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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 07:14

 

L’aurore du 18 avril 1975 ouvrit la nouvelle époque pour les millions des Khmers qui à la veille ont dormi à la belle étoile loin de leur maison familiale, parce que l’Angkar Loeu de Pol Pot voulait ainsi. Ils furent réveillés au deuxième jour de la fête du nouvel an par la faim et le chagrin. Ils n’ont eu que les larmes, comme seul remède pour éradiquer leur abstinence, qui coulèrent discrètement de leurs yeux qui témoigneront illico l’accès de rage des limiers de Pol Pot. Au Kampuchéa, la saison de Chhêt (Chaude – Mars, Avril et Mai) est généralement pénible. La moyenne des maxima d’avril est de 34°8 à Phnom-Penh, de 35°6 à Battambang. Le maximum absolu est de 40°5 au Chaktoumouk. Cette chaleur donna l’effluve des miasmes des macchabées des soldats républicaines qui ont été tués par les Khmers rouges, parce que ces adolescents avaient cru comprendre que la guerre était finie. Les vieillards et les malades ont été délogés de leur pieu de repos par ordre de l’Angkar Loeu pour se consumer dans l’ignorance (sans le dharma de Bouddha). Les pleurs d’adieu de leurs proches appelèrent tous les Thévadas (divinité) célestes de venir faire les témoins de ces trépas injustes, appelés l’assassinat. Les femmes savaient bien que la nuit venue les Chlaup Andérathey (les gardes khmers rouges) se glissèrent lâchement dans leur nouvelle demeure sans chaleur pour enlever leur mari ex-fonctionnaire et militaire : le meurtre est la question. L’apparition de l’étoile du matin du nouvel an 1975 fit fuir les oiseaux chanteurs de l’azur du Kampuchéa pour laisser la place aux cris des vautours affamés qui sont venus chercher les cadavres abandonnés sur le chemin de la mort. Pour consoler la tristesse et l’angoisse qui est les faiblesses de l’homme, les victimes de l’Angkar Loeu sanguinaire s’efforcèrent de penser à la parole de réconfort de l’ermite à Atala pendant le dernier souffle de sa vie : « Enfin, ma fille, le grand tort des hommes, dans leur songe de bonheur, est d’oublier cette infirmité de la mort attaché à leur nature » (Chateaubriand – Atala René Les Natchez). Pour peindre cette déchirure sans termes, mon fils, Davouth, écrit une élégie, car la poésie est le réel absolu. Plus une chose est poétique, plus elle est vraie. Aristote disait : « La tâche de poète et d’historien est la même, car elle consiste à faire durer quelque chose grâce à la mémoire ».

Voici le rêve de mon fils :

Le sombre est glacial

tel une force qui me rend pâle

la nuit reste éternelle

pareil à une si grand aile.

Que de malheur infini

ô aucune gaieté dans la vie

la tendresse disparaît

comme une étoile qui apparaît.

Dès le matin, je sens le crépuscule

qui me bouscule

j’écoute le vent alizé

pour me rappeler de cette paix.

Elle est sans doute une paix bouddhique qui sert comme un refuge des Cambodgiens qui savent que le Christ et le Bouddha sont venus sur terre pour résoudre deux problèmes des humains : le mal et la mort.

Mais le malheur du peuple d’Angkor a été sans recours, car il a été dans la main des Yothear (Soldats) khmers rouges. Ils parlèrent entre eux du peuple nouveau et ancien et toutes sortes des mots inusités pour glorifier leur révolution meurtrière qui donna une rage de Pol Pot dans les fers. Il s’agit de jouir le maximum de la destruction totale de la paysannerie khmère. Le pire comme disait Sade (1740-1814), écrivain et philosophe français : « Tuer un homme dans le paroxysme d’une passion, cela se comprend. Le faire tuer par un autre dans le calme d’une méditation sérieuse, et sous prétexte d’un ministère honorable, cela ne se comprend pas ». À force d’ordonner de tuer de millions de vies humaines, Pol Pot devenait insensible à la souffrance de ses semblables. Vigny, le poète, écrivait : « …ne peut plus sentir le mal ni les bienfaits. Il est même sans joie aux malheurs qu’il a fait ». Pourquoi, une telle bêtise humaine ?. N’est-elle pas un destin pour le peuple khmer qui connaît au cours de son histoire que de gloire fugace ?. Si c’était vrai, il est sûr que cette fatalité est un injuste destin.

