription sanskrite, en écriture de la seconde moitié du Ve siècle.

Sur une stèle trouvée au Cambodge dans le Sud de la province de Takeo, la reine Kulaprabhâvatî, désirant se retirer du monde, relate la fondation d’un ermitage comprenant une habitation et une pièce d’eau. La stance liminaire du texte est d’inscription visnouite. C’est également une inscription vishnouite, en écriture d’aspect un peu plus ancien, qui a été gravée par ordre du Gunavarman, fils du roi qui est la « lune de la lignée de Kaundinya », sur le piédroit d’un édicule à Thap-müöi, dans la plaine des Joncs en Cochinchine. Elle commémore la fondation, « sur un domaine conquis sur la boue » dont Gunavarman « bien que jeune » était le chef, d’un sanctuaire contenant l’empreinte du pied de Vishnu nommé Chakratîthasvâmin. Alors qu’à Java les empreintes des pieds de Pûrnavarman comparées à celles de Vishnu marquaient peut-être, ainsi qu’il a été dit, la prise de possession du pays après une conquête militaire, il s’agit ici d’une conquête pacifique, après drainage et remblai partiel d’une région de nos jours encore très marécageuse et inondée pendant une partie de l’année.

Il est probable que la mère de Gunavarman n’est autre que la reine Kulaprabhâvatî, épouse de Jayavarman ; et il n’est pas impossible que Gunavarman soit le fils de Jayavarman qui, d’après l’Histoire des Leang, fut évincé du trône à la mort de son père en 514, et assassiné par son frère aîné Lieou-t-o-pa-mo (Rudravarman) né d’une concubine. Rudravarman qui envoya en Chine diverses ambassades entre 517 et 539, est le dernier roi Fou-nan. Une inscription sanskrite de la province de Bati nous apprend qu’il régnait au moment où fut faite la fondation bouddhiste mentionnée dans ce document. Que le bouddhisme fût florissant au Fou-nan entre 535 et 545. L’empereur chinois veut réunir des textes bouddhiques, et demande au roi de Fou-nan d’envoyer des maîtres bouddhistes en Chine. Ce dernier choisit pour cette mission l’Indien Paramârtha ou Gunaratna, d’Ujjaiyinî, qui résidait alors au Fou-nan. Ce dernier emporta 240 liasses de textes en Chine où il arriva en 546.

Une stèle du VIIe siècle nomme Rudravarman comme prédécesseur de Bhavarvarman Ier, le premier roi du Cambodge préangkorien. Une inscription du Xe siècle le représente comme chef de branche des rois tirant leur origine du couple Kaundinya-Somâ, qui régnèrent après les successeurs de çritavarman (çreshthavarman), descendant de Kambu. Il suffira de dire ici que l’irrégularité de l’accession de Rudravarman au trône semble avoir provoqué, dans les provinces du moyen Mékong, un mouvement d’agitation, dirigé par Bhavavarman et chittrasena, qui aboutit dans le second moitié du VIe siècle, au démembrement du Fou-nan. Ce pays fut pendant cinq siècles la puissance dominante sur la péninsule. Il conserva longtemps après sa chute un grand prestige dans le souvenir des générations suivantes. Les rois du Cambodge préangkorien adopteront, comme leur légende dynastique ; ceux qui régneront à Angkor s’efforceront de rattacher leur origine aux Adhirâjas ou rois suprêmes de Vyâdhapura ; et les souvenirs Javanais du VIIIe siècle ressusciteront le titre de çailendra (roi de la montagne).

Des extraits des histoires dynastiques chinoises qui font connaître le peu qu’on sait de l’état social et des mœurs des habitants du Fou-nan, au point de vue religieux, les divers cultes hindous y sont attestés successivement ou simultanément. Les deux Kaundinya qui hindouisèrent le pays étaient certainement florissant au Ve siècle. Sous le règne de Jayavarman, l’Histoire des Ts’i méridionaux dit que « la coutume de ce pays était de rendre un culte au dieu Maheçvara (çiva). Le dieu descend sans cesse sur le mont ». Il s’agit sans doute de la sainte montagne d’où les rois et le pays lui-même tiraient leur nom. Voisin de la capitale et marquant le centre du royaume, elle était le lieu où le ciel communiquait avec la terre, ce qui explique pourquoi « le dieu y descendait sans cesse ». Il y était sans doute matérialisé sous forme du linga de çiva Giriça, « habitant de la montagne ». Un passage de l’Histoire des Leang cité plus haut parle d’images à deux visages et quatre bras qui doivent être Harihara, ou Vishnu et çiva réunis en un seul corps. L’existence des cultes vishnouites se dégage des inscriptions de Gunavarman et de sa mère. Enfin le Bouddhisme du Petit Véhicule de langue sanskrite, attesté dès le IIIe siècle, était florissant aux Ve et VIe, sous les règnes de Jayavarman et du Rudravarman.

De l’architecture, il ne semble pas que rien ait subsisté. Mais une intéressante hypothèse, permet de penser que, si tout a péri, du moins certains édifices d’art préangkorien, ayant pour couverture une série nombreuse de minuscules étages décorés de petites niches, reproduisent les principales caractéristiques des monuments du Fou-nan. Le mukhalinga ou linga à visage serait, dans cette hypothèse, étroitement associé à cette architecture.

Quand à la sculpture humaine, les statues du Buddha de style Gupta, les Vishnus mitrés et les Hariharas du cambodge préangkorien, et surtout les images de Sûrya trouvées en Cochinchine, sans appartenir pour autant à l’art du Fou-nan, donnent quelque idée de ce qu’a pu être sa statuaire.

