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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 18:48

Cambodge 2011 : Quels sont les enjeux ?

 

Le taux de croissance prévu en 2011 (PIB en volume et en pourcentage) :  6 % (4 % en 2010). (Laos : 7 % ; Vietnam 6,5 %).

PIB 2009 en millions de dollars US : 10. (Laos : 5,9 ; Vietnam : 91,9).

PIB 2009 par habitant : 675,7 $US. (Laos : 936,5 ; 1052,7).

Nombre de population recensé en 2009 : 14,8 millions d'habitants. (Laos : 6,3 ; Vietnam : 87,3).

Sources : FMI, OCDE, la Banque mondiale, l'ONU.

 

Je ne fais pas commentaire sur ces chiffres, parce que je ne suis pas un économiste. J'espère que les accords de partenariat économique avec la Chine apportent au peuple khmer un peu plus de bonheur et de bien-être pour l'année 2011. De 1991 à 2011, deux décennies sont déjà passées comme une vitesse de foudre. Pendant ces vingt années écoulées, quatre mandats parlementaires, le Cambodge économique, sociale et politique change son allure.

 

En 1993, il redevient une monarchie constitutionnelle. Un régime de démocratie libérale ayant un roi à la tête de l'État, lequel est élu par les grandes personnalités du royaume. Le pays est dirigé par un Premier Ministre. Celui-ci est aussi chef de la majorité parlementaire. Un régime politique classique du genre du Japon et des Royaumes-Unis. Les prochaines élections législatives sont prévues en 2013. Donc, l'année 2011, la bataille électorale n'est pas un enjeu politique, car il reste encore plus de 24 mois avant la fin du mandat de l'Assemblée nationale actuelle. En effet, les opposants du pouvoir actuel, c'est-à-dire une partie de la diaspora khmère et les laissés-pour-compte par le gouvernement royal continuent de critiquer la politique de Hun Sen. Quant aux parties de l'opposition parlementaire, elle fait de son mieux pour être reconnue toujours comme partis de l'opposition par les pays occidentaux et les Etats-Unis d'Amérique. Sous cet angle, nous concluons que la bataille politique à l'intérieur du pays ne soit pas non un enjeu pour l'année 2011. Par ailleurs, nous savons que l'amitié entre le Roi-Père et les hommes du pouvoir d'aujourd'hui est un roc inébranlable. Il me semble que le peuple khmer n'attend plus Preah Bat Thomeuk, le rédempteur, qui descendra du ciel (quand ?) pour lui apporter la prospérité. Il n'y a pas non plus un héro en vue en 2011 pour réchauffer la foule de son nationalisme. Encore une phrase de Stefan Zweig (Conscience et violence) à rappeler au peuple de toutes les nations : "Pour pouvoir être déifié par la foule, il faut avoir été un martyr, et seules les persécutions infligées par un système haï…". Sam Rainsy, leader de l'Opposition, est-il un martyr ? Le régime actuel dont le Roi-Père serait le défenseur intrépide depuis Beijing, sa résidence de retraite médicalisée, est-il un système haï ? Je n'en sais rien. Stefan Zweig écrivait encore : "C'est à l'exil que presque tous les héros populaires de l'histoire doivent la puissance d'attraction qu'ils ont exercée sur leurs contemporains : l'exil de César en gaule, de Napoléon en Egypte, de Garibaldi en Amérique du sud, de Lénine en Sibérie, leur a donné une force qu'ils n'eussent pu espérer s'ils n'avaient jamais quitté leur pays". Espérons que Sam Rainsy et les leaders de la diaspora, opposants du régime, en soient de même.          

 

S'il n'y avait pas les enjeux politiques, je crois qu'il n'y ait pas non plus les enjeux sociaux. Les Khmers continuent de vivre normalement comme en 2010. L'écart entre les pauvres et les riches s'agrandit encore plus pour l'année 2011. Je constate que le nombre de la classe moyenne diminue beaucoup, parce que la crise mondiale passe aussi au Cambodge. Ceci est un défi du gouvernement royal pour stabiliser les effets négatifs de cette crise sur la vie sociale du pays. Trois leviers à tirer donc dans cette situation : Lutter contre la corruption, assurer la justice élémentaire des citoyens et distribuer équitablement les fruits de croissance économique qui est encore à 6 % pour 2011, par rapport à la Thaïlande dont le taux est de 3%. Dans la crise politique thaïlandaise, le Cambodge pourrait devenir un leader dans le domaine touristique en Asie Sud-Est. Un substitut de paradis thaïlandaise dans du tourisme culturel, balnéaire et historique. Et nous le savons que dans ces domaines, les richesses du pays offrent la possibilité d'être le meilleur. Tout dépendant de la volonté du gouvernemental actuel.

 

À 14,8 millions d'habitants, le Cambodge n'est pas encore un pays surpeuplé. Les Khmers nés en 1991 ont 20 ans d'aujourd'hui et ceux qui sont nés après la fin du régime de Pol Pot ont 32 ans. Ils sont jeunes et représentent plus de 60 % de la population du pays. L'avenir du pays dépend d'eux et pour eux. Donc l'année 2011 est l'année pour la jeunesse. Pour les pessimistes, le Cambodge est une comme branche morte. Mais cette branche condamnée depuis déjà longtemps fleurit toujours. Elle continue de donner des belles fleurs de l'espoir. Espérons le que 2011, le Cambodge soit prospère : Roi, Ancien Roi, Gouvernement, l'Opposition et le Peuple. Bonne année à tous que 2011 vous apporte la santé, la longévité et le bonheur. 

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 05:33

 

Chine-Vietnam : La Chine a-t-il un différend avec le Vietnam à propos du Cambodge ?

 

Dans l'histoire du Vietnam ancien, connu sous le nom de Dai-Viêt, celui-ci avait tenu compte de la Chine dans leur politique extérieure, parce que les Vietnamiens ont longtemps revendiqué pour leur pays, face aux exigences jamais abandonnées par les Chinois d’imposer leur suzeraineté, un statut de souveraineté égal à celui que s’attribue habituellement l’Empire du Milieu. Nous le savons qu'au XIe siècle, la dynastie des Lý du Vietnam avait fait savoir explicitement de son statut impérial à celle des Song de la Chine. Pour la première fois, l’Empereur chinois, en 1164, dans le cadre de la politique d’apaisements des relations tendues avec le Vietnam, avait accordé la promotion du monarque vietnamien au rang de « quÓc vúòg » (Vassal externe). Cette reconnaissance donnait donc un statut du Vietnam d’un Royaume distinct du système administratif impérial de la Chine. L’acceptation de cette vassalité toute formelle dans les relations diplomatiques avec la Chine va être la ligne de conduite suivie par les souverains vietnamiens, afin d’éviter l’ingérence chinoise dans leurs affaires intérieures.

 

Le Vietnam comme la Chine, se place sa société policée au « centre » par rapport aux populations barbares de la périphérie. Il faisait la différence entre ceux qui habitent à l’intérieur de ses frontières, sous contrôle administratif et militaire plus ou moins permanent, et ceux qui vivent au-delà de ses confins. Par conséquent, il admettait, en dehors du Royaume, il existe des systèmes politiques instables, et dont la turbulence des dirigeants représente un risque pour la sécurité de son espace frontalier. La prétention des souverains vietnamiens à la prééminence culturelle dans leurs relations avec les pays limitrophes ne saurait masquer la crainte qu’ils ont toujours éprouvée envers les pays à l’ouest et au sud, constituant un désordre de territoires souvent agités de troubles. En fait, comme le contrôle de l’intérieur du territoire étatique implique prioritairement l’action à la frontière, ce sont des rapports de forces militaires qui ont fréquemment prévalu. Et, même après que les monarques vietnamiens se sont sentis assez puissants pour s’arroger un rôle spécial dans les affaires de leurs voisins, les zones frontalières demeurent ainsi des zones de tensions et de conflits. Ce concept de sécurité intérieure du Vietnam constituait une doctrine géopolitique des souverains vietnamiens, selon laquelle l’espace vietnamien est contenu à l’intérieur de frontières montagneuses prédéterminées par le Ciel et permanentes. La tâche des souverains vietnamiens doit être donc d’assurer leur défense en vue de légitimer leur autorité. La résignation de défense des frontières du Royaume est considérée comme une renonciation du droit de régner. Il en résulte toutefois de cette doctrine géopolitique s’inscrit dans le cadre de la sécurité des frontières, les souverains vietnamiens avaient besoin d’attaquer les puissances rivales afin de conserver le contrôle de leur propre sphère d’influence, par exemples : la conquête du Champa. En 1471, les Vietnamiens s’emparent le Vijaya, la capitale du Champa, l'invasion des États lao en 1479 et enfin, la marche vers le Sud pour conquérir la Cochinchine (Kampuchea Krom) dans le courant du XVIIIe siècle. À chaque conquête, ils adoptent officiellement le discours moraliste des empereurs chinois en matière de relations extérieures, en opposant le « civilisé » contre le « barbare ». Les invasions des Vietnamiens communistes du Cambodge en 1970 et 1979 ne sont que la poursuite de l’application de la doctrine géopolitique millénaire des souverains vietnamiens par des dirigeants vietnamiens de l’époque. Le Cambodge et le Laos sont aujourd’hui sous l’influence vietnamienne n’est qu’à la traduction, encore une fois, de cette doctrine dans la réalité. Les conditions de domination vietnamienne changent aujourd’hui dans son application par rapport au passé, laquelle ne comporte qu’un élargissement, non une modification de cette doctrine.  La Chine ferme toujours les yeux et peut-être soit heureux des épopées vietnamiennes.

 

Depuis la Chine reconnaît officiellement la souveraineté vietnamienne en 1164, après une longue période de conflit armé, les relations entre ces deux pays se stabilisaient. La Chine avait toujours laissé le Vietnam de poursuivre sa politique de conquête territoriale tant que celui-ci ne lui menaçait pas ses frontières. Elle ne se prononçait pas contre la politique expansionniste vietnamienne.  Bien sûr, de temps à autre, il y avait des escarmouches entre les gardes de frontières de ces deux pays, la dernière s'était produite en 1979, mais celles-ci étaient limitées dans un espace réduit et se terminaient toujours par trouver une solution pacifique entre les frères de culture.

 

Nous le savons que la Chine et le Vietnam partagent la même culture, la même tradition administrative et la même pensée politique depuis millénaire. Ils s’admirent l’un l’autre et se respectent mutuellement. La Chine regarde le Vietnam comme un bon communiste et une nation mature qui sait se défendre contre la Chine impériale, les colonialistes français et les impérialistes américains. Quand au Vietnam, il regarde la Chine avec l'appréhension et le respect. L'appréhension, parce qu'il a des frontières communes avec une puissance économique mondiale et un pays où habitent plus d’un milliard d’habitants. Le respect, parce que la Chine ait toujours un modèle pour la nation vietnamienne et un défenseur inconditionnel du peuple vietnamien dans sa lutte pour l'indépendance nationale contre la domination étrangère. Depuis toujours, la Chine et le Vietnam aient une même cause à défendre : Préserver le Communisme dans un monde où la démocratie gagne de plus en plus le terrain. Je suppose donc que ces deux pays soient toujours ensemble, hier et aujourd’hui, quoiqu'il y ait des différends dans leurs politiques étrangères. L’approchement du Vietnam au côté des États-Unis, par exemple. Mais, si nous suivons un petit peu la politique étrangère de Hanoï depuis la première guerre d’Indochine, nous constatons que le Vietnam du Nord ait toujours cherché un contrepoids dans ses relations avec la Chine, son voisin et frère de culture. Il avait été avec l’URSS pendant sa guerre de libération nationale, non pas pour être ennemi de la Chine, mais pour avoir un soutien plus large dans le monde communiste. Ce choix ne gênait pas du tout de la Chine, au contraire, elle encourageait son frère de culture à fréquenter le plus grand nombre possible des pays antiaméricains, avec lesquelles la Chine pût jouer sa diplomatie, parce qu’elle aide aussi le Vietnam. Mais quand la guerre au Cambodge s’éclata en 1970, après la destitution du Prince Sihanouk, une différence entre ces deux frères de culture surgissait dans leur option d’aide du Prince Sihanouk et ses alliés Khmers Rouges à combattre contre la République khmère. La Chine désirait, une fois que la force armée communiste khmère soit opérationnelle sur les champs de bataille, Hanoï doit laisser une autonomie totale à cette armée khmère de conduire sa propre guerre. Le Vietnam du Nord n’y était pas favorable. Il voulait intégrer cette force nouvelle dans sa stratégie globale sur le théâtre des opérations militaires en Indochine dont Hanoï assure le commandement unique des trois forces armées (Vietnam, Khmer, Lao) en lutte contre les camps des impérialistes américains. Après la signature des accords de paix du Vietnam à Paris en 1973 (27 Janvier), Hanoï céda à la Chine en laissant les Khmers Rouges d’avoir leur propre politique de conquête de pouvoir. Le désaccord entre la Chine et le Vietnam du Nord fut donc réglé. Après la victoire des Khmers rouges en 1975, la Chine était le seul maître à bord du Kampuchea où toute espèce de liberté a cessé d'exister. Le parti communiste khmer sinisé avait non seulement le droit, mais aussi le devoir d'imposer une soumission totale à tous les Khmers, même de tuer sans procès la simple tiédeur. La Chine était donc le prédicateur de Pol Pot pendant les trois années de règne de ce dernier.   

 

Après la victoire du Vietnam du Nord sur celui du Sud, Hanoï se décida de retirer ses troupes du Cambodge. Bien entendu, ce retrait était effectué hors de frontières tracées par Hanoï, non pas celles qui sont reconnues par les instances internationales. D’où étaient nés les conflits territoriaux entre le Vietnam unifié et le Kampuchea démocratique de Pol Pot. Cette crise frontalière aboutit sur une guerre entre ces deux pays, dont le Vietnam était vainqueur et occupait le Cambodge pendant dix ans. La Chine était surpris par l’audace et la victoire rapide des Vietnamiens sur ses protégés. Elle en était tout à fait incapable de faire quoi que ce soit pour protéger le Cambodge affaibli par la politique d'auto génocide. Dans cette guerre, on n'ait l'impression que la Chine laisse à désirer les soldats de Pol Pot face aux blindés vietnamiens. Et nous le savons que sans la communauté internationale qui condamnait l'occupation vietnamienne du Cambodge, il est certain qu'il n'y ait pas eu la résistance khmère à la frontière khméro-thaïlandaise. Sans l'effondrement de l'URSS, il est certain aussi qu'il n'y ait pas eu le retrait des troupes vietnamiennes du Cambodge. Dans cette histoire, les Khmers ont droit de se poser la question : Est-ce que le Cambodge sous l'influence vietnamienne est-il vraiment un obstacle dans les relations fraternelles sino-vietnamiennes ?

 

Observons les attitudes de la Chine vis-à-vis du Cambodge depuis 1955 jusqu'en 1993. Les petits détails qui révèlent la face cachée de la Chine dans ses relations fraternelles avec le Vietnam :

 

Vers les années 50, Chou Eng Lay, alors Premier Ministre de la Chine exhortait le Prince Sihanouk à renoncer les aides économiques et militaires américaines, mais non pas d'en donner une compensation. À l'aune de la Chine, le Prince Sihanouk plaçait l'économie khmère sur la voie socialiste qui amenait le pays quelques années plus tard à la faillite. Ce choix, il s'agissait de transformer un pays comptant d'innombrables atouts en un raide mécanisme de développement sans perspective d'avenir. L'armée khmère était laissé à l'abandon au moment où la Thaïlande et les deux Vietnam Nord et Sud se modernisaient les siennes. La démocratie était jetée à la poubelle pour faire rayonner la dictature. Stefan Zweig écrivait dans son livre, intitulé Conscience contre violence :

"Il faut toujours un certain temps avant qu'un peuple remarque que les avantages momentanés d'une dictature, que sa discipline plus stricte et sa vigueur renforcée sont payés par le sacrifice des droits de l'individu et que, inévitablement, chaque nouvelle loi coûte une vieille liberté".

À partir de 1968, le Cambodge était paralysé. L'économie était en crise profonde et le pays était occupé par des forces communistes vietnamiennes de 65 000 hommes. Que faire ? Avec le Prince Sihanouk, on n'a pas le choix : il faut ou le combattre ou se soumettre entièrement à lui. Les hommes du 18 mars ont fait leur choix de le combattre. D'où la naissance des évènements 18 Mars 1970.