Les victimes des Khmers rouges se souviennent encore de la date fatidique du « 17 avril 1975 », date à laquelle les Khmers rouges entrèrent dans Phnom-Penh. La population était chassée de sa maison pour une destination où la mort est au boit. Pourquoi ?. C’est la victoire de Pol Pot. Ô ce mot prodigue encore de l’effet caverneux sur les Cambodgiens, car il s’inscrit dans leur esprit comme un élément de tristesse définitive. On sait qu’aujourd’hui les victimes continuent de souffrir de cet événement lugubre. Cette douleur indicible ne leur donne pas droit d’oublier la cruauté des Khmers rouges qui détruit par leur ignorance, en un tournemain, le pays tout entier. Le Kampuchéa des humains se transformait, au premier jour de l’arrivée au pouvoir de Pol Pot, en enfer des morts vivants. Tous les Cambodgiens ont été bannis de leur foyer et condamnés à se périr au nom de l’Angkar Loeu. Je me pose la question : Est-ce vraiment une victoire ?. Ça dépend pour qui ?. Si c’était pour les amis de Pol Pot, la réponse est oui, car cette victoire leur permet de placer le Communisme à la cime du pouvoir. En revanche, dans le cas où on entendrait dire qu’elle était pour le peuple khmer, il est sûr que cette affirmation est un mensonge, car Pol Pot lui-même n’avait jamais dit que cette fête rouge est pour les Cambodgiens. Et quiconque, y compris le Prince Sihanouk, osa revendiquer sa part de butin pour un brin de privilège, il aurait été accusé tout de suite par l’Angkar Loeu de haute trahison et l’on sait que la sanction était cruelle : la peine de mort après la torture corporelle.

Par ruse, sans combat, les Khmers rouges sont entrés à Phnom-Penh, le 17 avril 1975, pour prendre le pouvoir. La guerre cessait, la paix revenait du moins le croyait-on. Le peuple devait donc se réjouir, s’associer joyeusement avec le nouveau pouvoir. Mais hélas ! presque aussitôt les Khmers rouges « l’Angkar Loeu Loeu » a décidé de vider Phnom-Penh de sa population : « Les Américains vont bombarder la capitale khmère », tel était le prétexte.

La radio nationale, surtout les haut-parleurs portatifs sillonnèrent toutes les rues des quartiers de Phnom-Penh pour ordonner à la population de sortir vite de ses maisons et de quitter rapidement la ville. Ainsi, hommes, femmes, enfants, vieillards, y compris les malades, les blessés dans les hôpitaux, les mères et leurs bébés dans les maternités, tous se retrouvèrent dans la rue. Ce déplacement en catastrophe de tout Phnom-Penh, par tous les moyens de transport ou à pied, encombra toutes les rues de la capitale offrant un spectacle de panique d’affolement indescriptible, avec les bruits des moteurs et des klaxons de voitures de toutes sortes, s’ajoutant aux cris des parents appelant leurs enfants égarés, aux pleurs et aux gémissements des malades soutenus par les leurs, sous les menaces des militaires khmers rouges poussant les retardataires.

Le nouveau maître du pays venait de décréter sa « loi » que l’on devait respecter désormais. Le malheur a donc continué à frapper les citadins, considérés par les Khmers rouges comme nuisibles pour la société.

Par une autre idée diabolique, l’Angkar Loeu Loeu a décidé de supprimer toutes traces de culture occidentale pour faire le Cambodge une nouvelle Nation Khmère, peuplée d’une nouvelle génération sans attache avec le passé de quatre vingt dix ans de colonisation (1863-1953). D’où le slogan « Les garder, rien à gagner, les supprimer, rien à perdre ». C’est pourquoi le peuple khmer a connu la terrible épreuve du génocide des Khmers rouges, responsables de l’extermination de plus de deux millions de leurs compatriotes.

Le Cambodge en ce temps-là, écrit un journaliste français : « N’étaient peuplés que de coolies », car presque tous les intellectuels avec leurs familles furent massacrés, suite à cette décision sauvage de l’Angkar Loeu Loeu. Et les Khmers rouges allèrent encore plus loin dans leur action de répression : la suppression de la religion, des pagodes, des églises, des mosquées, profanées ou détruites.

La situation était dramatique, le Cambodge très affaibli, démuni de toutes ressources, désorganisé, est devenu alors la proie des Communistes vietnamiens. Hanoi a occupé par la force des armes le Cambodge durant dix ans (du 7 janvier 1979 à Septembre 1989). Le Cambodge a perdu son indépendance nationale par la faute des Communistes khmers rouges prochinois et Khmers rouges pro-communistes vietnamiens, qui ont violé les Droits de l’Homme et empêché la Démocratie d’exister. D’ailleurs, le Cambodge était le seul pays au monde qui s’était trouvé confronté pour son malheur aux deux systèmes communistes existants : le Marxisme-Léninisme et le Maoïsme. Et maintenant, on peut se demander ce que devient le Cambodge, après l’intervention de l’ONU en 1991 ?.    

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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 18:56

Cette déclaration a été faite en langue cambodgienne.