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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 06:26


Après la mort du Roi, Chao Ponhea Oukteyreach s’enfuit en laissant la citadelle Samrong Sen sans défense. Apprenant cette fuite, Chao Ponhea Yaumreach, à la tête de son armée, lança une contre offensive contre l’armée de Kân. Après quelques jours d’affrontement, le général Yaumreach jugeait qu’il fut impossible de gagner la partie dans cette bataille. Il convoqua les membres de son Etat-Major et leur dit ceci : « Nous ne pouvons pas gagner cette bataille, parce que Kân bénéficie un avantage psychologique sur nous, la mort du roi. Une armée sans chef, c’est comme un corps sans tête. Le dauphin est encore jeune et ne pourrait pas faire grande chose contre Kân, son oncle maternel. J’ai une conviction profonde que ce dernier le tue s’il se retombe dans les mains. Kân ne se batte pas pour le dauphin, il se batte pour lui-même. Il est capable de tout. Mon devoir d’aujourd’hui est de mettre l’héritier du trône à l’abri du danger. Je ne vois qu’une seule solution : Amener le prince royal au Siam. Preah Chanreachea, son oncle paternel, est déjà là-bas. En outre, je vais demander une aide militaire au souverain siamois pour revenir combattre contre les rebelles. Avec Preah Chanreachéa en tête de notre armée, je pense que Kân ait peu de chance de nous vaincre. Les généraux et les officiers approuvèrent à l’unanimité les idées de leur chef.

Le général Yaumereach était un grand dignitaire ambitieux, rusé, sans scrupules, mais il était un chef militaire mûr et réaliste. Avant de monter à bord de sa barque, il ordonna à tous les chefs d’unités de cesser le combat : « Il est inutile de continuer de vous battre contre Kân. Vous devez partir pour vous cacher avec vos hommes fidèles dans les lieux sûrs, je reviendrai bientôt avec Preah Chanreachéa. Mais la volonté de combattre existe-t-elle encore ?  Chez les militaires peut-être. Mais parmi la population, la guerre civile au cours des quatre dernières années commençait à produire ses effets désastreux pour sa vie de tous les jours. 

Des centaines de pirogues, formèrent un cortège royal, quittèrent le port de Kompong Svay pour Nokor Thom, ancienne capitale royale. Parmi les suivantes du général Yaumreach, il y avait le Brahmane Sours. En tant le gardien du trône, celui-ci emportait avec lui tous les objets de sacre royal, l’épée sacrée et la lance royale. Au cours du chemin, il pensait qu’une fois au Siam, le Souverain de ce pays ne lui laisserait jamais de retourner au pays. Il décida donc de plus suivre le cortège des fuyards. Une fois décidé, il demanda au chef d’escorte la permission d’aborder la berge pour faire ses besoins. Sours dit ceci : « Tu peux continuer le chemin, j’ai besoin quelques minutes seulement, je vous rattraperai vite, parce que ma pirogue est une pirogue de course ». Tout le monde ne fit pas attention à la ruse de Sours. Le Chef d’escorte donna son accord au Brahmane de quitter le cortège. Une fois pied-à-terre, le Brahmane Sours et son valet, nommé So, se furent enfoncés dans la forêt en emportant avec eux l’épée sacrée et la lance royale. Les deux fuyards avaient mis une semaine pour atteindre Bati (district Kanda Steug, Saan actuel).  Ils s’étaient établis à plusieurs kilomètres de la ville dans une forêt obscure. Là-bas, ils avaient caché l’épée sacrée et la lance royale dans un trou d’un grand arbre (arbre Chambak).

Revenons au général Yaumreach. Quand il arriva à Norkor Thom avec son escorte et ses suivantes, il réquisitionna chez le gouverneur de cette province plusieurs chevaux et éléphants et poursuivit ensuite son chemin au Siam. Agé et affaiblit par des années de guerre, au cours de son voyage, le Général Yaumrech mourut d’épuisement. Ses hommes avaient enterré son corps en conformité avec la tradition khmère et invitèrent le dauphin à poursuivre le voyage au Siam.

Retournons au camp de Kân. Celui-ci avait obtenu la reddition totale de l’armée royale. Il s’en réjouit dans son cœur, rêvant d’un pays nouveau et d’une paix née de la guerre. Il retourna triomphalement à Basane. Il a été accueilli par la population avec chaleur. Des fêtes ont été organisées dans la ville pendant plusieurs jours. Quelque temps plus tard, les grands dignitaires et les généraux de la Cour de Basane votèrent l’instauration du gouvernement royal, dont il était important pour l’unité de la Nation et désignèrent Kân comme souverain. Celui-ci accepta cette décision. En 1512, à l’âge de 29 ans, il fut couronné roi. Son nom de sacre était : Preah Bat Samdech Preah Srey Chétha Tireach Rama Thipdey Krong Srey Sar Chhor.

Le lendemain de son couronnement, dans la salle du trône, tout ce qui touche de près ou de loin au nouveau pouvoir, se trouvaient là. Le nouveau roi ordonna au Chef de protocole de prononcer à haute voix les noms des nouveaux princes et princesses, tous et toutes sont ses proches. Ainsi un nouveau corps de la famille royale a été créé. L’essentiel de cette création est de partager son pouvoir avec ces princes pour faire régner l’ordre dans le Royaume. Il désigna son oncle maternel Kao comme chef de famille royale. Celui-ci portait aussi un titre de Grand Prince du Royaume, Samdech Chao Fa pour ses mérites dans la compagne de pacification du pays. Devenu Roi, Kân n’avait pas trop de peine à établir des relations de confiance avec les populations. Il créa un corps des envoyés du roi, munis de pleins pouvoirs, qui le représentent partout et n’obéirent qu’à ses propres ordres. Les dignitaires du palais, les généraux, les gouverneurs de provinces parlaient toujours à son nom. Il n’est que trop évident que toutes ces inventions nouvelles, cette force accrue, ce mode de vie transformé consolidaient le pouvoir du nouveau roi. Il dit assez souvent à ses collaborateurs : « Je ne demande pas qu’on m’aime, mais qu’on me serve bien ».