 

À partir du 18 Mars 1970, la Chine exhortait à nouveau le Prince Sihanouk à se venger avec l'aide des Viêt-Cong, sobriquet des soldats du Vietnam du Nord. Beijing autorisait le Prince Sihanouk à rester en Chine pour présider un gouvernement d'union nationale en exil.

 

Après l'invasion des troupes vietnamiennes du Cambodge en 1979, Beijing soutenait la résistance khmère contre la force d'occupation, mais les dirigeants chinois n'auraient pas souhaité que le Prince Sihanouk résidât en Chine pour ne pas compromettre leurs relations fraternelles avec leurs homologues vietnamiens. Le Prince Sihanouk, Chef de la résistance des forces royalistes devait partir habiter en Corée du Nord durant la période de guerre, dite de libération nationale.

 

À partir de 1993, quand l'amitié entre le Prince Sihanouk et les dirigeants vietnamiens est renouée, le Prince est autorisé, à nouveau par l'autorité chinoise, à habiter en Chine comme un retraité après presque un demi-siècle que celui-ci avait rendu des services à la Chine. En fait, depuis toujours, le Cambodge n'est jamais un problème dans des relations fraternelles entre la Chine et le Vietnam, frères de culture et d'idéologie.

Le rêve du peuple khmer d'être aidé par les Chinois ne soit qu'une illusion. Pour la Chine, le Vietnam est toujours son frère de culture. 

 

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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 06:04

Chine- Cambodge : L'Idéologie et la Realpolitik

 

Dans la mondialisation, sauf la Corée du Nord, un régime nerveux et imprévisible, la Chine Populaire change son allure et son langage, quand il s'agit des intérêts économiques du pays. Mais la Chine fait comprendre à tous ses partenaires économiques, grands ou petits, qu'il est toujours un État communiste pur et dur et son ennemi de classe est toujours celle du capitalisme. Marx, Engel et Lénine sont toujours honorés par le Parti Communiste Chinois (PCC), comme dogme, mais dans la pratique, celui-ci doit être adapté au contexte du moment.

 

Trois politiques menées par le PCC, lesquelles sont différentes, mais cohérentes dans le cadre de la mondialisation : Politique intérieure, fondée sur une idéologie communiste ; Politique extérieure, fondée sur le pragmatisme et Politique économique, fondée sur la realpolitik.

 

Je n'ai pas besoin d'entrer dans le détail de la politique intérieure de la Chine, parce que nous connaissions tous par cœur les fondamentaux de l'idéologie communiste, vrai matamore qui incite la lutte des classes et la révolution. Je n'ai pas besoin non plus de l'éplucher, car son bilan est catastrophique pour l'humanité. Cela est sans doute en contradiction avec Marx. Celui-ci se contredit aussi lui-même : "Aucune révolution ne vaut la vie d'un homme, puisque sa finalité est de le libérer". J'essaie donc de répondre aux questions suivantes : Quel est le fond idéologique du Communisme, La dictature. Quel est le culte idéologique d'un Communiste ? Le pouvoir, Quel est son dieu idéologique ? Joseph Staline (1922-1953).

 

En matière de la politique extérieure de la Chine, nous le savions qu'elle soutienne tous les régimes totalitaires dans le monde : La Corée du Nord, le Cuba, la Birmanie, de certains pays africains etc. et les autres pays, dont l'obsession antiaméricaine s'est affichée. Elle dénonce l'impérialisme de l'oncle Sam, mais elle n'avait pas hésité à envoyer ses soldats pour occuper le Tibet. Cela, n'empêche pas qu'elle participe aux forums internationaux où l'on discute les droits de l'Homme, la liberté de culte, et toutes les affaires touchant au progrès de l'humanité, par exemple, la santé publique, l'environnement etc.

 

Quand il s'agit des affaires économiques, la Chine est amie de tout le monde, y compris le Taiwan, son opposant territorial, les Etats-Unis, son opposant idéologique, la Russie et l'Inde, ses opposants frontaliers. La Chine est une banquière mondiale. Elle prête même son argent disponible aux hommes d'affaires américains. Elle investit dans le vin français et les industries de loisirs comme le Club Méditerranée dont le fils du Président Giscard d'Estaing est le PDG. La Chine est partout dans le monde. En Afrique, son aide économique et ses investissements en capitaux comme partenaires avec les agents économiques locaux sont en vitesse de TGV, mais ce n'est pas celui de la SNCF, mais celui de la marque chinoise. En Asie, on ne voit que les enseignes chinois partout dans les grandes villes. Elle est reconnue aujourd'hui comme une des grandes puissances économiques du monde. 

 

La Chine est membre du Conseil de Sécurité de l'ONU, avec ce statut, elle peut mettre son veto à toutes les décisions concernant les grandes affaires de la planète. Avec son pouvoir économique et son pouvoir politique international, elle joue parfois un rôle de fauteur de troubles dans les pays où la démocratie n'est pas une priorité, de gardien de l'idéologie communiste, après l'effondrement de l'URSS et d'usurier dans l'économie mondiale. Partout où elle amène ses capitaux pour investir, il est certain qu'elle se comporte d'abord comme une nation commerçante, ensuite comme une puissance mondiale et enfin comme anti-capitaux des pays occidentaux. La Chine n'amène jamais la démocratie en Afrique et en Birmanie. Je ne crois pas qu'elle jouera un rôle de contrepoids servant à contrebalancer le poids vietnamien au Cambodge. La Chine commerçante est déjà au Cambodge depuis 1993, mais sa présence mercantile n'aide pas ce pays à faire avancer sa démocratique et empêcher le Vietnam d'être un lion qui fait trembler les Khmers et qui empiète leurs terres. La Chine comme partenaire commercial du Cambodge n'est pas non plus négatif pour l'économie khmère, mais il ne faut pas attendre d'elle de rien plus, ni rêver qu'elle fasse baisser la température du pouvoir actuel. Bien sûr, la statue d'airain de la Chine nous fait toujours rêver d'être son ami depuis la conférence de Bandung en Indonésie (18 au 24 avril 1955). M. Chou Eng Lay, alors Premier Ministre de la Chine Populaire, avait fait une promesse au Prince Sihanouk que son pays aide le Cambodge à se développer, à se protéger contre toutes formes d’agression venant de ses pays voisins et des pays impérialistes, petits ou grands. Je constate que cette promesse ne soit qu'une simple conversation de courtoisie entre le grand éléphant chinois et le petit chevreuil khmer, parce que le lion vietnamien continue de régner sur le territoire khmer. Aide toi, le ciel t'aidera, c'est mon dernier mot d'un pessimiste éternel quand j'entends que mes compatriotes continuent de voir la Chine comme un messie. Pour moi, la Chine faisait depuis toujours plus de mal que du bien au peuple khmer.   

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 07:13

Le Bouddhisme est-il responsable ?

 

Depuis toujours notre conducteur des âmes est le Bouddha (563-483 avant J.C. selon la tradition Theravada), "dieu des pauvres" pour les déshérités, "dieu des riches" pour les nantis. Il est au milieu du champ de la vie des fidèles, riches ou pauvres. Le Bouddha n'ait donc pas d'ennemis, tous les êtres vivants sont ses amis, à une seule exception, la vie, parce qu'elle est la source de souffrance. C'est le courant de la vie qui entraîne les humains dans l'océan de la souffrance. Tous les humains puissent trouver une voie de secours, s'ils étaient poussés par ce courant, cette voie est la doctrine du Bouddha (Dharma), chemin qui mène au Nirvana : Pour supprimer la souffrance, il faut renoncer au désir, à la cupidité, à la vie matérielle des humains. Pendant la période des Khmers Rouges, beaucoup des fidèles abjuraient le Bouddhisme. Ils ne trouvaient plus la voie de secours dans leur foi. Pour eux, supprimer la souffrance avec les Khmers rouges par voie de renoncement de la faim n'est pas suffi, il fallait renoncer carrément à la vie. Mais, ces bêtes rouges empêchaient les humains de mourir dans la douceur. La mort par inanition et la violence étaient un objectif fixé par l'Angkar (le Comité Central du Parti Communiste Khmer). Celui-ci voulait que les survivants s'en souviennent pour raconter cette souffrance à leurs enfants et petits-enfants. Le déluge du sang était provoqué par le Communisme, "religion des Khmers Rouges" dans le Cambodge où le Bouddhisme, "religion du peuple", est millénaire. Le Communisme empiétait sur la terre des croyants de toutes les régions, pas seulement au Cambodge. Pendant soixante-dix ans, en Russie, il imposait aux Chrétiens orthodoxes à s'agenouiller devant les portraits de Karl Marx, Lénine et Staline. Après la Seconde guerre mondiale, c'étaient les pays de l'Europe de l'Est, qui supprimaient la liberté de culte à leur peuple. À partir de 1949, la Chine tombait dans le joug du communisme qui privait la liberté des millions de Chinois d'honorer leurs dieux. La Corée du Nord, le Vietnam du Nord, le Cuba, Cambodge, Laos et autres pays dans le continent africain suivaient la voie du communisme au nom du progrès de l'égalité des hommes. Nous le savons que le bilan de cette utopie était catastrophique pour l'humanité. Je ne répète que le nombre des victimes du communisme au Cambodge : Le chiffre est estimé à peu près deux millions de morts et disparus sur une population de sept millions d'habitants (Nombre de population en 1975).

 

Au Cambodge, depuis la nuit des temps, beaucoup des gens, dans la tribulation de Preah Bat Tommeuk (Messie), aient l'habitude d'accuser le Bouddhisme d'être le responsable de la décadence du pays. Ils disaient depuis que les rois khmers adoptent cette croyance comme religion d'État, la puissance khmère perdait son ardeur. L'Empire s'effondrait donc au profit du Siam. En trois siècles seulement (XIIIe au XVe siècle), toutes les parties de l'Ouest et du Nord de l'Empire, étaient occupées par les Siamois. Ceux-ci ont bénéficié leurs coreligionnaires khmers pendant le Siam était sous la domination de l'Empire d'Angkor. Alors, pourquoi, étaient-ils plus forts que nous ? L'engagement spirituel individuel des Siamois, des Khmers dans le Bouddha, le Dharma et le Sangha était-il différent ? Les cinq devoirs du moine, dans le bouddhisme : Premièrement, étudier, pratiquer, méditer le Dharma ; deuxièmement, être un exemple pour les laïcs ; troisièmement, prêcher, et enseigner ; quatrièmement, protéger des influences psychiques malsaines ; et cinquièmement, donner conseil sur les affaires du monde, n’étaient-ils pas les mêmes dans ces deux pays ? La récitation des Refuges et des Préceptes était-elle divergente ? Non, la différence entre les Siamois et les Khmers ne soit pas dans le Bouddhisme, elle soit dans la Politique. Depuis toujours, nous voyons à travers le prisme de l’histoire bariolée de guerres dans notre pays, laquelle est encore magnifiquement racontée par nos dirigeants défaillants de stratégie que le Siam et le Vietnam soient les Nations envahissantes. Je me pose donc la question : Si nous en savions, pourquoi nous les laissions envahir si facilement notre patrie ? Tous les rois siamois et annamites étaient les fervents du Bouddhisme, mais aussi, il faut nos historiens osent le dire, malgré leurs esprits impérialistes, dont nous sommes les victimes, ils étaient les bons stratèges endurants pour leur pays et leur peuple. La guerre de conquête, partout dans le monde ancien, était une politique internationale des rois ou des empereurs. Nos rois en avaient fait et étaient parvenus à bâtir un empire dont nous ne cessions pas de rêver jusqu'à aujourd'hui. Mais chaque empire avait toujours sa fin, faute des moyens politiques, économiques et militaires pour l'entretenir. L'Empire Khmer n'échappait pas non plus à cette loi. Les guerres de conquêtes, les intrigues des dirigeants et les constructions des temples magnifiques pour dieux, durant plusieurs siècles, s'épuisaient l'Empire Khmer. Celui-ci s'effondrait comme château de sable et s'effaçait de la mémoire du peuple khmer pendant quatre siècles, durant lesquels, il ne restait que pour les Khmers, dispersés dans les anciens territoires de l'Empire, le Bouddhisme et la tradition comme foi et force qui cimentaient les liens entre eux et qui donnaient un sentiment d'appartenir à une communauté.

           

Le Communisme, dit Feuerbach, communiste allemand, cherche à réunir l’humanité souffrante, qui pense, et l’humanité pensante, qui est opprimée, autrement dit, les manuels et les intellectuels pour former une force révolutionnaire contre celle du capitalisme et la religion, accusée par Marx de l’opium du peuple. Celui-ci écrivait en 1842, que « le Communisme est un mouvement dont les origines remontent à Platon (427-346 avant J.C.), aux sectes juives, et aux premiers monastères chrétiens et qu’il est en marche en Franche, en Grande-Bretagne et en Allemagne ». (extrait du livre de Jaques Attali – Karl Marx ou l'esprit du monde).   

 

Le 27 Avril 1970, cette marche arrivait au Cambodge et déclencha la guerre violente pendant cinq ans. Pour les Communistes, cette guerre est une révolution de classe libératrice par excellence en opposition à la classe d'oppression par excellence. Pour les Républicains, ce conflit est une riposte à l'invasion d'une force communiste qui amène des brouillards de l'utopie pour dissimuler la voie du Bouddhisme. Deux idéologies qui se trouvaient face à face, l'une est philosophie, qui exprime "la détresse réelle des sociétés bâties sur la souffrance des êtres humains, elle est aussi le chemin de secours de cette détresse, l'autre est communisme, qui exprime la souffrance d'une classe des sociétés bâties sur l'injustice, elle est aussi la protestation à l'égard de cette injustice, appelée la "conscience de classe". Mais dans cette face à face, le Bouddhisme ne prêchait pas la guerre de religion contre l'invasion étrangère et la révolution communiste. Mais il ne condamne pas non plus ses fidèles de mener une guerre de défense nationale et de protection de la foi. La défaite du 17 Avril 1975, était donc imputée aux combattants républicains, mais pas à leur foi en Bouddhisme.  Quel est la défaillance dans cette défaite ? L'Homme. L'Homme est la finalité de l'action humaine.         

 

Ceci nous montre que le Bouddhisme, n’est ni responsable de la décadence, ni coupable de la victoire du Communisme au Cambodge. En tant que religion, il n’est qu’une voie de salut des âmes qui laisse librement les humains de choisir individuellement leur chemin spirituel. L’Homme est le maître de son destin, comme dit Fontaine : Aide toi, le ciel t'aidera.

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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 10:30

Un pays sans héros national

 

Un jour, mon fils m’a posé une question : Papa, qui était le héros du peuple khmer ? Franchement, je ne savais pas quoi lui répondre. Mais, soudain, un nom qui vient à mon esprit, lequel est connu par des Khmers de toutes les couches sociales, ce nom est « A Chhey ». C'est un personnage célèbre dans le conte khmer, lequel est souvent raconté par les grands-pères aux petits enfants pendant les vacances scolaires.

 

L’histoire est résumée ceci : « A Chhey  trouve toujours des solutions, ou des réponses à tous les problèmes posés et ose même affronter directement à l’autorité, supérieure, royale et impériale (empereur de Chine). Même dans des situations difficiles, il trouve toujours des astuces pour s’en sortir. Les riches et les dignitaires du Royaume le prennent comme un débile, mais le petit peuple le considère comme un être intelligent. Il vient souvent lui demander conseil à chaque fois qu’il fait face à l’injustice du seigneur du village ».

    

Après quelque instant d’hésitation, la honte m’était saisi, je me dis, je ne vais pas quand même lui répondre que le héros du peuple khmer est le personnage d’un conte à dormir debout. Mon fils s’était aperçu de mon inquiétude de lui donner une réponse spontanée, il a essayé de m’aider en citant quelques noms connus par les hommes instruits : Jayavarman II, Jayavarman VII, Ta Trasak Piem (le roi concombre succulent), Ponhea Yat, Neak Ta Klaing Meung, Sdach Kân, Song Gnoc Thanh, Norodom Sihanouk, Lon Nol, n’est-ce pas ? Je me dis : « Bon sens, depuis quand, il est l’adepte de l’histoire khmère ».

