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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 04:23
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Published by ថាច់​ភែន - dans République Khmère
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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 17:40
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Published by Sangha OP - dans République Khmère
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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 10:47

18 Mars 1970

Évènement  par défaut

Par Lim Kim-Ya

 

C’est déjà le 43è anniversaire de la destitution de Norodom Sihanouk, Chef de l’État, par les deux Chambres représentantes, Assemblée Nationale et le Conseil du Royaume, du Cambodge le 18 mars 1970. Le gouvernement de sauvetage présidé par le général LON Nol avait communiqué suite à l’annonce à l’unanimité du Parlement la déchéance de Norodom Sihanouk de ses fonctions de Chef d’État : « Suite à la crise politique provoquée par le Prince Norodom Sihanouk, durant ces derniers jours, l’Assemblée Nationale et le Conseil du Royaume, réunis en congrès, conformément à la Constitution du Royaume, ont retiré, à l’unanimité des voix, leur confiance au Prince Norodom Sihanouk.

A partir de ce jour, 18 Mars 1970 à 13 h 00, le Prince Norodom Sihanouk cesse d’être Chef de l’État du Cambodge, Son Excellence CHENG HENG, Président de l’Assemblée Nationale, assumera les fonctions du Chef de l’État, jusqu’à l’élection d’un nouveau Chef de l’État également suivant le texte de la Constitution du pays ».

Les motifs retenus par ces deux représentants de la Nation et du Royaume :

  1. Haute trahison ;
  2. Violation constante de la Constitution ;
  3. Dilapidation des biens de l’État et de l’argent du peuple ;
  4. Corruption ;
  5. Atteinte au prestige et à la dignité nationale.

Suite à la résolution de ces deux représentants M. Cheng Heng, en tant que Chef de l’État, avait adressé ce message à la Nation : «  Chers compatriotes,

L’Assemblée Nationale et le Conseil du Royaume, réunis en congrès, ont retiré le 18 Mars 1970, à 13h00, conformément à la Constitution, à l’unanimité des voix, leur confiance au Prince Norodom Sihanouk dans ses fonctions de Chef d’État.

Étant Président de l’Assemblée Nationale appelé à assurer les fonctions de Chef d’État jusqu’à l’élection d’un nouveau Chef de l’État, j’ai le devoir de préciser solennellement à cette occasion que le Cambodge adopte la même ligne politique, c’est-à-dire pour l’indépendance, la neutralité et l’intégralité territoriale, que le Cambodge reconnaît et respecte les traités et accords antérieurement conclus.

Je me permets enfin de lancer un appel à notre clergé des deux ordres, aux deux chefs de ces derniers notamment, aux fonctionnaires, étudiants, à notre jeunesse et à notre population de toutes les couches sociales, leur demandant de rester dans l’ordre pour le bonheur de notre patrie. »

Après cet évènement non préparé, à ce moment le climat politique et social au Cambodge a été calme, mais inquiet. Seulement à Pékin, Sihanouk avait beaucoup remué, poussé par les dirigeant Nord-Vietnamiens, et déclaré la guerre à son propre pays, en soutenant l’agression nord-vietnamienne contre le Cambodge, parce qu’ils lui avaient promis de le ramener au pouvoir en peu de temps.

Hélas ! il s’est revenu au pouvoir dans le chariot des Khmers Rouges, avec plus de sept cents mille morts de guerre et plus de deux millions de morts sous le régime des Khmers Rouges et des Khmers Vietminh (alias PPC).

A la veille du 18 Mars 1970, personne n’avait pensé, ni préparé la destitution du Prince Sihanouk, seulement des décisions de Sihanouk lui-même avait provoqué sa chute.

Au lieu de créer l’union sacrée contre la guerre d’agression nord-vietnamienne, les principaux acteurs du 18 mars 1970, par leur ambition démesurée, proclamaient la République au Cambodge le 9 octobre 1970 dans le seul but d’écarter du pouvoir la famille princière des Norodom au profit des Sisowath. Cela donnait raison à l’ennemi qui accusait le Prince Sisowath et d’autres d’avoir évincé Sihanouk dans le seul but de s’emparer du pouvoir. Ce qui était une erreur politique fatale, aboutissant à la débâcle de la République.

Je pense qu’il faut prendre des leçons de notre histoire passée, récente ou lointaine, sinon on tombe toujours dans le même erreur et abîme auxquels notre pays est entrain de faire face. Au lieu de méditer sur l’histoire de notre pays, certains se prennent dans la même folie, en pensant « qu’il n’y a qu’à faire-ci, qu’à faire-çà » et que cela suffira pour nous débarrasser du pouvoir actuel et libérer notre pays de la domination nord-vietnamienne.

LIM Kim-Ya

   

Le résultat du vote :

Bulletins blancs (pour) : 0

Bulletins bleus (contre) : 92

Bulletins blancs rayés de bleu  (abstention) : 0.

Page 64 du livre de Mme Billon Ung Boun Hor «  Rouge Barbare » Edition Respublica - 2009

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Published by Srey Santhor - dans République Khmère
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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 10:30

La Queue-en-Brie le 14 mars 2012

Douc Rasy à  Monsieur OU Chal, Président de la Révolution Khmère du Lotus,

 

Cher Chal,

 

En recevant votre appel à tirer des enseignements de la tragédie que nous avons vécue dans les dernières années du siècle précédent, je suis heureux de vous communiquer l’annexe suivante en soulignant que vous êtes l’un des rares à chercher à connaître tous les causes et effets en vue de remonter la pente du déclin. Persévérez toujours dans cette voie et vous en serez récompensé.

 

 1°- D’abord votre lettre (p.1) OCh : Sihanouk pousse le Cambodge dans un gouffre…L’a-t-il fait sciemment ?  Ma réponse est OUI, puisque cela a duré depuis la conférence de Bandung (1955) où dans sa lettre du 17 janvier 2007, il avoua avoir aidé de multiples façons le VN à réaliser sa réunification nationale (qui ne pourra se réaliser qu’au détriment du Cambodge) ; et dans ses multiples discours, il ne cessait de répéter que le Vietnam a l’intention d’avaler le Cambodge ; d’ailleurs, il précisa qu’il s’agissait de la réunification du Nord, du Centre et du Sud Vietnam (p. NS).


 2°- p.4 NS … ma solidarité totale avec mes aides multiformes aux Viêt-Cong et Nord vietnamiens dans l’accomplissement de leur devoir sacré : la libération du Sud Vietnam.

 

 3°- en p.2 Och, NS aide clandestinement les Viêt-Cong à vaincre le Sud Vietnam.

 

 En réalité :

 

 Le 1er pas dans cette secrète politique a été faite à Pékin le 25 novembre 1965 quand il était en visite avec le Gal. Lon Nol ; il força alors Lon Nol à signer un accord secret par lequel,  le Cambodge s’engage à accueillir et à protéger les combattants communistes

vietnamiens dans les régions frontalières et à permettre le passage de matériel en provenance de Chine et destiné aux combattants vietnamiens (Les Clefs du Cambodge p.65). C’est le commencement de la trahison effective de NS.

 

 Le 2ème pas dans cette trahison, c’est quand NS expulsa les contrôleurs de la Conférence de Genève en 1969, non pas pour mener librement sa politique  (car, il n’avait plus de politique), sauf à revenir sur la Conférence de Genève qu’il avait déjà trahie en faisant cohabiter les VC (avec les délégués chargés de les expulser)  mais pour favoriser les desseins des VC et NVN qui, dès lors, se comportaient dans l’est cambodgien comme en pays conquis.

 

 Le 3ème pas dans cette trahison accomplie le 22 mars 1970, lorsque, au lieu de retourner à P. Penh comme l’avait suggéré Podgorny du Soviet Suprême de l’URSS, il prit l’avion pour Pékin où il rencontra Chou Enlai et Pham Van Dong avec lesquels, il fit un plan pour abattre le Cambodge, son propre pays par une armée portant son nom, le 23 mars.

 

 Son insensibilité aux malheurs du peuple cambodgien qui supporte de plus en plus mal cette guerre entre d’une part les coalisés Viets, Khmers Rouges et Polpotistes et de l’autre, les défenseurs du Cambodge, le Général Lon Nol demanda une trêve ; NS rejette la proposition dans les heures qui suivent en disant : je ne rentrerais à P. Penh que si toute la population en était chassée (le 9 juillet).  Le 9 octobre Lon Nol réitéra son offre, mais toujours sans succès (les clés du Cambodge p.75).  C’était là, la condition sine qua non de son retour au Cambodge, condition respectée contre vent et marée par les Khmers Rouges de tous bords et en toutes circonstances.

 

Lorsque le 17 avril 1975, les Khmers Rouges, dirigés par les Viêt-Cong entrèrent dans P. Penh,  toute la population de la capitale et d’autres villes, chassée de leurs domiciles par les vainqueurs,  devait errer sans savoir où s’arrêter ou s’abriter. NS, au lieu de savourer sa

victoire, disparut et ne revint que six mois plus tard pour présider un Conseil des Ministres des Khmers Rouges, avant de quitter précipitamment P. Penh pour aller défendre les Khmers

Rouges à l’ONU; mais, même rentré des Nations Unis et avant de retourner dans ses terres d’exil, en Chine ou en Corée du Nord, il n’avait aucun mot pour dire aux dirigeants KR de cesser leur abominable traitement d’une population dépouillée de tout, en proie à la faim, à une misère sans fin ; pourtant les KR l’avaient nommé chef de l’État. Était-il déjà complice de la punition infligée aux gens qui n’avaient pas quitté les villes pour les abris des KR ?

L’on se demande alors s’il n’était qu’un chef d’État de pacotille. La suite prouve que ses KR obéissaient totalement à sa terrible condition de ne rentrer que dans une capitale vide de ses habitants. Dès lors, celle-ci n’était défendue par personne ; c’est pour le Cambodge, une abdication de sa qualité d’État indépendant et souverain. C’est ce qui expliquera plus tard sa prise par une promenade militaire des soldats vietnamiens.

 

 Pour conclure sa lettre du 17 janvier 2007, il reconnaissait : « A tous ces égards, je me comportais en aveugle et idiot. Mais on ne refait pas l’Histoire ». En réalité NS n’était nullement aveugle des yeux ; mais il fait souvent, mine de ne pas voir ce qu’il ne veut pas voir et à force de jouer à l’aveugle, il devient idiot souvent sans le savoir. C’est là une première leçon pour ceux qui aspirent à diriger un pays.

 

 Que penser alors de la chute tranquille d’un État qui avait connu ses heures de gloire encore  récemment, lorsqu’en 1954, la Conférence de Genève le jugeait encore assez solide pour résister à l’agression et dont l’indépendance mérite d’être constatée par des agents de statut international.  Mais elle ne savait pas que le ver est dans le fruit ou pour utiliser une expression khmère, Que quelqu’un de l’intérieur donne une main traîtresse à l’extérieur ou, dans la langue khmère : Oy day pi khnong.