La question la plus intéressante posée par les méandres de la politique de Kân est de savoir s’il représente une rupture ou une continuité avec l’ancienne dynastie de la caste Ksatrya (caste des rois khmers). On le sait que la rupture n’est pas moins évidente puisqu’il ne s’agit que le changement dans la politique économique : Liberté d’entreprise, développement des secteurs artisanaux et commerciaux ; une sorte d’une monarchie capitalistique. Mais la continuité est claire : Monarchie absolue.    

En 1514, Sdach Kân décida de changer la capitale royale. Il est normal quand on crée une nouvelle dynastie, il faut aussi créer une nouvelle capitale. Tout doit être nouveau dans mon règne et je veux laisser la trace de mon existence dans l’histoire des rois khmers, dit Kân. Il avait choisi la commune de Chanlang Daun Tey à l’Ouest de Basane comme lieu pour bâtir sa nouvelle cité. Cinq mois après, Kân voulait encore déménager, parce qu’il eut un rêve : Un bruit fracassant venant de l’Ouest qui dure pendant cinq heures. Ensuite, il y a un vieux sage qui lui parle : Il faut vous déménager de Chanlang Daun Tey pour aller vous habiter à Srarlàb, situé à la frontière des deux provinces :Tbaug Khmom et Phnom. Le lendemain, Sdach Kân convoqua ses conseillers et ses ministres pour leur dire qu’il a vu et entendu dans son rêve. Après quoi, il décida de transférer sa capitale de Chanlang Daun Tey à Srarlàb. Les travaux d’aménagement de la nouvelle capitale avaient duré deux ans. À Srarlàb, il n’y avait ni fleuve, ni rivière. Pour permettre le développement de la ville, l’eau est la première des nécessités. Entouré des ingénieurs de renom, Okgna Vieng, Okgna Vaing, Okgna Lompaing et Okgna Srâl, le Roi fit creuser quatre grands bassins aux quatre points cardinaux de la cité. Chaque Kompong (point d’eau) portait le nom de son créateur. C’était la volonté de Kân. Ces bassins demeurent aujourd’hui encore utile pour la population. En outre, ces ingénieurs avaient réussi à multiplier les puits partout dans la ville et avaient ébauché le quadrillage si serré des canaux d’irrigation du pays. 

La campagne d’aménagement de la nouvelle capitale fut faite dans un temps-modèle. La participation de la population dans la construction de cette nouvelle ville royale est totale. Il y avait beaucoup de volontaires. La nouvelle capitale était plus grande et plus rationnelle que l’ancienne capitale. Kân donna un nom à sa nouvelle ville : Krong Srarlàb Daun Tey Prey Norkor Charakreach. Il ordonna à Okgna Sral de faire l’élevage des poissons dans les quatre bassins et à Okgna Lompaing de construire des abris d’éléphants. Il fit aménager un domaine de chasse. On donna un nom à ce domaine, Virl BanThom (domaine du frand frère) ou Virl Chan. Il créa un Conseil Supérieur du Bouddhisme composé de sept moines supérieurs : Vénérable Parikniryourk, Preah Akriyours, Preah Eksatha, Preah Puthkhorsa, Preah Thomkhorsa, Preah Vibasnir, Preah Paraksatha. La Présidence de ce Conseil est tournante pour une durée d’un an. Sdach Kân voit dans une religion ordonnée et soumise un formidable instrument de gouvernement. Trois ans après l’installation de la nouvelle capitale, les gens venaient de plus en plus nombreux pour y s‘établir. Ce lieu donna un exemple achevé de gloire d’une nouvelle dynastie. Ses magasins, ses entrepôts, ses établissements commerciaux couvraient le pays d’un réseau de paysans et d’artisans aisés. Les richesses sont exploitées avec sciences. Tout est surprise et paradoxe dans ce premier âge d’or de la nouvelle cité royale. Dès le lever du soleil, le marché grouillait de monde. La nuit était tombé depuis longtemps que surgissaient dans la ville des théâtres, les échos des banquets qui s’y poursuivaient souvent jusqu’à l’aube. Pour facilité des activités et des échanges commerciales, Sdâch Kân créa les pièces de monnaies en feuilles d’argent et d’or, et sur chaque pièce figure l’image d’un dragon, l’emblème de l’armée victorieuse de Kân. Les fonctionnaires de la cité s’étaient bien gardés de compromettre cette prospérité et cette facilité de la vie. Ils se contentaient de prélever des taxes énormes. Dans le nouveau Royaume, il y avait quelques reprises des tentatives de révolte : elles avaient été écrasées, et le long de toutes les routes qui menaient à la capitale des centaines de têtes coupés, exposées en public, avaient servi d’exemples. Plusieurs chefs militaires et hauts fonctionnaires des provinces avaient été rappelés à la capitale, jugés, empoisonnés. Quelques-uns avaient été mis à mort, d’autres avaient été frappés de maladies brutales et un peu mystérieuses. Sdach Kân faisait régner dans son armée et dans son administration une discipline sans pitié. 

Revenons au Brahmane Sours qui fut parti avec son valet en emportant avec lui l’épée sacrée et la lance royale. Quelques années plus tard, son valet fidèle mourut de maladie, le Brahmane vit désormais tout seul pauvre dans la forêt. Un jour, il entendait parler de la récompense de 500 pièces d’or offertes par Sdach Kân à celui qui lui apporte ces objets. Désespéré de l’attente du retour du général Yaumreach et Preah Chanreachea du Siam pour combattre contre Sdach Kân, il décida d’apporter ces objets sacrés au nouveau roi pour toucher la récompense.