Traduction officieuse

Déclaration du Général Non Nol, le 18 Mars 1970

Vénérables des deux ordres respectés,

Chers compatriotes,

 

Nos ennemis ont prétendu le 16 mars 1970 que les récentes manifestations populaires spontanées étaient un coup d’État qui a subi un échec total, ce qui veut dire qu’il ne fallait pas, d’après eux, réagir unanimement contre les agressions des Vietnamiens. Or la réalité est tout autre, nos ennemis voulant à toux prix interpréter cette volontaire populaire clairement exprimée comme une trahison pure et simple. En même temps, ces Vietnamiens, qui ont gagné la première phase de leur subversion, rejettent sur nous la responsabilité de cette affaire, et prétendant que certains de nos compatriotes veulent encore attaquer leur ambassade, et que d’autres ambassades – d’URSS, de Chine, voir même de France – pourraient être victimes du même geste. Ceci n’est qu’une manœuvre subversion destinée à mettre en cause le Gouvernement de Sauvetage afin de poursuivre leur entreprise de sape. Plus sournois encore, ces Vietnamiens et leurs valets, traîtres à la patrie, dépensent sans compter pour « acheter » des gens qui acceptent de suivre leur politique, des gens qui sont chargés de faire de la fausse propagande, pour le but bien évident de dresser les Khmers entre eux ; ils distribuent partout des tracts, bref, ils sèment la confusion et la terreur. C’est donc pour éviter les troubles qui pourraient être provoqués par cette campagne de propagande systématique de nos ennemis que notre ministre de l’Intérieur a fait remplacer ce matin même le commissaire central.

Cher compatriotes,

Ne perdez pas de sang-froid en ces graves circonstances, car toute négligence de votre part, pourrait amener la mort de la Nation. Faites face à cette situation avec courage et discipline, et évitez autant que possible l’effusion de sang. Soyez vigilants et soutenez de tout cœur le Gouvernement pour redresser la situation de notre pays. La conjonction actuelle oblige le Gouvernement de Sauvetage, qui est responsable de la destinée du pays et qui a obtenu, pour cela, le soutien total du Parlement, à prendre des mesures qui s’imposent, à partir de cette déclaration faite à l’intention de nos compatriotes et de l’opinion internationale : notre pays doit rester toujours khmer, neutre authentique et totalement indépendant.

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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 14:53
Les évènements du 18 mars 1970 (Par Bernard Hamel) Le 19 décembre 1969, dans sa résidence de Kep sur le golfe de Siam, le Prince Sihanouk avait organisé un bal costumé auquel il avait convié le Corps diplomatique. Pour la circonstance, le Prince s’était déguisé en samouraï japonais. Trois mois plus tard, le 18 mars 1970, il était destitué de ses fonctions de Chef d’État par le parlement cambodgien. Entre temps, il est vrai, beaucoup d’évènements s’étaient produits au Cambodge. Mais Sihanouk ne les contrôlait plus, il n’avait plus pris sur l’évolution de la situation intérieure et extérieure du royaume. En effet, à la surprise générale, il avait quitté son pays soudainement le 6 janvier 1970 pour des raisons qui sont demeurées obscures, ou bien connues de lui seul. Le prétexte invoqué par lui, pour expliquer son départ, était qu’il voulait se rendre en France pour soigner sa santé qui paraissait cependant excellente. Et il avait laissé l’incertitude sur la durée de son absence : deux mois, trois mois, ou même davantage. Cette absence n’était pourtant pas très opportune à un moment où le Cambodge se trouvait confronté à de graves problèmes : une situation économique déplorable, un mécontentement croissant (dans la capitale tout au moins), et de sérieuses inquiétudes pour l’avenir liées à la présence de quelque 40 000 soldats nord (vietnamiens et vietcong installés dans des «sanctuaires» en territoire cambodgien. C’est la présence de ces forces étrangères, infiltrées depuis plusieurs années au Cambodge grâce à la connivence du Prince, qui allait provoquer la crise politique aboutissant à l’événement du 18 mars 1970. Le gouvernement en place à cette époque - formé en août 1969, présidé par le Général Lon Nol et baptisé par Sihanouk lui-même «gouvernement de sauvetage» - ne songeait pourtant pas à se débarrasser du Prince. Tout au plus souhaiterait-il limiter son pouvoir absolu (exercé depuis 1955). Il souhaitait en tout cas son retour, en raison des manifestations anti-vietcongs et anti-Hanoi qui venaient d’avoir lieu à Phnom Penh et en province pendant la première quinzaine de mars. Or le Prince, qui séjournait alors à Paris, avait réagi maladroitement en envoyant des télégrammes irrités pour condamner ces manifestations. Il donnait ainsi l’impression de prendre parti pour les communistes vietnamiens contre son propre peuple. Et au lieu de revenir à Phnom-Penh sans tarder, il annonçait qu’il différait encore son retour pour se rendre d’abord à Moscou puis à Pékin. Mais le «gouvernement de sauvetage» ne voulait toujours pas rompre les ponts avec le Prince. Aussi avait-il proposé de lui envoyer deux émissaires, le Prince Kantol, son cousin et M. Yem Sambaur, pour lui expliquer la situation. Le refus de Sihanouk de les recevoir allait être son erreur fatale. En effet, toute conciliation apparaissant impossible, le Général Lon Nol et son gouvernement se virent obligés de dénouer la crise sans plus attendre. Le 18 mars, tôt dans la matinée, eut lieu une réunion spéciale du Parlement cambodgien (Assemblée Nationale et Conseil du royaume). Pour prévenir des troubles éventuels, le gouvernement avait fait venir à Phnom-Penh quelques troupes et engins blindés qui prirent position aux principaux points stratégiques. Ils n’eurent d’ailleurs pas à intervenir car il n’y eut aucun trouble, la population étant demeurée paisible. C’est par la radio qu’elle apprit, en début d’après-midi, que le Parlement avait retiré sa confiance au Prince, voté sa destitution à l’unanimité par 92 voix contre 0, et que Sihanouk cessait d’être Chef de l’État à partir de 13 heures du même jour. Le Président de l’Assemblée Nationale, M. Cheng Heng, était désigné comme son successeur en attendant l’élection ultérieure d’un nouveau Chef de l’État du Cambodge. Mais la royauté n’était pas encore abolie. Vers 16 heures un bref communiqué, de quelques lignes seulement, fut remis aux deux seuls journalistes occidentaux accrédités alors à Phnom-Penh et qui avaient été convoqués au ministère de l’Information. La journée s’acheva ensuite dans le plus grand calme. Personne en tout cas ne s’était dressé à Phnom-Penh pour défendre son régime qui – après 15 années d’existence – venait de prendre fin par une procédure légale, sans violence, et dans une indifférence générale qui aurait pu surprendre un an plus tôt. En fait, la principale préoccupation des Phnompenhois ce jour là concernait le retrait des forces nord-vietnamiennes et vietcong. Un retrait qui avait été demandé par le « gouvernement de sauvetage » le 12 mars, conformément aux vœux de la population, mais qui paraissait très aléatoire. Effectivement Hanoi et Vietcong refusaient de retirer leurs troupes du territoire cambodgien, malgré les tentatives du gouvernement Lon Nol pour engager une négociation à ce sujet. Ce refus des communistes vietnamiens de quitter leurs « sanctuaires » allait plonger le Cambodge dans la guerre onze jours plus tard (le 29 mars). Une guerre qui, sous des formes diverses, n’a pas encore pris fin vingt ans après la chute de Sihanouk. (Article lu dans « reflet d’Asie n°10) Bernard Hamel, journaliste français, ancien expert au Ministère de l’Information à Phnom-Penh.
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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 09:47

