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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 12:04

Histoire de comprendre

Quelles perspectives, et que faire ?

 

Par Ou Chal

DEA de Philosophie

Ex-Secrétaire Général de Moulkhmer

 

Article publié dans la revue Moulkhmer, n° 127, Août 1991

 

A - L’O.N.U. : Le C.N.S[1]. version Pattaya est rouge et devra donc être reçu en tant que membre observateur intérimaire et transitoire, en attendant l’élection générale d’où sortiront les représentants légaux du Cambodge. Après avoir classé la coalition criminelle, pourquoi reconnaître le même monstre ? En n’admettant pas définitivement ce montre en son sein, l’O.N.U. aiderait très positivement le peule cambodgien en obligeant les Chinois et les Vietnamiens à dénoncer démocratiquement la crise khmère, sans arrière-pensées. Dans l’esprit de ces communistes asiatiques, l’élection libre pourrait être renvoyée aux calendes grecques. Le C.N.S. concocté par Sihanouk n’est que l’avatar déguisé du communisme peint en rose et à façade royale. Par la nature de son accoucheur, cet organe sera source d’instabilité, d’incertitude et d’improvisation.

 

B – L’Europe : L’Europe occidentale a perdu sa marque de manœuvre pour libéraliser et démocratiser la vie politique khmère. Tout est manœuvres et complots entre communistes chinois et vietnamiens. Le C.N.S. servira bel et bien leurs intérêts communs. Le C.N.S. – Pattaya – ne pourra refuser de rembourser ses dettes politiques, idéologiques, économiques, financières, morales à ses bailleurs de fonds. C’est le remboursement sous la table, sans factures, et encore sur le dos des Cambodgiens exsangues. Les communistes asiatiques, qui vacillent sur leur iceberg idéologique, tentent de sauver leurs meubles avant le renversement inévitable par leurs peuples opprimés. Le C.N.S. « super-gouvernement » n’est donc qu’un C.N.S. super-endetté. La C.E.E. en prendra-t-elle conscience ?

 

C – Le Monde : Attendre et ne pas se précipiter dans la reconnaissance de ce C.N.S version Pattaya. Cette attitude aiderait effectivement les Cambodgiens à goûter un jour le bonheur d’être libres. Pour la communauté internationale, c’est la moindre des choses, et c’est très efficace de faire pression sur les Chinois et les Vietnamiens pour le bien et les droits imprescriptibles des Cambodgien. Espérons que ce message sera entendu.

 

D – Les Cambodgiens : Ils ne voient pas encore le bout du tunnel. Ils se méfient de ce C.N.S. non représentatif. Les membres de cet organe se sont nommés eux-mêmes et se partagent un pouvoir quasi-absolu. En aucun cas ce n’est dans leur intérêt que cet organe survive. Les Cambodgiens ne reconnaîtront ni son drapeau, ni son hymne. Les trois ou quatre drapeaux maudits de ces quatre factions et leurs quatre hymnes macabres ne peuvent remplacer pour les Cambodgiens le bonheur de pouvoir aller à la pagode se prosterner devant les bouts de tissu représentant les parents disparus pendant le génocide, ou bien de pouvoir pratiquer les danses traditionnelles que sont le « Ram Vong » et « Ram Khbach ». Dans la confusion des drapeaux et hymnes de ces maudites factions, les Cambodgiens y perdent leur sanskrit et leur pâli. Le C.N.S. ne fait donc que créer un nouveau chaos.

 

Quel espoir ?

 

Si le C .N.S. – Pattaya – travaille effectivement pour faire perdurer le communisme asiatique, la perspective de liberté au Cambodge s’éloignera d’autant… Que faire devant le danger réel d’un retour des Khmers Rouges ? Une solution à la Franco, version cambodgiens ? Quelles esquisses : que le régime bâtard de Hun Sen tienne bon jusqu’à la disparition complète des Khmers Rouges. Organiser des élections générales libres en n’acceptant que des candidats professant la volonté de combattre et condamner les Khmers Rouges, auteurs du génocide. Cette vue de l’esprit faciliterait la tâche de l’O.N.U. pour revoir sa copie tant sur la conception, l’essence, la nature que sur les objectifs du C.N.S. Elle éclaircirait l’horizon de liberté au Cambodge, et garantirait le peuple cambodgien contre le danger d’un second génocide. Le C.N.S. a tort de réhabiliter politiquement les Khmers Rouges. Car Pol Pot ne renoncera jamais à reprendre tous les pouvoirs par la force.

 

À pactiser avec le diable, on fini un jour par en devenir la victime.



[1] C.N.S. Conseil National Suprême du Cambodge

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