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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 09:30

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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 19:49

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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 06:43

La poésie des idées pour l’année 2015

Le 27 décembre prochain, après avoir fêté le Noël à Paris, Sam Rainsy et Kem Sokha participeront à une réunion d’information sur la situation politique au Cambodge en tant qu’animateurs. Bien sûr, ils sont en France, pays de liberté. Cette liberté provient de la proclamation de l’Assemblée constituante de 1789 : « la liberté de communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ». Ainsi, on ne fait qu’encourager ces deux poètes d’en exercer davantage non pas seulement en France mais au Cambodge, parce que leurs compatriotes auraient besoin de savoir la vérité sur ce qui s’est passé dans le pays.

Hélas, ces deux poètes toujours plus à l’aise dans la poésie des idées que la prose du quotidien, n’ont pas hésité d’utiliser toujours le mensonge pour servir leur ambition. Ils ne sont jamais à court d’idées : Sauvegarder la nation, préserver la paix, défendre la monarchie etc. Ces deux derniers arguments sont déjà une idée suspecte, car la paix existe déjà et le Cambodge est une monarchie à ce jour. Et, ces deux sujets ne sont pas menacés par qui que ce soit. Cette pensée spéculative est appelée en morale une subtilité complaisante, en philosophie une rationalité de pensée et en politique un mensonge.

Chaque mensonge sera une nouvelle étape. Et à chaque prose quotidien dans les faits correspondra un mensonge proportionné dans les idées, et réciproquement. L’horizon ne pourra donc s’élargir à la démocratie sans s’étendre à la dictature. Le 27 décembre 2014 sera une nouvelle étape dans la logique de la décadence du Cambodge : Un Sihanouk découvrant le procédé d’ensemencement de la dictature, sera suivi d’un Pol Pot découvrant une utopie meurtrière. Il sera suivi d’un Hun Sen découvrant un Cambodge colonisé par le Vietnam communiste. Après Hun Sen sera suivi d’un couple de poète Rainsy/Sokha découvrant une méthode d’étouffement rapide du peuple khmer par des immigrants vietnamiens.

L’année 2015, le triumvirat, Hun Sen, Sam Rainsy et Kem Sokha trouveront ensemble une arme nouvelle pour assassiner le peuple khmer : Ces deux menteurs pensants prêtent main-forte au dictateur armé ; les poètes corroborent l’homme fort du Cambodge. Ils sont donc l’appendice du dictateur. Leur œuvre collectif concorde et coïncide à Sihanouk et Pol Pot. Et l’on savait que cette concordance dépendait d’eux, tous les trois y œuvraient ensemble depuis longtemps déjà, le dictateur, indigné dans son forfait, les deux autres, les associés, humiliés dans leur mensonge ; mais cela est. Quelqu’un qui est très-puissant l’arrange ainsi. Et qui est ce très-puissant ?

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 05:59

Le Vietnam, après l’unification

 

Le Vietnam est en train de devenir pour le Cambodge un problème. Les Cambodgiens, vécus sous le régime sanguinaire des Khmers rouges, étaient habitués à voir en lui une solution. Libérateur de la geôle du Kampuchéa démocratique, il apparait de plus en plus, après les accords de paix de Paris du 23 octobre 1991, comme un facteur de conflit interne entre les Khmers. Il exige aujourd’hui de la population cambodgienne qu’elle reconnaissance qu’il est un « bienfaiteur » du Kampuchéa. Il provoque donc le peuple khmer en envoyant les millions des colons vietnamiens à venir s’établir dans son pays avec un mot d’ordre : le Cambodge appartient désormais au Vietnam. Hanoi applique ainsi un modèle stratégique classique de jadis mais adapté à sa puissance actuelle et au nouveau contexte international, la « stratégie d’apartheid ». Une politique de « développement séparé » entre les colons vietnamiens et les locaux khmers. Les premiers participent et profitent directement au développement économique dans les zones[1]  où ils s’installent en grand nombre. Quant aux locaux khmers, ils constituent une main d’œuvre de bon marché pour les usines chinoises, coréennes, vietnamiennes etc. En espace de deux décennies seulement, le niveau de vie des colons vietnamiens sont plus élevés que celui des locaux khmers. En effet, la chambre de commerce khmère d’aujourd’hui est dirigée par les Khmers d’origine vietnamienne et chinoise et à l’instar de leurs parents aisés, les enfants poursuivent leurs études dans les universités ou à l’étranger pour devenir les élites du pays. Quant aux enfants des locaux khmers, ils travailleront dans les usines comme leurs parents pour advenir, à l’âge de trente ans, les femmes et des hommes usés et inaptes pour poursuivre leurs activités.

Au-delà de leur fidélité à la politique du feu roi Sihanouk et de l’admiration qu’ils portent à leur propre intelligence, Sam Rainsy et Kem Sohka, soi-disant leaders de l’Opposition, manquent d’une vision d’ensemble. Leur dernière solution, l’accord avec Hun Sen, n’est qu’un problème de plus pour le pays, parce qu’elle n’est qu’une pastiche de la politique, menée par le prince Ranariddh quand celui-ci était chef du parti de l’opposition, appelé le Funcinpec. Cette vision incomplète ne contenait pas le facteur du Vietnam dans le problème khmer. Elle combine seulement considération du facteur personnel. Elle a un sens et son point d’aboutissement est la fin de démocratie et une reconnaissance officielle de la présence des millions des vietnamiens au Cambodge, succédant à cette étape importante qu’était la marche du peuple vietnamien vers l’Ouest. Celle-ci montre bien que la capacité intellectuelle de Rainsy et Sokha est moins sensible au mouvement de l’histoire. Ils concentrent donc leurs facultés d’analyse sur la présence symbolique de leur parti dans l’Assemblée du parti au pouvoir pour aboutir à un désir de paix qui habite généralement la majorité des hommes ordinaires.