Comment cette guerre (1970-1975) a été imposée au peuple khmer ?

 (Publiée par l’Institut Franco-Khmer : la lettre khmère, n° 2, Février 1972, Phnom Penh)

 

  1. Les origines : 1954 – 1970

 

Après les accords de Genève de Juillet 1954, et malgré ces accords, des cadres et de petites unités Khmères-Vietminh se maintiennent au Cambodge pour réactiver le moment venu les foyers de subversion.

 

Au début des années 60, de nouveaux cadres (formés dans les Académies politico-militaire du Nord-Vietnam) s’infiltrent au Cambodge, afin d’amplifier l’action révolutionnaire et d’accroître les moyens des «Bases».

 

14 Février 1965 : réunion à l’initiative de Sihanouk, de la Conférence des Peuples indochinois, avec la participation des trois fronts de «Libération» du Nord-Vietnam, du Sud-Vietnam et du Laos.

 

31 Mai 1967 : le Front National de Libération du Sud-Vietnam déclare reconnaître les «frontières actuelles» du Cambodge.

 

8 Juin 1967 : la R.D.V.N. effectue la même déclaration.

 

Novembre 1967 : 3 journalistes découvrent fortuitement un camp vietcong dans la province de Kompong-Cham. Cela n’empêchera pas Sihanouk de continuer à nier la présence de Vietcongs-Nord-Vietnamiens au Cambodge, jusqu’à la fin de l’année 1968.

 

19 Février 1968 : le  «bulletin du contre-gouvernementt» révèle la  «Stratégie révolutionnaire chinoise adoptée au Cambodge dans les bases khmères vietcongs de l’intérieur.

 

Février 1968 : c’est la grande offensive vietcong-nord-vietnamienne de la fête du «Têt» ; les «sanctuaires» communistes vietnamiens du Cambodge facilitent le recrutement, l’approvisionnement et l’appui des unités engagées dans cette offensive.

 

28 Mars 1969 : dans une conférence de presse, Sihanouk avoue : «Les communistes vietnamiens s’infiltrent de plus en plus chez nous, je ne peux plus le cacher, il est temps que l’opinion mondiale le sache». Sihanouk illustre son aveu en présentant, pour la première fois à la presse la carte des implantation communiste au Cambodge.