 

 Le problème pour tout Cambodgien qui veut relever son pays de la ruine est d’empêcher un seul dirigeant de disposer de la totalité de la politique de son pays. À cette fin, il faut qu’il se débarrasse une fois pour toute de :

 

 1°-  l’idée qu’il existe sur terre un homme prédestiné à qui la société tout entière peut confier tout son avenir ; autrement dit, il faut bannir à jamais la théorie du Maître de toutes

vies, trônant sur la tête de ses sujets et maître des pensées de ces derniers.

 

2° - l’idée que les gouvernants peuvent pratiquer en toute chose, la politique du secret d’État, même quand il s’agit d’une question d’intérêt public, comme notamment l’intégrité du territoire national.  Pour ce faire, il faut qu’ils apprennent à recourir à un système de travail en groupes spécialisés, chacun étant responsable d’une question. S’ils renâclent à le faire,  le public doit prendre la relève par tous moyens d’alerter l’opinion publique. Il faut que nous soyons conscients de la force d’une parole bien ciblée sur l’objectif et non dérapée sur l’individu.

 

Autrement dit, il faut passer d’un système féodal à un système bureaucratique dans sa pureté où chaque question de la compétence d’un bureau sera examinée entièrement par ce bureau (ou dans des cas compliqués par un collectif de bureaux) : de la cause jusqu’aux effets ; c’est à dire des tenants aux aboutissants, sans négliger aucun intermédiaire.

 

À présent, les États européens sont arrivés à passer du système féodal au système bureaucratique et par suite, ont abouti à assurer leur pérennité, même en l’absence d’un chef reconnu.  Ce que d’ailleurs avait voulu Bonaparte au début de sa carrière politique.

 

Nous, Cambodgiens, il ne faut pas nous cramponner à un système anachronique qui nous avait fait tant de mal parce que nous voulons nous débarrasser, par fierté mal placée, d’un apport étranger et sommes arrivés à une impasse grosse d’un protectorat. Or un protectorat exercé par un pays limitrophe, évolue inévitablement vers l’anéantissement de notre identité nationale.  La preuve est déjà faite à l’est comme à l’ouest, il est absolument inutile de contester  cette  évolution.

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Published by Srey Santhor - dans République Khmère
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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 13:23

 

Points de repères sur la vie politique de la République khmère

 

Cette chronologie permet aux lecteurs de suivre facilement mon récit sur « l’échec de la République Khmère ». Elle donne aussi une vue globale sur la vie politique de cette république qui était née pour les uns comme un garant de l’avenir heureux du peuple khmer et pour les autres comme une annonce du cataclysme dans le pays. Mais après sa mort, le peuple khmer plongeait dans les ténèbres des Khmers Rouges dont la mort était son seul espoir de finir avec sa souffrance.

 

1970

- 6 Janvier 1970 : Le Prince Sihanouk quitte hâtivement le Cambodge pour la France avec sa famille.

- 3 Février 1970 : Le gouvernement de sauvetage de Lon Nol se saisit de l’affaire d’une importante contrebande d’étoffes en provenance de Hong Kong. Est impliqué, entre autres, le Colonel Oum Manorine, Secrétaire d’Etat à la Défense en surface et beau-frère de Sihanouk.

- 8 Mars 1970 : Manifestation contre les Vietcong et les Nord-Vietnamiens à Svay Rieng, afin d’exiger leur retrait du territoire khmer.

- 11 Mars 1970 : Manifestation à Phnom-Penh contre les Vietcong et les Nord-Vietnamiens. Les ambassades du Nord-Vietnam et du GRP sont mises à sac par les manifestants.

- 12 Mars 1970 : Le Prince Sihanouk adresse un télégramme au gouvernement et désapprouve l’attitude des manifestants.

- 14 Mars 1970 : Annonce du retour de Sihanouk à Phnom-Penh, on l’attend à l’aéroport, mais il se rend à Moscou.

- 16 Mars 1970 : Réunion sans aucun résultat entre la délégation khmère et la délégation du Nord-Vietnam/GRP. – Deuxième manifestation anti-vietnamienne à Phnom-Penh devant l’assemblée Nationale qui est réunie  pour étudier l’affaire contrebande du Colonel Oum Manorine. Les manifestants exigent le retrait des troupes VC/NVN des territoires khmers et condamnent ceux qui ont « vendu les terres khmères » aux Vietnamiens. En séance à huis-clos, certains députés avancent que Sihanouk doit être démis de ses fonctions de Chef de l’Etat. – Avec l’approbation de la Reine Kossamak, le gouvernement de Lon Nol a envoyé une délégation, composée du prince Kantol et de M. Yem Sambaur, pour exposer à Sihanouk de la situation réelle dans le pays. Sihanouk refuse de la recevoir.

- 17 Mars 1970 : Dans la soirée, Lon Nol annonce à la radio l’arrestation du Commandant Bou Hol, Chef de la police municipale, connu pour sa fidélité au prince.     

- 18 Mars 1970 : Alors qu’il est en voyage officiel en URSS, le Prince Norodom Sihanouk est démis de ses fonctions du Chef de l'État par le Parlement khmer à 13h30.

- 19 Mars 1970 : Le Général Lon Nol lance un ultimatum aux Vietcong et Nord-vietnamiens pour qu’ils retirent leurs troupes des territoires khmers dans un délai de 48 heures. – Appel radiodiffusé de Pékin du Prince Sihanouk, au soulèvement général des Khmers contre le gouvernement de Lon Nol.

- 20 Mars 1970 : Les Etats-Unis reconnaît le nouveau régime de Lon Nol. - Rattachement de la J.S.R.K. (Jeunesse Socialiste Royale Khmère) au Ministère de l'Education nationale (auparavant elle dépendait directement du Chef de l'État).

- 21 Mars 1970 : Yem Sambaur est investi par l'Assemblée Nationale comme Ministre des Affaires Etrangères (en remplacement du Prince Norodom Phurissara).

- 23 Mars 1970 : Proclamation de Sihanouk. Appelle tous les Khmers à former un Front uni national du Kampuchéa (FUNK).

- 24 Mars 1970 : Renouvellement du Comité Central du Sangkum Reastr Niyum. In Tam est élu Président, Trinh Hoanh Secrétaire Général. Création d'un Comité Nationale de Sauvetage.

- 26 Mars 1970 : Soutien sans réserve des députés khmers rouges Khieu Samphan, Hou Youn et Hu Nim, partis pour le maquis.

- 26-27 Mars 1970 : Troubles de Kompong Cham ; lynchage par des pro-Sihanoukistes de deux députés de la circonscription, marche des émeutiers sur Phnom-Penh.

- 28 Mars 1970 : Promulgation d'une loi de plein pouvoir au gouvernement de sauvetage.

- 29 Mars 1970 : La colonne de voiture, occupées par des manifestants, venant de Kompong Cham, se dirige vers Phnom-Penh pour réclamer le retour de Sihanouk est arrêtée par l’armée. Les manifestants, manipulés par les communistes vietnamiens, sont sévèrement réprimés par l’armée. – Les troupes Nord-vietnamiennes et Vietcong lancent des offensives contre l’armée khmère à partir des territoires khmers.

- 30 Mars 1970 : Le Gouvernement de Sauvetage annonce l'entrée des troupes Viêt-Cong dans la région de Snoul et de Kratié. Perte des provinces du Nord-Est.

- 2 Avril 1970 : Le Ministère de l'Information dément que le Gouvernement ait pris contact avec M. Son Ngoc Thanh. Libération des détenus politiques.

-  4 Avril 1970 : Appel du gouvernement de sauvetage "invitant" les corps constitués et toutes les couches sociales à faire connaître leur avis sur la monarchie et la République Kret (Loi) 198/70/CE portant suppression du Haut Conseil du Trône.

- 7 Avril 1970 : Date de compagne en faveur de la République dans la presse de langue khmère.

- 8 Avril 1970 : Le Mouvement du "Sangkum Reastr Niyum" invite le gouvernement de sauvetage à transformer d'urgence le Cambodge en une République.

- 11 Avril 1970 : - Marche de la Concorde Nationale. Discours du Général Lon Nol : "Nous promettons d'envisager par tous les moyens, mais toujours dans la légalité, l'établissement du régime républicain au Cambodge. - Interdiction est faite aux ressortissants vietnamiens de circuler à Phnom-Penh de 18h à 6h. Début de la répression antivietnamienne.

- 28 Avril 1970 : Création du Comité Juridique et Constitutionnel chargé d'étudier et d'élaborer le régime républicain.

- 30 Avril 1970 : Intervention américano sud-vietnamien au Cambodge.

- 2 Mai 1970 : Ouverture de négociation entre Saïgon et Phnom-Penh pour régler le sort des Vietnamiens du Cambodge.

- 3, 4, 5 Mai 1970 : Congrès du FUNK à Pékin et création du Gouvernement d’Union Nationale du Kampuchéa (GRUNK) présidé par Norodom Sihanouk. Ce gouvernement comporte deux parties : L’une basée à Pékin, l’autre en zone libérée du Cambodge et dans le maquis cambodgien.  

- 14 Mai 1970 : Lettre du Prince Sirik Matak déclarant qu'il abandonne son titre royal.

- 16 Mai 1970 : - Auto-dissolution du Comité Central du Front National de Libération du Cambodge (Khmer Serei de Son Gnoc Thanh), ralliement au gouvernement de Sauvetage. - Ouverture de la Conférence de Djakarta sur le Cambodge.

- 19 Mai 1970 : Création à l'Assemblée Nationale d'un "Centre national pour le recueil des renseignements".

- 21 Mai 1970 : Communiqué radiodiffusé du Général Lon Nol : Jusqu'à présent, conformément aux vœux unanimes de nos compatriotes, la transformation de notre pays en république Khmère s'effectue rapidement et dans la bonne voie".

- 10 Juin 1970 : Occupation des temples d'Angkor par les forces communistes vietnamiennes.

- 13 Juin 1970 : Création du Comité chargé de suivre l'évolution des esprits et des idées de la République Khmère.

- 16 Juin 1970 : La Chambre crée en son sein un Comité exécutif chargé de suivre l'évolution de la situation politique et militaire du pays. Cette création provoque un conflit larvé avec le Gouvernement).

- 17 Juin 1970 : - Les Forces Armées Khmères perdent le contrôle du temple d'Angkor. – Création d'"assistants" conseillers auprès du Président du Conseil des Ministres.

- 25 Juin 1970 : Décret portant mobilisation générale.

- 27 Juin 1970 : Motion des Chambres accordant leur pleine confiance à Lon Nol et Sirik Matak.

- 30 Juin 1970 : Retrait des troupes américaines et persistance des bombardements américains des zones sous le contrôle des forces communistes vietnamiennes. Les troupes sud-vietnamiennes restent dans la province de Kompong Cham.

- 1er Juillet 1970 : Remaniement ministériel.

- 2 Juillet 1970 : Message de Cheng Heng, Chef de l'État : Je décide de confier les Généraux Lon Nol et Sirik Matak la mission de prendre les mesures qui s'imposent en vue de résoudre efficacement les graves problèmes de l'heure.