 

À ce moment précis, mon esprit était envahi par une angoisse. Je me dis, si je répondais à mon fils que mes préférés étaient Son Gnoc Thanh et Lon Nol, il est certain que les Sihanoukistes me désignent de traître à la nation et les intellectuels me cataloguent de pourriture. Si j’entendais dire que Sihanouk est le préféré des Khmers, je me dis que dans cette affirmation, il y ait un déficit d’intelligence. Si nous prenions des Jayavrman comme repère, cela provoque un débat sans fin sur l’utilité de la construction des temples de dieux. Si quelqu’un suggérait le nom du roi concombre succulent, Neak Ta Klaing Meung, Ponhea Yat et Sdach Kân, les historiens français le disent sans ambages, c’est une légende. Avec toutes ces contradictions, je me dis, comment faire pour qu’un nom cité soit un nom d’un héros national ? Les secondes se passaient dans le silence, je ne savais toujours pas quoi répondre la question à mon fils. Que c’est dur pour moi, un Khmer, qui se trouve au milieu de nulle part dans l’histoire de son propre pays qui ne fournit aucun nom d’un héros national. Je suis certain, que Chaque Khmer soit seul devant l’histoire de son pays, parce que celle-ci ne soit jamais enseignée. L’enseignement de l’histoire au Cambodge de tous les régimes politiques est toujours un instrument de propagande de pouvoir. Chaque régime à son héros et une date à commémorer. Si mon fils était royaliste, je pense qu’il prenne le Prince Sihanouk comme son héros. 

 

Les enfants Khmers apprennent les leçons d’histoire de leur pays comme une récitation. Les adultes instruits lisent les livres d’histoire khmère en français ou en anglais sans réaction. Les chercheurs khmers de haut vol passent leur temps à traduire des textes khmers en langue de leur directeur de thèse pour obtenir le grade de docteur en histoire. Les plus malins font de compilation des morceaux de textes ou de livres rares pour faire un manuel d’histoire. Moi-même, depuis plusieurs années, je fais comme tous les autres. Alors quel est le mal ? Le mal est que l’histoire de notre pays connue jusqu’à aujourd’hui est une histoire sans mémoire. Dans une histoire sans mémoire, comment pourrais-je obtenir une réponse à la question de mon fils ? Je laisse donc ma réponse en suspens. Je pense qu’un jour, nous, Khmers, trouverons ensemble une réponse à cette interrogation. Sinon, dans quelques années, le héros national khmer sera le Président Ho Chi Minh ou Mao Tse-Tung.   

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 19:01

N° 20 Histoire des Rois khmers : Règne de Sdach Kan (1512-1525).

 

Après une longue campagne militaire contre Sdach Kan, Preah Chanreachéa décide de retourner à Pursat, sa capitale royale pour se reposer. Quelque temps après, il ordonne à son ministre de la guerre d’organiser des concours de recrutement des officiers des armées : Infanterie, marine et force fluviale, cavalerie et corps des éléphants. Les gagnants de ces concours seront incorporés dans le corps des officiers :

 

- Les vainqueurs de tir d’arme à feu, d’arc, d’arbalète, combat sur le dos d’éléphant seront proclamés champion des concours et seront affectés dans le corps des officiers avec grade de 5 Houpân (Capitaine) et des avantages en nature y afférent à leur rang : Pièces d’or, d’argent, maison et champs de riz.

- Les vainqueurs de combat à cheval seront proclamés 1er vice-champion et seront affectés dans le corps des officiers avec grade de 4 Houpân (Lieutenant) et des avantages en nature y afférent à leur rang.

Les vainqueurs de combat à terre seront proclamés 2e vice-champion et seront affectés dans le corps des officiers avec grade de 3 Houpân (Sous-lieutenant) et des avantages en nature y afférent à leur rang.

- Les participants aux demi-finales seront nommés sous-officier.

 

Quant au Royaume de l'Est, pour combler des pertes de ses officiers tués pendant la guerre et départs à retraite, Sdach Kan organise dans sa cité royale les mêmes concours de recrutement des nouveaux officiers.

 

Parlons du Général Keo, Commandant en Chef de l'armée de terre du Royaume de l'Ouest. Un jour, il convoque son chef d'état-major et lui dit : "Pendant la dernière guerre, Sdach Kan a envoyé un commando pour assassiner en vain notre souverain. Aujourd'hui, le cessez-le-feu est vigueur entre notre armée et celle de Kan. J'envisage de tuer Kan. Je pense qu'il faille profiter de cette occasion pour le faire, parce que Kan vit aujourd'hui dans l'imprévoyance en croyant qu'il est protégé par cette trêve. « Que penses-tu de cela ?". Le chef d'état-major se rend immédiatement à l'idée de son chef en disant : "D’après les renseignements, des concours de recrutement des officiers seront organisés dans le territoire de l’Est. À cette occasion, Sdach Kan se montra en public pour assister aux épreuves de concours. Je pense qu'il soit une bonne occasion de le tuer par nos tireurs d'élite, postés dans la foule". Ayant entendu cette suggestion, le Général Keo en est très content. Il ordonne immédiatement à son second d'organiser cet assassinat.                    

 

Quatre tireurs d'élite sont envoyés dans le territoire d'ennemis pour supprimer Kan selon le plan conçu. Ces volontaires sont : Pragn, natif de la province de Trang ; Kdaig, natif de la province de Kampot ; To, natif de la province de Bantey Meas ; Chay, natif de la province de Samrong Taug.      

 

Ces quatre soldats quittent Pursat pour Sralap Pichay Nokor, la capitale de l'Est. À Kompong Loung, ils montent à bord d'une pirogue de location pour poursuivre leur chemin comme des simples voyageurs. Ils arrivent à la cité de Kan deux jours avant la date des concours. Pendant ce temps disponible, ils visitent la ville truffée des commerçants dans leurs boutiques cossues, des paysans qui sont venus vendre leurs marchandises dans des marchés découverts, des voyageurs qui se promènent dans des petites rues couvertes des pierres et beaucoup de candidats aux concours qui baladent dans la ville avec leurs armes. Mais le plus important à faire pour les quatre tireurs isolés, c'est d'aller inspecter le terrain où se déroulent les épreuves de concours pour repérer un bon endroit à côté de la tribune du Sdach Kan afin de pouvoir se cacher dans la foule pour tirer sur ce dernier.

Le jour de concours est arrivé. Le début des concours est fixé 14h. Mais le terrain, transformé en stade, est déjà rempli des spectateurs depuis le matin. Il y a l'ambiance de fête. Les gens prennent leur repas de midi sur place, accompagné de son de musique et de belles chansons, joué par l'orchestre royal et chantées par des artistes célèbres de la capitale. Comme prévu dans le plan, les quatre de l'Ouest se glissent dans la foule, se postent à une bonne distance de la tribune officielle et attendent l'arrivée de leur victime.            

 

Vers 13h, on voit arriver sur les lieux des personnalités du royaume de tous les rangs. Vers 13h30, Sdach Kan arrive en grande pompe, accompagné de grands dignitaires et des femmes de sa cour. Les cavaliers de la cavalerie royale crient cinq fois "vive le roi" pour saluer leur souverain populaire. Les tambours exhalent un son de gloire pour avertir aux divins et aux spectateurs l'arrivée de l'Auguste Royal. Après quoi, la voix populaire "vive le roi" s'élève de plus en plus forte qui fait trembler la terre du stade. Sdach Kan monte sur la tribune royale, salue son peuple en levant ses deux mains en l'air. Après quoi, il déclare à 14h pile, l'ouverture des concours.             

 

En quelques minutes seulement, après la proclamation d'ouverture de la compétition, le stade devient un champ de combat entre les compétiteurs des arts martiaux. Les plus faibles sont éliminés rapidement, les gagnants passent à l'étape suivant jusqu'au final dans leurs disciplines.

 

Parlons de la discipline de tir à l'arc dont Sdach Kan est excellent. Vingt trois compétiteurs entrent en lice. Aucun n"a pas pu mettre sa flèche au centre de la cible. On voit Sdach Kan irrite sur son trône. Il tourne soudain vers ses concubines, assises derrière lui, en maugréant :

"Ce sont des imbéciles. Avec une telle médiocrité, je me demande, comment ils font pour que les filles s'intéressent à eux ? Avec cette distance, je peux réussir facilement mon tir".

Ayant entendu ces paroles, les maîtresses royales se mettent à rire. Certaines dames osent même dire à Kan :

"Majesté, je ne vous y crois pas".

Kan répond du tac au tac à ses dames :

"Si c'était vrai, tu m'offriras quoi comme récompense ?".

Il y a un brouhaha venant du rang des dames de la cour. On entend plusieurs réponses à la fois :

"Je vais tresser un collier de fleur de jasmin pour vous, Majesté" ; "Je vous aime encore plus fort, Majesté" ; "Je vais faire des soins de votre cil, Majesté".

Ayant entendu toutes ces promesses de ses jolies dames, Kan se lève en demandant au garde de corps de ramener son arc et ses cinq flèches. Ensuite, il descend de la tribune pour aller se placer sur la ligne de tir qui se trouve à cent mètres de la cible. Il y a un silence de minuit dans le stade. Kan se prépare à tirer. Il encoche sa première flèche, tire la corde en levant l'arc au niveau de ses yeux, vise la cible. Soudain, on entend un bruit de corde vibré qui propulse la flèche de l'arc vers la cible en une vitesse éclair. Quelques secondes plus tard, cette flèche atteindra la visée dont le bruit d'impact fait bondir les spectateurs en criant :

"Bravo !" et "Vive le Roi !".

Le retentissement de ces cris est encore en puissance, on voit la deuxième flèche touche la cible en fendant la première flèche en deux parties. Vu cet exploit, les spectateurs ne respirent plus, parce qu'ils sont émus en poussant encore plus fort de cri de joie. Mais cela n’est rien par rapport au troisième tir de Kan. Celui-ci relâche la corde de son arc, laquelle projette la flèche qui siffle l'air, touche à nouveau le même point d’impact des deux précédentes flèches. Là, tous les assistants se lèvent pour ovationner leur roi. On frappe immédiatement les tambours de victoire pour glorifier cet exploit exceptionnel.

 

Revenons aux quatre commandos du Royaume de l’Ouest. Vu cette performance, les quatre perdent un peu d’assurance dans l’exécution de leur mission dangereuse. Entre outre, le déplacement de Kan de la tribune au champ de tir ne leur arrange pas non plus. Ils n’ont plus l’angle de tir. Le premier tireur chuchote à son chef : Que faire maintenant, chef ? La réponse est sans équivoque : Il faut savoir s'adapter à la situation, mon ami. Profitant l’inattention des services de sécurité pendant le hourvari dans la cour, les quatre se faufilent discrètement dans le mouvement de la foule pour chercher une nouvelle position de tir. En quelques secondes seulement, un des tireurs murmure à ses camarades : ça y est, j'ai trouvé angle de tir. Le chef de commando fait signe de tête de son approbation. Ce dernier sort discrètement son fusil, caché dans un morceau de bambou et le pose rapidement sur l'épaule de son compagnon qui lui sert comme l’appui de tir, vise la tête de sa victime et tire. La balle manque de peu la cible. Le bruit d'arme à feu déclenche la panique dans la foule. Les officiels sautent de la tribune pour chercher un abri de fortune. Mais Kan reste impassible debout devant ce danger mortel. Il cherche immédiatement l'endroit où se trouve le tireur. Vu la fumée de l'arme à feu, il s'aperçoit donc son assassin, il encoche la flèche et tire illico sur la cible humaine. Ce dernier, touché en pleine poitrine par la flèche royale, tombe de tout son long. Dans cette détresse, le deuxième commando vient soutenir le corps en agonie de son ami ; mais la dernière flèche du Roi lui frappe sa tempe en arrachant sa vie de soldat. Les deux corps tombent par terre en héros. Dans la confusion la plus totale, les deux autres agents de l'Ouest trouvent un moyen de se sauver à toutes jambes de la capitale de l'Est. Ils arrivent à Pursat quelques jours plus tard et demandent une audience au Général Keo afin de lui faire un compte-rendu complet sur leur mission ratée.

Ce dernier en informe son roi, Preah Chanreachea. Celui-ci se mit en colère et dit à son général ceci :

« Cette ruse sans mon accord enfreint la morale militaire de notre Royaume. On cherche à tuer l’ennemi au champ de bataille, ou pendant la guerre. Or aujourd’hui, il y a un consentement tacite de paix entre AKAN et moi. Contrevenir à cette obligation morale de ma part, Roi descendant de la race divine me fait perdre ma dignité royale. Celui qui agit de cette sorte, selon notre tradition, porte un nom : Roi des brigands. AKAN en est un. Je te pardonne cette fois-ci, parce que vous êtes mon oncle ».

 

Depuis cet attentat manqué, les deux royaumes vivent en paix. Les échanges d’activités commerciales sont même autorisés officiellement par ces deux gouvernements. À la frontière, les douaniers ne contrôlent que le trafic d'armes de guerre. 

 

Parlons du Royaume de l’Ouest. Preah Chanreachea ordonne à l'armée de faire une campagne de capture des éléphants : Quarante éléphants sont capturés dans la province de Pursat ; trente-cinq à Kompong Som. Une belle prise pour le compte des Armées. Le Roi en est content. Il attribue beaucoup de récompenses aux chasseurs d'éléphants dont il est un des meilleurs dans le Royaume.

 

En 1522, dans le cadre de la réorganisation de la fonction publique du Royaume, Preah Chanreachea ordonne aux ministres de recruter par voie de concours des fonctionnaires : Trois niveaux de recrutement : Haut fonctionnaire ou docteur du Royaume, Moyen fonctionnaire et Secrétaires administratifs. Les candidats aux concours doivent être moine, certifié de maîtrise d'arithmétique et de langue Pali. La même année, les concours sont aussi organisés pour recruter les maîtres des beaux-arts en dramaturge et en musique. Le Roi assiste en personne à la cérémonie de remise des diplômes aux lauréats des concours.

 

Parlons maintenant du Royaume de l’Est. Le pays est en crise économique. Une nuit, Sdach Kan se déguise en commerçant ordinaire, quitte son palais avec quelques complices à la quête des informations sur la situation économique du pays auprès de la population. Les nouvelles sont alarmantes. Pour répondre à cette situation, le Roi ordonna au ministre, chargé du commerce de réformer les codes du commerce : Baisser les niveaux d’amendes d’un point pour relancer les activités économiques. Le délit du niveau 5 sera baissé au niveau 4 et ainsi de suite.

 

Ayant appris cette mesure, Preah Chanreachéa, au cours du Conseil des dignitaires, demande l’avis à son Premier Ministre sur cette décision. Ce dernier confirme l’utilité de cette loi. Mais le Roi réfute cet argument en disant ceci :

 

« Cette mesure est proclamée dans un but de protéger les membres de la famille d'AKAN, lesquels transgressent souvent la loi. L’allègement du montant des contraventions encourage les gens à désobéir la loi ».

 

Après quoi, Preah Chanreachéa décide de faire tout le contraire à Sdach Kan : Le délit du niveau 1 passera en 2 et ainsi de suite. Le récidiviste sera puni une peine de prison. 

 

Une affaire de justice dans le Royaume de l’Ouest :

 

Dans le territoire de l’Est, il y a une famille, appelée par les villageois la famille « Chao Loung In Kma Kaing Pich » : M. Loung est marié à Mme In. Il est l’oncle de Mme Kma, mariée avec M. Pich. Celui-ci a une liaison amoureuse avec l’esclave de sa femme, nommée Kaing. Il décide avec son amante de s’enfuir de son village pour aller vivre dans le Royaume de l’Ouest. Dans cette fuite, il a besoin d’aide. Il y demande donc à ses deux domestiques fidèles, un homme et une femme, nommés Chao Toun et Neang Tean. Ces deux assistants lui servent dans sa fuite comme rameurs de pirogue. Pendant la nuit, les quatre montent à bord d’une pirogue rapide, quittent leur village pour le Royaume de l’Ouest. Le lendemain matin, la femme Pich est au courant de la fuite de son mari avec son esclave. Elle en informe son oncle. Celui-ci part aussitôt avec six domestiques pour poursuivre les fugitifs.