 

24 Mai 1969 : le général Lon Nol attire l’attention des ambassadeurs de la R.D.V.N. et du G.R.P. sur l’occupation effective de certaines régions du Cambodge par leurs troupes.

 

31 Juillet 1969 : à l’ouverture du 27e Congrès national, Sihanouk avoue :

«Quant aux infiltrations, à l’occupation de notre territoire, à la subversion et à l’excitation d’une partie de nos compatriotes qui sont le fait de certains voisins ainsi que la rébellion armée des traîtres khmère-rouges, elles nous conduisent inévitablement, si elles ne s’arrêtent et ne reculent , à la perte de l’Indépendance et de la Neutralité».

 

8 Septembre 1969 : Sihanouk part à Hanoï pour assister aux obsèques d’Hô Chi Minh.

 

25 Septembre 1969 : signature, à Phnom-Penh, d’un «Accord de Commerce et de Paiement» avec le G.R.P.

 

9 Octobre 1969 : Sihanouk met fin à la mission de la Commission Internationale et de Contrôle au Cambodge qu’elle devra quitter avant le 31 Décembre.

Octobre 1969 : rapport confidentiel du général Lon Nol sur les implantations vietcongs-nord-vietnamiennes à la frontière du Cambodge. Ce rapport montre l’accroissement des effectifs (35 000 à 40 000 hommes) et la multiplication de leurs activités, non seulement aux frontières mais aussi dans certaines provinces de l’intérieur (notamment dans Battambang et Pursat).

 

6 Janvier 1970 : Sihanouk part en France, sous le prétexte de suivre une cure de repos. En fait il s’esquive après échecs de sa politique intérieure et de sa politique de Défense.

 

18 Février 1970 : rentrant de France, après un séjour de repos, le général Lon Nol entreprend la visite des provinces frontalières les plus affectées par les intrusions des communistes vietnamiens.

 

  1. Les évènements de Mars-Avril 1970 et leurs conséquences

 

Début mars 1970 : le gouvernement cambodgien évalue à plus de 50 000 hommes les effectifs des communistes vietnamiens au Cambodge.

 

8 Mars 1970 : manifestations populaires contre la présence des Vietcongs-Nord-Vietnamiens, dans les localités de Svay-Rieng, Chantrea, Kompong-Rau, Rumduol et Romeas Hèk.

 

11 Mars 1970 : la population de Phnom-Penh manifeste contre l’installation des Vietcongs-Nord-Vietnamiens en territoire khmer.

La colère populaire s’exprime par la mise à sac des ambassades de la R.D.V.N. et du G.R.P.

Les étudiants déposent une motion à l’Assemblée nationale réclamant l’évacuation des régions frontalières occupées par les Vietcongs.

Les députés et conseillers du royaume réunis en session extraordinaire votent, à l’unanimité, une résolution correspondant aux vœux de la population. Le gouvernement est mis en demeure de prendre des mesures urgentes pour défendre l’intégrité du territoire khmer.

 

12 Mars 1970 : le gouvernement de sauvetage demande au Nord-Vietnam et au G.R.P. de retirer toutes leurs forces pour le 15 mars.

Dans un communiqué, le chef du gouvernement s’engage à tout faire pour que les étrangers respectent l’Indépendance, la Neutralité et l’Intégrité territoriale du pays.

Le même jour, Sihanouk condamne ces manifestations.

Le général Lon Nol tente dans un rapport, d’expliquer à Sihanouk la signification profonde de la colère populaire.

Il réaffirme son désir de rester dans la ligne d’une stricte Neutralité. Le gouvernement royal pense pouvoir maintenir des relations amicales avec le Vietcong, si celui-ci respecte les aspirations du peuple khmer (en évacuant ses terres).

 

13 Mars 1970 : avant de quitter Paris pour Moscou, Sihanouk attaque violemment le gouvernement Lon Nol dans une conférence de presse.

 

14 Mars 1970 : Sihanouk refuse de recevoir deux émissaires que le gouvernement de sauvetage voulait lui envoyer afin d’expliquer la situation.

 

15 Mars 1970 : le gouvernement informe la Nation de son intention d’ouvrir des négociations avec les représentants diplomatiques du N.V.N. et G.R.P. sur les conditions d’évacuation du territoire cambodgien.    

 

16 Mars 1970 : manifestation anti-vietcong des étudiants devant l’Assemblée nationale.

 

18 Mars 1970 : l’Assemblée nationale et le Conseil du Royaume proclament la Nation en danger.

 

19 Mars 1970 : Sihanouk arrive à Pékin.

 

21 Mars 1970 : dans un message à la Nation, Lon Nol assure que «le gouvernement de sauvetage utilisera tous les moyens militaires, politiques et diplomatiques pour faire respecter notre territoire».