- 5 Juillet 1970 : Le Prince Sihanouk est condamné à mort par le Tribunal militaire.     

- 1er Août 1970 : Le Journal Officiel remplace la mention Royaume du Cambodge par celle d'État du Cambodge. La Reine mère est contrainte de quitter le Palais-Royal.

- 3 Août 1970 : Suppression du Comité exécutif de l'Assemblée nationale.

- 14 Août 1970 : Annonce de la nomination de Son Gnoc Thanh "Conseiller du Gouvernement".

18 Août 1970 : Rentrée de l'Assemblée Nationale. Investiture du Gouvernement remanié.

- 25 Août 1970 : Les Etats-Unis d'Amérique accorde une aide à l'État du Cambodge de 40 millions de Dollars.

- 28 Août 1970 : Visite à Phnom-Penh du Vice-Président des Etats-Unis, Spiro Agnew. Lon Non, frère du Général Lon Non, réunit ses proches au Comité de Coordination de la Défense nationale (COC/DN) pour étudier la question de la proclamation de la république du Cambodge.

- 29 Août 1970 : Publication du projet constitutionnel d'inspiration parlementaire (projet Ung Mung).

- 25 Septembre 1970 : L'Assemblée Nationale proroge pour 6 mois la loi sur la Nation en danger (Kram 448/CE du 31/10/70).

- 5 Octobre 1970 : Décision des deux Chambres en séance commune de proclamer la République.

- 7 Octobre 1970 : Vote de la Loi proclamant la République.

- 9 Octobre 1970 : Cérémonie de proclamation solennelle de la république Khmère.

- 14 Octobre 1970 : Kram (loi) 450/70/CE voté par l'Assemblée Nationale portant sur la libéralisation du commerce d'import-export. Projet de libéralisation du secteur bancaire.

- 23 Novembre 1970 : Prolongation par le Chef de l'État du mandat de l'assemblée Nationale. Ouverture de la 1ère session de la 5ème année de l'Assemblée Nationale.

- Décembre 1970 : Querelle sur l'incompatibilité du mandat parlementaire et l'exercice de certaines fonctions (diplomates, gouverneurs, militaires).

- 25 Décembre 1970 : Décret-Loi établissant la censure (n° 15/70/DL CE).

 

1971

- 2 Janvier 1971 : Suspension du journal Khmer Ekhareach.

- 21 Janvier 1971 : L'aéroport international de Pochentong est bombardé par des roquettes 122 des forces Viêt-Cong.

- 8 Février 1971 : Le Général Lon Nol est frappé d'hémiplégie.

- 13 Février 1971 : Lon Nol quitte le Cambodge pour se soigner à Honolulu (U.S.A.) pour se soigner. Le Prince Sirik Matak assure l'intérim.

- 18 Février 1971 : Dissolution du Sangkum Reastr Niyum.

- 2 Mars 1971 : Signature des accords sur les aides américaines.

- 7 Mars 1971 : Le Colonel Lon Non crée le « Comité républicain ».

- 12 Avril 1971 : Le Général Lon Nol retourne au Cambodge.

- 20 Avril 1971 : - Le Général Lon Nol donne sa démission du Chef du gouvernement. Le Prince Sirik Matak continue d'assurer l'intérim. – Promulgation de la Loi Constitutionnelle confiant l'élaboration de la nouvelle Constitution à une Commission mixte élargie.

- 21 Avril 1971 : L'Assemblée nationale émet le vœu que Lon Nol soit élevé à la dignité de Maréchal.

- 30 Avril 1971 : Le Général est nommé Chef d'Etat-Major Général.

- 3 Mai 1971 : Fin de la crise ministérielle suite à la démission du Général Lon Nol.

- 6 Mai 1971 : Formation du nouveau gouvernement : Lon Nol, Président du Conseil ; Le Prince Sirik Matak, Président du Conseil Délégué ; In Tam, 1er Vice-Président du Conseil.

 - 11 Mai 1971 : Yem Sambaur est élu Président de l'Assemblée nationale en remplacement d'In Tam.

- Mai 1971 : Conflit entre l'Assemblée nationale et le Gouvernement à propos de l'augmentation du prix d'essence.

- 9 Juin 1971 : Kret nommant Lon Nol Maréchal.

- 29 Juin 1971 : L'Assemblée proroge l'état de Nation en danger.

- 8 Juillet 1971 : Lon Nol demande le droit de vote pour les militaires.

- 21 Juillet 1971 : Censure votée contre le Ministre du commerce et de l'Industrie, M. Khun Thay Ly.

- Août 1971 : Déclenchement de l'opération militaire Tchenla. Objectif militaire : Contrôle le centre du pays.

- 8 Septembre 1971 : Création, dans le cadre de la mobilisation générale d'un comité militaire de coordination et de liaison avec la commission mixte élargie chargée de l'établissement de l'avant-projet de Constitution.

- Septembre 1971 : - Conflit entre l'assemblée nationale et le Gouvernement à propos de l'interpellation du Ministre du commerce, M. Sok Chhong. – Débat parlementaire sur le droit de vote des militaires. – M. Douc Rasy perd la direction de la revue en langue française les réalités cambodgiennes.

- 23 Septembre 1971 : M. In Tam donne sa démission.

- 18 Octobre 1971 : Dissolution des Chambres transformées en Assemblée Constituante. Ordonnance n° 1 conférant le Pouvoir Législatif au gouvernement et n° 2 proclamant la nation en danger. Remaniement ministériel.

- 20 Octobre 1971 : Manifestation des moines et des étudiants pour demander à Lon Nol d’accepter les fonctions de Chef de l’Etat et un remaniement ministériel.

- 21 Octobre 1971 : Conférence de presse du Ministre de l'Information, Long Boret : "Il n'y a pas eu le coup d'État".

- 25 Octobre 1971 : Communiqué de Long Boret, Ministre de l’Information, précisant que Lon Nol ne peut accepter la fonction de Chef de l’Etat ou Président de la République tant qu’il n’y a pas de Constitution.

- 30 Octobre 1971 : Le Chef de l'Ordre Mahanikay proteste contre les tentatives de politisation de son ordre (manifestation des bonzes demandant l'accession de Lon Nol au poste de Président de la République).

- 8 Novembre 1971 : M. In Tam est élu Président de l'assemblée Constituante.

- 12 Novembre 1971 : Lon Nol demande à l’assemblée Constituante d’achever la rédaction de la constitution pour la fin janvier 1972, afin de pouvoir organiser un référendum le 15 Février 1972.

- 15 Novembre 1971 : La commission mixte arrête ses réunions et transmet ses travaux à l'Assemblée Constituante.

- Novembre 1971 : Les forces communistes lancent des opérations offensives. Nouvelle intervention massive des forces sud-vietnamiennes et des bombardements américains.

- 2 Décembre 1971 : Déroute de l’opération militaire « Tchenla ».

 

1972

- Février 1972 : L’Assemblée Constituante discute le projet de Constitution. Opposition de l'assemblée aux vues gouvernementales à propos de limitation le nombre des partis politiques et des références racistes du préambule.

- 25 Février 1972 : Conférence de presse de Kéo An, doyen de la Faculté de Droit. Il critique violemment Sirik Matak accusant ce dernier de corruption. Kéo An est révoqué de son poste. Cette mesure provoque le mécontentement des milieux estudiantins.   

- 10 Mars 1972 : Manifestation des étudiants et lycéens hostiles au maintien au pouvoir de Sirik Matak.

- 10 Mars 1972 : M. Cheng Heng démission de son poste du chef de l'Etat. Lon Nol remplace Cheng Heng. Il annonce la dissolution de l'Assemblée Constituante.

- 12 Mars 1972 : Sirik Matak donne sa démission du poste du Président du Conseil Délégué.

- 13 Mars 1972 : Dans un message à la nation, Lon Nol se proclame « Président de la République Khmère » et, en même temps, il définit le rôle du président de la République.

- 14 Mars 1972 : Prestation de serment du nouveau président de la république.

- 15 Mars 1972 : Lon Nol annonce la formation prochaine d’un nouveau gouvernement.

- 16 Mars 1972 : Sirik Matak annonce à la radio sa décision de se retirer de la vie politique.

- 21 Mars 1972 : Son Gnoc Thanh est nommé Président du Conseil des Ministres. Un commando des Viêt-Cong attaque les faubourgs de Phnom-Penh.

- 25 Mars 1972 : Début des travaux du comité d'élaboration de la Constitution.

- 9 Avril 1972 : Publication du Projet constitutionnel.

- 11 Avril 1972 : Publication de l'ordonnance portant organisation du référendum constitutionnel.

- 23 Avril 1972 : - A la télévision, un étudiant de Droit, Koy Pech, qui doit y expliquer la constitution, insulte Lon Nol de dictateur.

- 24 Avril 1972 : Son Gnoc Thanh ordonne d’arrêter Koy Pech, des polices militaires encerclent la Faculté de Droit où ce dernier s’est réfugié.

- 26 Avril 1972 : Le gouvernement de Son Gnoc Thanh ordonne de fermer les universités.

- 27 Avril 1972 : Devant la Faculté de Droit, vers 10 h, la force de l’ordre ouvre le feu sur les étudiants. Selon le gouvernement, il y a 20 blessés. Selon des étudiants, il y a des morts, parmi lesquels, il y avait le fils du Général Srey Ya. Celui-ci nie cette rumeur. Le journal Norkor Thom écrit que c’est le Commandant OP Kim Aun qui a donné l’ordre à la force de l’ordre de tirer sur les étudiants. Le gouvernement annonce que ce coup de feu est l’œuvre des agents communistes pour but de déstabiliser ses actions.  

- 30 Avril 1972 : Référendum constitutionnel : La Constitution est adoptée.

- Mai 1972 : Campagne pour les élections présidentielles. Trois candidats s'affrontent : Lon Nol, In Tam et Kéo An.

- 10 Mai 1972 : Sirik Matak est nommé par Lon Nol Conseiller spécial du Président de la République.

- 16 Mai 1972 : Grève des instituteurs contre une ordonnance présidentielle qui réforme le statut des fonctionnaires : "Cadre unique" pour les fonctionnaires.

- 4 Juin 1972 : Lon Nol est élu Président de la République. In Tam obtient une majorité des voix à Phnom-Penh. Kéo An dénonce des fraudes électorales.

- Août 1972 : Campagne pour les élections législatives. Le Parti Républicain de Sirik Matak, et le Parti Démocrate d'In Tam boycottent les élections. Seuls les Partis Social-Républicain (Lon Non et Hang Thun Hak) et Pracheachon, parti créé par Lon Non participent aux élections.

- 3 Septembre 1972 : Le parti Social-Républicain remporte 126 sièges de l'Assemblée Nationale.

- 8 Septembre 1972 : Violation manifestation populaire contre la rareté et la hausse des prix du riz.

- 17 Septembre 1972 : Elections pour le Sénat. Le Parti Social-Républicain remporte la totalité des sièges.