Bien sûr, la démocratie libérale moderne penche vers la paix en toutes circonstances. Nous ne pouvons donc pas reprocher à ce désir de paix, mais dans cette paix, nous sommes confrontés à un cas d’empirisme, positif en théorie mais négatif en pratique. Que la paix dans un système non démocratique soit possible entre deux partis semblablement organisés trouveraient inévitablement une solution commune à leur différend. Mais par l’examen de l’histoire concrète qui prouve que, si le plus faible obtient la paix avec le plus fort, il n’échappe pas à la dictature, parce que la clique qui la dirige a une possibilité d’action d’ouvrir des hostilités contre la paix pour maintenir son pouvoir.

Mais si la démocratie triomphe au Cambodge, elle menacera directement l’ambition du Vietnam et le communisme en Indochine. Cette peur est une angoisse fondamentale de Hanoi et l’une des clefs qui permettent de comprendre la politique d’agressivité du Vietnam contrele peuple khmer. Il fait donc tout pour être une force indispensable pour maintenir le parti du peuple cambodgien (PPC) au pouvoir. Sa méthode est toujours la même. L’envoi un grand nombre possible des Vietnamiens pour coloniser le Cambodge et le Laos : une véritable posture historique, la politique de colonie de peuplement depuis le 16è siècle. Elle fut l’un des mythes fondateurs de la nation vietnamienne. Ces mythes n’étaient en réalité qu’économique et politique. Economique, parce que la terre du Vietnam actuel ne peut pas se nourrir la croissance démographique de sa population et la terre khmère est donc devenues indispensables pour faire face à ce problème. Politique, parce que la dictature du Parti communiste du Vietnam, a besoin les partis valets khmer et laotien pour empêcher une éventuelle naissance des mouvements anti-communistes et de démocratie libérale en Indochine.

Pour réussir, il faut créer une nouvelle classe de population instruite ou les nouvelles élites politiques et économiques, composées des Khmers d’origine vietnamienne et maintenir les autochtones khmers dans l’obscurantisme. Le simple bon sens suggère qu’un peuple de niveau d’éducation faible et de niveau de vie insatisfaisant aurait du mal à produire le personnel politique capable de déclarer la guerre à l’ambition de Hanoi qui fait son chemin sans avoir rencontré des écueils notoires. Cette politique a la bénédiction de la Chine pour la survie du communisme dans le monde et le soutien implicite des occidentaux, y compris les Etats-Unis d’Amérique dont leurs priorités ne sont plus la promotion de la démocratie, mais la lutte contre le terrorisme pour la sécurité de leurs populations. C’est avec cette nouvelle donne que s’installe l’hégémonie du Vietnam en Indochine. Toutes dimensions de sa puissance, avec les principes économiques dans la sphère politiquement et militairement dirigée par le Parti communiste a fini par transformer le Cambodge en une région du Vietnam – ce que l’on appelle la perte de l’indépendance nationale.

De là vient l’erreur majeure de Sam Rainsy et Kem Sokha : déduire une fin de l’hégémonie vietnamienne de la présence de son parti dans l’Assemblée, soi-disant nationale. Une telle vision présuppose que la paix politique est stable et que l’accord avec Hun Sen s’arrête une fois qu’il est réalisé. Mais cet accord n’est qu’une solution pour le PPC de rester au pouvoir dans la sphère politique et militaire du Vietnam. C’est un surprenant retour au règne de Preah Ang Mei Ksat Trey (1835-1847), dans lequel Treung Minh Yan, généralissime vietnamien, gouvernait le Cambodge à la place du gouvernement khmer. Curieuses « démocratie », défendue par Rainsy/Sokha, que le système de dictature au sein duquel s’affronte démocrate et communiste, où subsiste le suffrage universel, mais dans lequel ces deux clans sont d’accord pour interdire toute forme politique anti-impérialisme vietnamienne et le progrès de la démocratie au Cambodge. Cette nouvelle forme de démocratie est donc confrontée à une double inversion : inversion du rapport d’indépendance politique entre le Cambodge et le Vietnam ; inversion de la dynamique démocratique, désormais positive au Vietnam et négative au Cambodge.

Arrivée à ce résultat, nous pouvons comprendre l’étrangeté des actions du parti Sangkros Cheat (PSN). Son objectif n’est plus de défendre un ordre démocratique et libéral qui se vide lentement de sa substance. Le but est désormais la paix pour soi pour profiter des avantages offerts par la dictature. Cependant la puissance économique, militaire et idéologique grandissant du Vietnam lui permet de maîtriser effectivement la politique de la colonie de peuplement en Indochine : le Vietnam, après l’unification est donc l’émergence d’un nouvel empire, dans lequel le Communisme, le nationalisme et l’impérialisme sont ses fondements.

 

[1] Grandes villes, bassin de grand-lac de Tonlé-Sap et les provinces de l’est du Mékong.