Il affirme vouloir maintenir des relations amicales avec tous les pays du monde, sans distinction de régime ou d’idéologie, sans adhérer à aucun pacte militaire ou bloc idéologique.

 

22 Mars 1970 : le gouvernement de sauvetage demande aux deux présidents de la conférence de Genève de 1954 la réactivation de la C.I.C., afin d’aider à mettre fin par une solution pacifique à l’occupation du territoire nationale.

 

23 Mars 1970 : de Pékin, Sihanouk annonce qu’il rallie le camp socialiste et fonde le F.U.N.K. (Front Unifié National du Kampuchea) et ses organismes subordonnés.

 

27 Mars 1970 : les personnels diplomatiques de la R.D.V.N. et du G.R.P. quittent le Cambodge.

 

29 Mars 1970 : attaque concertée de nombreux postes frontaliers cambodgiens par les troupes nord-vietnamiennes et vietcongs.

Le gouvernement cambodgien adresse une vigoureuse protestation au Conseil de Sécurité des Nations-Unies.

 

6 Avril 1970 : le Secrétaire général des Nations unies décide de  «traiter avec les autorités qui contrôlent effectivement la situation au Cambodge, c'est-à-dire le gouvernement de Phnom Penh.

 

14 Avril 1970 : l’ennemi refusant de reprendre les pourparlers, le général Lon Nol informe la Nation la Nation qu’il fait appel à toutes les aides étrangères pour faire face à la situation (offensive vietcong sur Phnom Penh et les principales villes) en se conformant aux Accords de Genève et aux dispositions de la Constitution Nationale.

 

 24 avril 1970 : les effectifs vietcongs-nord-vietnamiens au Cambodge atteignent 54 000 hommes.

 

30 Avril 1970 : le Président Nixon donne son accord pour l’intervention des Forces américo-sud-vietnamiennes au Cambodge contre les bases communistes vietnamiennes (Svay--Rieng et Kompong-Cham).

 

25 Juin 1970 : mobilisation générale décrétée par le gouvernement de sauvetage.

 

Mai à juillet 1970 : les troupes régulières nord vietnamiennes vietcongs mènent une guerre classique d’offensive profondes dans le Nord-Est et le Nord du Cambodge, allant jusqu’à investir les temples d’Angkor (début juin) situés dans des régions pacifiques dédiées au tourisme international. Les communistes vietnamiens montrent ainsi leur mépris de la protection des biens culturels en temps de guerre.

 

Août 1970 : les effectifs de l’armée khmère sont passés de 35 000 à 120 000 hommes, du fait des engagements volontaires massifs au service de la Défense du sol National (ils atteindront 200 000 hommes en mars 1971).

Les envahisseurs tentent de transformer leur agression délibérée en guerre civile par l’endoctrinement de khmers enrôlés dans des «maquis» encadrés par des Vietnamiens ou des Cambodgiens formés précédemment dans les écoles révolutionnaires du Nord-Vietnam. Appliquant la stratégie classique de la guerre révolutionnaire qui a fait ses preuves en Chine populaire, ils s’efforcent de faire tomber les villes en les encerclant par les forces qu’ils ont levées dans les campagnes. Combinant la terreur à une propagande intensive, ils éliminent les cadres récalcitrants et surtout les élites intellectuelles khmères qui animent la résistance Nationale.

Les moines eux-mêmes et leurs monastères bouddhiques n’ont pas été plus épargnés que les écoles, les hôpitaux, les usines, les routes et les ponts.

Les centaines de milliers de réfugiés qui ont fui devant l’invasion nord vietnamienne vietcong (pour participer à la Défense de leur Patrie) ont clairement prouvé au monde la volonté courageuse d’un peuple qui n’accepte pas de se plier aux lois imposées par un envahisseur implacable, dont il n’accepte ni la foi ni les moyens d’action. 

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19 juin 2008 4 19 /06 /juin /2008 12:20

 

Sirik Matak était, pour la famille royale, un apostat de son titre, droit, honneur et ses prérogatives princières. Il fut assassiné en 1975 par les Khmers rouges. Ses assassins athées ont voulu faire disparaître son corps pour effacer de la terre du Kampuchéa la mémoire d’un homme qui osait ouvrir la nouvelle page d’histoire avec la joie de la population, dont le mot «liberté» était écrit en caractère gras et souligné pour mettre un terme aux frasques aux siècles passés peu reluisants.

 

Démétrios, Conseiller du roi Alaric, proposait aux généraux Wisigoths après la mort de leur souverain, le vainqueur des romains, de faire disparaître de la surface de la terre toute trace du roi défunt. Voici ses arguments :

 

«Comprenez-vous que tout tombe et que les pierres s’écroulent ? Comprenez-vous que le souvenir qui s’attache à ce qui passe est un souvenir condamné ? Comprenez-vous qu’il y a quelque chose qui est plus fort que la parole : c’est le silence ? Quelque chose qui est plus fort que la présence : c’est l’absence ? Si vous voulez que, dans toute la suite des siècles, les générations successives conservent encore la mémoire de ce que fut Alaric, il faut confier la mort à la mort, le silence au silence et l’absence à l’absence. La seule tombe du roi Alaric doit être l’esprit des hommes qui se succèdent dans le temps, l’imagination qui n’en finit jamais de renaître de ses cendres et le souvenir du souvenir».