- 12 Octobre 1972 : À l'ONU 132 pays se prononcent pour la représentativité de la République Khmère. 11 pays votent contre la République Khmère : Albanie, Algérie, Chine Populaire, Congo, Cuba, Irak, Mauritanie, Roumanie, Sénégal, Syrie et Yougoslavie).

- 14 Octobre 1972 : Son Gnoc Thanh donne sa démission de son poste du Premier ministre.

- 17 Octobre 1972 : Hang Thun Hak est nommé Premier ministre.

- 28 Octobre 1972 : À l'ONU, la Commission de vérification des décisions de l'Assemblée générale approuve par 62 voix dont l'URSS l'octroi du siège du Cambodge à la République Khmère, contre 17 et 17 abstentions.

 - 31 Octobre 1972 : Création d'un Comité Nationale pour la Paix et la Concorde.

 

1973

- 8 Janvier 1973 : Lon Nol déclare : Pas de négociation avec Sihanouk".

- 27 Janvier 1973 : Signature à Paris des accords américano-vietnamiens mettant un terme à la guerre du Vietnam. Le Vietnam projette de se retirer du Cambodge. - Lon Nol ordonne la cessation unilatérale de toute offensive militaire sur tous les fronts pour permettre aux forces communistes vietnamiennes (VC/NVN) de retirer leurs troupes du territoire khmer. Les Khmers Rouges s’estiment trahis par leur allié vietnamien.

- 28 Janvier 1973 : Grande manifestation publique de 3 jours organisée par le gouvernement pour célébrer le retour de la paix.

- 2 Février 1973, le Syndicat des Ouvriers et Agriculteurs déclarent n'avoir plus confiance en la personne de Hang Thun Hak, Premier ministre.

- 8 Février 1973, grève des enseignants qui n'ont pas reçu leur salaire avec occupation de la Faculté de Pédagogie de Phnom-Penh.

- 17 Mars 1973, dans la matinée, un Commando d'hommes armés tente de pénétrer dans la Faculté de Pédagogie pour délivrer des personnes séquestrées par les grévistes. Une fusillade éclate : 2 morts et un blessé. Les rumeurs attribuent cette action à Lon Non, ministre attaché à l'Intérieur. Dans l'après-midi, un avion de chasse T28 piloté par So Photra, époux de la princesse Botum Bopha, fille de Sihanouk, largue des bombes sur le palais présidentiel de Chamcar Môn. Lon Nol est indemne, mais la caserne de la garde présidentielle est complète détruite. Il y a beaucoup de morts.

- 19 Mars 1973 : Le gouvernement de Hang Thun Hak prend des mesures contre les membres de la famille royale. Sirik Matak est assigné en résidence surveillée.

- 4 Avril 1973 : Lon Non donne sa démission de son poste du ministre attaché à l'Intérieur.

- 5 Avril 1973 : le Comité de la défense nationale décide de déférer 9 membres de la famille royale devant le Tribunal militaire.

- 17 Avril 1973 : démission de Hang Thun Hak de ses fonctions de Premier ministre.

- 24 Avril 1973 : Lon Nol crée par ordonnance un "Haut-conseil politique". Il est composé de Lon Nol (Président), Cheng Heng (Vice-Président), Sirik Matak et In Tam (membres).

- Mars-Avril 1973 : Sihanouk, président du FUNK, entreprend une tournée dans les zones libérées où il rencontre les chefs khmers rouges, Khieu Samphan, Son Sèn, Pol Pot, Hu Nim, Hou Youn.

- 10 Mai 1973 : In Tam est désigné Premier ministre. La Chambre des Représentants des Etats-Unis s'oppose à l'intervention de l'US Air Force au Cambodge.

- 15 Mai 1973 : La Commission des crédits du Sénat des USA décide à l'unanimité de ne plus accorder un dollar au Président Nixon pour les opérations militaires au Cambodge.

- 31 Mai 1973 : Cinq enfants et quatre proches de Sihanouk sont libérés. Ils sont libres de quitter le territoire.

- 20 Juin 1973 : Oum Manorine, beau-frère de Sihanouk et tous anciens collaborateurs de Sihanouk incarcérés depuis le 18 mars 1970 sont libérés et ils sont libres de quitter le territoire.

- 27 Juin 1973 : Le Président Nixon oppose son veto à l'amendement des deux Chambres du Congrès interdisant de poursuivre les opérations aériennes de bombardement sur le territoire khmer au-delà du 30 Juin 1973.

- 29 Juin 1973 : La Chambre des Représentants des USA adopte un amendement fixant au 15 Août la date de la suppression des fonds alloués aux opérations aériennes au-dessus du Laos et du Cambodge.

- 6 Juillet 1973 : Au nom de la république Khmère, Long Boret présente un plan de paix en 6 points, qui est rejeté par le FUNK (Front uni national du Kampuchéa).

- 15 Août 1973 : Cessation des interventions aériennes US Air Force au Cambodge.

- 9 Octobre 1973 : A l'occasion du deuxième anniversaire de la proclamation de la république Khmère, Lon Nol propose aux "Khmers de l'autre côté" d'entamer des négociations; ce que le GRUNK (Gouvernement d'Union nationale du Kampuchéa) rejette la proposition de Lon Nol.

- 10 Octobre 1973 : L’URSS reconnaît le GRUNK comme seul représentant légitime du Cambodge.

- 14 Octobre 1973 : In Tam présente la démission de son gouvernement, qui est refusé par Lon Nol.

- 22 Octobre 1973 : Remaniement du gouvernement In Tam.

- 27 Octobre 1973 : Dans une déclaration à la presse, Sihanouk annonce son intention de rester définitivement en Chine et d’y mourir avec sa mère.

- 5 Novembre 1973 : - La Reine Kossamak, accompagnée d’une suite de 43 personnes, dont 15 membres de la famille royale, quitte le Cambodge pour Canton à bord d’un avion d’Air France spécialement affrété par le gouvernement républicain. – A 16h30, un chasseur T28 piloté par le lieutenant Pich Lim Kuon, largue des bombes sur le palais présidentiel. Lon Nol est indemne.

- 30 Novembre 1973 : Lon Nol déclare qu’il est prêt à rencontrer Sihanouk.

- 4 Décembre 1973 : L’Assemblée générale de l’ONU commence à examiner la résolution présenté par 32 pays et visant à rétablir les droits légitimes du GRUNK.

- 6 Décembre 1973 : L’Assemblée générale de l’ONU décide, par 53 voix contre 50 et 21 abstentions, de repousser à l’année suivante l’examen de la question de l’attribution du siège du Cambodge à l’ONU.

- 7 Décembre 1973 : In Tam présente la démission de son gouvernement, qui a été acceptée par Lon Nol.

- 13 Décembre 1973 : Long Boret est désigné Premier ministre. Il forme un nouveau gouvernement.

- 17 Décembre 1973 : L’Assemblée générale de l’ONU rejette, par 55 voix contre 50 et 17 abstentions, un projet visant à ce que la délégation de la République Khmère ne soit plus accréditée auprès de l’ONU.

- Les généraux Sey Ung, gouverneur de Koh Kong, Mey Sichân, gouverneur de Kampot et commandant-adjoint de la 2e Région militaire, et le général commandant la place de Takéo sont relevés de leurs fonctions pour corruption (Vente de munition et de douilles vides à l’ennemi).

- 26 Décembre 1973 : Publication de la liste des membres du gouvernement de Long Boret.

 

1974

- Janvier/Février 1974 : Les forces communistes lancent des roquettes 122 sur Phnom-Penh, y faisant des centaines de morts et de blessés parmi la population civile.

- 17 Février 1974 : Les deux supérieurs des deux ordres bouddhiques adressent une lettre ouverte à l’opinion nationale et internationale, notamment à toutes les organisations religieuses du monde, pour dénoncer  les bombardements des forces communistes dirigés contre les quartiers et les monastères peuplés d’innocents.

- 31 Mars 1974 : Lon Nol met fin aux activités du Haut-conseil politique.

- 1er Avril 1974 : Sirik Matak est nommé haut-assistant du Président de la République. Création du « Comité Exécutif », composé de Lon Nol, Sirik Matak, Long Boret et général Sosthène Fernandez (Commandant en Chef du FANK).

- 26 Avril 1974 : Attentat contre Long Boret, Premier ministre.

- 27 Avril 1974 : Ralliement de 340 Khmers Rouges à Stung Kambot.

- 29 Avril 1974 : Ralliement de 1 600 Khmers rouges à Pursat.

- 13 Mai 1974 : Mise à la retraite d’office, pour cause officielle d’ancienneté, de nombreux officiers généraux, tels : les majors-généraux Peou Lim Var, Chuon Chhum et Chhay Lay ; les brigadiers-généraux Pring Tum, Sok Chiep, Tum Yam, Ouk Sam, Dan Men et Pen Randa.

- 14 Mai 1974 : Le Parlement vote une loi proclamant la nation en danger.

- 16 Mai 1974 : La presse locale et privée est autorisée à reparaître mais chaque Directeur de journal doit payer une caution de 1 600 000 Riels.

- 21 Mai 1974 : Arrestation d’enseignants et d’étudiants qui ont organisé des manifestations contre le gouvernement.

- Juin 1974 : Les manifestations des enseignants et d’étudiants se poursuivent.

- 4 Juin 1974 : Le Ministre de l’Education nationale, Kéo Sangkim et son conseiller, ancien ministre, Thach Chia, sont pris en otages par des étudiants et assassinés dans l’enceinte du lycée « 18 Mars 1970 » par des inconnus.

- 16 Juin 1974 : Remaniement du gouvernement de Long Boret.

- 9 Juillet 1974 : Nouvelle proposition de paix de Lon Nol est rejetée par le GRUNK.

- 15 Août 1974 : « Journée de l’Armée » : Défilé militaire des troupes armées devant la place Preah Cakaymoni Chetdey.

- 20 Septembre 1974 : Retour de Lon Non au Cambodge, après plus d’un an d’exil forcé à l’étranger.

- 26 Septembre 1974 : Le gouvernement dissout l’Association des membres du corps enseignant khmer (AMCEK) pour cause de subversion et activité antirépublicaines.

- 27 Novembre 1974 : L’Assemblée générale de l’ONU adopte, par 58 voix contre 56 et 20 abstentions, une résolution présentée le 18 Octobre 1974 par 23 pays et demandant aux parties khmères d’engager des pourparlers ; aux Etats membres et au Secrétaire général d’y prêter assistance ; aux Etats membres de respecter l’issue des pourparlers et de ne rien faire avant que les résultats de ces efforts aient été examinés par l’Assemblée générale à sa trentième sessions.

- Décembre 1974 : Début d’une grande offensive des forces communistes sur la rive orientale du Mékong, en place de la capitale.

 

1975

- Janvier 1975 : Poursuite de l’offensive des forces communistes visant à isoler la capitale.