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9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 18:11
Les 55 représentants du FUNCINPEC Bis ou FUNCINPEC Royaliste devant l'Assemblée de HUN SEN

Les 55 représentants du FUNCINPEC Bis ou FUNCINPEC Royaliste devant l'Assemblée de HUN SEN

RECONCILIATION NATIONALE ET CONFUSION POLITIQUE

 

Par Sam Rainsy

Publié dans la revue VIMEAN EKREACH

Dans la rubrique « Mise en garde »

N° 2 – Mai 1992

Directeur de Publication : Sam Rainsy

Rédacteur en Chef : Pen Vano

 

Depuis la signature des Accords de Paris le 23 octobre 1991, on parle beaucoup de « réconciliation nationale » au Cambodge, sans que l’on sache si cette expression signifie bien la même chose pour tout le monde. La réconciliation nationale signifie avant tout la paix civile. Les armes doivent se taire et les violences s’arrêter, pour laisser la place à la discussion et à la confrontation pacifiques des idées.

 

Pour l’instant, face aux communistes pro-vietnamiens qui détiennent le pouvoir à Phnom-Penh, la réconciliation nationale doit être entendue seulement dans ce sens. Se laisser entraîner plus loin, dans la voie d’une « réconciliation nationale » purement verbale et par certains côtés trompeuse, conduirait les patriotes et les démocrates khmers dans un piège politique très dangereux. Ils risqueraient de se retrouver dans une situation caractérisée par la confusion la plus totale. La confusion est précisément ce que recherche le régime de CHEA SIM – HUN SEN pour dissimuler son caractère anti-national et anti-démocratique, pour masquer le sens du combat des patriotes et des démocrates khmers, pour embrouiller le choix des électeurs et, en fin de compte, pour se cramponner au pouvoir.

 

Le régime CHEA SIM – HUN SENS a fait le maximum pour créer, entretenir et amplifier cette confusion : en invitant Samdech Préah Norodom Sihanouk à Phnom-Penh, en essayant d’associer insidieusement notre Samdech Euv vénéré à ses basses manœuvres, en achetant certains membres de la famille royale, en cherchant à nouer une « alliance » avec le FUNCINPEC, en se préparant à créer des partis politiques « bidons » à sa solde, du genre « FUNCINPEC bis » ou « FUNCINPEC royaliste », en tentant de diviser ses opposants (à défaut de les éliminer physiquement), en se prétendant maintenant « sihanoukiste » et « monarchiste » après avoir traîné Sihanouk et la monarchie dans la boue. Il n’y a rien de pire que ces communistes qui se renient par opportunisme et qui retournent leur veste au gré du vent. Au moins, Ceaucescu a étédigne jusqu’à la mort, et Jaruzelski a eu la décence de partir…

 

Par conséquent, le seul terme de « réconciliation nationale » ne doit pas créer en nous, émotivement, une sorte d’euphorie qui trouble notre jugement et nous détourne de la réalité. La lutte pour le pouvoir, qui existe dans toute société, prend seulement une nouvelle forme au Cambodge : elle passe du terrain militaire au terrain politique. Mais l’enjeu de la bataille reste capital, car il s’agit du sort de notre pays et du type de société dans lequel nous voulons vivre.

 

Dans les circonstances actuelles, « réconciliation nationale » ne signifie pas que nous devions nous retrouver bras dessus, bras dessous avec nos adversaires politiques, partager avec eux les fruits empoisonnés de la de la corruption et de la trahison dans une kermesse indécente, faire assaut de politesse et de compliment, cesser de défendre les intérêts supérieurs de notre pays, renier nos idéaux, nous abstenir de critiquer et de dénoncer ce qui est mauvais ou dangereux pour le Cambodge.

 

Il nous faut dissiper la confusion et maintenir une ligne de séparation claire entre ceux qui privilégient l’intérêt national et ceux qui privilégient leurs intérêts personnels, entre ceux qui ont versé leur sang dans la Résistance et ceux qui sont venus au pouvoir dans les fourgons de l’armée vietnamiennes, entre les démocrates authentiques et les héritiers du communisme.

 

C’est en exposant clairement leurs idées qui correspondent aux aspirations profondes de l’immense majorité de la population, que les patriotes et les démocrates khmers provoqueront, lors des prochaines élections, le sursaut national dont nous avons besoin pour mettre un terme au régime félon et archi-corrompu de CHEA SIM – HUN SEN avec lequel aucun compromis n’est possible. Tout méli-mélo idéologique ou tactique est indigne de notre peuple et dangereux pour notre pays. Il vaut mieux perdre dans la clarté que gagner dans la confusion.

 

En résumé, réconciliation nationale signifie paix civile, respect de la personne humaine, recours à des méthodes civilisées dans le combat politique. Elle ne signifie pas mondanités hypocrites, silence lâche et complice devant les vrais problèmes de notre pays, abandon de nos principes et de nos valeurs, absolution des traîtres et des tyrans.

 

S.R.         

 

Note de Sangha OP : Nous laissons nos compatriotes de juger eux-mêmes sur la valeur politique de cet homme, nommé Sam Rainsy, qui sème toujours la confusion. Il n’est pas un homme politique de la mise en garde, il est son contraire, son génie du mal.     

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 09:57

La résistance

 

Les partisans du Parti du Salut de la nation (PSN) interpellent sans ambages les opposants de la politique de leur parti concernant son option de dialogue permanent avec le PPC, le Parti au pouvoir : pouvez-vous faire la politique autrement dans la situation politique au Cambodge d’aujourd’hui ? La négociation est le seul moyen pour contrôler le gouvernement par la voie de non-violence. Et le dialogue avec l’adversaire politique serait l’essence même de la démocratie. Le PSN est donc sur la bonne voie qui s'ouvre la perspective de la victoire dans la paix perpétuelle (Sic).    