 

Comme le roi Alaric, Sirik Matak n’a pas de stupa pour faire sa dernière demeure car son trépas était un halo de gloire dans la mémoire des Khmers épris de la liberté. Rappelons-nous bien qu’en 1975, Sirik Matak dédaignait de quitter son pays à la demande des Etats-Unis, non pas pour s’accrocher au pouvoir, mais pour expirer en homme libre. Voici l’extrait de la réponse de Sirik Matak à l’ambassadeur des Etats-Unis à Phnom-Penh :

 

«Mais dites-vous bien que si je mourrais ici sur place et dans mon pays que j’aime, c’est tant pis, parce que tous les êtres naissent et meurent. J’ai seulement commis cette faute, celle de vous croire».

 

Dans sa réponse, Sirik Matak, le pieux individu, ne faisait que se référer à la racine de la loi Siddhâtha Gautama, le futur Bouddha : «tous les composés sont impermanents».

 

À la mort de Georges Sand, Victor Hugo envoyait un massage d’affection à son amie sans vie : «je pleure une morte et je salue une immortelle». Aujourd’hui, les Khmers républicains cessent sans doute de pleurer la mort de Sirik Matak pour laisser reposer son âme, qui s’est déjà libéré de toutes les expiations terrestres, mais ils continuent plus jamais de saluer son esprit immortel. Mais qui était donc ce citoyen hardi ?

 

Sirik Matak, dont le nom évoquait à la fois l'un des fondateurs de la République khmère et le héro homérique dans l’histoire contemporaine khmère, n’était que le petit-fils du prince Essaravong (fils du roi Sisowath). Il était né le 22 janvier 1914 du père Sisowath Ratthary et de mère roturière Yoeun. Le citoyen Sirik Matak était l’ancien élève de l’Ecole d’Administration cambodgienne (école fut créée par le protectorat français par l’ordonnance royale du 20 novembre 1917). Après deux années de formation, il débuta sa carrière dans l’administration publique. Il a été successivement Chef de district, puis gouverneur de province.

En 1952, il fut nommé colonel. Comme officier, il assuma les diverses hautes fonctions dans la hiérarchie militaire. Il était aussi un des membres fondateur du Parti de Rénovation khmère (ce parti fut créé par Lon Nol en 1947), dont les principaux objectifs étaient d’introduire des réformes nécessaires pour faire du Cambodge un Etat moderne, fondé sur des bases démocratiques solides, bien comprises et acceptées par le peuple souverain. Il était ambassadeur et plusieurs fois ministres. Bref, les riches d’expériences dans les différentes hautes fonctions de l’État lui permettent de fixer sa philosophie politique fondée sur la morale républicaine. La déposition du prince Sihanouk de chef d’État fut peut-être un fait improvisé dans le Cambodge à l’époque en convulsion, mais on savait que la fin de son régime était proche et il ne s’agit que d’une question de temps car on constatait et prouvait que le climat politique, économique et social du pays devenait étouffant.

 

En revanche, la proclamation du 9 octobre 1970 de la première république khmère n'était pas un évènement indécis. Elle méritait beaucoup de considération car elle était le résultat d’un développement conjugué entre la maturité de la pensée politique de la jeunesse khmère, la sagesse de Sirik Matak et sa famille d’idée.

Ce concours de circonstances fit naître une nouvelle force nationale qui souffla comme un ouragan amenant avec lui l’air du passé pour laisser après son passage un nouvel espace d’espérance afin que le peuple khmer puisse enfin respirer l’air de la liberté. Le temps, les choses et les hommes se rassemblaient avant, pendant et après l’orage en une seule force républicaine et Sirik Matak était présent dans ces circonstances historiques. Il était l'un des pionniers qui marchait avec confiance au premier rang des réformateurs avec un étendard à la main sur lequel, il écrivait trois mots universels qui ouvraient l’ère nouvelle pour le Cambodge : liberté, égalité et fraternité.

Quand on était dans l’action comme celle-là, la seule chose qui restait à emplir les festivités démocratiques, fut la proclamation immédiate de la république du peuple et pour le peuple. Et c'était le cas, parce que Sirak Matak et ses amis politiques avaient construit leur fondation politique en suivant deux lignes : la ligne de rupture avec la monarchie millénaire et celle de la réforme profonde de la société khmère. La naissance de la République khmère n'était pas improvisée, elle était née de la volonté mûre des milliers des Cambodgiens qui refusaient de ne plus accepter la décadence de leur pays.