- 7 Janvier 1975 : Le Prince Sihanouk déclare que plusieurs personnalités dont Cheng Heng, Sirik Matak, Long Boret et le général Sosthène Fernandez sont prêts à se rejoindre à lui.

- 13 Janvier 1975 : Le Président Ford demande au Congrès d’accorder une aide militaire de 222 millions de dollars et 100 millions pour l’assistance alimentaire au Cambodge.

- Mars 1975 : Durant les mois de Janvier-Mars, les forces communistes sont à la porte de la capitale où pleuvent les roquettes 122. Le Mékong est coupé à hauteur de Neak Luong.

- 21 Mars 1975 : Remaniement ministériel.

- 1er Avril 1975 : Lon Nol décide de quitter le Cambodge pour faciliter le gouvernement de la République de négocier avec Sihanouk. C’est une option USA.

- 12 Echec des tentatives de Long Boret pour le retour de Sihanouk. Evacuation et départ du personnel de l’ambassade des Etats-Unis du Cambodge, dont l’ambassadeur. Dissolution du gouvernement Long Boret et création d’un Comité Suprême destiné à passer les pouvoirs à Sihanouk. La France reconnaît le GRUNK.

- 14 Avril 1975 : Un chasseur T28, de l’armée de l’Air largue 2 bombes sur l’Etat-Major des Forces Armées Nationales Khmères (FANK). Il y a beaucoup de victimes.

- 17 Avril 1975 : Vers 9 h, début de la tentative de Lon Non pour s’emparer du pouvoir. Fin de l’après-midi, arrivée des Khmers Rouges à Phnom-Penh ; début du génocide et de l’évacuation de Phnom-Penh.

 

Sources : Livre de Ros Chantraboth – République Khmère ; Edition L’Harmattan. Thèse pour le doctorat en Science Politique (Mai 1975) – La république khmère : Structures constitutionnelles et réalités politiques. Livre du Norodom Sihanouk – Prisonnier des Khmers Rouges – Edition Hachette. Livre de David P.Chandler – Pol Pot Frère Numéro Un ; Edition Plon. Livre de Paul Dreyfus – Pol Pot – Le bourreau du Cambodge ; Edition Le Club.

 

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Published by Sangha OP - dans République Khmère
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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 08:04

Télégramme poste de M. Sim Var à Norodom Sihanouk (Pékin) du 20 juin 1974

 

C’est bien aimable à vous de répondre à mon télégramme du 15 mai dernier.

 

Souffrez donc que je vous en remercie vivement malgré les injures les plus grossières dont vous m’avez abreuvé et dont je me ris allègrement, car vous m’y avez déjà habitué depuis fort longtemps. Je vous en remercie d’autant plus qu’elle prouve que vous m’avez parfaitement compris. Et pour mieux vous servir, je m’en vais la faire diffuser in-entenso avec mes commentaires bien entendu.

 

Et pourtant poursuivant l’unique but de mettre fin à cette guerre fratricide provoquée délibérément par votre orgueil insensé, je vous avais proposé ainsi qu’à Lon Nol deux choses : Refus de tout soutien étranger et autodétermination du peuple pour qu’il puisse choisir librement le régime de sa préférence.

 

Mais seul vous m’avez répondu comme d’habitude, de la façon la plus stupide en attribuant comme toujours vos propres faits à ceux qui n’ont absolument rien à se reprocher avec un art consommé dans lequel vous êtes passé maître. Cela ne trompe plus personne, sauf peut-être certains étrangers qui ont d’ailleurs intérêt) l’être, pour les besoins de leur cause.

 

Mais si vous avez la mémoire courte, souffrez donc que je vous la rafraîchisse pour vous rappeler vos propres faits.

 

En voici quelques-uns parmi les plus illustres :

 

- En 1955, qui donc a imposé à la nation Khmère les fameux principes de Pancha Sila, autrement dit politique de neutralité ?

 

N’est-ce pas un certain Sihanouk ?

 

- Qui donc, à partir de 1967, a permis aux communistes vietnamiens d’installer leurs bases militaires en territoire khmer, en violation flagrante de ladite politique de neutralité ?

 

N’est-ce pas le même Sihanouk ?

 

- En 1968, quand les occupants étrangers se comportaient par trop cavalièrement comme s’ils étaient en pays conquis en perpétrant des exactions intolérables sur nos populations des frontières, qui donc a donné le feu vert aux forces aériennes d’Amérique pour qu’elles bombardent ces bases militaires étrangères en territoire khmer, si n’est pas vous, Sihanouk ?

 

- En 1970, qui donc a condamné le peuple khmer pour avoir commis le crime de protester contre les exactions commises par les communistes vietnamiens ? N’est-ce pas encore et toujours le même Sihanouk ?

 

Naturellement, comme vous êtes fourbe de naissance, vous êtes certainement d’attribuer ces faits à …Sim Var ou à quelqu’un d’autre, faits qui vous ont pourtant valu votre honteuse destitution prononcée à l’unanimité par votre propre Parlement.

 

N’empêche que tout récemment encore vous avez reconnu, de bouche à oreille, en être l’auteur à votre propre mère, Sa Majesté la Reine Kossamak, qui reste malgré tout une digne et brave femme.

 

Et si votre mémoire est toujours défaillante, je tiens aussi toujours à vous la rafraîchir davantage encore en vous rappelant qu’aveuglé par votre haine et votre soif de vengeance, vous avez conclu un pacte militaire à Canton, en avril 1970, avec les ennemis traditionnels du peuple khmer, permettant à ces derniers d’agresser votre propre pays jusqu’à maintenant, ce qui vous a valu d’être condamné à mort pour crime de haute trahison par la Cour Criminelle.

 

C’est peut-être votre droit de suivre en cela la tradition des anciens rois khmers, mais le peuple khmer qui en est la victime innocente, a parfaitement lui aussi le droit de se défendre légitimement contre n’importe quel traître.

 

Les responsables américains ont-ils reconnu avoir ordonné, en Mai 1970 « l’invasion partielle » du Cambodge ? Mais ils n’ont aucun motif de la nier, puisque cette intervention militaire, parfaitement conforme aux Accords de Genève de 1954, n’a été décidée que pour répondre à l’agression communiste vietnamienne, ce qui était d’ailleurs dans la logique des choses voulues par vous-même, Sihanouk.

 

Mieux encore, au lieu de vous arrêter en si bon chemin, vous avez récemment signé un accord avec Hanoï lui donnant le droit, en violation des accords de Paris, d’installer légalement des bases militaires en territoire khmer avec des modifications de frontière, vous moquant royalement ainsi des souffrances infligées injustement au peuple khmer.

 

Si après tant de crimes si monstrueux vous prétendez encore avoir la conscience tranquille en professant à mon égard votre « souverain mépris », alors là, laissez-moi rire, car lorsque quelqu’un est descendu plus bas que terre et se donne quand même une importance qu’il n’a pas, quelle attitude prendre sinon celle de l’indifférence la plus parfaite ?

 

 

Paris, le 20 juin 1974

Signé : Sim Var. 

 

Cliquez ici pour lire le télégramme de Sihanouk.

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Published by Srey Santhor - dans République Khmère
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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 10:34

Sirik Matak : ancien Vice-Président du Conseil, Délégué à la Présidence du Conseil des Ministres.

 

Cher Cousin,

Si des fois vous étiez amené à faire un examen de conscience en toute sérénité, vous auriez trouvé que c’est vous-même qui êtes à l’origine de cette guerre d’agression, laquelle cause à votre propre patrie tant de deuils et de destruction. Vous auriez senti certainement que si vous aviez accepté avec dignité et abnégation – comme l’ont fait avant et après vous nombre de Chefs d’Etat destitués dans les mêmes conditions – le verdict des représentants légaux du peuple qui prononcèrent à l’unanimité votre déposition, vous auriez épargné sûrement à nos compatriotes tant de larmes et de malheurs.

Mais au lieu de cela, vous avez préféré constituer artificiellement un Gouvernement en exil dont les membres s’éparpillent dans diverses capitales étrangères et qui ne dispose pas de siège connu en territoire national. Pis que cela encore, vous avez fait appel aux forces nord-vietnamiennes et vietcong qui n’attendaient plus que ce signal pour agresser ouvertement votre pays, « légitimant » du même coup, leur invasion silencieuse et progressive du Cambodge qu’elles avaient commencée depuis cinq ans sur votre autorisation.

Rendez-vous compte, que, si maintenant vos amis nord-vietnamiens et vietcong forment, entraînent et soutiennent de toutes leurs forces un mouvement de Khmers Rouges à l’intérieur du Cambodge, ce n’est certainement pas ni pour vos beaux yeux, ni dans votre intérêt. Malins, mais très dangereux, ces adversaires visent plus loin : faire de votre pays un satellite du Nord-Vietnam.

Ce sera donc, vous finalement, qui serez trompé sur leur compte, alors que cette erreur d’appréciation aura coûté une guerre atroce à votre patrie qui, par votre faute, pourrait être rayée de la carte du globe.

Sentant qu’il est encore temps pour vous de faire une honnête autocritique et de vous corriger, j’espère pouvoir m’adresser à vous, dans cet ultime appel pour contribuer à sauver la patrie. La chose est faisable, si en toute conscience, vous admettez que vous êtes vous-même le seul responsable de la chute de la monarchie khmère et de nos malheurs présents, ainsi que de la liquidation de notre neutralité dans cette guerre d’Indochine et même devant les nations non-alignées.

A la mort de Sa Majesté Norodom Suramarit, votre père et mon oncle, lequel n’avait pas nommé de successeur, vous ne pouviez pas remonter sur le Trône, car en 1955, c’est-à-dire cinq ans auparavant, vous aviez pris la malheureuse décision d’abdiquer et fait le serment solennel de ne jamais chercher à le faire.

Conformément aux dispositions de l’article 30 de la Constitution de 1946, le Conseil de la Couronne « doit se réunir obligatoirement dans les trois jours qui suivent l’évènement ayant provoqué cette vacance, afin de désigner le nouveau Souverain ainsi que le Régent, si le nouveau Roi est mineur ».

A ce moment, vous étiez encore populaire et, une certaine mesure, aimé. Vous auriez pu être facilement choisi pour succéder à votre père, si l’article 30bis de la même Constitution, article que vous aviez fait adopter vous-même dans un mouvement d’humeur, ne vous en avait pas empêché.

En effet, cet article 30bis stipule que « dans les cas où les circonstances ne le permettraient pas, pour des raisons d’Etat, de désigner le nouveau Souverain, le Conseil de la Couronne doit procéder dans le même délai prescrit par l’article 30, à la désignation d’un Conseil de Régence qui assume provisoirement les prérogatives royales dans les conditions fixées par la présente Constitution ».

Mais « la jeunesse Socialiste Royale Khmère », une de vos nombreuses créations et inventions, a organisé sur vos ordres des manifestations pour réclamer que vous deveniez « Chef de l’Etat », éventualité que la Constitution n’a jamais prévue. Armé de ce subterfuge, vous avez lancé alors un message à la Nation en invitant toutes les Institutions du pays à modifier ladite Constitution dans ce sens en créant les fonctions de « Chef d’Etat ».