Une fois décidée, il partait dans la forêt pour trouver ces objets. Arrivé à la cachette, il grimpa sur l’arbre pour sortir ces objets du trou. Soudain, il s’aperçut un grand serpent en face de lui. Surpris par cette rencontre hasardeuse, il tomba de cet arbre et mourut. Son coup fut brisé. Des mois passés, son cadavre se décomposait sous l’arbre sans que personne fût au courant de sa mort. On disait plus tard que l’arbre est protégé par un génie qui n’est que l’âme du Brahman Sours.

Il est temps de revenir à Preah Chanreachea, frère du roi Sakunbât. Apprenant l’arrivée du dauphin, son neveu, au Krong Tep, il se précipita pour demander à ce dernier des nouvelles du pays. Dans cette rencontre, il a appris que le Roi, son frère, est mort et Kân est victorieux. Il se dit : Comment faire pour me venger de cette humiliation insupportable ?

Depuis sept ans, le prince khmer avait une immense impatience de retourner au pays, mais à chaque fois qu’il fût une demande au roi Chakrapath, sa requête fut courtoisement rejeté par ce dernier. La ritournelle était la même : il faut attendre le jour faste ou cette année la saison de chasse au traître n’est pas propice. Mais en 1515, la chasse d’éléphant blanc fut une priorité pour le roi siamois. Cette année-là, un de ses ministres, envoyé en mission, venait de lui rapporter qu’un chasseur d’éléphant de renom, nommé Peam, à repérer un grand éléphant blanc qui rôdait dans la forêt du district Kachhanborey. Ce chasseur avait tout essayé de capter cet animal, mais sans succès. Grand collecteur des éléphants, le roi demanda à ses ministres de trouver un spécialiste pour faire ce travail. Ces derniers suggérèrent au roi le nom de Preah Chanreachea, parce que tout le monde le savait que la chasse des éléphants était un sport préféré du prince khmer. Aussitôt le Roi ordonna à ce dernier de prendre mille hommes avec lui pour investir la forêt Kachhanborey à la recherche de l’éléphant blanc. Après quelques semaines de poursuite de la trace de cet éléphant, Preah Chanreachea et ses hommes arrivèrent à le capter. Le roi remercia le prince khmer de cet exploit. Il donna un nom à cet éléphant « Norodom ». Profitant de cette situation, le prince khmer renouvela sa demande, au roi siamois, de rentrer au pays pour combattre contre Kân. Encore une fois, la réponse était négative.

Cette fois-ci, désespéré, le prince khmer commençait à tisser un plan de fuite. Après quelques mois de réflexions avec ses 15 compagnons, ils trouvèrent un stratagème pour tromper la vigilance du roi : On gagne la confiance du roi afin de le tranquilliser, tandis qu’en secret on complote sa perte. Le Roi Chakrapath est un collecteur des éléments rares. On sait qu’il est capable de payer une grande fortune à celui qui lui offre un éléphant blanc. Il faut donc, pour le prince khmer, inventer l’existence de cet animal. Comme le Roi a toujours confiance sur sa compétence dans la technique de chasse des éléphants rares, il est certain que le Roi lui confiera cette mission. Comment faire ? Voilà leur plan : : Ils font sculpter quatre grands pieds éléphant en bois. Dans le nord-Est du pays, les 15 khmers vont faire courir une rumeur auprès de la population qu’ils ont vu un grand éléphant blanc à tel ou tel endroit. Ils vont créer des empreints de pieds d’éléphant avec les pieds de la bête en bois. En plus, sur les branches des arbres, ils vont collecter les poids de moutons à une hauteur à laquelle les gens puissent imaginer la grande taille de l’éléphant, enfin ils vont frottez au tronc de ces arbres avec la boue qu’ils ont pri du marais non loin de ces arbres.

Une fois sûre de n’être jamais soupçonnée de leur plan, les 15 khmers avaient quitté la capitale. Arrivée dans le Nord-Est du pays, ils exécutaient scrupuleusement leur plan.

Un mois après, la rumeur commençait à circuler partout dans la région que l’on a repéré un grand éléphant blanc qui rôde dans la forêt. Ayant entendu cette rumeur, le chef de district partait lui-même dans la jungle pour constater la trace de l’existence de cet animal. Après quoi, il en informa son ministre. Ce dernier informa immédiatement le roi qu’on repère dans le Nord-Est du pays un autre grand éléphant blanc mal de 10 bras de hauteur et de petites défenses.

Le stratagème réussit, les 15 khmers quittèrent immédiatement la région comme prévu dans le plan. Leur destination était la province Norkor Reach (province khmère). Là-bas ils travaillaient discrètement pour recruter les combattants khmers dans les différentes contrées : Nirk Rong, Neang Phaèk, Chong Kal, Tomnup, Tong Kè, Mongkol Borey, Norkor Reach Séma Battambang.

Revenons à la cour siamoise. Au cours d’une audience habituelle du roi Chakrapath, le souverain demanda aux ministres comment faire pour capter l’éléphant blanc signalé. Comme le dit l’expression populaire « les grands esprits se rencontrent », à l’unanimité, les ministres suggérèrent encore une fois le nom de Preah Chanreachea.