 

La révolution française n’était que la philosophie du XVIIIe siècle descendue des salons dans la place publique et passée des livres dans les discours, écrit LAMARTINE ; quant à la révolution khmère de 1970, elle était née de l’explosion de sentiment d’injustice du peuple qui est humilié depuis des siècles dans son rôle de sujet par les souverains incapables dans le Cambodge nanti.

Dans cette révolution sociale, Sirak Matak pensait que pour installer une démocratie réelle, il aurait fallu donner au peuple khmer la citoyenneté nouvelle fondée sur la liberté et les droits naturels de l’Homme. Je ne sais ce que vaut précepte de Sirik Matak, mais son courage montre avec quelle facilité un homme d’État audacieux pouvait balayer le pouvoir divin du prince Sihanouk. Il fallait que sa décision soit vraiment claire pour faireface à son cousin qui gouvernait en chef divin sur le peuple croyant.

Ce peuple est toujours opprimé depuis des millénaires par l’obscurantisme des souverains déifiés. Le professeur Keng Vannsak écrit un vers en cambodgien pour présenter fidèlement l’état de la population khmère : «Naître par les larmes, grandir par la faim, avec comme seul bien : la pauvreté et la maladie comme compagnons – soutien jusqu’à la mort afin d’endurer le même destin : vivre en tant qu’esclave».

 

Pour Sirik Matak, le peuple khmer a le droit et devoir de se rebeller contre son destin car il possède sans doute l’intelligence pour soustraire à l’autorité de la tradition surannée. Etre bouddhiste comme des millions autres Cambodgiens, Sirik Matak s’incarnait déjà une manière de démocratie. Il entendait que la souveraineté résidait et avait toujours résidé dans le peuple et c’est ainsi qu’il aimait fredonner la chanson des révolutionnaires anglais : «Quand Adam piochait, quand Eve filait, qui donc était gentilhomme ?».

 

Sirik Matak représente aujourd'hui pour les Khmers républicains le maître à penser moderne khmer. Son esprit est battu en brèche par ses ennemis de classe et de caste. Je me pose aujourd’hui donc, la question : est-ce que la critique comminatoire des contempteurs de Sirik Matak est-elle encore crédible quand je vois le Cambodge d’aujourd’hui est emmuré à l’Est par le Vietnam, à l’Ouest par la Thaïlande et à l’intérieur la mort lente lui attend.

 

À part sa gentillesse légendaire et son courage exemplaire qu’est ce que le citoyen Sarik Matak, homme de cœur, courtois, affable et fort chaleureux, avaient fait au cours des cinq années de la République khmère ? :

 

-          Mener une guerre de résistance et de libération nationale contre l’invasion des Nord-vietnamiens et des Vietcongs ;

-          Défendre le Bouddhisme contre le Communisme ;

-          Réformer la société khmère.

 

Ces réformes étaient heurtées à la maladie endémique de la société khmère qui est appelée la «corruption». Pendant les cinq années de la République khmère, les communistes de tous bords surent exploiter au mieux cette maladie de la société à leur profit.

Et dieu sait combien, j’ai beaucoup de peine de voir qu’un grand nombre des intellectuels khmers étaient tombés dans ce piège car au lieu de considérer la corruption comme problème de société, ils ont cru naïvement comme un abus du régime républicain.

Et au lieu de donner un coup de main pour extirper la tumeur de corruption du corps de la société khmère, ils ont préféré attendre l’arrivée au pouvoir des hommes de Pol Pot qui sont venus pour massacrer les Cambodgiens. Ces hommes de savoir ont oublié que le germe de corruption est dans le sang de chacun de nous car il constitue un facteur déterminant dans le déclin du Cambodge depuis 600 ans.

 

J’ai une conviction que le citoyen Sirik Matak n’est pas mort pour rien car le peuple khmer d’aujourd’hui devient dans son esprit un peuple républicain, malgré la restauration de la monarchie khmère.

 

 

Lettre de Siri Matak à l'ambassadeur Dean :

" Excellence et cher ami. Je vous remercie pour votre lettre et pour votre offre de m'emmener vers la liberté. Je ne peux , hélas, partir de façon aussi lâche. En ce qui me concerne, et votre grand pays en particulier, je n'ai jamais cru un seul instant que vous auriez le coeur à abandonner un peuple qui a choisi la liberté. Vous nous avez refusé votre protection et nous n'y pouvons rien. Vous partez, et je souhaite que vous et votre pays trouviez le bonheur sous le ciel. Mais dites-vous bien que, si je devais mourir ici, sur-le champ et dans mon pays que j'aime, cela n'aurait pas d'importance, car nous devons tous mourir un jour. Je n'ai commis qu'une seule erreur : celle de croire en vous, les Américains.
Veuillez agréer, Excellence et cher ami, mes meilleurs sentiments d'amitié."


 

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