A l’époque, vos désirs étaient des ordres. Le Parlement s’est donc réuni pour élaborer un article additionnel afin de vous donner entière satisfaction et vous a désigné par la suite, le 15 juin 1960, « Chef de l’Etat », titre que vous avez détenu pendant un délai anormalement long et illégal, jusqu’à votre destitution formelle en Mars 1970. Il est devenu clair dès lors qu’en usant et abusant du POUVOIR PERSONNEL dont vous vous étiez vous-même investi, vous avez détruit de vos propres mains la monarchie khmère.

Je dois vous reconnaître cependant une qualité. C’est que vous êtes constant dans votre inconscience. Ceux que vous prétendez être aujourd’hui vos amis, vous les vouiez naguère aux gémonies populaires.

C’est ainsi que dans un éditorial paru dans « Le Sangkum » de Septembre 1966, vous avez brillamment démontré que les KHMERS ROUGES n’étaient que des traîtres, des dékhmerisés » qui ont accepté depuis Genève 1954 – et qui mieux est, « de jure » - de placer leur pays sous le protectorat de la République Démocratique du Vietnam ».

L’année suivante, vous en preniez publiquement au régime de Pékin qui vous héberge maintenant. En dissolvant « l’Association  de l’Amitié Khméro-Chinoise », vous avez déclaré que : « Etat souverain, la République Populaire de Chine conteste à l’Etat souverain du Cambodge le droit d’être maître chez lui ». Dans une autre déclaration, vous avez ajouté que cette nation (le Cambodge) ne saurait être représentée par les HOU YOUN, KHIEV SAMPHAN, HU NIM, PHOUK CCHAY etc. auxquels la Chine s’adresse par-dessus la tête de notre Gouvernement, de l’Etat khmer, qui eux sont les seuls représentants valables du peuple khmer ».

Dans un message à la Nation radiodiffusé le 5 Octobre 1967, vous vous êtes de nouveau adressé à Hou Youn, Khiev Samphân, Chau Séng, Phouk Chhay, Hu Nim, en leur demandant qu’ils « sachent cependant qu’ils me (vous-même) trouveront toujours prêt à faire face à leurs nouvelles attaques, et que je combattrai sans merci jusqu’au bout, jusqu’à l’annihilation de cette race de Khmers dékhmérisés, même si je devais y laisser ma peau ».

En Janvier 1968, lors d’une conférence de presse, vous avez de nouveau dénoncé la subversion chinoise en ces termes : « Les Khmers Rouges ont décidé de mettre fin à la paix dont le Cambodge jouissait depuis des années. Ils reçoivent à travers la frontière thaïlandaise, armements, munitions, vêtement, médicaments et des brochures de propagande en Siamois éditées en Chine et portant l’effigie du Président Mao Tsé Toung ».

Je pourrais ajouter encore d’autres citations, car de 1968 à 1969, vos déclarations écrites et verbales remplissent bien des volumes édités par votre Ministre de l’Information.. Il est vrai que pour faire contrepoids, vos diatribes contre les puissances occidentales, notamment les Etats-Unis d’Amérique, alimentaient de propos sensationnels, la presse du monde entier. En induisant ainsi l’opinion internationale en erreur, vous croyiez prouver que vous étiez « le champion de neutralité ».

Pourtant, agissant en sous-main, vous n’avez jamais cessé d’entretenir de « fraternelles » relations avec le Nord-Vietnam et le Viêt-Cong, relations qui allaient jusqu’à permettre à ceux-ci d’installer sur votre territoire national de véritables « sanctuaires », consistant en hôpitaux, centres d’entraînement, bases logistiques et centres de reconditionnement à partir desquels étaient lancées des opérations offensives contre le Sud-Vietnam. Ces sanctuaires s’échelonnaient le long de nos frontières orientales, depuis la province de Rattanakiri jusqu’à la mer. Vous pouvez conclure vous-même qu’une telle politique a rayé d’un trait de plume et à jamais notre neutralité prescrite pourtant par la Constitution, pour nous précipiter dans la guerre actuelle, guerre que notre Nation a toujours cherché à éviter.

Combattu par la population des régions qu’ils occupaient illégalement avec votre seule permission et dénoncés par le gouvernement khmer légal, les Nord-Vietnamiens et les Viêt-Cong n’ont trouvé rien mieux que de se lancer dans une agression ouverte, agression qu’ils voulaient rapide et décisive sur votre demande exprimé à Canton en Mars 1970.

Ainsi, au moment de l’agression du Cambodge le 29 Mars 1970, nous avions identifié les unités nord-vietnamiennes et vietcong en notre territoire et qui étaient réparties comme suit : 1ère division : RCT – 101 –D : 2 000 hommes stationnés à Angkor Borey en takéo ; 5ème division : RQTS – 05 et 275 : 5 000 hommes stationnés à Snoul en Kratié ; 7ème division : rqts – 141 – 165 – et 209 : 6 200 hommes stationnés à Memot en Kg-Cham ; 9ème division : RQTS – 95 –c – 271 et 272 : 6 000 hommes stationés à Chup en Kg-Cham ; Front B-3 : RQTS – 24-28-40-66-95-0 : 10 800 hommes stationnés à Rattanakiri – Bor Kéo, plus les P.C. et états-majors : 12 000 hommes et services des arrières (logistiques) : 23 000 hommes, ce qui fait au total une force étrangère de 65 000 hommes qui s’installaient tout le long de la frontière.

Maintenant que cette guerre dure depuis près de quatre ans avec des deuils, souffrances et destructions incommensurables, et que la république khmère est bien installée avec toutes ses institutions légales, je tiens à vous rappeler ici vos propres paroles extraites d’un de vos articles paru dans la revue « Le sangkum » en juillet 1966 :

« Le trône accepte très volontiers de faire place à la république, si telle est la volonté de la majorité des citoyens et citoyennes…Trône propose aux compatriotes républicains de tout faire pour éviter que le sang khmer coule à l’occasion de cette compétition. La monarchie n’a nullement l’intention de se « cramponner » si elle n’a plus la faveur du peuple ».

Le sang khmer n’ayant que trop coulé maintenant à cause de cette guerre, et le peuple dans sa large majorité ayant exprimé depuis Mars 1970 son désir d’avoir un régime républicain, je tiens à faire appel à vous, pour nous aider à stopper cette lutte insensée, alors que l’intensité des combats diminué peu à peu au Sud-Vietnam et au Laos, laissant augurer une solution pacifique de leurs problèmes.

Encore une fois, soyez raisonnable et sincère avec vous-même, et vous savez mieux que quiconque que vous n’êtes pas le « leader » de la soi-disant « résistance nationale », parce que cette résistance nationale que vous prétendez, n’est autre chose que l’agression des Nord-Vietnamiens et Vietcong avec la complicité de quelque vingt mille Khmers Rouges qui ne sont même pas vos hommes.

Par ailleurs, il est incontestable que pour vos dépenses personnelles et « gouvernementales », vous dépendiez entièrement des Chinois et des Nord-Vietnamiens. Cela ne vous permettra jamais d’être un vrai neutre. Sans eux, vous ne seriez pas en mesure de payer les grands frais de vos voyages et les membres de votre Gouvernement, dont la majorité vivent en permanence à Paris, en Afrique ou à Pékin, sans espoir de pouvoir remettre le pied sur le sol khmer.

Non, CHER COUSIN, soyez bon prince. Reconnaissez enfin, pour une fois, votre faillite en renonçant à vivre sous la coupe de l’étranger qui ne cherche à faire autre chose qu’exploiter votre esprit de revanche.

Ce faisant, vous auriez montré au monde, un patriotisme pur, exempt de toute passion, celui-là même dont vous ne cessez de vous réclamer. Sachez que toute votre famille attend de vous ce geste de grandeur d’âme.

 

Phnom-Penh, le 27 Août 1973

                                                                                                          Signé : SISIWATH SIRIK MATAK 

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 16:17

Conférence de Presse de Son Excellence Sim Var, à l’Institut de l’Asie du Sud-Est, le 3 novembre 1987

 

Mesdames et Messieurs les représentants de la Presse, vous souhaitant la bienvenue dans cette salle de l’Institut de l’Asie du Sud-Est, le comité central du Mouvement pour le soutien de la liberté khmère (Moulkhmer) vous adressez remerciements les plus sincères pour avoir bien voulu accepter d’assister à cette conférence de presse à l’occasion de son dixième anniversaire.

Ces remerciements sont d’autant plus sincères que de nombreuses appréhensions assombrissant l’avenir du Cambodge où sévit depuis près de 9 ans une guerre injuste… Et nous disons : une guerre injuste, parce qu’elle est la résultante d’une tension entre la R.P.C et l’U.R.S.S. qui se disputent l’hégémonie mondiale à partir de l’Asie du Sud-Est.

Au lieu d’en découdre directement entre elles, ces deux grandes puissances ont préféré se battre indirectement, chez-nous, par petits pays interposés : d’un côté se trouve le NVN (soutenu par l’Union Soviétique) qui occupe depuis janvier 1979 notre territoire, de l’autre les mouvements de la Résistance cambodgienne soutenus par la R.P.C.

Pour vous permettre de comprendre l’imbroglio cambodgien, qu’il me soit permis de vous rappeler ici, succinctement, les faits historiques qui remontent à l’année 1953 : à cette date, la France venait d’accorder au Cambodge son retour à l’Indépendance Nationale. L’année suivante eut lieu la Conférence de Genève à laquelle participèrent les cinq puissances membres du Conseil de Sécurité de l’ONU. A cette occasion, le Roi du Cambodge avait insisté auprès de cette Conférence pour obtenir un statut de neutralité pour le Cambodge « comme la Suisse », disait-il. Avant de répéter au peuple que le Cambodge, neutre, serait intouchable.

Ces membres de la Conférence furent plus qu’étonnés par la demande de Norodom Sihanouk, parce qu’ils ne pensaient pas que les Cambodgiens seraient en mesure de suivre l’exemple de la Suisse, leur roi lui-même ignorant tout de ce pays et son système de défense. Cela ne les empêcha pas de céder, après avoir pris toutefois la précaution de nommer une Commission Internationale de Contrôle, présidée par le délégué de l’Inde, assisté du délégué canadien et du délégué polonais.

Vers 1963, Norodom Sihanouk autorisa des troupes Nord-Vietnamiennes en lutte contre le corps expéditionnaire américain à s’installer dans des sanctuaires en territoire cambodgien. Cela en violation flagrante de la neutralité cambodgienne réclamée par le même Norodom Sihanouk quelques années plus tôt.

En même temps, ce dernier, donna l’ordre à son armée de transporter des armes et des munitions livrées par la R.P.C. au port maritime de Kompong-Som, à l’intention des Vietnamiens, qui, non contents de s’abriter chez nous, allèrent jusqu’à commettre des exactions au préjudice des Cambodgiens vivant à proximité de la frontière du Vietnam, qui ne tardèrent pas à manifester leur mécontentement.