Vu que tout le monde se ruait dans sa nasse, ce dernier se sentait fort et se trouvait dans une situation favorable pour exécuter son plan. Mais, il faisait tout pour cacher son enthousiasme : Eviter de provoquer le soupçon du roi. Le Souverain s’empressa de suivre le conseil de ses ministres. Il regarda le prince khmer avec ses yeux doux et dit : « Alors, mon neveu, que penses-tu ? ». Preah Chanreachea accepta la mission avec les conditions exceptionnelles : 5 000 hommes armés des armes de guerre pour faire face à un éléphant sans doute très agressif, 1 000 éléphants de chasse, les vivres suffisants pour une longue durée. Le roi Chakrapath en accepta immédiatement. Il fait encore plus d’habitude : il donna son sabre martial (Preah Sèng), qui représente sa personne, c’est-à-dire celui qui porte ce sabre n’est que le Roi, afin que le prince khmer ait plus de pouvoir pour exécuter sa mission. Le ministre du palais, Okgna Krey fut chargé par le roi de rassembler ce dont Preah Chanreachea a besoin. Avant de partir à la chasse, le prince khmer se rendait visite à son cousin,Ponhea Ong, pour présenter ses salutation à ce dernier, au cours de laquelle, il demanda au dernier dans les termes suivants :

- Cela fait quelque temps que vous vivez dans ce pays étranger, est-ce que votre mère-patrie vous manque, Grand frère ?

- C’est un point auquel je n’ai jamais pensé. Disons seulement je suis heureux dans ce pays. J’ai beaucoup de chance d’être traité par le Roi siamois non pas comme un prisonnier de guerre, mais comme un homme couvert d’honneur. Il m’a confié la charge d’une province Sovann Khaklauk, dont la taille est aussi grande que celle de son propre fils. Cet honneur est déjà suffisant pour moi. Mon petit frère, pour notre mère-patrie, c’est ton affaire.

Le visiteur comprend qu’il ne sert à rien d’insister ; il prend congé de son cousin royal. Il savait que le temps a pu modifier le corps, quand donc le trésor du cœur a-t-il changé. Oui chez son cousin royal, son cœur a aussi changé pour un brin de bonheur personnel. Il a complètement oublié que le trône de ses ancêtres est souillé par un fils d’esclave, mais cela n’ait aucune importance pour Ponhea Ong, fils d’un grand roi khmer. Quelle tristesse de voir un prince royal se réfugie dans l’abri des étrangers pour faire son nid de bonheur. 

En 1516, à l’âge de 36 ans, Preah Chanreachea avait quitté la capitale siamois pour chasser l’éléphant blanc. Il était pressé de se rendre à destination, son pays natal. Il savait que, s’il s’attardait, les nouvelles de sa fuite vont se répandre vite. Il avait toujours un principe dans sa vie : « Faire ce que l’humain peut, laisser le Ciel faire le reste ». Après 7 jours de marche forcée, Il arrivait au chef-lieu d’un district khmer. À chaque pas sur la terre de ses ancêtres, un sentiment d’excitation le gagnait. C’était maintenant qu’il plongeait dans le paysage de son pays dont le charme qui lui saute aux yeux. Ici l’air embaume d’arôme de fleurs et de fruits, mêlés à de fortes odeurs de sucre de palme venant de quelques fabrique proche. Dans sa mélancolie, il faisait un geste pour saluer le Ciel et la Terre. Il jugeait bon qu’il était enfin dans une distance de sécurité à la poursuite de la cavalerie siamoise, au cas où son plan serait découvert par le roi. Après quoi, il envoya un message, il joignit à sa lettre les poils de mouton et un croquis dans lequel il avait dessiné les formes de pieds de l’éléphant. Tout cela, c’était pour faire croire au roi qu’il était sur la trace de l’animal. Quand le roi avait reçu ce message, il demanda immédiatement au messager : où se trouve maintenant Preah Chanreachea ? Il est au pays des Khmers, répondit le messager. Ayant entendu cela, le roi siamois sirotait le thé, hasarda une question à Ponhea Ong : Pourquoi Preah Chanreachea se trouve là-bas. J’ai de doute qu’il va franchir la frontière pour aller combattre Akân, que penses-tu ? Cette question mettait Ponhea Ong dans l’angoisse. Ce prince doit démontrer à son protecteur qu’il avait de doute sur la trahison de son cousin, mais il n’y a point trempé. Dire la vérité est sa seule solution pour échapper à la mort. Sans hâte et sans frein, il se lança dans une explication vive : « Votre Majesté, le cœur de Preah Chanreachea se nourrit de haine à l’égard de kân. Quand il avait appris que Kân a tué son frère et se proclame roi, sa colère est sans limite. Par d’ailleurs, avant son départ, il est venu me voir et il a tenu les propos surprenants en me demandant : est-ce que je ne pense jamais à retourner au pays. J’ai une certitude maintenant que Preah Chanreachea n’aille pas chasser l’éléphant, mais plutôt au Kampuchea pour réaliser sa vengeance ». Ayant entendu ces propos, le roi siamois se mit en colère et ordonna au colonel de cavalerie Pich Davicheath de partir avec 30 cavaliers pour capter le prince rebelle. Si ce dernier refuse d’obtempérer, il faut absolument qu’il ramène les 5 000 hommes à la maison.