 

Revenons aux quatre fugitifs. Au port de Longveak, ils sont arrêtés par la police de frontière. Le chef de poste interroge Pich pour savoir la raison de son voyage. Pich lui dit qu’il a l’intention de venir s’installer avec son épouse dans ce Royaume pour servir le Roi légitime, Preah Chanreachea. Ayant entendu cette demande d’asile politique, le Chef de poste décide d’envoyer les quatre à la préfecture de Kompong Chhnaing. Quand Pich et sa maitresse arrivent sur lieux, ils voient M. Loung dans la salle d’audience du gouverneur. Le juge des affaires civiles est déjà dans la salle. Ayant adressé les paroles ordinaires de civilité, Pich et sa maitresse s’assoient sur le banc des accusés. Le juge dit à Pich dans les termes suivants :

« J’ai lu votre déclaration au chef de poste de Longveak, mais M. Loung ici présent m’a dit que vous mentiez.0 Il vous accuse l’adultère et le vol des biens de sa nièce qui est votre épouse. Est-ce que cette accusation est-elle vrai ? ». Pich hésite de répondre à cette question. Le juge renouvelle son interrogation en levant un peu plus fort sa voix autoritaire. L’accusé n’a eu plus de choix et a dit : « Votre honneur, je suis amoureux de l’esclave de mon épouse ici présente. Je veux vivre avec elle pendant tout le reste de ma vie. Dans le Royaume de l’Est, le divorce est interdit par la loi. Que faire ? J’ai entendu parler que dans ce Royaume, un homme a le droit d’aimer une autre femme, je dis, Votre honneur, « aimer », pas « couchotter ». C’est la raison pour laquelle, j’ai décidé avec mon bien aimée de s’enfuir pour venir vivre dans ce Royaume ».                   

Le juge tourne vers M. Loung et lui dit : « Alors M. Loung, que pensiez-vous de cette déclaration ? ».

M. Loung se lève et dit sans ambages :

« Votre honneur, la femme dont Pich parle est l’esclave de ma nièce. Votre honneur le sait bien que l’esclave est un bien mobilier. Amener un bien mobilier avec soi sans demander la permission de son propriétaire est un vol, Votre honneur ».

Le juge dit à Pich :

« Que disiez-vous de cela ? ».

Pich lui répond :

" Votre honneur, la nièce de M. Loung est mon épouse. Nous sommes mariés depuis plusieurs années. Ses biens sont les miens. J’amène seulement un seul parmi des autres biens que j’ai laissés à la maison dont les valeurs valent dix fois supérieures que l'esclave ici présente. Je ne vois pas de quel droit, M. Loung, une simple parenté, m’accuse de vol des biens de mon épouse qui sont aussi les miens ».

Après avoir écouté l’accusé et le plaignant, le juge tranche l’affaire en faveur de l’accusé.

M. Loung décide de faire appel de ce jugement. Il cherche tous les moyens pour porter cette affaire devant le Roi. Avec sa richesse, il arrive enfin à avoir une audience royale. Les parties sont convoquées devant Preah Chanreachea. Dans la salle d’audience, le Roi demande à Pich ceci :

« Qui a donné à manger, qui a donné des vêtements, qui a soigné la maladie de l'esclave, dont tu parles ? ».

« Mon épouse, Votre Majesté », dit Pich.

« Il est donc normal que ton épouse ait tout droit autant que toi sur cette esclave. Tu dois demander au moins son avis avant de l’amener ici. Je ne te condamne pas pour l'adultère, et pour vol, mais je te condamne pour manque de respect à ton épouse. Je te punis de cent coups de fouet au dos et te mets au pilori pendant trois jours. L'esclave, ton bien aimée et tes deux complices sont renvoyés immédiatement à leur maîtresse".

Après quoi, le Roi ordonne au Ministre de la justice, Oknha Sophear Thipadey Montrey Kotreach, de faire enregistrer sa décision dans les codes de droit civil du Royaume. Ce même jour, le souverain de l'Ouest prend deux autres mesures importantes : La première sur l'affectation d'unité de mesure et la seconde sur la pratique des fêtes religieuses.

- Unité de mesure pour la fabrication des biens mobiliers est désormais la longueur du bras de sa mère nourricière, nommée Payra. Le roi veut en rendre hommage à cette dernière. Ainsi, on entend les gens disent encore aujourd’hui dans la région de Pursat, un tel ou un tel mobilier mesure combien de Payra.

- Tous les trois ans, à la fin du carême bouddhique, la population du Royaume, doit organiser une fête pendant trois jours. Cette fête triennale contient trois cérémonies, lesquelles sont pratiquées en conformité avec les pratiques des Brahmanes : Fête des courses de pirogues, fête du flottement dans des fleuves ou des points d'eau des petits récipients en feuilles de végétaux remplis des nourritures, fête de la salutation de pleine lune, pendant laquelle on mange du paddy écrasé au pilon en buvant le jus de coco.

Après le Conseil, les Ministres se dépêchent pour mettre en application l’injonction du Roi. 

 

Histoire d'un comédien célèbre :

 

Un comédien de théâtre, étant renommé par sa beauté et son talant dans le rôle de Preah Lèk (un des personnages importants dans l'épopée de Ream ké ou Ramayana), a reçu une faveur du Roi : Un nom « Le beau gosse ». Un jour ce comédien est invité par le Roi. Ce jour-là, avant de venir au Palais-Royal, le Beau Gosse est allé couper les cheveux. Arrivé au Palais, il est félicité par tous les membres de la cour de sa nouvelle coupe de cheveux. Tout le monde le dit : "Oh mon dieu, il est encore plus beau avec cette nouvelle coupe !". Un valet du palais est venu chercher le Beau Gosse pour l'amener dans l'appartement privé de Sa Majesté, parce que le Roi veut le présenter personnellement à ses dames favorites. Au cours de cette audience, le Roi s'aperçoit une mèche de cheveux sur le coup du comédien. Il lui dit : "Tu vas laver ton coup, parce qu'il y a une mèche de cheveux là-dessus". Ce dernier quitte l'appartement du roi pour chercher un point d'eau dans le palais. Quelque moment plus tard, le Roi demande à deux de ses gardes d'aller aider le Beau Gosse à laver son coup. Ces derniers ont mal compris l'ordre du Roi, au lieu de l'entendre "aider à laver le coup", ils l’ont entendu "aller couper le coup". Ils se précipitent sur le lieu où le comédien est entrain de laver son coup, et coupent la tête de ce dernier. Un autre comédien a été aussi sur le lieu, se précipitait pour venir informer le Roi de ce drame. Le Roi ordonne aussitôt à un autre garde d'aller dire à leurs collègues d'amener la tête du comédien pour savoir, est-ce qu'il est toujours beau après sa mort. Ce dernier se dépêche sur le lieu du crime et dit à ses collègues ceci : "Le Roi ne vous a pas demandé de couper la tête de ce comédien, il vous a demandé de venir l'aider à laver son coup, pauvre imbécile ! Bon maintenant, il faut que vous ameniez sa tête au palais". Ayant entendu ce propos, ces deux gardes ont pris peur. Ils confient la tête coupée à leur collègue pour l'amener au palais, et décident de s'enfuir au Royaume de l'Est.

Ayant appris la fuite de ces deux gardes, le Roi ordonne à un officier de cavalerie d'amener vingt cavaliers pour aller les arrêter. Quelque temps après, ces deux derniers sont interceptés à Srap Angkam au moment où ils sont en train de se laver dans une mare. Après cette arrestation, cette mare est appelée par la population la "mare du lavage de l'épée".

Ces deux gardes sont passés au jugement. Pendant leur procès, ils ont dit au juge qu'ils ont mal entendu l'ordre du Roi. Après la coupure de la tête du Beau Gosse, ils ont eu peur d'être punis. C'est la raison pour laquelle, ils ont décidé de s'enfuir au Royaume du Roi de l'Est. Leurs propos sont rapportés à Preah Chanreachea. Celui-ci se met en colère, parce que ces deux gardes ont appelé Sdach Kan, le Roi de l'Est. Il enjoint donc à la population de ne plus appeler Kan, le roi. Quiconque transgresse cette injonction sera condamné à mort. La population peut appeler Kan, Preah Sdach Kan. Les deux gardes qui ont occupé la tête du comédien sont condamnés à mort par le tribunal. Quant à la victime, sa tête est rendue à sa famille pour incinérer selon la tradition bouddhique.

 

Dans la même année 1522, Preah Chanreachea a envoyé deux navires pour aller transporter 100 canons et 1 000 fusils, achetés au pays Chvyre (Malaisie). Sdach Kan fait autant. Il a acheté 150 canons et 300 fusils. Deux navires sont partis chercher les marchandises en Malaisie. De retour au pays, ces deux navires sont échoués par la tempête dans le territoire de l’Ouest, l’un à Peam (MounChrouk) et l'autre à Kompot. Les armes sont récupérées par l'autorité des lieux et envoyés ensuite à Pursat. Preah Chanreachea en est content et donne des récompenses aux chefs militaires de ces deux provinces.

 

Après cet accident, les deux rois passent le temps à s'exaspérer. Sdach Kan décide de rassembler tous les grands dignitaires, afin d’avoir leur opinion sur la question de savoir s’il devait ou non mobilier une armée pour envahir le Royaume de l’Ouest. Les avis sont conformes à son désir de revanche. Il décide donc de venir s'installer à Srey Santhor et ordonne à son Premier Ministre de lever une armée de 140 000 hommes.

 

Il laisse 20 000 hommes à capitale Sralâp Pichay Prey Norkor, placés sous le commandement du Général Maung pour assurer la protection de cette ville ; l'armée d'avant-garde de 30 000 hommes est confiée au Général Chhakrey ; l'armée de droite de 20 000 hommes est confiée au Général Kralahome ; l'armée de gauche de 20 000 hommes est confiée au Général Vieng ; l'armée d'arrière de 20 000 hommes est confiée au Général Vaing ; l'armée de réserve de droite de 10 000 hommes est confiée au Général Sral ; l'armée de réserve de gauche de 10 000 hommes est confiée au Général Lompaing ; l'armée de réserve d'avant-garde de 10 000 hommes est confiée au Général Snang Theûm Norkor. Sdach Kan conserve le commandement du centre de 30 000 hommes. Celui-ci ordonne à ses armées de marcher sur Phnom-Penh. Après avoir pris cette ville, il poursuit son chemin dans le but d'attaquer la capitale royale de Preah Chanreachea.

 

Celui-ci est immédiatement informé de la progression des armées de l'Est dans son territoire. Il convoque son Conseil de guerre et au cours de cette réunion, il décide d'envoyer immédiatement une flotte de 400 bateaux de guerre pour ralentir la progression ennemie. Un corps d'élite de 2 000 hommes, commandée par le Général Tep, fils de Ta Moeung, est envoyé pour organiser la première ligne de défense. Une division de droite de 10 000 hommes, est confiée au Général Sok, fils aussi de Ta Moeung, une division de gauche de 10 000 hommes, est confiée au Général So, une division d'arrière de 10 000 hommes, est confiée au Général Reach Téchhak. Deux unités mobiles, l’une de 10 000 hommes, commandé par le Général Vongsa Ang Reach et le deuxième de 3 000 hommes, commandé par le Général Sreng Séna, ont pour mission d'attaquer les ennemis sur la route principale de Phnom-Penh-Pursat. 3 000 éléphants et une cavalerie de 500 cavaliers sont envoyés au front pour appuyer ces attaques.

 

L'armée de l'Ouest attend de pied ferme l'arrivée de la colonne de Kan au Steung Kraing Ponley. Vu l'arrivée de la division de l'Est, le Général Sreng Séna de l'Ouest engage ses 3 000 hommes pour battre en brèche les deux côtés de la colonne d’ennemis. Une demi-heure plus tard, il sonne la retraite. Mais, l’infanterie d’ennemi le poursuit dans sa fuite. Pour soutenir cette retraite, 40 cavaliers sont envoyés pour barrer la route des chasseurs. La charge de la cavalerie est violente. Mais la riposte des chasseurs à cette attaque est remarquable. Les chevaux et les hommes sont au corps-à-corps. L’engagement des soldats des deux côtés dans le combat est total. Quelque temps plus tard, Noring Séna, Commandant de la cavalerie, ordonne à ses hommes de se battre en retraite. Les soldats de l'Est exhalent leur cri de joie et poursuivent la retraite des ennemis tout au long de la rivière de Chhrey. Soudain, ils sont arrosés par les flèches des archers du Général Tep, cachés dans le bois tout près de la rivière. Après cet arrosage, Tep et ses archers déguerpissent de leur cachette en se montrant aux ennemis qui sont en débandade. À ce moment-là, Kan arrive sur son cheval avec ses troupes sur le champ de bataille. Vu ce spectacle, il pense que son armée soit sur le point de gagner la bataille. Il ordonne à ses troupes de poursuivre les ennemis.

 

Arrivé à la plaine de Srap Angkam, une surprise qui lui attend. Trois cents éléphants qui chargent de front en balayant sur leur passage ses fantassins. À sa gauche, une masse des soldats d'ennemis se rue vers lui, à sa droite, une cavalerie est sur le point de charger. Une heure à peine, les 20 000 hommes de Kan sont tués sur le champ de bataille. Devant ce danger, Sdach Kan est immédiatement extrait du lieu de tuerie par 100 de ses gardes approchés. Ils traversent le bois en courant jusqu’au bout du canal de Rorlear Phir. Là-bas, ils sont repérés par les unités mobiles d’ennemi. Ils sont tout de suite pourchassés jusqu’à la commune de Ta Chhés, dans la province de Longveak. La rivière Skouth Chheung Prey barre leur chemin de fuite. Parmi les cent gardes, il n'y a que vingt soldats seulement qui savent nager. Kan décide de traverser la rivière avec son cheval et ses vingt gardes. Les autres se dispersent en petit groupe et s'enfuient, chacun de son côté, pour éviter être repérés par les ennemis.         

 

Parlons des trois secrétaires particuliers de Sdach Kan. Ayant appris la défaite de leur maître, ils cherchent les moyens de transport pour regagner Srey Santhor. À Kompong Phda dans la province de Rorlear Phir, ils réquisitionnent une pirogue des villageois. Ils montent à bord de cette embarcation avec trois sacs de sceaux. Au cours de ce déplacement, il y a une tempête. Leur pirogue est renversée par le vent violent. Les trois sacs de sceaux de Kan sont donc tombés à l'eau. Ne sachant pas nager et au bout des efforts à récupérer les trois sacs de sceaux dans l’eau, les trois fonctionnaires sont noyés dans la rivière. L'endroit où ils sont morts est appelé par la population "les sceaux de la mort".

 

Revenons à Kan. Avec ses vingt compagnons, il a pu traverser la rivière. Arrivé à la berge, il a pu voir de-là les pirogues ennemies à ses trousses, parmi lesquelles, il y a "Saray Andeth" à son bord, il y a le Général Keo. Kan quitte immédiatement les lieux pour s'enfoncer dans la forêt pour éviter d'être pris par les soldats ennemis. Quelques heures plus tard, il arrive au village Kompong Cham. À cet endroit, il a dû encore une fois traverser un fleuve à la nage avec ses gardes pour atteindre son territoire. Arrivé au rivage, il a été accueilli par son oncle, le général Kao qui vient y guetter son arrivée avec 1 000 hommes, parce qu’il a fait un rêve que son neveu, après avoir perdu la bataille, viendra ici pour trouver secours.

 

Au moment où Kan arrive à la rive, les pirogues des troupes de l'Ouest surgissent aussi au large du fleuve. Général Kao ordonne immédiatement à ses soldats et aux archers de tirer des armes à feu et des flèches sur ces pirogues pour les empêcher d'approcher la berge. Vu le danger, Keo décide de faire demi-tour pour retourner à sa base. Pendant ce retour, la pluie torrentielle commence à tomber et le vent souffle de plus en plus fort. Keo décide donc de chercher un port de fortune pour se mettre à l'abri de ce mauvais temps. À l'endroit où il a accédé, Keo fait construire une pagode pour y laisser la trace de son passage. Ce lieu sacré est appelée plus tard par la population, la pagode de "Prek Loung".