Avec cet « idéalisme bêlant » ces partisans intrépides ont inventé un nouveau concept de la politique : « l’inconstitutionnel constitutionnalité » du régime actuel. Et l’on sait que les deux partis, PSN et PPC, mettent en exergue le mot « paix perpétuelle » pour faire leur vouloir commun. La négociation, pour eux, serait donc une approche légitime des problèmes politiques d’aujourd’hui. Et pourtant tout le monde le sait que la paix dans le Cambodge d’aujourd’hui est dépourvue du bonheur pour le peuple khmer. Et le partage de pouvoir comme dirait l’autre n’est pas la démocratie, parce que le fondamental de celle-ci, c’est l’équilibre des pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire). Bien sûr, personne ne demanderait à Sam Rainsy et Kem Sokha, leaders du PSN, de lever une armée pour faire une guerre utopiste contre le PPC. Mais quand ils ont manifesté leur volonté forte de faire la paix avec ce dernier contre la volonté populaire, c’est ce que l’on déteste en politique. Par la volonté populaire d’aujourd’hui, il existe une dualité fondamentale qui oppose la justice à la dictature, l’espace de la loi à celui de la terreur, les Démocrates aux Communistes. Cette volonté se faisait entendre partout dans le pays avec un seul slogan pathétique : le changement c’est maintenant. Mais avec une ignominie de ces deux leaders, elle transportait l’enthousiasme de gloire du peuple à la morgue.         

Les expériences nous montrent que le « désir de paix » comme une seule ambition de pouvoir, à savoir la restauration de la monarchie et le partage de pouvoir en 1993, se découvre fragile et promis à la catastrophe s’il ne sait pas déjouer les pièges de la paix : ambition personnelle, corruption et dictature. Ainsi donc, cette « ambition monstre » n’a plus qu’à poursuivre sa route de défaite de la justice contre la dictature. Toute pratique mue par le désir de pouvoir (par la cupidité, l’ambition ou l’amour des richesses), toute pratique cherchant soit à conserver ou à acquérir plus de pouvoir est contraire au droit. Tout pouvoir, en effet, tend à l’absolu, toute puissance tend au maximum (en intensité et en extension, en unité et en totalité) de puissance, à la puissance souveraine et absolue. La puissance du pouvoir de la démocratie est la volonté du peuple souverain, régi par la loi du peuple, par le peuple et pour le peuple. La puissance du pouvoir totalitaire est la volonté d’un seul homme ou d’un groupe de personnes, régi par la volonté privée soit à conserver le pouvoir ou à acquérir plus de pouvoir. Ces deux pouvoirs ne peuvent coexister, ils s’excluent mutuellement et il n’y a pas de tiers pour juger d’un conflit entre deux volontés suprêmes. Le partage de pouvoir recherché par le PSN et PPC est donc contre nature et contraire au droit. Ce partage de pouvoir serait une association, de faire loi contre la loi, le droit d’être souverain au-dessus de la souveraineté du peuple.      

Le vouloir commun de paix perpétuelle du PSN et PPC, est une paix sans la justice. Et cette paix n’est qu’un jardin bien clos où le peuple khmer vit indéfiniment dans la misère et les hommes au pouvoir respirent le plaisir, sans labeur ni pudeur. Cette paix, recherchée par ces deux partis, qui courbe et abatte l’espoir d’un peuple tout entier de vivre en Homme à sa première simplicité : la liberté. Parce que la liberté en effet n’est pas un combat ou une conquête, c’est une position à tenir et à retenir. L’emportement contre l’injustice qui menace la liberté n’est donc pas un soulèvement ni une insurrection. Il n’est pas non plus le pouvoir de se porter contre ou à l’encontre de l’Etat, de se rassembler et diriger ses forces contre l’ennemi.

L’emportement est un bougé sur place, un soulèvement qui se retient et se maintient indéfectiblement à sa place. C’est une intensité de forces qui cependant ne fait pas intention, qui ne vise pas à conquérir un pouvoir, qui jamais n’accomplit sa fin et ne touche son but. Dépourvu de finalité, un emportement n’est pas militaire ou militant. Il n’est pas armé, disposé et équipé pour l’exercice d’un pouvoir ; inorganisé, il ne peut faire masse ou armée. Mais il ne désarme pas non plus, il ne se démobilise pas, il ne dispose pas les armes, il proteste, il tempête, il réclame. Son obstination, sa ténacité, son courage à ne pas quitter sa place et, en même temps, à réitérer perpétuellement ses cris de colère et d’indignation lui donnent une force de résistance irrésistible, une puissance indéfectible. L’emportement est donc une vertu de résistance, et la résistance contre la dictature est une révolution non-violence, laquelle transformerait l’emportement en une force populaire et l’orienterait vers un but : la promotion du souverain bien comme bien commun du peuple.