Revenons à Preah Chanreachea. Ce prince avait pu recruter 1 800 combattants. Après quoi, il partit rejoindre les 15 fidèles à Teuk Chaur. Ces derniers avaient pu aussi recruter 200 combattants. Il poursuivit son chemin avec ses troupes à la province Siemreap. Là-bas, il avait pu convaincre 2 000 paysans à prendre les armes contre Sdach Kân. Enfin il pénétra dans la citadelle Moha Norkor avec 10 000 combattants dont 5 000 siamois. Trois jours après, le colonel Pich Davicheath était arrivé à Moha Nokor. Celui-ci demanda immédiatement à l’officier de garde de la porte de la citadelle de voir Preah Chanreachea. Dans la cour royale, le Colonel siamois dit au prince khmer devant les officiers siamois : « J’ai l’ordre de Preab Put Chao (le nom usuel du roi siamois) de vous dire que vous deviez retourner immédiatement au Siam. Votre mission de chasse d’éléphant est ajournée par Sa Majesté. Preah Chanreachea savait bien que sur la précipitation, Preah Puth Chao n’avait pas donné l’ordre par écrit. Il avait laissé le Colonel siamois terminer sa phrase. S’avançant vers ce dernier, il leva le sabre martial, symbole du pouvoir absolu du souverain siamois et cria : « Imbécile ! Qui es-tu ? Où est la lettre du roi ? Tu ne savais rien de la mission que Sa Majesté m’a confié. Il y en deux : La première, c’est pour capter l’éléphant, la seconde est confidentielle : venir ici pour combattre Akân ». Quand tous les soldats siamois avaient vu le sabre martial, ils se mettaient tous à genou. Le silence régnait dans la cour royale. Preah Chanreachea en position martiale continua son harangue : « Je t’ordonne de retourner au Siam et dit à Preah Puth Chao ceci. Je remercie à Sa Majesté le Roi de m’accueillir comme son propre neveu pendant 7 ans dans son Royaume. Je ne pas oublier cette charité immense. J’ai donc une dette envers lui. Aujourd’hui je suis pauvre, je n’ai pas les moyens pour mes dettes. Mais une fois, je vaincrai Akân et je serai roi du Kampuchea, je les payerai et les 5 000 soldats siamois retourneront au Siam ». Ayant entendu les paroles de Preah Chanreachea, les 5 000 soldats se chuchotèrent que Preah Chanreachea avait vraiment dit la vérité, si ce n’était pas le cas, leur roi n’a pas donné le sabre martial. Ils n’osèrent pas donc suivre les instructions du colonel. Celui-ci quitta avec ses cavaliers de la cour royal pour retourner au Siam. Quelques jours après, Preah Chanreachea partit avec ses troupes à Battambang. Le gouverneur de cette province ouvra la porte de sa ville pour accueillir le prince légitimiste. Quand Preah Chanreachea se présenta à l’entrée de la ville, une immense acclamation jaillit des 10 000 soldats du gouverneur et de la population de la cité. Comme cadeaux de bienvenue, les commerçants de la ville avaient offert à Preah Chanreachea 1000 charrettes de vivres. 

Quant au Ponhea Sourlauk, gouverneur de la province Pursat, fidèle au Sdach Kân, ayant appris l’arrivée de Preah Chanreachea à Battambang, il dépêcha une navette à la capitale Sralàp Pichay Prey Norkor pour en informer son roi. Après quoi, pour faire face à une éventualité attaque de l’armée légitimiste, il leva une armée de 40 000 hommes.

Reparlons maintenant de Ponhea Meung (Ta Meung ou Klaing Meung), un notable de la province Pursat qui avait accueillit Preah Chanreachea chez lui pendant la fuite de ce dernier au Siam. Depuis longtemps, Ta Meung nourrissait toujours l’espoir de revoir un jour son prince. Ayant appris les agissements de Ponhea Sourlauk, gouverneur de Pursat, contre ce dernier, il forma un commando, composés des soldats d’élite, fidèles à sa cause pour assassiner ce gouverneur. Une nuit, il franchit avec ses hommes le seuil de la demeure du gouverneur, il entra dans la chambre de ce dernier et le tua avec son épée. Le lendemain matin, devant la citadelle, il organisa une réunion publique. Ta Meung était sur sa lancée, et rien ne pouvait plus l’arrêter. À sa vue, les soldats convergèrent vers lui. Sur son cheval, il s’adressa à ces derniers dans les termes suivants : « Hier soir, j’ai tué le général Sourlauk, parce que ce général avait commis un crime de lèse-majesté contre le prince Preah Chanreachea, l’héritier légitime du trône du Norkor Kampuchea. Aujourd’hui, je vous demande tous de choisir librement entre le parti légitimiste et celui de Payap (nom d’un génie qui protège des pêcheurs), c’est-à-dire celui de Kân. Vous le savez que Kân, fils d’une esclave, est un usurpateur. Ceux qui veulent rejoindre cet esclave et usurpateur, ils peuvent partir sur le champ. Mais ceux qui veulent choisir le parti légitimiste, restent ici avec moi ». Chaque mot de Ponhea Meung ramenait à la surface un pouvoir obscure qui séduire les auditeurs. Son discours plein de bon sens, son attitude sincère et volontaire avait fini par toucher le cœur des soldats. Après quoi, ces derniers témoignèrent leur confiance en acceptant de combattre dans le rang du prince légitimiste. Ponhea Meung les remercia. Il engrangeait, tant qu’il pouvait toute cette force dans sa province, avec prescience qu’elle serait utile dans la guerre de restauration de la monarchie légitime.

Il faut noter que Ponhea Meung désigne le camp de Sdach Kân, le parti Payap. On ne sait pas pour quelle raison qu’il a choisi ce nom. C’est pourquoi qu’on entend souvent une phrase : « Quand tu vois le Roi, tu ne le salues pas ; mais tu préfères saluer le Payap ».

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 15:26

The draft of the republican spirit. 

When the intellectuals wanted to establish the Khmer Republic in their country, reader, how did you they did not think of all the Republics of France after 90 years under its protectorate. During those long years of common life, the Khmers had probably heard the story of their protector, but not enough that their country because that was the major mode of thought at the time. Which means that every intellectual Khmer, eventually, had fashioned a kind French culture in its image. It happened as his guide and represents the type of thought ideal, offering the most perfect example of social success and the hallmark of men grown. Thus was born the modern Kampuchea new social stratum within the class Montrey (dignitary). Let us say: the intelligentsia Khmer. In Cambodia, the symbolism of modern life came straight from Paris. When someone was distinguished by its culture, were compared immediately to a French. Thus the word "French" was equivalent to the Khmer word "Best or Superior. But in general, intellectuals Khmer marvel easily from the foreign culture. For them, the best products always have a foreign background and bad are Cambodian. The republican spirit is in this concept? The events of March 1970, beginning they idea flagship or the chance over the republic? In any case, this idea probably privilege the path rather than the objective. So the Republic is a path towards progress and freedom. It remains far horizon of Khmer history, the transition required by the emancipation of oppressed people, pre-democratic society. This issue was raised in 1959 by Prince Norodom Sihanouk in the journal "Cambodian Reality" - October 23, 1959 : Cambodia will he a Republic? The prince is said to be ready to introduce itself the Republic if it proved popular in line with the wishes and the national interest. But for him, the Khmer people did not want because that ideology is of foreign origin and fate of the soul's lower "traitor" Son Ngoc Thanh. The people have only one wish: to enjoy the highest good, that is to say a big prince possessing possibly virtue ethics. That, according to Prince Sihanouk, who was the main purpose of the happy life of all Cambodians.