Mis au courant de ces faits, Norodom Sihanouk essaya de s’opposer, mais en vain, et les troupes vietnamiennes continuèrent à réquisitionner des récoltes, des bœufs ou des buffles, et des coolies porteurs.

Ce n’est en 1969 qu’il prit peur ; mais cela ne l’empêcha pas de partir, en 1970, à l’étranger, sous prétexte qu’il voulait s’occuper de précieuse santé.

   

En France, il rencontra alors son Premier Ministre, le Général Lon Nol, qui était en traitement à l’Hôpital américain de Neuilly à la suite d’un accident d’auto, et lui demanda de retourner au Cambodge pour ameuter les populations mécontentes des abus alors commis par les troupes du N.VN.

 

Lon Nol, malgré ses blessures, accepta de rentrer au Cambodge pour exécuter l’ordre du prince. A l’époque, il passait pour être le bras droit de Sihanouk. Lon Nol se rendait donc sur place pour enquêter auprès des populations concernées qui crurent avoir trouvé, en lui, enfin, un sauveur.

 

Le but du prince était de montrer au monde entier que le peuple cambodgien était excédé par le comportement des troupes vietnamiennes sans avoir à en saisir l’ONU. Pourquoi agit-il ainsi ? Parce qu’à l’époque, afin de faciliter l’entrée des troupes en question, il avait renvoyé la Commission Internationale de Contrôle qui devenait un témoin gênant. Donc, Norodom Sihanouk part du Cambodge en janvier 1970, son esprit de retour immédiat, laissant à d’autres le soin de résoudre ce problème insoluble qu’il avait créé.

 

La foule des frontaliers mécontents, après avoir manifesté sur place, se rendait à Phnom-Penh, dont les habitants firent cause commune avec elle, pour exprimer ses doléances à l’Assemblée Nationale où se trouvaient leurs représentants.

 

Le service d’ordre, vite débordé, la foule se transforma en émeute, saccager les ambassades du Nord et du Sud Vietnam, et massacra des résidents vietnamiens où qu’ils soient, dans la rue ou chez eux.

 

Mis au courant de ces faits, Norodom Sihanouk envoya à Phnom-Penh télégramme sur télégramme pour condamner le gouvernement du Général Lon Nol et l’Assemblée Nationale, dont certains membres réagirent en demandant la déposition du prince Sihanouk de son poste de Chef de l’Etat, mais Lon Nol résista à cette pression jusqu’à le dernière minute, c’est-à-dire jusqu’au 18 mars 1970.

 

Lon Nol ne put plus rien pour sauver la position du prince à partir du moment où celui-ci refus de recevoir les deux émissaires qu’il lui dépêcha pour le tenir au courant de la situation exacte. Et encore, ne se décida-t-il vraiment à céder qu’après avoir été menacé d’arrestation !

 

Pendant ce temps, le prince, sacrifiant sa cure, se rendait à Moscou pour y quémander, en vain, des armes pour sa défense personnelle, avant de se rendre à Pékin où Chou En Laï l’aida à conclure, avec Pham Van Dong, un pacte destiné à lui permettre de reconquérir, avec l’aide des troupes vietnamiennes et des Khmers Rouges, son pouvoir qu’il venait d’abandonner volontairement.

 

A Pékin, Pham Van Dong s’était fait fort de détruire l’armée cambodgienne en moins d’une semaine, mais en réalité, cela prit plus de temps que prévu, puisqu’en 1973, le délégué du Nord Vietnam profita de la Conférence de Paris pour exiger, d’accord sans doute avec Sihanouk, que le Cambodge soit neutre. Ce à quoi Kissinger ne trouva rien à redire, car les USA étaient alors pressés de retirer leurs troupes d’Indochine. Et ce qui devait arriver arriva : le Cambodge, n’ayant pas d’alliance avec qui que ce soit, isolé, démuni, ne pouvait que tomber face à un ennemi supérieur en hommes et en matériel. L’écroulement se produisit le 17 avril 1975 avec l’entrée des Khmers Rouges dans Phnom-Penh : ce jour-là s’achevait vraiment la longue semaine de Phan Van Dong, une semaine qu’avait duré cinq ans !

 

Pourquoi ce retour en arrière ? Pour souligner les circonstances logiques de la dégradation du Cambodge. C’est pourquoi nous nous permettons de faire appel au mass-média pour faire entendre notre cri de détresse à l’opinion mondiale, avec le souhait que l’ONU pense à organiser une conférence dans l’esprit de celle qui s’était tenue à Genève en 1954.

 

En attendant, considérant que le péril khmer-rouge a changé de nature, et que par conséquent le prétexte évoqué par les Vietnamiens pour maintenir des troupes au Cambodge ne tient plus. Nous nous permettons de demander le retrait immédiat de ces troupes et leur remplacement par les forces des Nations-Unis, comme en Allemagne Fédérale.

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 02:35

 

Après avoir pris note des avis donnés par les orateurs, M. Trinh Hoanh, Ek Yi Oun, Hoeur Lay In, Prom Séng, Uch Ek, et le Conseiller du Royaume Phoung Sân, et après avoir obtenu le résultat du vote sur la question de déchéance de Samdech Norodom Sihanouk de ses fonctions de Chef de l’Etat, le Président de l’Assemblée Nationale s’est levé de son siège et d’un geste solennel, a donné lecture du texte de proclamation déclarant au nom de la nation et des deux chambres réunies, ne plus reconnaître Samdech Norodom Sihanouk comme Chef de l’Etat à partir du 18 mars 1970 à 13 heures.

Précisions que le résultat du vote sur la question s’est établi comme suit :

- Bulletins blancs (pour Samdech) zéro    

- Bulletins bleus (contre Samdech) 92

-Bulletins blancs rayés de bleu (Abstention) Zéro.

 Les membres des deux assemblées se sont ensuite séparés après de longs applaudissements qui ont accueilli la proclamation faite par le président de séance, M. In Tam.

 Après quoi, l’Assemblée Nationale a rédigé une motion pour informer le public. Voici le texte.

 Motion : Texte intégral.

 Face à la situation troublée par les Viêt-Cong et les ennemis intérieurs et extérieurs du pays. Tous les orateurs intervenus devant la tribune ont souligné la nécessité de proclamer « la Nation en danger » et demande au Gouvernement d’appliquer l’article 15 de la Constitution, aux termes duquel les libertés notamment celles d’association, de réunions, de presse, les droits sur l’inviolabilité de la correspondance, du domicile, etc. sont suspendus temporairement pour un délai de six mois renouvelables. L’Assemblée a voté à l’unanimité, une déclaration proclamant « la Nation en danger ». Le Parlement a prononcé à l’unanimité la déchéance de Samdech Norodom Sihanouk de ses fonctions de Chef de l’Etat. Une motion a été publiée pour informer le public des causes de cette déchéance. Voici le texte intégral :

 Les agissements passés et actuels de Norodom Sihanouk, ex-Chef de l’État du Cambodge, tels qu’ils viennent d’être révélés devant l’opinion publique ont créé une vague d’indignation dans toutes les couches sociales de la Nation. Chacun de nos compatriotes voit clairement aujourd’hui le vrai visage et la vraie nature de celui qui conduisait notre pays à l’anéantissement. Les faits prouvés et vérifiés sont largement suffisants pour retenir contre Norodom Sihanouk :

 1. Haute trahison  pour avoir livré à l’occupation Viêt-Cong, préparant l’annexion par le Vietnam, de parties importantes du territoire national et pour délibérément soumis des milliers de nos compatriotes aux exactions des occupations étrangères. En circonstance aggravante on retiendra le fait que Norodom Sihanouk a permis à son épouse Neang Monique de se faire verser des sommes très importantes pour prix de cette occupation étrangère.   

2. Violation constante de la Constitution et instauration d’un régime de pouvoir personnel despotique absolu. Norodom Sihanouk a foulé aux pieds les principes directeurs dont s’inspirait le Sangkum Reastr Niyum à sa création, trahi le peuple qu’il prétendait servir, semer la division par ses accusations calomnieuses, atteint à la dignité des personnalités nationales, des représentants élus du peuple et d’innombrables citoyens en les injuriant bassement et publiquement, jugé et condamné sans appel ceux qui ne partageaient pas ses vues.  

Au cours des dernières années, Sihanouk a surabondamment montré son mépris envers le peuple à qui il devait ses pouvoirs jusqu’au jour où ce peuple a redressé la tête.

3. Dilapidation des biens de l’État et de l’argent du peuple pour ses plaisirs personnels et sa mégalomanie ainsi que pour satisfaire la cupidité de sa belle famille et de son clan. Parmi les multiples exemples il convient de citer les ruineux tournages de films, les festivals de films organisés à grands frais, les luxueuses réceptions, alors que le peuple connaissait la disette. Insensible aux difficultés de nos compatriotes et au combat de notre armée aux frontières, Norodom Sihanouk distribuait avec ostentation de maigres secours, voire les uniformes de nos soldats, comme des « dons personnels » et il réservait des sommes considérables à ses menus plaisirs et ceux de son clan.          

4. Corruption qu’il a systématiquement encouragée et favorisée pour s’acquérir la fidélité de sa famille et de son clan. Dans le monde entier on sait et nous avons les preuves que Neang Monique et sa mère, Neang Pomme Peang, avaient la haute main sur tous les trafics intérieurs et extérieurs, sur la répartition des pots-de-vin, les nominations de fonctionnaires aux postes lucratifs à un tarif fixé, etc. Non seulement Norodom Sihanouk ne pouvait l’ignorer mais encore il donna sa caution personnelle à la création du Casino qui devait drainer l’argent du peuple dans les poches de son clan ou encore à des scandales d’adjudication dont l’un des plus connus est celui de Phuong Margain.

5. Atteinte au prestige et à la dignité nationale par une politique fluctuante et contraire à la neutralité et des déclarations injurieuses à l’encontre des dirigeants et de tous les pays étrangers, y compris nos amis. Par ses retournements continuels Norodom Sihanouk a ruiné notre crédit international, créé un climat de méfiance dans tous les pays et dans tous les milieux disposés à nous accorder des aides inconditionnelles ou à investir leurs capitaux dans les secteurs où ils nous sont nécessaires. Enfin ses dernières déclarations à l’étranger constituent une tentative délibérée de nuire à notre paix intérieure, de saboter nos amitiés internationales, de plonger dans le malheur le peuple qui unanimement le condamne.

Pour les motifs ci-dessus énoncés, les députés ont soumis à l’assemblée nationale une proposition demandant que Norodom Sihanouk, ex-Chef d’État du Cambodge, et Monique, son épouse, soient traduits devant un Tribunal Militaire pour y répondre de leurs actes et de leurs crimes contre la Nation et le Peuple.

 Communication du gouvernement de sauvetage :

 Suite à la crise politique provoquée par le Prince Norodom Sihanouk, durant ces derniers jours, l’assemblée Nationale et le Conseil du royaume, réunis en Congrès, conformément à la Constitution du Royaume, ont retiré, à l’unanimité des voix, leur confiance au Prince Norodom Sihanouk.