Dans le cas du Cambodge d’aujourd’hui, la résistance ou la révolution non-violence ne doit pas inciter les citoyens aux armes, mais au droit, et à désobéissance civique. Elle ne doit chercher à abolir la loi présente, mais à revendiquer qu’elle soit appliquée intégralement. Résister, c’est refuser obstinément de consentir, c’est retirer son accord. Mais ce n’est pas dire « non » ou réserver son assentiment à d’autre principe de démocratie, à d’autres raisons non voulues par le peuple ou pour d’autres occasions offertes par le Parti au pouvoir. La résistance n’est pas une émeute, un assassinat, c’est une motion, un bougé, un tremblé, un tremblement. Elle ne vise pas à l’emporter sur un pouvoir plus fort (elle serait elle-même alors condamnée à occuper un jour le pouvoir) mais à placer la souveraineté du peuple au-dessus de tous les pouvoirs. La résistance est le « désir d’une paix armée », c’est-à-dire il n’y aura jamais un pouvoir suprême qui viendrait dominer la souveraineté du peuple. Certes la paix s’oppose à la violence, mais non pas à la dispute et au conflit pour lesquels il faut s’armer pour désarmer la violence. La paix armée n’est pas la condition de la démocratie, de la liberté et du développement, mais qui ne fait qu’un avec eux pour sa préservation. Il y a donc une différence fondamentale entre la paix perpétuelle, c’est-à-dire une paix arrangée dans un but de partager le pouvoir et la paix armée, émanation de la volonté du peuple. La résistance ou la révolution non-violence est donc une nécessité pour défendre la paix armée, c’est-à-dire l’équilibre de pouvoir, régi par la force de loi, née de la volonté du peuple souverain. 

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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 05:40
Le Parti du Salut National est-il mort ?

Le Parti du Salut National est-il mort ?

On le savait dès le début de sa formation, le Parti du Salut National (PSN) ne représentait que des chefs, montant et tombant avec eux, mais ne reflétait guère d’un parti d’opinions populaires. C’est un parti de décoration chargé au moment des élections ou de crises politiques, de porter au pouvoir ses chefs. Ce rôle terminé il disparaît.

Aujourd’hui Sam Rainsy et Kem Sokha et des autres dirigeants du parti, en acceptant la victoire de Hun Sen, retrouvent leur place d’honneur dans le régime totalitaire. Ils ont jeté des jeunes contre les balles des forces de répression de Hun Sen pour servir comme tapis taché du sang pour grimper les marches de l’escalier du pouvoir. Les morts prématurées de ces éveilleurs étaient oubliées par eux dans leurs négociations avec le PPC pour emporter cette place d’honneur : sous-valet du Vietnam.

Cette place d’honneur pour les dirigeants du PSN est en réalité une place d’horreur pour la population khmère qui auraient cru qu’un « changement du pouvoir » soit possible avec ses leaders parce qu’ils ont répété à satiété que la volonté du peuple ait une force d’un Tsunami, laquelle peut balayer la citadelle de Hun Sen en un tournemain. Mais le lendemain des élections, l’ardeur de leur slogan « changer ? Ou ne pas changer ? » diminuait au fur et à mesure en fonction du rythme de rencontres des comités de travail de ces deux partis. Aujourd’hui, il n’y a rien à signaler à la place de démocratie parce qu’il n’y a plus de liberté de citoyens, mais Sam Rainsy et Kem Sokha s’en moquent parce que cette liberté, une vérité simple pour la démocratie, représenterait désormais une menace pour eux dans leur politique de rapprochement avec Hun Sen.

Le 15 janvier 2014, le journal français « la libération » a fait un portrait de Sam Rainsy en le qualifiant « Khmer du peuple », mais cette panégyrique reflète-elle une réalité ? Avec plus d’un million de citadins dans les rues de Phnom-Penh, le doute sur ce renom serait une stupidité avérée. Mais l’efficacité des actions de ce dernier reste à démontrer, parce qu’en politique, c’est le résultat qui compte pour se hisser à la hauteur de cette stature :

  • Messieurs des détracteurs intrépides, soyez juste, la victoire du PSN aux élections législatives en 2013, n’est-elle pas une preuve suffisante pour lui ? dit un partisan de Sam Rainsy,
  • Où est-elle ? réplique un contradicteur : cette victoire émanée du peuple était transformée par Sam Rainsy et Kem Sokha en une force de collaboration avec le parti au pouvoir, le vaincu de ces élections. Cette association de malfaiteurs est un acte du suicide pour PSN comme celui du Funcinpec dirigé par N. Ranariddh.

Cette politique ne pratique sans doute pas l’agression physique aux manifestants, mais un mensonge qui se transforme en trahison, laquelle constitue une aide précieuse pour maintenir le PPC au pouvoir. Avec des idées puériles des dirigeants du PSN de « vouloir changer la forme de la démocratie, au lieu d’apprendre à s’en servir comme il faut », le sort de leur parti serait identique à celui du Funcinpec. Mais, il ne faut pas étonner de cette chute parce que Sam Rainsy et Kem Sokha étaient ex-collaborateurs de N. Ranariddh et adeptes du feu Sihanouk. Il est donc impossible pour eux de concevoir une politique du salut national. Aujourd’hui le PSN est déjà mort parce que les 55 députés élus, voulu par Hun Sen, sont prêts, sans tenir compte de la politique du statuquo de ce dernier, à occuper leur siège à l’Assemblée du PPC. Avec ce renfort, le PPC, qui est chaque jour plus fort, une stratégie nouvelle se structure rapidement, celle de la colonisation de peuplement du Cambodge par le Vietnam. Ainsi apparait aujourd’hui, en filigrane, une politique de tyrannie judiciaire, qui a pour but de museler la voix des démocrates. Et l’on se demande, quel sera le rôle des 55 députés du PSN et leur Président dans les dispositifs de cette colonisation ?