As for General Lon Nol, in 1970 he wrote in his report to the moral frameworks of the country that the Khmer people walking forward is a natural evolution in the history of mankind. Humanity has evolved primarily into tribes, then feudalism, then a monarchy and then republic.

Pierre Joxe, former French minister, said during his visit to Phnom Penh in September 1992 that "democracy can not be easily transplanted rice. The republic is it in the same case? Is it a universal idea? Before going into this great debate, it is interesting to ask a question: The proclamation of the Khmer Republic was there a tinkering for the occasion? or it was born of a contract of Republican thought that took root in Cambodia before the events of March 18, 1970?

August 9, 1945: Coup de force of Son Ngoc Thanh: Seven young people, Mey Pho, Nath Laing Say, Mom Koun, Mao Sarouth, Hem Savang, Kim Doré An, Thach Sary, were burst in full evening gallant King Norodom Sihanouk and declared that he want to see the King. However, Mr. Nong Kimny, loyal to the king, irritated by the noisy intrusion, would intervene and was immediately shot in the arm several balls. The King took panic and began at once knees before the insurgents who threatened him, gun in hand. King implored them and promised to abdicate. Seven had heated the royal palace before calling White Son Ngoc Thanh to take power. The latter had agreed with the king to save the throne. Seven young men were then arrested and jailed. All after their invasion of the central prison in Phnom Penh, had remained highly activists until death. What was Son Ngoc Thanh? Let us say, a Khmer of Cochinchine and anti-French republican stammering and combining liberal ideas with the pragmatic. Founder with Pach Chhoeun the newspaper Nagaravata. A smart conservative with a simple principle: "Everything must change so that everything remains the same." As the foundation of his nationalism, he was even simpler: "That the country is granted independence by any means." This principle led with the Japanese arrived in Cambodia to support them against the French. In 1942 Son Ngoc Thanh believed the time had come to demand independence and his friends preparing a coup. He organized a mass demonstration (two thousand monks) to protest against the arrest of a prominent monk, Hem Chiv. But the momentum of this movement was quickly broken by the French authorities for the support of Japan, where Son Ngoc Thanh had counted did not come. He was then sentenced to Pach Chhoeun December 19, 1942 by the Martial Court of the Saigon. With the help of the Japanese, he could flee to Thailand, then to Japan where he was a two-year course in the School of the Greater East Asia. On March 9, 1945, the Japanese army stationed in Indochina presented to Admiral Decoux, Governor General of Indochina, an ultimatum in which she asks him to bring the army under his control Indochina. Decoux it had refused to yield. Its resistance forced the Japanese army to use force to end French rule in Indochina. On March 12, 1945, with the agreement of Japan, the Kingdom of Cambodia had proclaimed its independence. In early May knew the Japanese were back to Son Ngoc Thanh Tokyo. June 1st, he was appointed Minister of Foreign Affairs. At the wish of the defeat of the imperial army, Son Ngoc Thanh had prepared his coup to take power whose purpose was to prevent the return of French colonialism in Cambodia. He gave perhaps the performance of the coup plotters in September dilettantes already mentioned. As for his role, he was making the dress policy event. This operation enabled him thus to become Prime Minister of the Kingdom of August 16, 1945. But this daring cost him the colonial prison because when French troops arrived in September 1945, Son Ngoc Thanh was arrested September 16,  for anti-Allies on the orders of General Leclerc and transferred to a prison in Saigon and then sent to France. The question now arises: Son Ngoc Thanh was it the spearhead of the Khmer Republican? According to Professor Keng Vannsak that had happened in France more than a month with Thanh during his visits supervised by the French police: Thanh never spoke of Republic. His major concerns were more on the draft country's liberation from French colonialism. But we must admit that in the contemporary history Khmer Thanh appeared as a prophet of the republic, not by his involvement in the ideological struggle, but rather by its radical opposition to Prince Sihanouk. Image that his supporters called "Danrêk”, contributed twenty-five years later, to build during the Khmer Republic.

The Cambodian left and the republican spirit: For the unprecedented gesture of Seven young Khmers, in 1991, Professor Keng Vannsak has commented in writing in his paper "Bah Bone": The Republic does not build a coup or by improvisation or with the apparatus of the former regime. The tragic end of the Khmer Republic, which proves that installs without a "national thought Republican anti-royalist" and without a struggle, overall, to uproot the very essence of the monarchy, will eventually succumb to either the restoration of monarchy or totalitarianism to another.

