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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 09:16

La guerre des mémoires

 

MM. Khieu Samphan et Noun Chea sont en train de mener une nouvelle guerre des mémoires au sein du tribunal à Phnom-Penh. Cette guerre consiste à raconter leurs souvenirs sélectifs et vachards aux Khmers qu’ils ne sont pas responsables des crimes commis par un État contre son propre peuple dont ils étaient hauts dignitaires. La plaidoirie du docteur de Sorbonne est pathétique. Sa voix sérieuse avec un corps vieilli, on croit voir un sage professeur ou humaniste qui est en train de donner des cours du patriotisme au peuple khmer. Quant à M. Noun Chea, idéologue du Parti Communiste Khmer (P.C.K.), il propulse les mots d’accusation aux Vietnamiens d’être l’auteur du cataclysme khmer.

 

Les grands historiens disaient toujours qu’on ne doive pas servir l’Histoire comme preuve dans les actions de justice, car l’Histoire, même qu’elle soit fabriquée sur l’autel de la science, est toujours contaminée plus ou moins par le « moi » de l’auteur ou des auteurs. Mais dans la guerre des mémoires, l’histoire est utilisée comme une stratégie de défense par ces deux lieutenants de Pol Pot. On sait qu’avant le procès, M. Khieu Samphan, sur conseil de son avocat, a écrit un livre sur ses prises de position dans les évènements majeurs de son pays. Le livre est intitulé, bien entendu « L’histoire récente du Cambodge ». La volonté de l’auteur est de placer les débats, pas dans les faits juridiques, mais dans la dimension de l’histoire. Comme M. Ieng Sary, un autre sicaire du régime, refusait de répondre aux questions posées par le procureur général, parce qu’il juge que le tribunal ne soit pas compétent pour juger l’histoire d’un pays.

 

Quand M. Khieu Samphan veut inscrire son procès dans la dimension de l’histoire, il est évident que cette détermination soit un casus belli pour lui : La guerre des mémoires entre le Kampuchéa Démocratique et le Vietnam. En effet, MM Khieu Samphan et Noun Chea veulent utiliser le tribunal comme un amphithéâtre de Faculté d’Histoire pour instruire l’Histoire récente du Cambodge au peuple khmer. Cette guerre des mémoires consiste à effacer la responsabilité des individus qui ont pris leurs positions dans un contexte politique majeures dans leur pays. L’homme de ne peut pas être responsable de la chute de la météorite sur la terre. Par cet argument, M. Khieu Samphan ne peut pas être fautif des faits qui lui reprochent dont la dimension est planétaire et historique. Comme M. Khieu Samphan aimait toujours dire une vilenie : « Je suis un simple fonctionnaire de l’État, comment pourrais-je être au courant de la haute politique de l’Angkar (Comité Central du P.C.K.).

 

M. Khieu Samphan et Noun Chea veulent aussi que leur guerre des mémoires soit un coup de grisou pour le Vietnam, (ami ou ennemi du P.C.K. dont la nature change en fonction de ses intérêts circonstanciels), parce que le malheur du peuple est planifié depuis toujours par ce Vietnam assoiffé du sang khmer et de la terre du Kampuchéa. On se demande, comment M. Khieu Samphan pourrait-il vivre avec un tel cauchemar ? Dans sa guerre des mémoires, il a quand même des mémoires altérés : Son embrassade avec des dirigeants communistes vietnamiens en tant que Chef de guerre du FUNK. Je n’imagine pas que la guerre des mémoires menée par ces deux sicaires dans un tribunal soit une bombe pour le Vietnam. Furibard, le régime de Phnom-Penh, cuirassé par le Vietnam, coupe tous les micros, bien entendu cette décision, c’est pour raturer aussi le rôle de son protecteur dans la guerre des mémoires de M. Khieu Samphan. Mais, il y a un point de l’histoire que le régime de Phnom-Penh voudrait garder en mémoire de l’histoire, c’est le 7 Janvier 1979. En tout cas, c’est quand même une bonne guerre des mémoires entre les deux fractions communistes khmères dans l’histoire récente du Cambodge, racontée par l’ancien Chef de l’État du Kampuchéa Démocratique, un État qui a assassiné directement ou indirectement la population khmère dont le nombre est estimé à plus de deux millions de morts.

Comment pourrais-je trouver par euphémisme un mot pour adoucir le mot « Assassinat », une expression jugé trop choquant par les amis des Khmers Rouges. Impossible d’en avoir ce mot, parce que mon esprit est voilé de honte pour le peuple khmer.

 La guerre des mémoires menée par M. Khieu Samphan et Noun Chea est une habitude de mensonge de ces deux hommes, et on sait que peu à peu, « l’habitude devient nature », dit un proverbe chinois.

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