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 04:11
L’avenir du Cambodge : horizon brouillé

L’avenir du Cambodge : horizon brouillé

Le quotidien du parti de l’opposition (PSN) au Cambodge offre un horizon brouillé pour l’avenir du pays.

Horizon brouillé parce qu’il est servi comme un alibi par le parti au pouvoir (CPP) : une vitrine de la démocratie, et quelle démocratie ! C’est un parti d’élections, même il était gagnant, il fallait qu’il tournerait le dos aux électeurs pour accepter le diktat du CPP.

Horizon brouillé parce que Sam Rainsy et Kem Sokha, dans leur passé, avaient les relations de complaisance avec les hommes au pouvoir : ils en gardaient donc les mains sales. Ils poursuivent aujourd’hui leurs œuvres de bassesse dans les négociations futiles avec le parti au pouvoir pour un seul but : obtenir les avantages en nature de Hun Sen dans leurs manœuvres de simulacre de démocratie avec ce dernier, à savoir : Participer aux élections non-démocratiques, organiser les manifestations non-violence pour contenir la colère du peuple contre le pouvoir en place.

Horizon brouillé parce que leur statuquo rend caduc le « désir du changement du peuple khmer ». Ce désir devient « un désir immense et creux », mais Sam Rainsy et Kem Sokha n’en doutent pas de ses effets mortels pour le pays. Ils continuent de manipuler les indignés pour leurs propres intérêts au lieu de protéger les faibles comme le font les démocraties. Avec le parti au pouvoir, ils inventent ensemble une nouvelle politique de l’opposition : « tendant une joue si on frappe l’autre », appelée la « non-violence ». Mais ce qui est impérieux dans cette innovation destructrice, ce ne sont pas leurs propres joues, mais celles du peuple khmer.

Horizon brouillé parce que Sam Rainsy et Kem Sokha ne représentent plus une force du changement. Dans l’histoire du Cambodge et du communisme, la logique de Gandhi et Mandela de la libération du pays et du peuple par la manifestation non-violence a trouvé sa limite. Et surtout, les deux leaders du PSN n'ont pas la stature de ces deux derniers. C’est la révolution qui mobilise la force du peuple. Bien sûr on ne la fera pas pour exterminer les hommes du pouvoir, mais pour mettre fin à leurs forfaits afin de promouvoir la démocratie. Cette révolution permettrait au peuple khmer de retrouver de la puissance pour agir pour le salut du pays. Le Cambodge d’aujourd’hui a besoin des révolutionnaires pour triompher la dictature : Par-delà le devoir d’indignation n’est plus suffisant, il faut donc désormais passer à un devoir d’action. Comme décrit F. Fanon avec une formule à l’emporte-pièce : « la lutte n’est plus où l’on est mais où l’on va ». Sam Rainsy et Kem Sokha faisaient l’opposition sans savoir où ils vont. Ils proposaient donc la voie de non-violence pour être sûr d’être partenaire de Hun Sen, au lieu de combattre plus vite et plus fortement contre ce dernier dans la direction souhaitée par le peuple. Par cette décision, ils se trompaient sur le danger du pays, et leur politique se trompait sur le peuple khmer.

La révolution n’est toujours pas la violence parce que les forces populaires ont eu essentiellement recours à deux techniques de prise de pouvoir : la grève générale et la guerre populaire. L’une et l’autre ont été expérimentées dans le monde, mais avec un succès inégal. Pour le Cambodge d’aujourd’hui, la grève générale serait une solution possible. A nous, les Khmers épris de la liberté, iraient chercher notre inspiration au sein même de la population : l’intellectuel effectuerait une « plongée dans le peuple », les hommes politiques, eux, s’efforceraient de le mobiliser pour bâtir une force révolutionnaire, et on savait que la force révolutionnaire n’est ni dans le défilé de motos, ni dans le nombre de bulletins dans les urnes, ni dans la monarchie. La révolution par la grève générale doit se développer en quatre temps : mobilisation de la population, politisation des masses, rupture totales des relations avec le pouvoir dictatorial, enfin, lancement des grèves générales dans les villes. Mais cette lutte populaire doit avoir issue la libération du peuple. En effet, le Parti du Salut national aurai eu la possibilité d’y réaliser parce qu’il y eu autant du monde dans la place de démocratie, mais ce qui lui manquait, c’était la volonté de ses dirigeants : ils croyaient qu’ils puissent réformer le pays avec les hommes au pouvoir. Ceci était une erreur et une faute. Ce serait ubuesque.

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 10:02
Le 17 avril 1975 : La justice

Le 17 avril 1975 : la justice

Trente-neuf années passées, la date du 17 avril est toujours présente dans la mémoire des victimes du génocide, lequel a été commis par un régime « khmer rouge » dont la bestialité est dépassée à l’imagination humaine. En évoquant de cette cruauté, j’ai senti se réveiller en moi les plus mauvais souvenirs de ma patrie. C’est dans ce beau pays que vinrent s’imposer un pouvoir, Pol Pot, Khieu Sâmphan, Noun Chea, Ieng Sary, Ta Mok et les autres habillés en noir qui feront à jamais la honte au peuple khmer. Il faut s’indigner profondément devant ces hommes dénaturés de l’espèce humaine, mais à quel degré d’exaspération qu’on soit soulagé de cette humiliation en tant qu'être humain : soif de vengeance ? Soif de haine infinie ? Il faudrait être insensible à tout ce qu’il y a de barbare, pour n’être pas touché d’entrer dans leurs actes d’atrocité. Il est vrai, on en condamne, mais on en perpétue du moins la durée, en attendant que la justice vienne rendre la satisfaction aux victimes : poursuivre en justice les anciens khmers rouges en liberté qui sont susceptibles de commettre de crimes contre l’humanité. Cette action contribue ainsi, sa part, à la vraie réconciliation de cette belle unité du peuple khmer, caractère essentiel et la paix de la nation khmère.