 

Revenons à Sdach Kan. Après avoir passé la nuit dans la jungle, au lendemain matin, il monte sur son éléphant de guerre, nommé Pichay Kouch Youth, prend la tête de son escorte pour regagner son quartier général. Arrivé à la commune de Damrey Sar (éléphant blanc), sa monture est morte de maladie. Il ordonne à ses hommes de l'enterrer selon la tradition. L'endroit où l'éléphant est mort porte le nom "Khnâb Damrey" (tombeau d'éléphant) jusqu'à aujourd'hui. Kan est affecté par la perte de ses deux montures inestimables. Ces deux animaux sont des cadeaux divins pour lui, parce que les donateurs, après avoir amené leur présent, ont quitté le palais sans avoir laissé leur identité et sans avoir réclamé les récompenses. Ils sont sans aucun doute des divins déguisés en humain. Alors, Kan dit à son oncle :

"La mort de mes deux montures est un signe de déclin de ma puissance royale. Je commence avoir de doute sur mon avenir".

Ayant entendu ces propos, Kao répond à son neveu :

"Auguste neveu pense ainsi, parce que vous êtes attachés à vos montures. Vous ne le saviez pas pendant votre absence du palais, il y a un homme qui est venu pour vous offrir deux étalons et deux éléphants, lesquels sont aussi beaux et robustes que vos deux montures. Vous voyez Majesté, votre puissance royale ne s'évanouit pas, au contraire, elle est multipliée par deux. En revanche, je vous conseille de ne pas retourner immédiatement à la capitale Sralap Pichay Prey Norkor, parce que votre chance se trouve à Srey Santhor. C'est là-bas, vous êtes couronné roi. C'est le point de départ de votre puissance royale, il est donc nécessaire que vous deviez y rester pour mener la campagne militaire".

Kan se rend immédiatement à l'avis de son oncle. Il demande au dernier de retourner à la capitale en amenant tous les membres de sa famille là-bas pour les mettre à l'abri de la guerre.                   

 

(Suite dans le prochain numéro)

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 13:23

 

Points de repères sur la vie politique de la République khmère

 

Cette chronologie permet aux lecteurs de suivre facilement mon récit sur « l’échec de la République Khmère ». Elle donne aussi une vue globale sur la vie politique de cette république qui était née pour les uns comme un garant de l’avenir heureux du peuple khmer et pour les autres comme une annonce du cataclysme dans le pays. Mais après sa mort, le peuple khmer plongeait dans les ténèbres des Khmers Rouges dont la mort était son seul espoir de finir avec sa souffrance.

 

1970

- 6 Janvier 1970 : Le Prince Sihanouk quitte hâtivement le Cambodge pour la France avec sa famille.

- 3 Février 1970 : Le gouvernement de sauvetage de Lon Nol se saisit de l’affaire d’une importante contrebande d’étoffes en provenance de Hong Kong. Est impliqué, entre autres, le Colonel Oum Manorine, Secrétaire d’Etat à la Défense en surface et beau-frère de Sihanouk.

- 8 Mars 1970 : Manifestation contre les Vietcong et les Nord-Vietnamiens à Svay Rieng, afin d’exiger leur retrait du territoire khmer.

- 11 Mars 1970 : Manifestation à Phnom-Penh contre les Vietcong et les Nord-Vietnamiens. Les ambassades du Nord-Vietnam et du GRP sont mises à sac par les manifestants.

- 12 Mars 1970 : Le Prince Sihanouk adresse un télégramme au gouvernement et désapprouve l’attitude des manifestants.

- 14 Mars 1970 : Annonce du retour de Sihanouk à Phnom-Penh, on l’attend à l’aéroport, mais il se rend à Moscou.

- 16 Mars 1970 : Réunion sans aucun résultat entre la délégation khmère et la délégation du Nord-Vietnam/GRP. – Deuxième manifestation anti-vietnamienne à Phnom-Penh devant l’assemblée Nationale qui est réunie  pour étudier l’affaire contrebande du Colonel Oum Manorine. Les manifestants exigent le retrait des troupes VC/NVN des territoires khmers et condamnent ceux qui ont « vendu les terres khmères » aux Vietnamiens. En séance à huis-clos, certains députés avancent que Sihanouk doit être démis de ses fonctions de Chef de l’Etat. – Avec l’approbation de la Reine Kossamak, le gouvernement de Lon Nol a envoyé une délégation, composée du prince Kantol et de M. Yem Sambaur, pour exposer à Sihanouk de la situation réelle dans le pays. Sihanouk refuse de la recevoir.

- 17 Mars 1970 : Dans la soirée, Lon Nol annonce à la radio l’arrestation du Commandant Bou Hol, Chef de la police municipale, connu pour sa fidélité au prince.     

- 18 Mars 1970 : Alors qu’il est en voyage officiel en URSS, le Prince Norodom Sihanouk est démis de ses fonctions du Chef de l'État par le Parlement khmer à 13h30.

- 19 Mars 1970 : Le Général Lon Nol lance un ultimatum aux Vietcong et Nord-vietnamiens pour qu’ils retirent leurs troupes des territoires khmers dans un délai de 48 heures. – Appel radiodiffusé de Pékin du Prince Sihanouk, au soulèvement général des Khmers contre le gouvernement de Lon Nol.

- 20 Mars 1970 : Les Etats-Unis reconnaît le nouveau régime de Lon Nol. - Rattachement de la J.S.R.K. (Jeunesse Socialiste Royale Khmère) au Ministère de l'Education nationale (auparavant elle dépendait directement du Chef de l'État).

- 21 Mars 1970 : Yem Sambaur est investi par l'Assemblée Nationale comme Ministre des Affaires Etrangères (en remplacement du Prince Norodom Phurissara).

- 23 Mars 1970 : Proclamation de Sihanouk. Appelle tous les Khmers à former un Front uni national du Kampuchéa (FUNK).

- 24 Mars 1970 : Renouvellement du Comité Central du Sangkum Reastr Niyum. In Tam est élu Président, Trinh Hoanh Secrétaire Général. Création d'un Comité Nationale de Sauvetage.

- 26 Mars 1970 : Soutien sans réserve des députés khmers rouges Khieu Samphan, Hou Youn et Hu Nim, partis pour le maquis.

- 26-27 Mars 1970 : Troubles de Kompong Cham ; lynchage par des pro-Sihanoukistes de deux députés de la circonscription, marche des émeutiers sur Phnom-Penh.

- 28 Mars 1970 : Promulgation d'une loi de plein pouvoir au gouvernement de sauvetage.

- 29 Mars 1970 : La colonne de voiture, occupées par des manifestants, venant de Kompong Cham, se dirige vers Phnom-Penh pour réclamer le retour de Sihanouk est arrêtée par l’armée. Les manifestants, manipulés par les communistes vietnamiens, sont sévèrement réprimés par l’armée. – Les troupes Nord-vietnamiennes et Vietcong lancent des offensives contre l’armée khmère à partir des territoires khmers.

- 30 Mars 1970 : Le Gouvernement de Sauvetage annonce l'entrée des troupes Viêt-Cong dans la région de Snoul et de Kratié. Perte des provinces du Nord-Est.

- 2 Avril 1970 : Le Ministère de l'Information dément que le Gouvernement ait pris contact avec M. Son Ngoc Thanh. Libération des détenus politiques.

-  4 Avril 1970 : Appel du gouvernement de sauvetage "invitant" les corps constitués et toutes les couches sociales à faire connaître leur avis sur la monarchie et la République Kret (Loi) 198/70/CE portant suppression du Haut Conseil du Trône.

- 7 Avril 1970 : Date de compagne en faveur de la République dans la presse de langue khmère.

- 8 Avril 1970 : Le Mouvement du "Sangkum Reastr Niyum" invite le gouvernement de sauvetage à transformer d'urgence le Cambodge en une République.

- 11 Avril 1970 : - Marche de la Concorde Nationale. Discours du Général Lon Nol : "Nous promettons d'envisager par tous les moyens, mais toujours dans la légalité, l'établissement du régime républicain au Cambodge. - Interdiction est faite aux ressortissants vietnamiens de circuler à Phnom-Penh de 18h à 6h. Début de la répression antivietnamienne.

- 28 Avril 1970 : Création du Comité Juridique et Constitutionnel chargé d'étudier et d'élaborer le régime républicain.

- 30 Avril 1970 : Intervention américano sud-vietnamien au Cambodge.

- 2 Mai 1970 : Ouverture de négociation entre Saïgon et Phnom-Penh pour régler le sort des Vietnamiens du Cambodge.

- 3, 4, 5 Mai 1970 : Congrès du FUNK à Pékin et création du Gouvernement d’Union Nationale du Kampuchéa (GRUNK) présidé par Norodom Sihanouk. Ce gouvernement comporte deux parties : L’une basée à Pékin, l’autre en zone libérée du Cambodge et dans le maquis cambodgien.  

- 14 Mai 1970 : Lettre du Prince Sirik Matak déclarant qu'il abandonne son titre royal.

- 16 Mai 1970 : - Auto-dissolution du Comité Central du Front National de Libération du Cambodge (Khmer Serei de Son Gnoc Thanh), ralliement au gouvernement de Sauvetage. - Ouverture de la Conférence de Djakarta sur le Cambodge.

- 19 Mai 1970 : Création à l'Assemblée Nationale d'un "Centre national pour le recueil des renseignements".

- 21 Mai 1970 : Communiqué radiodiffusé du Général Lon Nol : Jusqu'à présent, conformément aux vœux unanimes de nos compatriotes, la transformation de notre pays en république Khmère s'effectue rapidement et dans la bonne voie".

- 10 Juin 1970 : Occupation des temples d'Angkor par les forces communistes vietnamiennes.

- 13 Juin 1970 : Création du Comité chargé de suivre l'évolution des esprits et des idées de la République Khmère.

- 16 Juin 1970 : La Chambre crée en son sein un Comité exécutif chargé de suivre l'évolution de la situation politique et militaire du pays. Cette création provoque un conflit larvé avec le Gouvernement).

- 17 Juin 1970 : - Les Forces Armées Khmères perdent le contrôle du temple d'Angkor. – Création d'"assistants" conseillers auprès du Président du Conseil des Ministres.

- 25 Juin 1970 : Décret portant mobilisation générale.

- 27 Juin 1970 : Motion des Chambres accordant leur pleine confiance à Lon Nol et Sirik Matak.

- 30 Juin 1970 : Retrait des troupes américaines et persistance des bombardements américains des zones sous le contrôle des forces communistes vietnamiennes. Les troupes sud-vietnamiennes restent dans la province de Kompong Cham.

- 1er Juillet 1970 : Remaniement ministériel.

- 2 Juillet 1970 : Message de Cheng Heng, Chef de l'État : Je décide de confier les Généraux Lon Nol et Sirik Matak la mission de prendre les mesures qui s'imposent en vue de résoudre efficacement les graves problèmes de l'heure.

- 5 Juillet 1970 : Le Prince Sihanouk est condamné à mort par le Tribunal militaire.     

- 1er Août 1970 : Le Journal Officiel remplace la mention Royaume du Cambodge par celle d'État du Cambodge. La Reine mère est contrainte de quitter le Palais-Royal.

- 3 Août 1970 : Suppression du Comité exécutif de l'Assemblée nationale.

- 14 Août 1970 : Annonce de la nomination de Son Gnoc Thanh "Conseiller du Gouvernement".

18 Août 1970 : Rentrée de l'Assemblée Nationale. Investiture du Gouvernement remanié.

- 25 Août 1970 : Les Etats-Unis d'Amérique accorde une aide à l'État du Cambodge de 40 millions de Dollars.

- 28 Août 1970 : Visite à Phnom-Penh du Vice-Président des Etats-Unis, Spiro Agnew. Lon Non, frère du Général Lon Non, réunit ses proches au Comité de Coordination de la Défense nationale (COC/DN) pour étudier la question de la proclamation de la république du Cambodge.

- 29 Août 1970 : Publication du projet constitutionnel d'inspiration parlementaire (projet Ung Mung).

- 25 Septembre 1970 : L'Assemblée Nationale proroge pour 6 mois la loi sur la Nation en danger (Kram 448/CE du 31/10/70).

- 5 Octobre 1970 : Décision des deux Chambres en séance commune de proclamer la République.

- 7 Octobre 1970 : Vote de la Loi proclamant la République.

- 9 Octobre 1970 : Cérémonie de proclamation solennelle de la république Khmère.

- 14 Octobre 1970 : Kram (loi) 450/70/CE voté par l'Assemblée Nationale portant sur la libéralisation du commerce d'import-export. Projet de libéralisation du secteur bancaire.

- 23 Novembre 1970 : Prolongation par le Chef de l'État du mandat de l'assemblée Nationale. Ouverture de la 1ère session de la 5ème année de l'Assemblée Nationale.

- Décembre 1970 : Querelle sur l'incompatibilité du mandat parlementaire et l'exercice de certaines fonctions (diplomates, gouverneurs, militaires).

- 25 Décembre 1970 : Décret-Loi établissant la censure (n° 15/70/DL CE).

 

1971

- 2 Janvier 1971 : Suspension du journal Khmer Ekhareach.

- 21 Janvier 1971 : L'aéroport international de Pochentong est bombardé par des roquettes 122 des forces Viêt-Cong.

- 8 Février 1971 : Le Général Lon Nol est frappé d'hémiplégie.

- 13 Février 1971 : Lon Nol quitte le Cambodge pour se soigner à Honolulu (U.S.A.) pour se soigner. Le Prince Sirik Matak assure l'intérim.

- 18 Février 1971 : Dissolution du Sangkum Reastr Niyum.

- 2 Mars 1971 : Signature des accords sur les aides américaines.

- 7 Mars 1971 : Le Colonel Lon Non crée le « Comité républicain ».

- 12 Avril 1971 : Le Général Lon Nol retourne au Cambodge.

- 20 Avril 1971 : - Le Général Lon Nol donne sa démission du Chef du gouvernement. Le Prince Sirik Matak continue d'assurer l'intérim. – Promulgation de la Loi Constitutionnelle confiant l'élaboration de la nouvelle Constitution à une Commission mixte élargie.

- 21 Avril 1971 : L'Assemblée nationale émet le vœu que Lon Nol soit élevé à la dignité de Maréchal.

- 30 Avril 1971 : Le Général est nommé Chef d'Etat-Major Général.

- 3 Mai 1971 : Fin de la crise ministérielle suite à la démission du Général Lon Nol.

- 6 Mai 1971 : Formation du nouveau gouvernement : Lon Nol, Président du Conseil ; Le Prince Sirik Matak, Président du Conseil Délégué ; In Tam, 1er Vice-Président du Conseil.

 - 11 Mai 1971 : Yem Sambaur est élu Président de l'Assemblée nationale en remplacement d'In Tam.

- Mai 1971 : Conflit entre l'Assemblée nationale et le Gouvernement à propos de l'augmentation du prix d'essence.

- 9 Juin 1971 : Kret nommant Lon Nol Maréchal.

- 29 Juin 1971 : L'Assemblée proroge l'état de Nation en danger.

- 8 Juillet 1971 : Lon Nol demande le droit de vote pour les militaires.

- 21 Juillet 1971 : Censure votée contre le Ministre du commerce et de l'Industrie, M. Khun Thay Ly.

- Août 1971 : Déclenchement de l'opération militaire Tchenla. Objectif militaire : Contrôle le centre du pays.

- 8 Septembre 1971 : Création, dans le cadre de la mobilisation générale d'un comité militaire de coordination et de liaison avec la commission mixte élargie chargée de l'établissement de l'avant-projet de Constitution.

- Septembre 1971 : - Conflit entre l'assemblée nationale et le Gouvernement à propos de l'interpellation du Ministre du commerce, M. Sok Chhong. – Débat parlementaire sur le droit de vote des militaires. – M. Douc Rasy perd la direction de la revue en langue française les réalités cambodgiennes.

- 23 Septembre 1971 : M. In Tam donne sa démission.

- 18 Octobre 1971 : Dissolution des Chambres transformées en Assemblée Constituante. Ordonnance n° 1 conférant le Pouvoir Législatif au gouvernement et n° 2 proclamant la nation en danger. Remaniement ministériel.

- 20 Octobre 1971 : Manifestation des moines et des étudiants pour demander à Lon Nol d’accepter les fonctions de Chef de l’Etat et un remaniement ministériel.

- 21 Octobre 1971 : Conférence de presse du Ministre de l'Information, Long Boret : "Il n'y a pas eu le coup d'État".