However, the coup of August 9, 1945 allowed, six years later, a catechumen of the Church Marxist Khmer seize the ball and attempt an attack on two fronts, one of King Sihanouk and of the ideological struggle. In Paris, in August 1952, in the special issue of the journal of "Khmer student", an open letter was published to criticize the King Norodom Sihanouk, Prime Minister, and denounce the Khmer monarchy for treason National and oppression of people. Two objections were raised:

1.     Collaboration with the French power for its own interests at the expense of national independence, its maintenance to the throne;

2.     The evils of the Khmer monarchy causing the Khmer people in the river of hell and keep them in slavery.

The second point is interesting to consider because it relates, perhaps, with the republican spirit Khmer. Was there a poisoned drink as said Prince Sihanouk ? or virgin honey, a symbol of "renewal" as the alleged author of this address ? Here is the abstract:

"The suffering of the Khmer people is born of corruption in the Cambodian monarchy. The royal palace is the place where reigns supreme administration dishonest sucking the country's wealth and property of people. We can deduce that the survival of the monarchy depends only on the practice of peddling influence. The King has no need of moral knowledge. Just have the strength to be able to wage war for its maintenance as long as possible on his throne. If it is threatened by the other pretenders to the throne, his solution is to go seek help from foreign countries to crush opponents. If the King thinks so, it is normal that his Montrey also think like him. Prostrations and bows are considered the only way to get a promotion. Dishonesty is a common practice in the Kingdom. It is rooted from the top of the state until the terminal base. The royal policy is that of oppression and destruction of national interests and people.

In the resumption of the same theme, Pol Pot wondered about the evils of monarchy in his article entitled "Monarchy or Democracy," published in 1952 by the journal of Khmer Students in France.

A few months before publishing the open letter to King Sihanouk in the journal Khmer Student, March 13, 1952, Thiounn Thioum had defended his thesis for a doctorate in Law at the University of Paris. His thesis topic was: The monarchy in Cambodia. His presentation was legal in nature rather than critical of the monarchical system, as he himself explained in his foreword that may otherwise entitle his work: "Studies of the sources of law, law and power in the former Cambodian public. The Khmer monarchy, Mr. Thioum knows very well because his father was a very powerful figure during the reigns of two kings, Sisowath and Monivong. The marriage between his experiences in the monarchical universe Khmer and legal knowledge enabled him to give weight to his thesis, which was seen thereafter, the left Cambodia as a scientific reference condemning the Khmer monarchy in decline. The open letter published in the journal Khmer Student "and the trial of Pol Pot were the vulgar version of the thesis Thioum. The taboo was broken for the first time. This time, it was no longer a rumor, but a university thesis which explicitly sets out a power system based on divine right. Power through which the king had the right to life and death over his subjects. Pol Pot was talking about the story Thmenh Chey to show that a child of the people named Thmenh Chey, can defeat a king ignorant Thmenh Chey dares to oppose the crown. The solution is called in his essay: The people's revolt against the divine power and people can overcome such Thmenh Chey.

The year 1952 seemed a crucial year for criticizing the monarchy since King Sihanouk, deprived of power in the constitutional straightjacket, trying to get an ending with a coup June 15, 1952. It was dissolved for the second time the National Assembly, whose Democratic majority was in conflict with it. Its purpose was ludicrous devolution of parliamentary power to him. As a result, he transformed the constitutional monarchy in one of his personal power. He practices a politics of cynicism: "Who is not with me is against me." This act had outraged the Khmer youth who was on loan at the time to defend democracy and the constitution. A severe agitation manifests itself in all schools. A kind of political earthquake in a country struck by the fear of the sacred person of the king. Was it really a plot by the left against the Khmer King Sihanouk?

To answer this question, we must first know the left Cambodia. It consisted of a handful of Khmer students in France. They met to study Marxism. They swallowing, in fact, that knowledge which transformed them into fake Marxists. Who were they? The names are not unknown today, such as, Saloth Sar (Pol Pot), the Thiounn, Ieng Sary, Khieu Samphan, Hou Youn, Hu Nim, etc. Were they Republicans at heart?

I repeat that there is no question of Pol Pot and his fellow pioneers of the republican spirit Khmer. I remember that things are so clear that I speak here of those sinister names, because I will argue that these people are only opportunistic short that explained the evils of monarchy in verbosity. And although ' they are not judged for their crimes now, I still believe in a different form of justice as Bernard Henry Levy said: Justice of the historian of the truth.

Poor left Cambodian born crossfire between Chinese and Vietnamese revolutionary, who deprived her of having its own national identity. It was left blaming the responsibility of the easement because of Mao and Ho and was used as a launching pad for Marxist ideology in Cambodia. This obedience put to sleep his nationalism. The saga of his birth in 1930 is ambiguous. It was then considered a branch of the Vietnamese Communist Party and had never succeeded in defining a policy consistently and regularly. His victory in April 17, 1975 was more like a Pyrrhus victory which still weighs the threat of Communist Party of Vietnam. In fact, Pol Pot sought to break the tender to touch his share of glory of Communism in Indochina. He received the green light from Beijing, Hanoi but did not meet this request. Instead of being cautious to silence, Pol Pot began a policy of revenge against his own people under the ironic gaze of the Vietnamese. This practice completely destroying the lifeblood of the country and the Khmer soul. A wealth of Hanoi for allegedly giving a lesson of solidarity between peoples Indochina to China and realize his dream of being the master of Cambodia. On January 7, 1979, the most resistant to the cause of Ho were driven from Phnom Penh by the Vietnamese soldiers to replace them with more docile. The break-up into two camps (the Maoists and pro-Vietnamese) was consumed as well. Despite this split, this left obliterated forever in the eyes of Cambodians commitment. In addition, in their history, both sides continue to need the monarchy to survive. They claim to endorse their choice justified by the context and circumstance. In fact, they are neither Republican nor Nationalist. They are opportunistic and have the opportunity doctrine. They always acted in the shadow of Prince Sihanouk and under the watchful eye of Beijing and Hanoi. Under the light of their victory of April 17, 1975 and January 7, 1979, we saw their true colors. This is the dark side of the Cambodian left and so ends the saga of their revolution reduced to dimension deadly. Certainly, one or both have a responsibility before history for more than two million dead innocent Khmers. 

Paris, April 1997
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  • : La grande Voie n'a pas de porte. Des milliers de routes y débouchent. (Proverbe zen)
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