Cette justice sans haine, sans passion, avec un vif amour pour la paix de mon pays, serait une seule voie triomphante dans ce qu’elle aura de bon, de juste, d’honorable pour les victimes. Eloigner de ce chemin, ou la dictature était venue s’affadir, ils ne pourraient jamais faire leur deuil et leur mémoire serait toujours vindicative. La justice est toujours des leçons et des morales pour la société, sans elle, il ne pourrait pas y avoir la paix, et la justice y parle dans mon pays non pas le langage de compromis entre les assassins et les dictateurs, mais celui du droit que la créature intelligente et libre tient de la loi naturelle, plus saine que la loi sociale, plus forte que la loi divine. On le savait, dans l’histoire de l’humanité, les idées du droit ont accompli leur destinée ; elles sont consignées dans les institutions étatiques, et leur couronnement c’est la déclaration des droits de l’homme. Il n’est pas donc sans intérêt que les procès des responsables des Khmers rouges ont lieu aujourd’hui dans mon pays parce qu’ils ont pour mission d’établir la vérité. Placer la justice au premier rang de l’obligation morale dans un Cambodge déchiré par le génocide dont le nombre de victimes est estimé à plus de deux millions de morts me semble une exigence raisonnable par rapport à la hauteur de l’évènement du 17 avril 1975, parce que le pays a besoin d’elle.

Il y a des moments de lassitude et d’épuisement où l’esprit humain semble, comme les vieillards, n’animer plus qu’à se souvenir. La nation khmère d’aujourd’hui est dans ce cas, elle ne parle que de son passé glorieux, de son présent affligé, et de son futur incertain. Ce constat, sans doute, a un peu vieilli ; car le progrès de la technique d’information de masse (internet) donne une possibilité sans limite aux Khmers d’animer les débats sur les idées d’intérêts nationaux. Ces débats intensifs à l’échelle planétaire, c’est peut-être le début du grand mouvement intellectuel khmer : quelles idées font vivre la nation khmère, quelles idées vont la transformer et vont la conduire pas à pas jusqu’aux agitations de l’âge moderne, jusqu’aux grandeurs de la vie publique. Et l’on savait que la grandeur de la vie publique n’est que la justice parce qu’elle porte la force de la vérité. Juger donc tous les responsables des Khmers rouges par la loi, c’est démontré au peuple khmer et au monde que ces prétendus révolutionnaires, comme Khieu Sâmphan et sa bande d’assassins, ou ces prétendus libérateurs et défenseurs de la paix, comme Hun Sen, Chea Sim et Heng Samrin, n’étaient pas du tout et qu’ils n’étaient que des assassins et serviteurs volontaires du parti communiste vietnamien et celui de la Chine.

Quel drame et quels souvenirs !

Leurs complicités qui sont rués dans la servitude volontaire n’ont pas été et ne sont toujours pas abstraite et théorique. Le seul fait d’accepter un poste subalterne dans le syndicat du crime, appelé l’Angkar-Leu, et/ou d’accepter de relayer une propagande destinée à cacher la vérité relevait et relève toujours de la complicité active. Les faits sont têtus et montrent que ces responsables Khmers rouges cités, ont commis des crimes concernant environ 1/3 de la population khmère. Ce chiffre doit au moins inciter à une réflexion comparative sur la similitude entre le régime nazisme qui fut considéré pendant la seconde guerre mondiale comme le régime le plus criminel du siècle. Avec ce chiffre, on a pu écrire, comme disait l’autre, que « l’histoire est la science du malheur des hommes ». Les historiens du monde consultent tous son histoire pour apporter la connaissance aux hommes. Mais leur œuvre véritable, elle n’est pas là ! Leur travail, c’est bâtir la mémoire des hommes pour l’humanité. On l’appelle souvent le « devoir de mémoire ». Ce devoir de mémoire, sans doute, a besoin la justice pour établir la vérité. Ce dont le peuple khmer a besoin, non pas pour venger les criminels, mais pour aimer sa patrie, parce que le fond, ce qui domine tout le peuple, c’est le patriote ! Et quel patriote !

Le patriotisme est l’idéal divin et humain tout ensemble, disait Eugène Tinot(1) : Le peuple aimait son pays comme le croyant son Dieu ; il l’aimait pour sa grandeur et gloire histoire, pour ses récentes blessures, pour la menace incessamment tendue vers ses flancs ouverts (sic). Mais l’aimer ne suffit pas, et que c’est trop peu de former une force à un pays, il faut passer à l’acte pour prouver l’amour.

Même trente-neuf années passées après le génocide, nous avons nos morts pour témoigner les crimes. Oui nos morts ont parlé, et leurs ossements blanchis attestent qu’il y a pour le Cambodge un honneur qui n’est pas l’honneur de tout le monde. Devant le mémorial du genocid à Choeung-Ek, que cette grande leçon doit être apprise. Ce qu’on apprend aujourd’hui, c’est la vertu suprême, celle qui consiste à établir la vérité parce qu’elle seule pourra rendre la justice aux victimes. La paix sans la justice, c’est comme l’amour sans la confiance. L'avenir du Cambodge passe donc par la prise en compte la justice au service de la démocratie.