- 25 Octobre 1971 : Communiqué de Long Boret, Ministre de l’Information, précisant que Lon Nol ne peut accepter la fonction de Chef de l’Etat ou Président de la République tant qu’il n’y a pas de Constitution.

- 30 Octobre 1971 : Le Chef de l'Ordre Mahanikay proteste contre les tentatives de politisation de son ordre (manifestation des bonzes demandant l'accession de Lon Nol au poste de Président de la République).

- 8 Novembre 1971 : M. In Tam est élu Président de l'assemblée Constituante.

- 12 Novembre 1971 : Lon Nol demande à l’assemblée Constituante d’achever la rédaction de la constitution pour la fin janvier 1972, afin de pouvoir organiser un référendum le 15 Février 1972.

- 15 Novembre 1971 : La commission mixte arrête ses réunions et transmet ses travaux à l'Assemblée Constituante.

- Novembre 1971 : Les forces communistes lancent des opérations offensives. Nouvelle intervention massive des forces sud-vietnamiennes et des bombardements américains.

- 2 Décembre 1971 : Déroute de l’opération militaire « Tchenla ».

 

1972

- Février 1972 : L’Assemblée Constituante discute le projet de Constitution. Opposition de l'assemblée aux vues gouvernementales à propos de limitation le nombre des partis politiques et des références racistes du préambule.

- 25 Février 1972 : Conférence de presse de Kéo An, doyen de la Faculté de Droit. Il critique violemment Sirik Matak accusant ce dernier de corruption. Kéo An est révoqué de son poste. Cette mesure provoque le mécontentement des milieux estudiantins.   

- 10 Mars 1972 : Manifestation des étudiants et lycéens hostiles au maintien au pouvoir de Sirik Matak.

- 10 Mars 1972 : M. Cheng Heng démission de son poste du chef de l'Etat. Lon Nol remplace Cheng Heng. Il annonce la dissolution de l'Assemblée Constituante.

- 12 Mars 1972 : Sirik Matak donne sa démission du poste du Président du Conseil Délégué.

- 13 Mars 1972 : Dans un message à la nation, Lon Nol se proclame « Président de la République Khmère » et, en même temps, il définit le rôle du président de la République.

- 14 Mars 1972 : Prestation de serment du nouveau président de la république.

- 15 Mars 1972 : Lon Nol annonce la formation prochaine d’un nouveau gouvernement.

- 16 Mars 1972 : Sirik Matak annonce à la radio sa décision de se retirer de la vie politique.

- 21 Mars 1972 : Son Gnoc Thanh est nommé Président du Conseil des Ministres. Un commando des Viêt-Cong attaque les faubourgs de Phnom-Penh.

- 25 Mars 1972 : Début des travaux du comité d'élaboration de la Constitution.

- 9 Avril 1972 : Publication du Projet constitutionnel.

- 11 Avril 1972 : Publication de l'ordonnance portant organisation du référendum constitutionnel.

- 23 Avril 1972 : - A la télévision, un étudiant de Droit, Koy Pech, qui doit y expliquer la constitution, insulte Lon Nol de dictateur.

- 24 Avril 1972 : Son Gnoc Thanh ordonne d’arrêter Koy Pech, des polices militaires encerclent la Faculté de Droit où ce dernier s’est réfugié.

- 26 Avril 1972 : Le gouvernement de Son Gnoc Thanh ordonne de fermer les universités.

- 27 Avril 1972 : Devant la Faculté de Droit, vers 10 h, la force de l’ordre ouvre le feu sur les étudiants. Selon le gouvernement, il y a 20 blessés. Selon des étudiants, il y a des morts, parmi lesquels, il y avait le fils du Général Srey Ya. Celui-ci nie cette rumeur. Le journal Norkor Thom écrit que c’est le Commandant OP Kim Aun qui a donné l’ordre à la force de l’ordre de tirer sur les étudiants. Le gouvernement annonce que ce coup de feu est l’œuvre des agents communistes pour but de déstabiliser ses actions.  

- 30 Avril 1972 : Référendum constitutionnel : La Constitution est adoptée.

- Mai 1972 : Campagne pour les élections présidentielles. Trois candidats s'affrontent : Lon Nol, In Tam et Kéo An.

- 10 Mai 1972 : Sirik Matak est nommé par Lon Nol Conseiller spécial du Président de la République.

- 16 Mai 1972 : Grève des instituteurs contre une ordonnance présidentielle qui réforme le statut des fonctionnaires : "Cadre unique" pour les fonctionnaires.

- 4 Juin 1972 : Lon Nol est élu Président de la République. In Tam obtient une majorité des voix à Phnom-Penh. Kéo An dénonce des fraudes électorales.

- Août 1972 : Campagne pour les élections législatives. Le Parti Républicain de Sirik Matak, et le Parti Démocrate d'In Tam boycottent les élections. Seuls les Partis Social-Républicain (Lon Non et Hang Thun Hak) et Pracheachon, parti créé par Lon Non participent aux élections.

- 3 Septembre 1972 : Le parti Social-Républicain remporte 126 sièges de l'Assemblée Nationale.

- 8 Septembre 1972 : Violation manifestation populaire contre la rareté et la hausse des prix du riz.

- 17 Septembre 1972 : Elections pour le Sénat. Le Parti Social-Républicain remporte la totalité des sièges.

- 12 Octobre 1972 : À l'ONU 132 pays se prononcent pour la représentativité de la République Khmère. 11 pays votent contre la République Khmère : Albanie, Algérie, Chine Populaire, Congo, Cuba, Irak, Mauritanie, Roumanie, Sénégal, Syrie et Yougoslavie).

- 14 Octobre 1972 : Son Gnoc Thanh donne sa démission de son poste du Premier ministre.

- 17 Octobre 1972 : Hang Thun Hak est nommé Premier ministre.

- 28 Octobre 1972 : À l'ONU, la Commission de vérification des décisions de l'Assemblée générale approuve par 62 voix dont l'URSS l'octroi du siège du Cambodge à la République Khmère, contre 17 et 17 abstentions.

 - 31 Octobre 1972 : Création d'un Comité Nationale pour la Paix et la Concorde.

 

1973

- 8 Janvier 1973 : Lon Nol déclare : Pas de négociation avec Sihanouk".

- 27 Janvier 1973 : Signature à Paris des accords américano-vietnamiens mettant un terme à la guerre du Vietnam. Le Vietnam projette de se retirer du Cambodge. - Lon Nol ordonne la cessation unilatérale de toute offensive militaire sur tous les fronts pour permettre aux forces communistes vietnamiennes (VC/NVN) de retirer leurs troupes du territoire khmer. Les Khmers Rouges s’estiment trahis par leur allié vietnamien.

- 28 Janvier 1973 : Grande manifestation publique de 3 jours organisée par le gouvernement pour célébrer le retour de la paix.

- 2 Février 1973, le Syndicat des Ouvriers et Agriculteurs déclarent n'avoir plus confiance en la personne de Hang Thun Hak, Premier ministre.

- 8 Février 1973, grève des enseignants qui n'ont pas reçu leur salaire avec occupation de la Faculté de Pédagogie de Phnom-Penh.

- 17 Mars 1973, dans la matinée, un Commando d'hommes armés tente de pénétrer dans la Faculté de Pédagogie pour délivrer des personnes séquestrées par les grévistes. Une fusillade éclate : 2 morts et un blessé. Les rumeurs attribuent cette action à Lon Non, ministre attaché à l'Intérieur. Dans l'après-midi, un avion de chasse T28 piloté par So Photra, époux de la princesse Botum Bopha, fille de Sihanouk, largue des bombes sur le palais présidentiel de Chamcar Môn. Lon Nol est indemne, mais la caserne de la garde présidentielle est complète détruite. Il y a beaucoup de morts.

- 19 Mars 1973 : Le gouvernement de Hang Thun Hak prend des mesures contre les membres de la famille royale. Sirik Matak est assigné en résidence surveillée.

- 4 Avril 1973 : Lon Non donne sa démission de son poste du ministre attaché à l'Intérieur.

- 5 Avril 1973 : le Comité de la défense nationale décide de déférer 9 membres de la famille royale devant le Tribunal militaire.

- 17 Avril 1973 : démission de Hang Thun Hak de ses fonctions de Premier ministre.

- 24 Avril 1973 : Lon Nol crée par ordonnance un "Haut-conseil politique". Il est composé de Lon Nol (Président), Cheng Heng (Vice-Président), Sirik Matak et In Tam (membres).

- Mars-Avril 1973 : Sihanouk, président du FUNK, entreprend une tournée dans les zones libérées où il rencontre les chefs khmers rouges, Khieu Samphan, Son Sèn, Pol Pot, Hu Nim, Hou Youn.

- 10 Mai 1973 : In Tam est désigné Premier ministre. La Chambre des Représentants des Etats-Unis s'oppose à l'intervention de l'US Air Force au Cambodge.

- 15 Mai 1973 : La Commission des crédits du Sénat des USA décide à l'unanimité de ne plus accorder un dollar au Président Nixon pour les opérations militaires au Cambodge.

- 31 Mai 1973 : Cinq enfants et quatre proches de Sihanouk sont libérés. Ils sont libres de quitter le territoire.

- 20 Juin 1973 : Oum Manorine, beau-frère de Sihanouk et tous anciens collaborateurs de Sihanouk incarcérés depuis le 18 mars 1970 sont libérés et ils sont libres de quitter le territoire.

- 27 Juin 1973 : Le Président Nixon oppose son veto à l'amendement des deux Chambres du Congrès interdisant de poursuivre les opérations aériennes de bombardement sur le territoire khmer au-delà du 30 Juin 1973.

- 29 Juin 1973 : La Chambre des Représentants des USA adopte un amendement fixant au 15 Août la date de la suppression des fonds alloués aux opérations aériennes au-dessus du Laos et du Cambodge.

- 6 Juillet 1973 : Au nom de la république Khmère, Long Boret présente un plan de paix en 6 points, qui est rejeté par le FUNK (Front uni national du Kampuchéa).

- 15 Août 1973 : Cessation des interventions aériennes US Air Force au Cambodge.

- 9 Octobre 1973 : A l'occasion du deuxième anniversaire de la proclamation de la république Khmère, Lon Nol propose aux "Khmers de l'autre côté" d'entamer des négociations; ce que le GRUNK (Gouvernement d'Union nationale du Kampuchéa) rejette la proposition de Lon Nol.

- 10 Octobre 1973 : L’URSS reconnaît le GRUNK comme seul représentant légitime du Cambodge.

- 14 Octobre 1973 : In Tam présente la démission de son gouvernement, qui est refusé par Lon Nol.

- 22 Octobre 1973 : Remaniement du gouvernement In Tam.

- 27 Octobre 1973 : Dans une déclaration à la presse, Sihanouk annonce son intention de rester définitivement en Chine et d’y mourir avec sa mère.

- 5 Novembre 1973 : - La Reine Kossamak, accompagnée d’une suite de 43 personnes, dont 15 membres de la famille royale, quitte le Cambodge pour Canton à bord d’un avion d’Air France spécialement affrété par le gouvernement républicain. – A 16h30, un chasseur T28 piloté par le lieutenant Pich Lim Kuon, largue des bombes sur le palais présidentiel. Lon Nol est indemne.

- 30 Novembre 1973 : Lon Nol déclare qu’il est prêt à rencontrer Sihanouk.

- 4 Décembre 1973 : L’Assemblée générale de l’ONU commence à examiner la résolution présenté par 32 pays et visant à rétablir les droits légitimes du GRUNK.

- 6 Décembre 1973 : L’Assemblée générale de l’ONU décide, par 53 voix contre 50 et 21 abstentions, de repousser à l’année suivante l’examen de la question de l’attribution du siège du Cambodge à l’ONU.

- 7 Décembre 1973 : In Tam présente la démission de son gouvernement, qui a été acceptée par Lon Nol.

- 13 Décembre 1973 : Long Boret est désigné Premier ministre. Il forme un nouveau gouvernement.

- 17 Décembre 1973 : L’Assemblée générale de l’ONU rejette, par 55 voix contre 50 et 17 abstentions, un projet visant à ce que la délégation de la République Khmère ne soit plus accréditée auprès de l’ONU.

- Les généraux Sey Ung, gouverneur de Koh Kong, Mey Sichân, gouverneur de Kampot et commandant-adjoint de la 2e Région militaire, et le général commandant la place de Takéo sont relevés de leurs fonctions pour corruption (Vente de munition et de douilles vides à l’ennemi).

- 26 Décembre 1973 : Publication de la liste des membres du gouvernement de Long Boret.

 

1974

- Janvier/Février 1974 : Les forces communistes lancent des roquettes 122 sur Phnom-Penh, y faisant des centaines de morts et de blessés parmi la population civile.

- 17 Février 1974 : Les deux supérieurs des deux ordres bouddhiques adressent une lettre ouverte à l’opinion nationale et internationale, notamment à toutes les organisations religieuses du monde, pour dénoncer  les bombardements des forces communistes dirigés contre les quartiers et les monastères peuplés d’innocents.

- 31 Mars 1974 : Lon Nol met fin aux activités du Haut-conseil politique.

- 1er Avril 1974 : Sirik Matak est nommé haut-assistant du Président de la République. Création du « Comité Exécutif », composé de Lon Nol, Sirik Matak, Long Boret et général Sosthène Fernandez (Commandant en Chef du FANK).

- 26 Avril 1974 : Attentat contre Long Boret, Premier ministre.

- 27 Avril 1974 : Ralliement de 340 Khmers Rouges à Stung Kambot.

- 29 Avril 1974 : Ralliement de 1 600 Khmers rouges à Pursat.

- 13 Mai 1974 : Mise à la retraite d’office, pour cause officielle d’ancienneté, de nombreux officiers généraux, tels : les majors-généraux Peou Lim Var, Chuon Chhum et Chhay Lay ; les brigadiers-généraux Pring Tum, Sok Chiep, Tum Yam, Ouk Sam, Dan Men et Pen Randa.

- 14 Mai 1974 : Le Parlement vote une loi proclamant la nation en danger.

- 16 Mai 1974 : La presse locale et privée est autorisée à reparaître mais chaque Directeur de journal doit payer une caution de 1 600 000 Riels.

- 21 Mai 1974 : Arrestation d’enseignants et d’étudiants qui ont organisé des manifestations contre le gouvernement.

- Juin 1974 : Les manifestations des enseignants et d’étudiants se poursuivent.

- 4 Juin 1974 : Le Ministre de l’Education nationale, Kéo Sangkim et son conseiller, ancien ministre, Thach Chia, sont pris en otages par des étudiants et assassinés dans l’enceinte du lycée « 18 Mars 1970 » par des inconnus.

- 16 Juin 1974 : Remaniement du gouvernement de Long Boret.

- 9 Juillet 1974 : Nouvelle proposition de paix de Lon Nol est rejetée par le GRUNK.

- 15 Août 1974 : « Journée de l’Armée » : Défilé militaire des troupes armées devant la place Preah Cakaymoni Chetdey.

- 20 Septembre 1974 : Retour de Lon Non au Cambodge, après plus d’un an d’exil forcé à l’étranger.

- 26 Septembre 1974 : Le gouvernement dissout l’Association des membres du corps enseignant khmer (AMCEK) pour cause de subversion et activité antirépublicaines.

- 27 Novembre 1974 : L’Assemblée générale de l’ONU adopte, par 58 voix contre 56 et 20 abstentions, une résolution présentée le 18 Octobre 1974 par 23 pays et demandant aux parties khmères d’engager des pourparlers ; aux Etats membres et au Secrétaire général d’y prêter assistance ; aux Etats membres de respecter l’issue des pourparlers et de ne rien faire avant que les résultats de ces efforts aient été examinés par l’Assemblée générale à sa trentième sessions.

- Décembre 1974 : Début d’une grande offensive des forces communistes sur la rive orientale du Mékong, en place de la capitale.

 

1975

- Janvier 1975 : Poursuite de l’offensive des forces communistes visant à isoler la capitale.

- 7 Janvier 1975 : Le Prince Sihanouk déclare que plusieurs personnalités dont Cheng Heng, Sirik Matak, Long Boret et le général Sosthène Fernandez sont prêts à se rejoindre à lui.

- 13 Janvier 1975 : Le Président Ford demande au Congrès d’accorder une aide militaire de 222 millions de dollars et 100 millions pour l’assistance alimentaire au Cambodge.