À partir de ce jour, le 18 mars 1970 à 13h00, le Prince Norodom Sihanouk cesse d’être Chef de l’État du Cambodge, Son Excellence Cheng Heng, Président de l’Assemblée Nationale, assumera les fonctions du chef de l’État, jusqu’à l’élection d’un nouveau Chef de l’État également suivant le texte de la Constitution du Pays.

 Phnom-Penh, le 18 mars 1970

Le Président du Conseil des Ministres

Signé : Lon Nol

 Message à la Nation de Monsieur Cheng Heng, Président de l’Assemblée Nationale, exerçant les fonctions de Chef de l’Etat.

 Chers compatriotes,

 L’Assemblée Nationale et le Conseil du Royaume, réunis en Congrès, ont retiré le 18 mars 1970 à 13h00, conformément à la Constitution, à l’unanimité des voix, leur confiance au Prince Norodom Sihanouk dans ses fonctions de Chef de l’Etat.

Étant Président de l’Assemblée Nationale appelé à assurer les fonctions de Chef de l’État jusqu’à l’élection d’un nouveau Chef de l’État, j’ai le devoir de préciser solennellement à cette occasion que le Cambodge adopte la même ligne politique, c’est-à-dire pour l’indépendance, la neutralité et l’intégrité territoriale, que le Cambodge reconnaît et respecte les traités et accords antérieurement conclu.

Je me permets enfin de lancer un appel à notre clergé des deux ordres, aux deux chefs de ces derniers notamment, aux fonctionnaires, étudiants, à notre jeunesse et à notre population de toutes les couches sociales, leur demandant de rester dans l’ordre pour le bonheur de notre patrie.  

 

 

 

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 07:14

 

L’aurore du 18 avril 1975 ouvrit la nouvelle époque pour les millions des Khmers qui à la veille ont dormi à la belle étoile loin de leur maison familiale, parce que l’Angkar Loeu de Pol Pot voulait ainsi. Ils furent réveillés au deuxième jour de la fête du nouvel an par la faim et le chagrin. Ils n’ont eu que les larmes, comme seul remède pour éradiquer leur abstinence, qui coulèrent discrètement de leurs yeux qui témoigneront illico l’accès de rage des limiers de Pol Pot. Au Kampuchéa, la saison de Chhêt (Chaude – Mars, Avril et Mai) est généralement pénible. La moyenne des maxima d’avril est de 34°8 à Phnom-Penh, de 35°6 à Battambang. Le maximum absolu est de 40°5 au Chaktoumouk. Cette chaleur donna l’effluve des miasmes des macchabées des soldats républicaines qui ont été tués par les Khmers rouges, parce que ces adolescents avaient cru comprendre que la guerre était finie. Les vieillards et les malades ont été délogés de leur pieu de repos par ordre de l’Angkar Loeu pour se consumer dans l’ignorance (sans le dharma de Bouddha). Les pleurs d’adieu de leurs proches appelèrent tous les Thévadas (divinité) célestes de venir faire les témoins de ces trépas injustes, appelés l’assassinat. Les femmes savaient bien que la nuit venue les Chlaup Andérathey (les gardes khmers rouges) se glissèrent lâchement dans leur nouvelle demeure sans chaleur pour enlever leur mari ex-fonctionnaire et militaire : le meurtre est la question. L’apparition de l’étoile du matin du nouvel an 1975 fit fuir les oiseaux chanteurs de l’azur du Kampuchéa pour laisser la place aux cris des vautours affamés qui sont venus chercher les cadavres abandonnés sur le chemin de la mort. Pour consoler la tristesse et l’angoisse qui est les faiblesses de l’homme, les victimes de l’Angkar Loeu sanguinaire s’efforcèrent de penser à la parole de réconfort de l’ermite à Atala pendant le dernier souffle de sa vie : « Enfin, ma fille, le grand tort des hommes, dans leur songe de bonheur, est d’oublier cette infirmité de la mort attaché à leur nature » (Chateaubriand – Atala René Les Natchez). Pour peindre cette déchirure sans termes, mon fils, Davouth, écrit une élégie, car la poésie est le réel absolu. Plus une chose est poétique, plus elle est vraie. Aristote disait : « La tâche de poète et d’historien est la même, car elle consiste à faire durer quelque chose grâce à la mémoire ».

Voici le rêve de mon fils :

Le sombre est glacial

tel une force qui me rend pâle

la nuit reste éternelle

pareil à une si grand aile.

Que de malheur infini

ô aucune gaieté dans la vie

la tendresse disparaît

comme une étoile qui apparaît.

Dès le matin, je sens le crépuscule

qui me bouscule

j’écoute le vent alizé

pour me rappeler de cette paix.

Elle est sans doute une paix bouddhique qui sert comme un refuge des Cambodgiens qui savent que le Christ et le Bouddha sont venus sur terre pour résoudre deux problèmes des humains : le mal et la mort.

Mais le malheur du peuple d’Angkor a été sans recours, car il a été dans la main des Yothear (Soldats) khmers rouges. Ils parlèrent entre eux du peuple nouveau et ancien et toutes sortes des mots inusités pour glorifier leur révolution meurtrière qui donna une rage de Pol Pot dans les fers. Il s’agit de jouir le maximum de la destruction totale de la paysannerie khmère. Le pire comme disait Sade (1740-1814), écrivain et philosophe français : « Tuer un homme dans le paroxysme d’une passion, cela se comprend. Le faire tuer par un autre dans le calme d’une méditation sérieuse, et sous prétexte d’un ministère honorable, cela ne se comprend pas ». À force d’ordonner de tuer de millions de vies humaines, Pol Pot devenait insensible à la souffrance de ses semblables. Vigny, le poète, écrivait : « …ne peut plus sentir le mal ni les bienfaits. Il est même sans joie aux malheurs qu’il a fait ». Pourquoi, une telle bêtise humaine ?. N’est-elle pas un destin pour le peuple khmer qui connaît au cours de son histoire que de gloire fugace ?. Si c’était vrai, il est sûr que cette fatalité est un injuste destin.

Les victimes des Khmers rouges se souviennent encore de la date fatidique du « 17 avril 1975 », date à laquelle les Khmers rouges entrèrent dans Phnom-Penh. La population était chassée de sa maison pour une destination où la mort est au boit. Pourquoi ?. C’est la victoire de Pol Pot. Ô ce mot prodigue encore de l’effet caverneux sur les Cambodgiens, car il s’inscrit dans leur esprit comme un élément de tristesse définitive. On sait qu’aujourd’hui les victimes continuent de souffrir de cet événement lugubre. Cette douleur indicible ne leur donne pas droit d’oublier la cruauté des Khmers rouges qui détruit par leur ignorance, en un tournemain, le pays tout entier. Le Kampuchéa des humains se transformait, au premier jour de l’arrivée au pouvoir de Pol Pot, en enfer des morts vivants. Tous les Cambodgiens ont été bannis de leur foyer et condamnés à se périr au nom de l’Angkar Loeu. Je me pose la question : Est-ce vraiment une victoire ?. Ça dépend pour qui ?. Si c’était pour les amis de Pol Pot, la réponse est oui, car cette victoire leur permet de placer le Communisme à la cime du pouvoir. En revanche, dans le cas où on entendrait dire qu’elle était pour le peuple khmer, il est sûr que cette affirmation est un mensonge, car Pol Pot lui-même n’avait jamais dit que cette fête rouge est pour les Cambodgiens. Et quiconque, y compris le Prince Sihanouk, osa revendiquer sa part de butin pour un brin de privilège, il aurait été accusé tout de suite par l’Angkar Loeu de haute trahison et l’on sait que la sanction était cruelle : la peine de mort après la torture corporelle.

Par ruse, sans combat, les Khmers rouges sont entrés à Phnom-Penh, le 17 avril 1975, pour prendre le pouvoir. La guerre cessait, la paix revenait du moins le croyait-on. Le peuple devait donc se réjouir, s’associer joyeusement avec le nouveau pouvoir. Mais hélas ! presque aussitôt les Khmers rouges « l’Angkar Loeu Loeu » a décidé de vider Phnom-Penh de sa population : « Les Américains vont bombarder la capitale khmère », tel était le prétexte.

La radio nationale, surtout les haut-parleurs portatifs sillonnèrent toutes les rues des quartiers de Phnom-Penh pour ordonner à la population de sortir vite de ses maisons et de quitter rapidement la ville. Ainsi, hommes, femmes, enfants, vieillards, y compris les malades, les blessés dans les hôpitaux, les mères et leurs bébés dans les maternités, tous se retrouvèrent dans la rue. Ce déplacement en catastrophe de tout Phnom-Penh, par tous les moyens de transport ou à pied, encombra toutes les rues de la capitale offrant un spectacle de panique d’affolement indescriptible, avec les bruits des moteurs et des klaxons de voitures de toutes sortes, s’ajoutant aux cris des parents appelant leurs enfants égarés, aux pleurs et aux gémissements des malades soutenus par les leurs, sous les menaces des militaires khmers rouges poussant les retardataires.

Le nouveau maître du pays venait de décréter sa « loi » que l’on devait respecter désormais. Le malheur a donc continué à frapper les citadins, considérés par les Khmers rouges comme nuisibles pour la société.

Par une autre idée diabolique, l’Angkar Loeu Loeu a décidé de supprimer toutes traces de culture occidentale pour faire le Cambodge une nouvelle Nation Khmère, peuplée d’une nouvelle génération sans attache avec le passé de quatre vingt dix ans de colonisation (1863-1953). D’où le slogan « Les garder, rien à gagner, les supprimer, rien à perdre ». C’est pourquoi le peuple khmer a connu la terrible épreuve du génocide des Khmers rouges, responsables de l’extermination de plus de deux millions de leurs compatriotes.

Le Cambodge en ce temps-là, écrit un journaliste français : « N’étaient peuplés que de coolies », car presque tous les intellectuels avec leurs familles furent massacrés, suite à cette décision sauvage de l’Angkar Loeu Loeu. Et les Khmers rouges allèrent encore plus loin dans leur action de répression : la suppression de la religion, des pagodes, des églises, des mosquées, profanées ou détruites.

La situation était dramatique, le Cambodge très affaibli, démuni de toutes ressources, désorganisé, est devenu alors la proie des Communistes vietnamiens. Hanoi a occupé par la force des armes le Cambodge durant dix ans (du 7 janvier 1979 à Septembre 1989). Le Cambodge a perdu son indépendance nationale par la faute des Communistes khmers rouges prochinois et Khmers rouges pro-communistes vietnamiens, qui ont violé les Droits de l’Homme et empêché la Démocratie d’exister. D’ailleurs, le Cambodge était le seul pays au monde qui s’était trouvé confronté pour son malheur aux deux systèmes communistes existants : le Marxisme-Léninisme et le Maoïsme. Et maintenant, on peut se demander ce que devient le Cambodge, après l’intervention de l’ONU en 1991 ?.    

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