1 Eugène Tinot : Homme politique français au XIXe siècle.

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 09:59
Qui sont-ils des Tévôdas ?

Qui sont-ils des Tévôdas ?

Aux yeux des bouddhistes ces bienheureux ne sont ni des dieux ni des anges ; ces bienheureux sont des habitants des paradis, c’est-à-dire des saints qui sont parvenus au monde céleste. Ils ne sont là pour commander les hommes, pour recevoir leur adoration, leurs hommages ; ils sont là pour adorer Préas Prohm, le Dieu suprême, pour chanter ses louanges et pour porter ses ordres. Ils sont là pour épuiser les mérites qu’ils ont acquis au cours de leur dernière existence parmi les hommes, en attendant de pénétrer au Nirvâna ou renaître sur terre pour recommencer une autre vie.

Cette locution ancienne ne correspond plus aux croyances modernes des Khmers. Ces Tévôdas étaient sans doute les serviteurs Préas Prohm quand ce dernier était le chef de la Trimurti(1)incontestée, mais ils ne sont plus cela aujourd’hui dans la conception du Bouddhisme que Brahmâ n’est plus un être anthropomorphe, maintenant qu’il n’est plus qu’une entité de justice immanente, la Loi suprême ; ils sont des bienheureux qui épuisent leurs mérites, des saints qui sont entrés aux paradis et qui jouissent d’une félicité d’autant plus grande et parfaite dans un séjour d’autant plus spiritualité que leurs mérites acquis sont plus grands, mais qu’ils devront quitter un jour pour reparaître sur terre.

Ainsi, les Tévôdas, habitants des paradis, adopté par les Bouddhistes non comme divinités, mais comme bienheureux qui, leurs mérites épuisés, leur temps de paradis écoulé, viennent renaître, comme Indra sur notre terre et s’y trouve un simple disciple du Bouddha. Et tous ces dieux d’origine brahmanique ; ils sont voués au changement, aux renaissances sur terre et à la mort. Ils ne sont plus dieux, ils sont bienheureux et bienheureux pour un temps. Le Bouddha à la fin des récits, fait le samadhâna, c’est-à-dire identifie ces dieux qu’il a nommés et qui ont joué les principaux rôles ; dans le Mâha Chéadak, dans le Mâha Chinok, il dit : «le Sâmdech préas Eyntréathiréach est devenu Anurutéa(2) ».

On s’interroge un religieux khmer à leur sujet : que sont-ils ? d’où viennent-ils ? que deviendront-ils ? Il répond :

« Les Tévôdas, les prohm et mâha prohm, sont, à tous les degrés, des saints qui n’ont pas pu atteindre le Nirvâna, mais qui s’en sont plus ou rapprochés. Ils sont bienheureux des vingt-six paradis parce qu’ils ont mérité sur notre terre d’être bienheureux ; dans le ciel, les plus grands sont ceux qui ont été les plus saints sur terre et qui habitent les plus élevés des paradis, ce sont les arûpas brahmas qui sont dépourvus de forme par conséquent des purs esprits ; les moins grands sont les Tévodas qui ont été des petits saints sur terre et qui habitent les paradis inférieurs ; les rûpa brahmas ou bienheureux, qui ont encore la forme sont bienheureux moyens, moins grands que les arûpas, plus grands que les Tévôdas, qui habitent les paradis intermédiaires et qui sont entre les meilleurs et les bons. Les bienheureux des rûpa et des arûpas brahma lokas parviennent aux paradis qu’ils habitent sans passer par l’enfer. Les Tévôdas parviennent à leurs paradis soit directement, soit après avoir passé par les enfers avant de renaître sur notre terre ; d’autre fois ils sont alternativement devas et damnés, cela dépend des mérites et des démérites qu’ils ont acquis dans le cours de leur dernière existence. Les Tévôdas renaissent exactement dans les paradis qu’ils ont mérité par leurs actions, par leurs méditations ; ils y vivent un temps plus ou moins long, selon le paradis qu’ils habitent et qu’ils ont mérité, des milliers et des milliers et encore des milliers d’années, dans un état de bonheur, de grand bonheur ou de félicité si près d’être parfaite qu’elle est presque le Nirvâna.

Quant aux Tévôdas qui habitent non les paradis, mais les forêts, les montagnes, les arbres près des cours d’eau, les ruines, etc., ils appartiennent aux quatre royaumes des mâha réach qui composent le paradis le moins élevé qui se trouve sur le sommet du mont Youkonthor. Ils sont là pour surveiller le monde, pour noter les fautes et les belles actions, les belles paroles et les bonnes pensées qui se produisent dans le monde des hommes. Ils ont la même origine que tous les autres bienheureux, et comme eux ils reviendront sur notre terre avec une forme humaines pour recommencer une vie humaine, acquérir des mérites nouveaux qui leur procureront un paradis meilleur, un séjour de félicité plus long en un paradis plus élevé et, à leur renaissance, une condition sociale supérieure.

Bibliographie(3)

1. Trimurti : Trinité hindoue, composée des trois divinités du panthéon brahmanique, Brahma, Shiva et Vishnou.

2. Annuruddha : un de ces principaux disciples du Bouddha.

3.Bibliographie :

Le Buddhisme au Cambodge par Adhémard Leclère, Résident de France au Cambodge, publication en 1899.

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