- Mars 1975 : Durant les mois de Janvier-Mars, les forces communistes sont à la porte de la capitale où pleuvent les roquettes 122. Le Mékong est coupé à hauteur de Neak Luong.

- 21 Mars 1975 : Remaniement ministériel.

- 1er Avril 1975 : Lon Nol décide de quitter le Cambodge pour faciliter le gouvernement de la République de négocier avec Sihanouk. C’est une option USA.

- 12 Echec des tentatives de Long Boret pour le retour de Sihanouk. Evacuation et départ du personnel de l’ambassade des Etats-Unis du Cambodge, dont l’ambassadeur. Dissolution du gouvernement Long Boret et création d’un Comité Suprême destiné à passer les pouvoirs à Sihanouk. La France reconnaît le GRUNK.

- 14 Avril 1975 : Un chasseur T28, de l’armée de l’Air largue 2 bombes sur l’Etat-Major des Forces Armées Nationales Khmères (FANK). Il y a beaucoup de victimes.

- 17 Avril 1975 : Vers 9 h, début de la tentative de Lon Non pour s’emparer du pouvoir. Fin de l’après-midi, arrivée des Khmers Rouges à Phnom-Penh ; début du génocide et de l’évacuation de Phnom-Penh.

 

Sources : Livre de Ros Chantraboth – République Khmère ; Edition L’Harmattan. Thèse pour le doctorat en Science Politique (Mai 1975) – La république khmère : Structures constitutionnelles et réalités politiques. Livre du Norodom Sihanouk – Prisonnier des Khmers Rouges – Edition Hachette. Livre de David P.Chandler – Pol Pot Frère Numéro Un ; Edition Plon. Livre de Paul Dreyfus – Pol Pot – Le bourreau du Cambodge ; Edition Le Club.

 

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 03:50

N° 3

 Face à M. Khieu Samphan

Par Sangha OP

 

Cliquez sur le chiffre pour lire le N° 1, N° 2.

 

 

Avant-propos de M. Khieu Samphan

 

M. Khieu Samphan commence son livre dans l’avant-propos d’insulter la mémoire des Khmers victimes du crime commis par les Khmers Rouges. Quelle arrogance de déclarer que les victimes ont déjà oublié ce crime et s’engagent dans la voie de l’analyse et de la réflexion sur les évènements et leur contexte. Il oublie facilement à la date du 27 novembre 1991, à Phnom-Penh qu’il a failli être lynché par les manifestants. Ce geste était pour but de le montrer que le peuple khmer n’est pas un troupeau d’animaux qu’on peut tripoter avec les gens malpropres comme dans le cas des Khmers Rouges dont M. Khieu Samphan est le représentant.

 

 

Quelle arrogance d’affirmer aussi que les Khmers Rouges, malgré leurs crimes contre l’humanité, demeurent dans leur essence à ses yeux une force nationale. C’est cette raison pour laquelle, M. Khieu Samphan affirme enfin qu’il continue de collaborer avec cette force et comme toutes les forces qui luttent contre l’ingérence étrangère.

 

Oui j’aimerais analyser et réfléchir à haute voix avec M. Khieu Samphan concernant comme il dit « mes prises de position » sur les évènements dans lesquels un tiers de la population khmère trouvait la mort. Ayant entendu ses propos, je suppose que ce dernier soit encore dans ses souvenirs de gloire de la force des Khmers Rouges, appelée par lui la force nationale, qui assassinait la population nationale khmère en toute liberté. Mais je sais que cette force pliait bagage en quelques jours devant les attaques des troupes vietnamiennes. Ceci me permet de penser que cette force « nationale » de M. Khieu Samphan était une bande des assassins qui s’intéressait seulement à tuer des faibles, mais elle s’enfuyait avec une vitesse de TGV aux bruits des blindés de son ancien maître. Sur ce point, je me dis que M. Khieu Samphan a des vues un peu bizarres. Voilà un homme qui prétend chercher la vérité et n’est pas foutu de connaître le bien et le mal. Ce n’était pas très aimable mais ça traduit un état d’esprit.

 

M. Khieu Samphan fait semblant de ne pas comprendre que la lutte contre l’ingérence étrangère contre le Cambodge est une lutte nationale, pas celle d’un parti. La force des Khmers Rouges était une force de parti, appelé le Parti Communiste du Kampuchéa dont l’objectif premier était de défendre le parti. Quant à la lutte nationale, elle a besoin la participation de la population tout entière. Cette participation constitue en effet une force nationale : Des forces armées et la population. La force des Khmers Rouges ne pouvait pas être une force nationale, parce qu’elle tuait la population. J’ai lu le mémoire d’études de Science Politique[1] (1) de M. CHHIM Khet, qui traite le sujet des forces armées des Khmers Rouges, appelée au temps de guerre 1970-1795, « les Forces Armées Populaires de Libération Nationale du Kampuchéa ».  J’ai lu aussi les mémoires du Maréchal Chu Teh, intitulés « la longue marche »[2](2). Et je constate en lisant ces deux mémoires que l’organisation des forces armées des Khmers Rouges n’était qu’une copie conforme de celle des forces armées de la République Populaire de Chine. Je suppose donc qu’il y ait eu une ingérence de la Chine dans la formation des forces armées des Khmers Rouges. Nous savions que les Khmers Rouges avaient besoin des Chinois et surtout des Communistes vietnamiens pour combattre contre les forces armées nationales khmères dont la mission était de combattre contre les forces d’occupation communistes vietnamiennes, les amis de M. Khieu Samphan. En effet, M. Khieu Samphan a pris de position en considérant les ennemis de ses amis vietnamiens communistes comme une force du mal. Mais le mal que l’Armée nationale Khmère a fait, était quoi au juste ? Elle a défendu l’intégralité du territoire khmer, parce que le Cambodge était occupé par 65 000 soldats de l’oncle Ho. Chaque Khmer est libre d’en juger selon sa conscience. M. Khieu Samphan doit savoir que la force des Khmers Rouges dont il parle, était une force, non pas seulement qui était incapable de défendre l’intégrité territoriale khmère, mais elle était aussi incapable de défendre l’indépendance nationale. Elle était donc responsable de l’occupation vietnamienne pendant 10 ans.

 

M. Khieu Samphan poursuit son soutien aux Khmers Rouges, après avoir reconnu que ceux-ci ont commis les crimes abominables contre le peuple khmer. Cette prise de position est une preuve irréfutable de sa participation à ces crimes. On ne peut tout de même pas accuser les méfaits des Khmers rouges en restant leur allié. Dès après le génocide, cette prise de position de M. Khieu Samphan est aussi sa volonté de poursuivre la politique des Khmers Rouges à l’identique. Le Prince Sihanouk, M. Son Sann et un certain nombre des intellectuels khmers s’engageaient dans cette voie avec un argument stupide : Vous travaillez pour les Vietnamiens, si vous n’êtes pas dans le camp opposé dont les Khmers Rouges étaient partenaires majoritaires. La moralité politique est ainsi abîmé jusqu’à aujourd’hui. Dès l’occupation vietnamienne, il fallait faire le contraire, c’est-à-dire de renforcer la résistance nationale anti-Khmers Rouges qu'elle existait déjà dans le pays pour combattre à la fois contre eux et contre les occupants vietnamiens. Ce n’était pas une utopie, c’était une question de volonté et de détermination khmère. Il y ait peu de gens osent y penser. A force de ne pas séparer le bon grain de l’ivraie, voilà le résultat d’aujourd’hui, on fête toujours le 7 janvier au Cambodge. MM. Khieu Samphan, Noun Chea et Ieng Sary ne risquent rien dans la prison dorée de Hun Sen.      

 

Dès l’occupation vietnamienne, M. Khieu Samphan aurait pu se repentir de son choix : Collaborer avec Pol Pot. Mais il persiste et signe son engagement dans le camp des Khmers Rouges. Ce choix est un choix bien-pensant de sa part. Il est donc complice du crime commis par ses amis. Pour que ce crime contre le peuple khmer ne tombe pas dans l’oubli, il faut commémorer la date du 17 avril comme journée de deuil national.               

 

La victoire de Pol Pot à la date du 17 Avril 1975 : Cette victoire prodigue encore un effet sinistre sur la population khmère, car elle s’incruste dans son esprit comme un élément de tristesse définitive. Nous savions qu’aujourd’hui le peuple khmer continue de souffrir de cet évènement lugubre. Cette douleur indicible ne lui donne pas droit d’oublier la cruauté des Khmers Rouges qui détruisit par leur ignorance, en un tournemain, le pays tout entier. Le Cambodge des humains se transforma, au premier jour de l’arrivée au pouvoir de Pol Pot, en l’enfer des morts vivants. Tous les Khmers ont été chassés de leur foyer et condamnés à périr au nom de l’Angkar. Je me pose la question : Est-ce vraiment une victoire ? Sur qui ? Et pourquoi faire ? La réponse est : Si c’était pour M. Khieu Samphan, la réponse est oui, car cette victoire lui permet de se placer au pouvoir. En revanche, dans le cas où on entend dire que cette victoire est pour le peuple khmer, il est sûr que cette affirmation est un mensonge, car Pol Pot lui-même n’avait jamais dit que cette fête rouge est pour les Cambodgiens.

 

Oh oui ! L’aube du 17 Avril 1975 ouvrit une nouvelle époque pour les millions de Khmers qui la veille avaient dormi à la belle étoile loin de leur maison familiale parce que l’Angkar de M. Khieu Samphan le voulait ainsi. Ils furent réveillés au 2e  jour de la fête du nouvel an khmer par la faim et le chagrin. Ils n’ont eu que leur larme comme seul remède, qui coula discrètement de leurs yeux provoquant illico l’accès de rage des sbires de M. Khieu Samphan. Au Cambodge, la saison de chhêt (chaude – Mars, Avril et Mai) est généralement pénible. La moyenne des maxima d’Avril est de 34°8. Le maximum absolu est de 45°5. Cette chaleur donna l’effluve des miasmes de cadavres des soldats républicains qui ont été tués par les Khmers rouges parce que ces adolescents avaient cru comprendre que la guerre était finie. Les vieillards et les malades ont été délogés de leur repos par ordre de l’Angkar pour se consumer dans l’ignorance. Les pleurs d’adieu de leurs proches appelèrent tous les divins célestes à être les témoins de ces trépas injuste. Les femmes savaient bien que la nuit venue les Chloûp Andérathey (les espions khmers rouges) se glissaient lâchement dans leur nouvelle demeure sans chaleur pour enlever leur mari ex-fonctionnaire ou militaire. L’apparition de l’étoile du matin du nouvel an 1975 fit fuir les oiseaux chanteurs de l’azur du Kampuchéa pour laisser la place aux cris des vautours affamés venus dépecer les cadavres abandonnés. Pour consoler la tristesse et l’angoisse qui sont les faiblesses de l’Homme, les victimes de l’Angkar sanguinaire s’efforcèrent de penser à la parole de réconfort de l’ermite à Atala pendant le dernier souffle de sa vie : « Enfin, ma fille, le grand tort des hommes, dans leur songe de bonheur, est d’oublier cette infirmité de la mort attachée à leur nature » (Chateaubriant – Atala, René, les Natchez). Pour peindre cette déchirure sans terme, mon fils Davouth a écrit une élégie pour sa classe car la poésie est le réel absolu. Plus une chose est poétique, plus elle est vraie. Aristote disait : « La tâche de poète et d’historien est la même car elle consiste à faire durer quelque chose grâce à la mémoire.

 

Le sombre est glacial, que de malheur infini, dès le matin, je sens le crépuscule,

Tel une force qui me rend pâle, ô aucune gaieté dans la vie, qui me bouscule,

La nuit reste éternelle, la tendresse disparaît, j’écoute le vent alizé,

Pareil à une si grand aile, comme une étoile qui apparaît, pour me rappeler de cette paix.    

 

Elle est sans doute une paix bouddhique qui sert du refuge aux Cambodgiens, qui savent que le Christ et le Bouddha sont venus sur terre pour résoudre deux problèmes des humains : Le mal et la mort.

Mais le malheur du peuple khmer a été sans recours car il a été dans la main des Yothea (Soldats) khmers rouges. Ils parlèrent entre eux du peuple nouveau et ancien et toutes sortes des mots inusités pour glorifier leur révolution meurtrière. Il s’agit de jouir le maximum de la destruction totale de la paysannerie khmère. Le pire est, comme dit Sade : Tuer un homme dans le paroxysme d’une passion, cela se comprend. Le faire tuer par un autre dans le calme d’une méditation sérieuse, et sous prétexte d’un ministère honorable, cela ne se comprend pas ». C’était le cas de M. Khieu Samphan.

 

A force d’ordonner de tuer des millions de vies humaines, Pol Pot et Khieu Samphan devenaient insensible à la souffrance de leurs semblables. Vigny, le poète, disait : « …ne peut plus sentir le mal ni les bienfaits. Il est même sans joie aux malheurs qu’il a fait ». Pourquoi une telle bêtise humaine ? M. Khieu Samphan est parfaitement au courant du malheur du peuple khmer parce qu’il le créateur au même titre que Pol Pot ce désastre humain.   



[1] (1) M. CHHIM Khet : Mémoire pour le diplôme d’Etudes Supérieures de Science Politique (Février 1975) – Les Khmers Rouges et le développement politique au Cambodge – Université de Paris I. 

[2] (2) Mémoires du Maréchal Chu Teh – Collection des Lettres et Sciences Humaines, Editions Richelieu.

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 15:35

N° 2

 Face à M. Khieu Samphan

Par Sangha OP

 

Cliquez Ici pour lire le N° 1.

 

 

Préface du Maître Jacques Vergès

 

Maître Jacques Vergès est un grand avocat de célébrité internationale. Un homme engagé dans les grandes causes de l’humanité : Défendre des faibles. Son acceptation de défendre M. Khieu Samphan ne signifie pas que M. Khieu Samphan est un faible ou un innocent. Si c’était le cas, M. Khieu Samphan n’ait pas besoin de chercher un avocat de stature du Maître Jacques Vergès. Il pourrait se défendre par lui-même ou un avocat dont le nom est moins connu dans le monde de la justice.

 

Mais Maître Jacques Vergès n’est pas tout simplement l’avocat de M. Khieu Samphan, il est aussi son ami. Au cours de leur vie, ils se sont croisés à plusieurs reprises, en France, au Cambodge ou ailleurs. Pour cette raison, Maître Jacques Vergès a décidé d’écrire une préface pour la promotion du livre de son client. Pour redorer le statut de M. Khieu Samphan, il a utilisé son talant d’avocat pour faire croire aux morts, victimes du génocide des Khmers Rouges, que M. Khieu Samphan, son ami est un innocent. Quatre idées majeures du grand Maître pour démontrer que M. Khieu Samphan est un ange et un intellectuel humaniste :

 

1.       Le choix politique de M. Khieu Samphan :

 

Le choix politique de M. Khieu Samphan était un choix forcé : Entre soumission à l’impérialisme ou ralliement au camp socialiste et à la dictature. En 1967, menacé d’arrestation, M. Khieu Samphan a dû se réfugier dans les maquis Khmers Rouges. Ceux-ci menaient alors un combat libérateur contre la volonté américaine de faire du Cambodge, devenu satellite, un champ de bataille contre le Vietnam.

 

Voici ma réponse à Maître Jacques Vergès : Le choix politique de M. Khieu Samphan n’était jamais un choix forcé. Membre de l’Association des Etudiants khmers (A.E.K.) en France, il affichait donc dès les prémices de son âge de raison d’être dans le camp socialiste comme un grand nombre des jeunes de sa génération. Ce choix lui conduisait aux affrontements directs avec la politique dictatoriale du Prince Sihanouk. En 1967, menacé d’arrestation par ce dernier, il abandonnait son siège de député pour rejoindre les Khmers Rouges, lesquels travaillaient en étroite collaboration avec les Vietnamiens communistes. Quand Maître Jacques Vergès dit que les Khmers Rouges menaient un combat libérateur contre volonté américaine de faire du Cambodge, un champ de bataille contre le Vietnam, je ne saurais pas choisir d’autre mot vexatoire pour lui répondre qu’il soit menteur comme son ami M. Khieu Samphan. C’étaient les troupes communistes vietnamiennes qui ont attaqué en premier[1](1) et sans avoir fait la déclaration de guerre, l’armée khmère et transformait le Cambodge en leurs terrains de guerre. Ce n’était pas le Cambodge qui était devenu satellite américain, c’était plutôt le Prince Sihanouk et les Khmers Rouges qui étaient satellite d’Hanoï, parce qu’ils ont eu besoin des troupes du Viêt-Cong sur le territoire khmer pour être existé politiquement. Durant les cinq années de guerre (1970-1975) contre la République Khmère, les Viêt-Cong étaient maîtres dans les zones soi-disant libérées par les Khmers Rouges. Après la fin de guerre, les Khmers Rouges ont eu des difficultés pour faire partir leurs alliés du territoire khmère. Ceux-ci étaient sans doute des sources de conflits entre le maître et l’élève. Et nous savons tous, à la date du 7 Janvier 1979, le maître a décidé de chasser l’élève de la classe et occupait militairement le Cambodge pendant 10 ans. Cette histoire, Maître Jacques Vergès connaît par cœur, parce qu’il n’est pas un avocat de renom, mais un intellectuel de la politique, dont l’Histoire n’est pas un problème pour lui. Pourquoi de tel mensonge, Maître ?

           

2.       La victoire remportée par la Direction des Khmers Rouges à laquelle n’appartenait pas Khieu Samphan. Celui-ci n’a jamais pris de part directe des crimes commis par les Khmers Rouges.

 

Voici ma réponse à Maître Jacques Vergès : Cette plaidoirie du Maître Jacques Vergès est une plaisanterie de mauvais aloi. Comment un grand Maître de saint esprit peut descendre très bas comme ça. Pendant les cinq années de guerre, les Khmers n’entendaient que le nom de Khieu Samphan, leader des Khmers Rouges au même titre que le Prince Sihanouk. Nous avons des photos de M. Khieu Samphan souriant et sûr de lui, posé à côté du Prince Sihanouk, Pol Pot et les autres membres du Comité Central du Parti communiste khmer. M. Khieu Samphan voyageait en première classe et conduisait la délégation des Khmers Rouges en tant que patron au tour de la planète pas pour défendre l’indépendance nationale comme Maître Jacques Vergès le dit, parce que le Cambodge, pendant la république Khmère, était occupé par les troupes vietnamiennes communistes, alliées des Khmers Rouges non pas par les Américains. Pourquoi donc Maître Jacques Vergès parle de la guerre de libération et la préservation de l’indépendance nationale ? Après la démission forcée du Prince Sihanouk, l’Angkar a désigné M. Khieu Samphan Chef de l’État pour remplacer le prince déchu. On ne peut pas être nommé à ce poste dans un pays communiste sans être consenti corps et âme au système khmer rouge.

 

Bien sûr Maître Jacques Vergès peut évoquer le cas du Prince Sihanouk, concernant sa complicité dans des crimes commis par la Direction des Khmers rouges, pour comparer à celui de M. Khieu Samphan en écrivant : Cette question n’a-t-elle pas été aussi, avec les différences liées à leur statut différent, celle du Prince Norodom Sihanouk, peu suspect de sympathies pour les dirigeants Khmers Rouges ?

 

Le Prince Sihanouk et M. Khieu Samphan est bonnet blanc et blanc bonnet pour les victimes. Accusé M. Khieu Samphan et blanchi le Prince Sihanouk n’est qu’une stratégie des dirigeants actuels pour blanchir leurs participations directes ou indirectes aux crimes commis par les Khmers Rouges. Ils prennent le cas du Prince Sihanouk comme parapluie de leur responsabilité en disant : Nous étions avec les Khmers Rouges comme le Prince Sihanouk, mais nous n’avions jamais de sympathies avec eux.

 

Les propos du Maître Jacques Vergès insultent le peuple khmer. Il considère donc ce peuple comme un ignare qu’il peut raconter de n’importe quoi pour qu’il baisse les yeux devant un homme de son statut. Vous vous trompez lourdement, parce que le peuple khmer vous considère comme un être indigne. Quand il baisse les yeux devant la puissance de vos verbes, ce n’est pas qu’il vous admire de votre célébrité, mais il ne veut pas voir à travers vos yeux de l’insolence de vos propos. Bien sûr, Maître Jacques Vergès ne fait que son boulot d’avocat. Mais préfacer un livre d’un complice de crime contre l’humanité, tel M. Khieu Samphan, c’est trop !

 

3.       Le procès d’intention qui est fait à Khieu Samphan serait dès lors d’une complicité objectif dans les crimes commis par d’autres, vu ses fonctions au sommet de l’Etat. Mais cette notion de complicité objectif n’est pas valide en droit.

 

Voici ma réponse à Maître Jacques Vergès : Dans le régime sanguinaire des Khmers Rouges, il n’y avait pas Khieu Samphan et les autres khmers rouges. Ils étaient ensemble et formaient en un seul être. Vous parlez des maréchaux soviétiques qui ont défendu l’indépendance de l’URSS contre la barbarie nazie n’ont jamais été considérés comme complices des crimes de Staline.

 

Pendant le régime de Pol Pot, il n’y avait ni ennemi du Cambodge, ni ennemi du parti communiste khmer. Il n’y avait que le peuple khmer seul en face à ce régime sanguinaire. M. Khieu Samphan n’était pas le défenseur de l’indépendance du Cambodge contre qui ce soit. M. Khieu Samphan était avec les Khmers Rouges en tant que Khmer rouge lui-même et il collaborait avec la Direction du régime sanguinaire en prenant son propre peuple comme ennemi dont le sort est la mort. Je ne vois pas pourquoi Maître Jacques Vergès est allé puiser dans les annales de l’histoire en prenant un exemple qui ne correspond rien au cas de son client. Les maréchaux soviétiques sont des militaires qui font leur devoir de militaire pour défendre leur patrie, quant à M. Khieu Samphan est un politique, un Chef de l’État, un intellectuel, il doit donc faire ses devoirs au moins en tant qu’intellectuel de défendre le mal absolu du régime des Khmers Rouges. Il n’a rien fait et continue de collaborer avec ce régime jusqu’à sa disparition. Voilà, Maître, la différence entre les maréchaux soviétiques et M. Khieu Samphan.

    

4.       Personne n’a jamais eu l’idée en France d’accuser André Malraux, ministre de la culture, ou Maurice Couve de Murville, ministre des affaires étrangères, d’être complice de crimes de guerre commis en Algérie. 

 

Voici ma réponse à Maître Jacques Vergès : De mal en pis, Maître Jacques Vergès fait la comparaison entre M. Khieu Samphan avec les ministres du Général de Gaulle. Si les gaullistes ont lu ça, je crois qu’ils sont mécontents de ces propos. Bref ceci est une affaire franco-française. Revenons au cas de M. Khieu Samphan. Je répète encore une fois, après la République Khmère, les Khmers Rouges étaient au pouvoir dont M. Khieu Samphan était un des hauts responsables. Cependant, le Cambodge n’était pas en situation de guerre. Les Khmers Rouges étaient le Maître absolu de leur Kampuchéa Démocratique. Ils ont tué leur propre peuple khmer en accusant ennemi de leur parti communiste. Plus de 2 millions de morts ont été assassinées pour la gloire du parti. À ce chiffre, c’est-à-dire, 1/3 de la population du Cambodge, M. Khieu Samphan ne peut pas dire qu’il n’est au courant de rien. Je passe les cas cités par Maître Jacques Vergès, concernant le Maréchal Montgomery ou Sir Anthony Eden, ministre des affaires étrangères des Royaumes Unis, pour le traitement discriminatoire des Aborigènes en Australie pendant la seconde guerre mondiale, parce que je commence à être fatigué de contester les propos mensongères de l’avocat de M. Khieu Samphan. Je laisse aux lecteurs d’en juger.

   

5.       Peut-on faire le procès de M. Khieu Samphan pour les crimes commis par certains Khmers Rouges sans faire le procès des responsables américains qui ont tout fait pour miner l’autorité de Norodom Sihanouk, soutenir le coup d’État militaire du Général Lon Nol et étendre au Cambodge les malheurs de la guerre :


Voici ma répondre à Maître Jacques Vergès : Ce n’était pas le Général Lon Nol qui a déclenché la guerre au Cambodge. C’était Hanoï qui a étendu les malheurs de la guerre au Cambodge à la demande expresse du Prince Sihanouk. La destitution du Prince Sihanouk était une affaire intérieure du Cambodge et n’était pas un coup d’État militaire. À la date du 18 Mars 1970, les Parlementaires khmers ont retiré, à l’unanimité des voix, leur confiance au Prince Norodom Sihanouk des fonctions du Chef de l’État à vie. Mais au lieu de respecter le verdict de son Parlement en conformité avec la Constitution de l’époque, le Prince Sihanouk a fait appel aux forces nord-vietnamiennes et Viêt-Cong qui n’attendaient plus que ce signal pour agresser ouvertement le Cambodge., « légitimant » du même coup, leur invasion silencieuse et progressive du Cambodge qu’elles avaient commencée depuis cinq ans sur l’autorisation du Prince Sihanouk. Avec ses propos, Maître Jacques Vergès n’est pas seulement un menteur, il est aussi un manipulateur de l’histoire. Avec cette attitude, comment peut-il prétendre être ami du peuple khmer ?

 

Quand on s’efforce à défendre quelqu’un qui est indéfendable, il est certain qu’on peut commettre des bévues de jugement.

 

 

La suite dans le numéro 3 : Avant-propos de M. Khieu Samphan.          



[1] (1)27 Avril 1970, les troupes communistes vietnamiennes, stationnées déjà sur le territoire khmer, ont attaqué l’armée khmère.

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 02:58

N° 1

Face à M. Khieu Samphan

Par Sangha OP

Cliquez Ici pour lire n° 2 

 

Introduction

 

En 2004 M. Khieu Samphan a publié un livre dont le titre est « l’histoire récente du Cambodge et mes prises de position ». Au nom des victimes du régime sanguinaire des Khmers Rouges dont M. Khieu était un des hauts responsables, j’utilise mes droits de réponse à M. Khieu Samphan dans ses propos dont je qualifie de lâcheté et indigne de porter le titre de docteur ès science économique.

 

Il est mise en examen aujourd’hui par un tribunal mixte khméro-onusien pour ses responsabilités dans les crimes contre l’humanité, en tant qu’un haut responsable du régime sanguinaire Khmers Rouges. Plus de 2 millions de morts et l’ensemble de la population khmère sous ce régime était placée dans l’esclavage dont le maître n’était que le Parti Communiste Khmer, au sein duquel, M. Khieu Samphan était membre du Comité Central du parti, connu sous le nom sinistre d’Angkar dont le chef n’était que Pol Pot.

 

M. Khieu Samphan ne peut pas effacer ses responsables dans cette tragédie en écrivant un livre pour un seul but de nier  sa participation dans ces crimes. Ce livre est un insulte au mémoire des victimes, morts ou vivants. Dans la tragédie du peuple khmer, il y a sans doute deux mémoires : Celui des victimes et celui des bourreaux dont M. Khieu Samphan est leur représentant. En ce qui me concerne, j’ai choisi d’être du côté des victimes pour défendre leur mémoire. Ce choix est un devoir de chacun de nous, Khmers victimes, de dénoncer ou chasser les auteurs de génocide partout où ils se trouvent. M. Ou Chal a fondé un Mémorial des Victimes du Génocide commis par les Khmers rouges (MVGKR) dont le but est de graver dans la mémoire collective du peuple khmer des crimes contre l'humanité commis par les Khmers Rouges. Je salue donc cette noble fondation.  

 

Bien sûr, je pourrais me porter à la partie civile pour pouvoir suivre de près le procès de M. Khieu Samphan, mais comme je sais déjà que les lignes de défense de M. Khieu Samphan se trouvent dans son livre, je préfère donc, au nom des victimes, de lui répondre directement, dont la nécessité d’écrire ces lignes, publié dans mon blog. J’essaie d’éviter l’obscénité dans mes propos, mais je sais qu’il est difficile de garder cet objectif quand on doit répondre à un homme tel M. Khieu Samphan dont l’esprit est rempli de mensonge. Le ton de mes propos sont sans doute obscènes en ce qui concerne la description des activités meurtrières de M. Khieu Samphan. L’esprit de M. Khieu Samphan d’aujourd’hui s’est figé sur les mêmes perspectives : Faire du mal et se venger des morts par ce qu’ils continuent de réclamer la justice depuis l’au-delà. En effet, M. Khieu Samphan mérite qu’on lui traite de salaud.    

 

Au nom des victimes khmères, je demande à l’Université française qui a décerné le titre de docteur à M. Khieu Samphan de retirer ce titre, bien sûr après le verdict du tribunal déclarant que ce dernier est coupable de l’assassinat de plus de 2 millions des Khmers ou être complice de la politique d’extermination du peuple khmer, en tant que Chef de l’Etat du Kampuchéa démocratique. Nous pensons toujours que la connaissance est en général au service de l’humanité, M. Khieu Samphan en a utilisé pour tuer la vie et détruire la société humaine. Cette déchéance de son haut grade universitaire sera un symbole de justice fort pour les victimes morts ou vivants.       

 

Au nom de la justice, M. Khieu Samphan a sans aucun doute un droit de se défendre. Mais s’il était digne, devant la tragédie khmère dont il soit acteur ou témoin engagé, il doive se défendre en plaidant coupable. Malheureusement et à l’indignité de tous les Khmers victimes vivants, M. Khieu Samphan choisit une voie honteuse dans sa défense en plaisant non coupable.

 

Cette plaidoirie de « non coupable » de M. Khieu Samphan nous montre bien que M. Khieu Samphan est insolent vis-à-vis du peuple khmer et loin d’être un intellectuel humaniste, évoqué par Maître Jacques Vergès, son avocat, dans sa préface du livre de son client. M. Khieu Samphan et ses amis Noun Chea et Ieng Sary ont déjà esquissé vulgairement leur défense en répondant la question des journalistes par une simple phrase diabolique : Je suis désolé. Ce « non coupable » et « je suis désolé » venant de la bouche de M. Khieu Samphan nous montre encore que celui-ci n’est pas un intellectuel. Après la seconde guerre mondiale, quelques intellectuels français de renom se donnaient la mort pour un simple penchant de leur esprit en faveur du régime de Vichy pro-nazisme. M. Khieu Samphan était alors le Chef de l’Etat du régime des Khmers Rouges, responsable de crime contre l’humanité et de l’occupation vietnamienne, ose sans avoir honte de proclamer en public à travers son livre : Je suis innocent. Oh ! J’invoque tous les dieux dans l’univers des humains de jeter un sort à ce docteur d’occire, c’est-à-dire de le transformer en singe, parce que cet animal n’a jamais honte ce qu’il a fait.

Nous comprenons bien que M. Khieu Samphan s’attache bien à sa vie de présumé d’assassin. Il préfère de continuer de vivre comme rien ne s’était passé pendant la période où il était haut responsable de l’Etat. La honte, je suppose qu’il ne connaisse pas ce mot. La « dignité », ce mot soit aussi absent dans sa subconscience. La « moralité », elle soit bannie de son vocabulaire. Je me demande, est-ce que M. Khieu Samphan est encore humain.     

 

M. Khieu Samphan n’a jamais exprimé un mot de regret ce qu’il avait fait. Plus de 2 millions de mort pour lui est tout simplement un chiffre d’inventaire. Il s’enfuit aujourd’hui le monde du Bouddhisme pour s’abriter dans celui du christianisme. Mais, il oublie comme tous les singes que dans les deux religions, il existe un enfer pour punir un être humain de son espèce. Nous sommes certains aujourd’hui que l’âme de M. Khieu Samphan ne pénètre jamais dans du regret de ses actes.

 

Oui, au nom de victimes de la barbarie du régime sanguinaire des Khmers Rouges dont M. Khieu Samphan était le Chef de l’Etat, j’accuse M. Khieu Samphan d’être responsable du génocide du peuple khmer. Nous attendons impatiemment le verdict du tribunal depuis trois décades déjà. Nous espérons qu’il soit juste et humain. 

 

Livre de M. Khieu Samphan : Edition L'Harmattan    

La suite dans numéro 2 : Préface du Maître Jacques Vergès, avocat de M. Khieu Samphan.           

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